Élevage

Unicoolait et le lait biologique

« Un créneau intéressant et incontournable »

Publié le 12/05/2016

Sur une collecte totale de 150,41 millions de litres de lait, la coopérative Unicoolait a collecté 24,25 Ml de lait biologique auprès de 60 producteurs. Une progression de 1,74 % par rapport à 2014.

Le lait bio représente un peu plus de 16 % de la collecte totale d'Unicoolait. Une production qui a été fortement impactée par la sécheresse de l'été 2015, a indiqué Véronique Klein, vice-présidente d'Unicoolait lors de l'assemblée générale de la coopérative. Les prairies ont souffert du manque d'eau et de la canicule, rendant les pâturages difficiles. De ce fait, les livraisons de lait bio ont baissé jusqu'à - 8 % en septembre. Les stocks de fourrage réservé pour l'hiver ont été entamés bien avant l'heure. Certaines exploitations ont même été contraintes d'acheter du foin bio dans les régions voisines. À l'heure où les silos et hangars étaient presque vides, la mise à l'herbe était attendue avec impatience… Il a fallu parcourir 141 809 km pour le ramassage des 24,25 millions de litres (Ml) de lait bio, soit une densité de 171,1 l/km, en progression de 1,7 %. Même si la densité de collecte reste inférieure à celle du lait conventionnel, elle est très bonne pour la filière bio. La qualité du lait bio reste correcte en 2015, avec près de 98 % de lait en catégorie A. 59,5 % du lait avait un taux inférieur à 200 000 leucocytes et 56,67 % inférieur à 800 spores butyriques. Le prix de base du lait bio s'est élevé à 431 €/1 000 l, soit un différentiel de 133,90 € par rapport au lait conventionnel. Malgré un coup de pouce du groupe Lactalis pour augmenter la prime bio, le prix du lait a baissé de 22 € par rapport à 2014. « Certes, la baisse est inférieure à celle du prix du lait conventionnel, mais le contexte est difficile, du fait des charges supplémentaires pour assurer l'alimentation de nos vaches », a souligné Véronique Klein. Entretenir une dynamique chez les producteurs en place Le marché du lait bio poursuit sa progression. En France, sur un marché du lait de consommation en baisse, le lait bio progresse de 7,3 % en volume et de 5,7 % en valeur. « Comme tous les autres produits laitiers, le lait bio souffre de la guerre des prix entre les enseignes de la grande distribution. » Les prix d'achat par les clients de la grande distribution sont en baisse de 1 à 3 %, à l'exception de l'ultrafrais qui est étale. Le lait bio représente 2,2 % de la production de lait française, mais atteint 9 % de part de marché du lait longue conservation en volume. « L'évolution de la demande fait des produits bios un créneau intéressant et incontournable, a affirmé Véronique Klein. Nous comptons sur le groupe Lactalis pour rester le leader sur le marché bio, mais aussi le leader de la rémunération de notre lait. Car les contraintes du cahier des charges et la fragilité du système fourrager face aux aléas climatiques nécessitent une compensation indispensable pour l'avenir de la production. » L'aide à la conversion de 30 €/1 000 l pour accompagner les nouveaux candidats est certes une bonne chose, a-t-elle poursuivi. Mais il faut veiller à entretenir une dynamique chez les producteurs bios en place. Aux futurs candidats, Véronique Klein a conseillé de contacter Unicoolait et les Chambres d'agriculture, pour la réalisation du diagnostic de faisabilité. « Une reconversion ne se limite pas à la prise en compte de la prime bio, c'est un virage technique pour tout le système d'exploitation. »

Publié le 12/05/2016

La fromagerie Monte Ziego, spécialisée dans la collecte et la transformation de lait de chèvre biologique, sise outre-Rhin, cherche à recruter de nouveaux producteurs, y compris en Alsace.

Martin Buhl, gérant de la fromagerie Monte Ziego, située à Teningen, à 20 km outre-Rhin de Marckolsheim, ne tarit pas d'éloges sur les chèvres. Pourquoi faire du lait de chèvre ? Il ne manque pas d'arguments : « C'est une opportunité économique. Le lait de chèvre bio est une matière première recherchée. Et notre projet est d'envergure local. » Ce projet, Martin Buhl l'explique courbe de production de lait de chèvre à l'appui : « Nous devons composer avec un pic de production en été, et une sous-production en hiver. Pour nous affranchir de ces manques de production et aboutir à une production de fromages la plus constante possible, nous voulons accroître notre collecte. » Le surplus estival va donc s'accroître également. Or désormais, les fabricants de poudre de lait infantile sont autorisés à intégrer de la poudre de lait de chèvre dans leur recette. La poudre de lait de chèvre bio est donc devenue une matière première qui intéresse au plus haut point le fabricant Holle « qui est à l'alimentation infantile bio ce que Weleda est à la cosmétique bio », compare Pierre Ott, en charge du développement de ce projet en France. Le surplus de lait collecté en été sera donc absorbé par ce nouveau débouché. Pour ce faire, la société Biopulver GmbH a été créée. La fromagerie Monte Ziego en détient la majorité, et ce sont pas moins de 9 M€ qui ont été investis dans l'outil de production de poudre de lait. Le fabriquant Holle l'achètera via des contrats de livraison établis sur le long terme. Un prix attractif En termes de rémunération, l'avantage comparatif du lait de chèvre bio est indéniable : Martin Buhl annonce un prix moyen de 0,86 €/l. Il détaille : « 0,86 €/l, c'est le prix moyen. Le prix de base est de 0,83 €/l, auquel s'ajoutent des primes en fonction de la qualité, liée à la teneur en protéines et en matières grasses. » En outre du fait de la saisonnalité de la production, la laiterie pratique un prix d'hiver, plus élevé, et un prix d'été. Une chose est sûre : « Le prix du lait de vache est très bas et risque de baisser encore, alors que le prix du lait de chèvre a plutôt tendance à augmenter. » Des investissements réduits Et Martin Buhl a encore d'autres arguments dans sa besace, des plus accessoires - « les chèvres sont de super animaux qui ne sentent pas mauvais », aux plus sérieux : « Ce sont des animaux robustes, faciles à traire et qui développent très rarement des mammites. » Les investissements relatifs à leur élevage sont relativement réduits. D'une part parce que moyennant quelques aménagements, les étables à vaches laitières peuvent être réutilisées. D'autre part parce qu'il est possible de faire beaucoup de choses en auto-construction. Enfin, la fromagerie propose un service de conseil aux producteurs, allant du plan de conversion au projet d'adaptation des bâtiments, en passant par le montage du troupeau, jusqu'à la phase de production : « Nous sommes à l'écoute, nous disposons de références, nous pouvons organiser des visites chez des producteurs… » La fromagerie dispose notamment d'un outil informatique permettant de réaliser des analyses économiques assez poussées. Enfin, Martin Buhl promet aux éleveurs « un partenariat équitable, une coopération à long terme, avec des contrats sur trois ans et des prix discutés de manière transparente. Je veux des producteurs heureux et satisfaits de leur métier, car c'est dans notre intérêt de pouvoir compter sur eux à long terme. »

Publié le 06/05/2016

En 2015, Interbev Alsace a poursuivi ses actions de communication en faveur de la viande. Une communication parfois mise à mal par les attaques des associations de protection animale.

Interbev Alsace, l’échelon régional de l’interprofession bétail et viande, a mené de nombreuses opérations de communication et de mise en avant des viandes en 2015. Ambre Edde, animatrice de l’association depuis février, en a donné le détail lors de l’assemblée générale d’Interbev Alsace, le 18 avril à la Maison de l’agriculture à Schiltigheim. Avec son soutien, les producteurs de l'Association de production animale de l'Est (Apal) et de Copvial ont réalisé plus de 70 journées d’animation dans les grandes et moyennes surfaces alsaciennes, en binôme avec une animatrice d’Interbev. Huit journées de promotion des produits tripiers ont également été organisées, toujours dans les GMS, en relation avec un industriel du secteur. D’autres opérations ont été menées en direction du grand public, pour plus de 32 000 euros. Il s’agissait là davantage de « communication sociétale » que d’actions de promotion directe des viandes. Ainsi, Interbev Alsace était étroitement associée aux 12 journées « fermes ouvertes » organisées dans des élevages bovins durant l’été 2015, ainsi qu’aux visites d’élevage par les scolaires, qui ont lieu chaque année en mai. Autre moment fort de communication pour Interbev Alsace : la Foire européenne de Strasbourg. Sur un stand deux fois plus grand que l’an passé, des animations et des dégustations se sont succédé pendant les onze jours de foire. Les jeunes du lycée agricole d’Obernai ont prêté main-forte à l’animatrice tandis que des éleveurs et une diététicienne se relayaient pour répondre aux questions du public. Le stand de la Fédération des bouchers, également très animé, permettait de mettre en avant le savoir-faire des professionnels de la viande. À peine un mois plus tard, une opération de communication similaire était mise en place aux Journées d’octobre de Mulhouse.  Made in viande couplé aux fermes ouvertes Cette stratégie de communication en direction du grand public se double d’actions de communication métier. Interbev Alsace finance ainsi l’intervention de bouchers en milieu scolaire, ainsi que le concours du Meilleur ouvrier de France dans la catégorie boucherie. Enfin, l’association s’est associée aux actions de sensibilisation de la restauration hors domicile à l’achat de viande française. Une grande partie de ces actions seront reconduites en 2016, avec un budget prévisionnel de 119 300 €, dont les deux-tiers provenant d’Interbev. L’opération Made in viande, dont la première édition a eu lieu en 2014, sera renouvelée et couplée avec les « fermes ouvertes » à destination des scolaires, du 21 au 25 mai. La création de la grande région va conduire à une réorganisation des comités régionaux d’Interbev, indique Lucien Simler, président d’Interbev Alsace. La structure Alsace va donc se fondre dans un comité Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace. La Lorraine représentant 60 % de l’élevage, la Champagne-Ardenne 23 % et l’Alsace 17 %, « il nous a paru logique que la future interprofession Grand Est soit basée au centre, c’est-à-dire à Laxou ». Lucien Simler, qui estime « avoir fait son temps », laissera à d’autres « le soin de monter cette structure ».  Les présidents des comités régionaux d’Interbev du Grand Est ont rencontré dernièrement Pascale Gaillot, présidente de la commission agricole du Conseil régional. Ils lui ont proposé de soutenir les actions de communication en faveur de la viande. « En 2017, l’argent sera versé à une structure unique, à nous de le répartir, explique Lucien Simler. Rien n’empêche qu’on garde les animateurs sur le terrain dans les trois anciennes régions. » Une communication de fond, positive À un éleveur qui s’inquiète des effets de la crise laitière sur le marché de la viande, Jean-Luc Bouton, coordinateur des comités régionaux Interbev, confirme que ceux-ci se font déjà sentir. « La décapitalisation dans les élevages laitiers amène de la viande à bas prix qui perturbe le marché », constate aussi David Bloch, vice-président d’Interbev Alsace. Daniel Dreyfus, représentant du syndicat des marchands de bestiaux, n'est pas convaincu de l'utilité de Made in Viande que Jean-Luc Bouton présente comme « l’opération de communication la plus rentable en retour médias » organisée par l’interprofession ces dernières années. Dotée d’un budget de 750 000 €, soit 21 € la tonne, cette opération s’inscrit dans le cadre de la communication métier, précise le coordinateur des comités régionaux d’Interbev. « C’est 21 € de trop car on ne vend pas plus et on ne vend pas mieux », rétorque Daniel Dreyfus.  Jacqueline Balzer interroge Jean-Luc Bouton sur la réponse envisagée par l’interprofession suite aux vidéos de maltraitance dans les abattoirs diffusées par l’association L214. « Ces vidéos nous font beaucoup de tort. Sur ce type d’attaques, réagir fait beaucoup plus de mal et ne sert à rien », argumente Jean-Luc Bouton, soulignant que la seule réponse possible est « une communication de fond, positive, comme elle se pratique avec Made in viande. Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA, approuve. Cette opération, qui a le mérite d’exister et de mettre en avant la filière et ses métiers, est redimensionnée cette année : 600 à 700 lieux (élevages, boucheries, rayons viande des GMS) ouvriront leurs portes dans toute la France, dont une quinzaine en Alsace, contre 2 000 en 2014.

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