Élevage

Publié le 21/05/2016

La confrontation européenne en race holstein se déroulera les 17, 18 et 19 juin au parc des expositions à Colmar. 180 animaux originaires de quatorze pays européens seront présents. En parallèle de cet événement prestigieux, la « grande fête du lait » permettra de promouvoir l'élevage et le métier d'éleveur laitier.

Toute la filière laitière européenne sera au rendez-vous ! À un mois de cet événement, les organisateurs (le Club Holstein 68, Prim'Holstein France, Eurogénétique et la Chambre d'agriculture d'Alsace) multiplient les rencontres et les réunions pour réussir cette belle manifestation. Pour la première fois depuis vingt ans, ce concours européen itinérant se déroulera en France. La dernière fois, c'était à Paris. « Ce sont les jeux olympiques de la holstein. Ils sont organisés tous les trois ans dans un pays différent. Le prochain pays sera la Belgique. L'association dont je suis le directeur a décidé de l'organiser en Alsace car c'est un projet de qualité qui rassemble un savoir-faire et des gens motivés. Par ailleurs, Colmar est un lieu idéal. La ville est bien centrée au niveau européen. Nous sommes dans une belle aventure humaine avec des gens de terrain qui s'impliquent », explique Denis Biéri, directeur de Prim'Holstein France. Pour le concours, 180 vaches holstein originaires de quatorze pays différents seront présentes. « C'est un record ! Cela montre que les éleveurs sont motivés, malgré les difficultés économiques actuelles. Les problèmes sanitaires, et notamment la fièvre catarrhale ovine (FCO), ont engendré quelques incertitudes concernant certaines participations. Finalement, tout le monde sera là, hormis les vaches danoises. Mais le Danemark sera quand même présent avec des jeunes éleveurs. Des pays seront très bien représentés, d'autres plus modestement comme la Slovénie avec six vaches. Cette confrontation européenne s'annonce belle. Certains éleveurs viendront de loin. Les premières vaches arriveront à Colmar dès le 14 juin », ajoute Denis Biéri. Pour les professionnels et le grand public La manifestation est avant tout professionnelle avec, le vendredi 17 juin, un concours de clippage des jeunes, le « showmanship », qui permettra de mettre en valeur les animaux. Il précédera la cérémonie officielle fixée à 15 h et le concours des holstein rouges à partir de 15 h 45. En soirée, à partir de 19 h 30, une vente aux enchères sera organisée. 35 animaux, entre 6 mois et 1 an, seront proposés à la vente. Cette dernière s'annonce de grande qualité puisque ce sont de futures vaches intéressantes et rares. Samedi 18 juin aura lieu le concours de présentation le matin et, surtout, à partir de midi, le grand concours des holstein noires. Avec, au final, une grande championne et un pays vainqueur. Si la première partie de cette confrontation européenne est destinée aux professionnels de l'élevage, le grand public y trouvera son compte… et toute sa place. De nombreuses animations seront prévues à son intention. La Chambre d'agriculture d'Alsace (CAA) est particulièrement impliquée dans ce projet. « L'objectif est de montrer la diversité et le savoir-faire de l'Alsace et de son élevage. Par le biais, par exemple, du réseau Bienvenue à la ferme, mais également de la Maison des vins d'Alsace », explique Stéphane Janus pour la CAA. Un burger 100 % fermier sera ainsi proposé à la dégustation. Il y aura également des démonstrations de fabrication de fromage à l'ancienne, des dégustations autour de l'élevage et du terroir alsacien, un marché fermier, sans oublier quatre représentations, dans le hall 1, d'un spectacle théâtral spécialement conçu pour la grande fête du lait. Ce spectacle est réalisé par la compagnie Mattagumber qui retracera l'évolution du métier d'éleveur laitier du siècle dernier à nos jours. Dans les halls 2, 3 et 4, animaux et exposants seront répartis pour utiliser au maximum les possibilités du parc des expositions de Colmar. Les visiteurs auront le loisir de découvrir les meilleures vaches laitières d'Europe et de discuter avec les éleveurs exposants. Le ring au théâtre de plein air Et au mois de juin, les stars du théâtre de plein air seront les vaches ! Le théâtre est pour l'occasion complètement relooké en ring pour l'organisation du concours. Après le concours, samedi soir, il se transformera en lieu de fête : la société Aquatique Show et la compagnie Mattagumber uniront leurs talents pour un spectacle inédit. À l’issue du spectacle, Docteur Boost prendra le relais pour faire danser les visiteurs. « Ce sera un grand moment. Nous avons pensé à tout le monde. Les professionnels évidemment, mais également le grand public. La preuve, c'est la première fois que la fête se prolonge jusqu'au dimanche soir. Face à la crise de l'élevage, il faut communiquer et montrer ce que nous vivons au quotidien. Cette confrontation européenne est une bonne occasion pour nous d'avoir une tribune pour le faire. Les 120 exposants, les éleveurs, les organisateurs sont prêts. Au public de venir à notre rencontre », conclut Denis Biéri.

Élevage Goos à Blaesheim

Allez, les filles !

Publié le 20/05/2016

L’élevage Goos de Blaesheim participera pour la première fois au festival de l’élevage. Ainsi en a décidé Marie, l’aînée des trois filles de Frédéric Goos.

Éleveur laitier à Blaesheim, Frédéric Goos n’avait encore jamais présenté d’animaux au festival de l’élevage. Faute de temps. C’est sa fille aînée, Marie, 16 ans, qui l’a convaincu d’engager des génisses dans le concours. Élève en première scientifique au lycée agricole d’Obernai, la jeune fille a fait la connaissance d’autres passionnés d’élevage dans son lycée, dont certains ont déjà participé à des concours d’élevage. « À force de discussions, j’ai eu envie de me lancer à mon tour », explique Marie Goos, gagnée par la motivation de ses amies, dont l’une a déjà suivi la formation des jeunes présentateurs et a concouru au challenge Vache’ment jeunes en 2015. La jeune fille participera donc à plusieurs moments forts du festival de l’élevage. Samedi soir, elle tentera sa chance au challenge Vache’ment jeune, avec trois autres camarades de classe, Émilie Wendling, Audrey Ludaescher et Romain Dudt. Les quatre jeunes gens ont imaginé un sketch à la façon d’un jeu télévisé, où les trois candidates, déguisées et accompagnées chacune d’une génisse, répondront aux questions de l’animateur. Ce sera l’occasion d’aborder l’actualité - agricole ou pas. Le dimanche, place aux choses sérieuses. Marie et sa sœur cadette, Caroline, 12 ans, participeront au concours avec deux génisses prim’holstein de 1 an, Lavande et Léa. « C’est la relève du troupeau. On les a surtout choisies pour leur caractère facile », précise Marie, qui, pour son premier défilé sur le ring, n’a pas voulu se mettre en difficulté. Cela fait trois bonnes semaines que toute la famille s’active pour préparer les deux génisses : « Il faut qu’elles s’habituent à marcher au licol. Je les y entraîne en rentrant de cours ou le week-end. On va les laver et les tondre pour qu’elles soient au top le jour du concours ». Pour ne pas être en reste, Mathilde, 10 ans, la benjamine de la famille Goos, défilera elle aussi dimanche après-midi sous le chapiteau. Trop petite pour conduire une génisse, elle présentera un veau de 2 mois, Malice. Et comme elle et ses sœurs sont aussi des cavalières passionnées, elles se sont mis en tête de faire sauter des obstacles à Malice. Voilà qui promet un spectacle cocasse !

École des jeunes présentateurs

Danse avec les vaches

Publié le 19/05/2016

Présenter des animaux à un concours de race, ça ne s'improvise pas, loin de là. Aussi les participants au concours des jeunes présentateurs qui aura lieu ce samedi à Brumath ont-ils bénéficié d'une formation spécifique au mois d'avril. Compte rendu.

Mettre la patte droite en avant, ou la gauche, selon une partition que seuls les initiés peuvent déchiffrer, marcher doucement, faire un tour, se positionner correctement… Présenter des vaches ou des génisses lors d'un concours de race requiert une somme de connaissances insoupçonnées. Pas tout à fait un art, « c'est un sport », estime Nicolas Brodbeck, enseignant en mathématique bilingue au collège de Zillisheim, qui pratique ce sport comme d'autres pratiquent le badminton, par exemple. Un sport où la compétition est rude et où rien ne doit être laissé au hasard pour figurer sur le podium. Il ne suffit pas que la candidate soit belle, il faut aussi savoir le montrer, donc valoriser ses atouts et masquer ses défauts. Les 9 et 10 avril, dans l'enceinte du Gaec Wilt à Dachstein, pas moins de 10 formateurs (Olivier Wilt, Nicolas Brodbeck, Alexandre Wintzenrieth, Bruno Dietmann, Philippe Hofstetter, Guillaume Hofstetter, Perrine Ludwig, Salomé Vieux, Claudia Kreiss, Jean-François Dintinger et Daniel Schwartz) sont intervenus pour initier 21 jeunes alsaciens à la présentation d'animaux aux concours de race. En ligne de mire : leur participation au concours des jeunes présentateurs qui aura lieu ce samedi à Brumath dans le cadre du festival de l'élevage. Objectif panse ronde Tout commence au moment du choix de l'animal qui sera présenté. Car il faut que son potentiel soit bon à la base. Les animaux présentant des défauts rédhibitoires sont donc écartés. Il s'agit ensuite de choisir ceux qui ont le moins de défauts. Et, comme l'animal parfait n'existe pas, ceux dont les quelques défauts pourront être le plus facilement masqués par une préparation soignée. Pour aider les élèves à comprendre comment choisir un animal, les formateurs ont procédé avec eux au classement de plusieurs animaux. Un exercice qui leur a permis de se mettre dans la peau d'un juge, de mieux appréhender leurs critères de hiérarchisation. L'animal une fois sélectionné, il faut l'éduquer à certaines particularités propres aux concours : manger dans un seau, marcher doucement et calmement, manger de la pulpe de betterave pour avoir une panse bien ronde… Eh oui, parce que contrairement à nos miss qui doivent afficher un ventre plat, les génisses, elles, doivent avoir une panse ronde ! Le clippage, le contouring version bovin Avant de défiler, les candidates sont mises en beauté. Elles seront d'abord lavées pour préparer le poil, afin qu'il soit beau et bien blanc. Puis les animaux seront soumis à une séance de tonte façon contouring : le clippage. L'objectif de cet exercice consiste à mettre en valeur les atouts des animaux, leur caractère laitier ou viandeux selon les races, en affinant certaines zones et en en mettant d'autres en relief. Les mauvais ouvriers ayant toujours de mauvais outils, les participants à la formation ont appris à bien choisir leur tondeuse : bon peigne, bon contre-peigne, bon lubrifiant, bon réglage de la tondeuse, reconnaissable à son bruit régulier. Application sur une génisse : au niveau de la tête et du bas des pattes, on tond tout. « En affinant les pattes, on cherche à affirmer le caractère laitier de la génisse », explique Alexandre Wintzenrieth, responsable d'un troupeau à Moernach, qui animait l'atelier clippage avec Bruno Dietmann et Guillaume Hofstetter. Aussi, même si ces zones sont très sensibles et que ça chatouille les candidates, pas de quartier, l'épilation doit-elle être nickel. Sur les flancs, on tond tout sauf 10 cm autour de la ligne de dos ni le ventre : il s'agit d'obtenir un dégradé plus ou moins plongeant. Et la queue dans tout ça ? Elle est également tondue, sauf son extrémité, valorisée façon plumeau. Pour obtenir le meilleur résultat, les formateurs ont conseillé aux élèves de commencer par dégrossir le travail avec une grosse tondeuse et de l'affiner avec une tondeuse plus petite, plus précise. Durant la deuxième journée de formation, l'atelier clippage a été quasiment exclusivement consacré à la préparation de la ligne de dos, qui doit s'effectuer avec la plus grande précision. Pose avantageuse Enfin, il faut connaître les règles et les gestes de présentation des animaux. Un des principaux objectifs, c'est de faciliter le travail du juge, qui officie selon un rituel bien établi. Lorsque tous les animaux entrent en marche avant sur le ring, le juge va regarder rapidement tous les animaux. La marche doit alors être la plus douce possible pour laisser au juge le loisir d'apprécier chaque animal. Puis, lorsqu'ils sont tous alignés, il va regarder chaque animal en détail, bassins, largeurs aux ischions… Il faut donc lui laisser suffisamment de place entre les animaux, deux ou trois mètres environs, pour qu'il puisse en faire le tour, se baisser, prendre un peu de recul. À l'arrêt, la position des pattes doit être avantageuse pour l'animal par rapport à la position du juge. La génisse doit paraître la plus longue possible. C'est au présentateur de savoir quelle patte la vache doit mettre en avant et de le lui faire savoir en appliquant une pression sur la patte concernée. Le présentateur doit aussi en permanence veiller à ce que la ligne de dos soit bien droite, quitte à remettre la queue de l'animal en place. Les formateurs ont également appris aux élèves à se positionner dans le ring en fonction du classement proclamé par le juge parfois d'une manière très discrète qu'il faut savoir interpréter.

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