Ce dimanche au plan d'eau de Brumath
Les jeunes éleveurs ont la fibre des concours
Ce dimanche au plan d'eau de Brumath
Publié le 19/05/2016
À la veille de l'inauguration du festival de l'élevage de Brumath, coup de projecteur sur les nouveautés de cette édition 2016 avec Jean Bernhard, président de l'Union des syndicats des éleveurs de bovins du Bas-Rhin.
Que pensez-vous de la nouvelle version du festival de l'élevage ? L'idée est très bonne car elle séduit davantage les jeunes. Nous attendons une trentaine de participants pour le concours des jeunes présentateurs du samedi soir. Il est ouvert à toutes les races, même si la prim'holstein tient la vedette. De nombreux jeunes se sont formés à l'école des jeunes présentateurs organisée sur la ferme Wilt à Dachstein. En seconde partie, le concours sera élargi aux candidats libres qui pourront venir avec leur propre génisse ou s'en procurer une sur place. Les inscriptions se feront le samedi soir avant le début des festivités. L'autre bonne idée, c'est que cette épreuve est ouverte aux candidats haut-rhinois. Cela permettra aux éleveurs des deux départements d'apprendre à mieux se connaître, à travailler ensemble, à quelques semaines de la confrontation européenne holstein de Colmar. Nous laisserons aux jeunes présentateurs le choix de la tenue. Par contre, ils seront jugés sur la préparation de la génisse et la façon de la faire défiler dans le ring. La plupart des candidats ont passé beaucoup de temps à apprendre à leur génisse à marcher au licol, à la tondre, à la pomponner. Nous allons donner un tour festif à ce concours, en organisant une finale « à la Sébastien Loeb », quitte à faire mousser le crémant. Avoir un grand nombre d'animaux et d'éleveurs dans le ring est un vrai challenge. On en revient à l'essence même de cette manifestation, un concours d'élevage qui met en avant l'éleveur, surtout le jeune. La passion des concours est une vocation qu'il faut susciter dès le plus jeune âge. Pourquoi un concours régional de génisses ? C'était une évolution inévitable. D'année en année, de moins en moins de candidats participaient au concours de la race. C'est pourquoi les éleveurs bas-rhinois ont fait le choix d'aller avec leurs vaches à la foire Simon et Jude de Habsheim. En contrepartie, les éleveurs haut-rhinois viennent avec leurs génisses au festival de l'élevage de Brumath. L'essentiel est que les éleveurs n'hésitent pas à présenter des animaux. Crise de l'élevage, risque de fermeture de l'abattoir, les problèmes du moment ne risquent-ils pas de plomber l'ambiance ? Au contraire ! En cette période d'incertitude, c'est une bonne chose de se rencontrer, d'échanger. Il faut souligner que les adhérents d'Alsace Lait ne connaissent pas trop la crise, car le prix du lait reste correct, même s'il est en baisse. Et les éleveurs laitiers ne sont pas trop impactés par les problèmes de l'abattoir, contrairement aux éleveurs allaitants ou aux engraisseurs. Pour autant, les difficultés que traverse Copvial nous inquiètent. Tout doit être fait pour sauver l'abattoir. L'Alsace est une région qui compte énormément de transformateurs. Il serait préférable que les animaux soient abattus à proximité, plutôt que de parcourir des centaines de kilomètres. Et n'allez pas croire que la disparition de l'abattoir est une bonne chose pour la filière : une bonne concurrence est toujours très saine. Y a-t-il d'autres nouveautés à signaler ? Nous avons souhaité impliquer davantage les jeunes du lycée agricole d'Obernai. Ils vont venir avec un bus entier pour nous donner un coup de main. Certains d'entre eux participeront au concours de pointage, le dimanche après-midi. Ils ont eu droit à une formation, sous l'impulsion de leur professeur de zootechnie, Marie-Laure Couvet. C'est un challenge motivant : chaque finaliste d'une race est invité, tous frais payés, à la finale nationale, durant le salon de l'agriculture de Paris.












