Élevage

Élevage Goos à Blaesheim

Allez, les filles !

Publié le 20/05/2016

L’élevage Goos de Blaesheim participera pour la première fois au festival de l’élevage. Ainsi en a décidé Marie, l’aînée des trois filles de Frédéric Goos.

Éleveur laitier à Blaesheim, Frédéric Goos n’avait encore jamais présenté d’animaux au festival de l’élevage. Faute de temps. C’est sa fille aînée, Marie, 16 ans, qui l’a convaincu d’engager des génisses dans le concours. Élève en première scientifique au lycée agricole d’Obernai, la jeune fille a fait la connaissance d’autres passionnés d’élevage dans son lycée, dont certains ont déjà participé à des concours d’élevage. « À force de discussions, j’ai eu envie de me lancer à mon tour », explique Marie Goos, gagnée par la motivation de ses amies, dont l’une a déjà suivi la formation des jeunes présentateurs et a concouru au challenge Vache’ment jeunes en 2015. La jeune fille participera donc à plusieurs moments forts du festival de l’élevage. Samedi soir, elle tentera sa chance au challenge Vache’ment jeune, avec trois autres camarades de classe, Émilie Wendling, Audrey Ludaescher et Romain Dudt. Les quatre jeunes gens ont imaginé un sketch à la façon d’un jeu télévisé, où les trois candidates, déguisées et accompagnées chacune d’une génisse, répondront aux questions de l’animateur. Ce sera l’occasion d’aborder l’actualité - agricole ou pas. Le dimanche, place aux choses sérieuses. Marie et sa sœur cadette, Caroline, 12 ans, participeront au concours avec deux génisses prim’holstein de 1 an, Lavande et Léa. « C’est la relève du troupeau. On les a surtout choisies pour leur caractère facile », précise Marie, qui, pour son premier défilé sur le ring, n’a pas voulu se mettre en difficulté. Cela fait trois bonnes semaines que toute la famille s’active pour préparer les deux génisses : « Il faut qu’elles s’habituent à marcher au licol. Je les y entraîne en rentrant de cours ou le week-end. On va les laver et les tondre pour qu’elles soient au top le jour du concours ». Pour ne pas être en reste, Mathilde, 10 ans, la benjamine de la famille Goos, défilera elle aussi dimanche après-midi sous le chapiteau. Trop petite pour conduire une génisse, elle présentera un veau de 2 mois, Malice. Et comme elle et ses sœurs sont aussi des cavalières passionnées, elles se sont mis en tête de faire sauter des obstacles à Malice. Voilà qui promet un spectacle cocasse !

École des jeunes présentateurs

Danse avec les vaches

Publié le 19/05/2016

Présenter des animaux à un concours de race, ça ne s'improvise pas, loin de là. Aussi les participants au concours des jeunes présentateurs qui aura lieu ce samedi à Brumath ont-ils bénéficié d'une formation spécifique au mois d'avril. Compte rendu.

Mettre la patte droite en avant, ou la gauche, selon une partition que seuls les initiés peuvent déchiffrer, marcher doucement, faire un tour, se positionner correctement… Présenter des vaches ou des génisses lors d'un concours de race requiert une somme de connaissances insoupçonnées. Pas tout à fait un art, « c'est un sport », estime Nicolas Brodbeck, enseignant en mathématique bilingue au collège de Zillisheim, qui pratique ce sport comme d'autres pratiquent le badminton, par exemple. Un sport où la compétition est rude et où rien ne doit être laissé au hasard pour figurer sur le podium. Il ne suffit pas que la candidate soit belle, il faut aussi savoir le montrer, donc valoriser ses atouts et masquer ses défauts. Les 9 et 10 avril, dans l'enceinte du Gaec Wilt à Dachstein, pas moins de 10 formateurs (Olivier Wilt, Nicolas Brodbeck, Alexandre Wintzenrieth, Bruno Dietmann, Philippe Hofstetter, Guillaume Hofstetter, Perrine Ludwig, Salomé Vieux, Claudia Kreiss, Jean-François Dintinger et Daniel Schwartz) sont intervenus pour initier 21 jeunes alsaciens à la présentation d'animaux aux concours de race. En ligne de mire : leur participation au concours des jeunes présentateurs qui aura lieu ce samedi à Brumath dans le cadre du festival de l'élevage. Objectif panse ronde Tout commence au moment du choix de l'animal qui sera présenté. Car il faut que son potentiel soit bon à la base. Les animaux présentant des défauts rédhibitoires sont donc écartés. Il s'agit ensuite de choisir ceux qui ont le moins de défauts. Et, comme l'animal parfait n'existe pas, ceux dont les quelques défauts pourront être le plus facilement masqués par une préparation soignée. Pour aider les élèves à comprendre comment choisir un animal, les formateurs ont procédé avec eux au classement de plusieurs animaux. Un exercice qui leur a permis de se mettre dans la peau d'un juge, de mieux appréhender leurs critères de hiérarchisation. L'animal une fois sélectionné, il faut l'éduquer à certaines particularités propres aux concours : manger dans un seau, marcher doucement et calmement, manger de la pulpe de betterave pour avoir une panse bien ronde… Eh oui, parce que contrairement à nos miss qui doivent afficher un ventre plat, les génisses, elles, doivent avoir une panse ronde ! Le clippage, le contouring version bovin Avant de défiler, les candidates sont mises en beauté. Elles seront d'abord lavées pour préparer le poil, afin qu'il soit beau et bien blanc. Puis les animaux seront soumis à une séance de tonte façon contouring : le clippage. L'objectif de cet exercice consiste à mettre en valeur les atouts des animaux, leur caractère laitier ou viandeux selon les races, en affinant certaines zones et en en mettant d'autres en relief. Les mauvais ouvriers ayant toujours de mauvais outils, les participants à la formation ont appris à bien choisir leur tondeuse : bon peigne, bon contre-peigne, bon lubrifiant, bon réglage de la tondeuse, reconnaissable à son bruit régulier. Application sur une génisse : au niveau de la tête et du bas des pattes, on tond tout. « En affinant les pattes, on cherche à affirmer le caractère laitier de la génisse », explique Alexandre Wintzenrieth, responsable d'un troupeau à Moernach, qui animait l'atelier clippage avec Bruno Dietmann et Guillaume Hofstetter. Aussi, même si ces zones sont très sensibles et que ça chatouille les candidates, pas de quartier, l'épilation doit-elle être nickel. Sur les flancs, on tond tout sauf 10 cm autour de la ligne de dos ni le ventre : il s'agit d'obtenir un dégradé plus ou moins plongeant. Et la queue dans tout ça ? Elle est également tondue, sauf son extrémité, valorisée façon plumeau. Pour obtenir le meilleur résultat, les formateurs ont conseillé aux élèves de commencer par dégrossir le travail avec une grosse tondeuse et de l'affiner avec une tondeuse plus petite, plus précise. Durant la deuxième journée de formation, l'atelier clippage a été quasiment exclusivement consacré à la préparation de la ligne de dos, qui doit s'effectuer avec la plus grande précision. Pose avantageuse Enfin, il faut connaître les règles et les gestes de présentation des animaux. Un des principaux objectifs, c'est de faciliter le travail du juge, qui officie selon un rituel bien établi. Lorsque tous les animaux entrent en marche avant sur le ring, le juge va regarder rapidement tous les animaux. La marche doit alors être la plus douce possible pour laisser au juge le loisir d'apprécier chaque animal. Puis, lorsqu'ils sont tous alignés, il va regarder chaque animal en détail, bassins, largeurs aux ischions… Il faut donc lui laisser suffisamment de place entre les animaux, deux ou trois mètres environs, pour qu'il puisse en faire le tour, se baisser, prendre un peu de recul. À l'arrêt, la position des pattes doit être avantageuse pour l'animal par rapport à la position du juge. La génisse doit paraître la plus longue possible. C'est au présentateur de savoir quelle patte la vache doit mettre en avant et de le lui faire savoir en appliquant une pression sur la patte concernée. Le présentateur doit aussi en permanence veiller à ce que la ligne de dos soit bien droite, quitte à remettre la queue de l'animal en place. Les formateurs ont également appris aux élèves à se positionner dans le ring en fonction du classement proclamé par le juge parfois d'une manière très discrète qu'il faut savoir interpréter.

Ce dimanche au plan d'eau de Brumath

Les jeunes éleveurs ont la fibre des concours

Publié le 19/05/2016

À la veille de l'inauguration du festival de l'élevage de Brumath, coup de projecteur sur les nouveautés de cette édition 2016 avec Jean Bernhard, président de l'Union des syndicats des éleveurs de bovins du Bas-Rhin.

Que pensez-vous de la nouvelle version du festival de l'élevage ? L'idée est très bonne car elle séduit davantage les jeunes. Nous attendons une trentaine de participants pour le concours des jeunes présentateurs du samedi soir. Il est ouvert à toutes les races, même si la prim'holstein tient la vedette. De nombreux jeunes se sont formés à l'école des jeunes présentateurs organisée sur la ferme Wilt à Dachstein. En seconde partie, le concours sera élargi aux candidats libres qui pourront venir avec leur propre génisse ou s'en procurer une sur place. Les inscriptions se feront le samedi soir avant le début des festivités. L'autre bonne idée, c'est que cette épreuve est ouverte aux candidats haut-rhinois. Cela permettra aux éleveurs des deux départements d'apprendre à mieux se connaître, à travailler ensemble, à quelques semaines de la confrontation européenne holstein de Colmar.  Nous laisserons aux jeunes présentateurs le choix de la tenue. Par contre, ils seront jugés sur la préparation de la génisse et la façon de la faire défiler dans le ring. La plupart des candidats ont passé beaucoup de temps à apprendre à leur génisse à marcher au licol, à la tondre, à la pomponner. Nous allons donner un tour festif à ce concours, en organisant une finale « à la Sébastien Loeb », quitte à faire mousser le crémant. Avoir un grand nombre d'animaux et d'éleveurs dans le ring est un vrai challenge. On en revient à l'essence même de cette manifestation, un concours d'élevage qui met en avant l'éleveur, surtout le jeune. La passion des concours est une vocation qu'il faut susciter dès le plus jeune âge. Pourquoi un concours régional de génisses ? C'était une évolution inévitable. D'année en année, de moins en moins de candidats participaient au concours de la race. C'est pourquoi les éleveurs bas-rhinois ont fait le choix d'aller avec leurs vaches à la foire Simon et Jude de Habsheim. En contrepartie, les éleveurs haut-rhinois viennent avec leurs génisses au festival de l'élevage de Brumath. L'essentiel est que les éleveurs n'hésitent pas à présenter des animaux. Crise de l'élevage, risque de fermeture de l'abattoir, les problèmes du moment ne risquent-ils pas de plomber l'ambiance ? Au contraire ! En cette période d'incertitude, c'est une bonne chose de se rencontrer, d'échanger. Il faut souligner que les adhérents d'Alsace Lait ne connaissent pas trop la crise, car le prix du lait reste correct, même s'il est en baisse. Et les éleveurs laitiers ne sont pas trop impactés par les problèmes de l'abattoir, contrairement aux éleveurs allaitants ou aux engraisseurs. Pour autant, les difficultés que traverse Copvial nous inquiètent. Tout doit être fait pour sauver l'abattoir. L'Alsace est une région qui compte énormément de transformateurs. Il serait préférable que les animaux soient abattus à proximité, plutôt que de parcourir des centaines de kilomètres. Et n'allez pas croire que la disparition de l'abattoir est une bonne chose pour la filière : une bonne concurrence est toujours très saine. Y a-t-il d'autres nouveautés à signaler ? Nous avons souhaité impliquer davantage les jeunes du lycée agricole d'Obernai. Ils vont venir avec un bus entier pour nous donner un coup de main. Certains d'entre eux participeront au concours de pointage, le dimanche après-midi. Ils ont eu droit à une formation, sous l'impulsion de leur professeur de zootechnie, Marie-Laure Couvet. C'est un challenge motivant : chaque finaliste d'une race est invité, tous frais payés, à la finale nationale, durant le salon de l'agriculture de Paris.

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