Élevage

Au salon Swiss Expo à Lausanne

CAT Haïda sur les plus hautes marches du podium

Publié le 02/02/2016

Swiss Expo est devenue en vingt ans la troisième exposition bovine la plus importante au monde. CAT Haïda, une vache de la Fondation du Sonnenhof de Bischwiller, avait fait le déplacement jusqu’à Lausanne en compagnie de CAT Herade. Le jeu en valait la chandelle : elle a été sacrée vice-championne du concours de la race montbéliarde.

Pour sa vingtième édition, qui s’est tenue du 14 au 17 janvier à Expo Beaulieu à Lausanne, Swiss Expo a tenu ses promesses avec un spectacle exceptionnel et des surprises qui ont fait vivre aux éleveurs et au public des moments inoubliables. L’édition 2016 a attiré 24 000 visiteurs, familles, scolaires, professionnels, politiques. Une renommée internationale Deux décennies ont hissé Swiss Expo au top mondial des expositions bovines. Selon une enquête menée en 2014 par le magazine Holstein International, ce concours international se positionne comme leader européen incontesté et arrive au troisième rang mondial, après la World Dairy Expo à Madison aux États-Unis et la Royal Winter Fair à Toronto au Canada. Il s’affirme ainsi comme la vitrine de l’élevage laitier et de la génétique suisse. En termes de popularité, d’accueil et d’ambiance, l’événement se place même au premier rang mondial dans le cœur des lecteurs de la revue. Pour cette 20e édition, Swiss Expo a continué son expansion avec 150 exposants et 1 000 vaches inscrites, une offre attrayante pour le monde de l’agriculture. De fait, des visiteurs de toute l’Europe, du Canada, des États-Unis et du Japon font le déplacement pour cet événement. Ce salon offre depuis vingt ans des concours bovins spectaculaires et confirme sa renommée internationale en proposant aux éleveurs européens une plateforme incomparable pour faire découvrir le fruit de leur labeur en matière d’élevage et de sélection génétique, sous les applaudissements d’un public conquis. À noter que l’orchestre philharmonique de Prague a participé à cette vingtième édition, les musiciens accompagnant les vaches championnes lors de leur présentation sur le ring. La consécration pour CAT Haïda Deux vaches de l’exploitation agricole de l’ESAT de la Fondation protestante du Sonnenhof à Bischwiller ont été sélectionnées pour participer au concours de la race montbéliarde, qui réunissait 80 animaux. CAT Haïda a été sacrée vice-championne, tandis que CAT Herade a été classée quatrième de sa section. C’est la qualité des membres, la solidité dans le dos, la profondeur des côtes et les mamelles très bien attachées qui ont fait la différence. Les prix reçus à l’occasion de ce salon permettent à l’exploitation du Sonnenhof de bénéficier d’une excellente notoriété et de mettre en avant le travail de ses résidents. La fondation protestante est la seule exploitation alsacienne qui travaille avec des personnes en situation de handicap mental à participer à ce type de concours. De nombreux contacts ont pu être pris grâce à l’inscription de ces deux bovins au catalogue du salon. Les prix attribués sont aussi un gage de qualité des bovins qui participeront à une offre génétique performante. Les descendants de CAT Herade et de CAT Haïda bénéficieront eux aussi de cette notoriété. À bientôt à Paris ! Ce n’est pas naturel pour une vache de marcher dans un ring devant un jury, entourée d’un brouhaha incessant. Cela nécessite un entraînement assez intense : il faut s’habituer à avoir un licol autour de la tête, puis s’entraîner à marcher. Aujourd’hui, CAT Haïda est devenue une vraie pro de la scène : dès qu’elle a un licol autour du cou, elle sait quelle attitude adopter. Même si c’est une vache de caractère, elle comprend ce que l’on attend d’elle, marche avec élégance, finesse et souplesse, pour le plus grand plaisir des moniteurs et des travailleurs handicapés qui s’occupent du troupeau de montbéliardes au quotidien. D’ores et déjà, CAT Haïda continue à s’entraîner avec ardeur : elle a en effet été présélectionnée pour le concours général agricole qui se déroulera le dimanche 28 février prochain, dans le cadre du Salon international de l’agriculture à Paris. Rappelons que l’an dernier, elle s’était classée première de sa section et meilleure mamelle, avant de remporter le titre de championne jeunes vaches.

Élevage de poules pondeuses

Propreté exigée

Publié le 07/12/2015

Mercredi 25 et jeudi 26 novembre, l’équipe avicole de Sanders Nord Est a organisé deux journées de formation destinées aux éleveurs de poules pondeuses et de poulets de chair. Au programme : point sur les marchés, bilan technico-économique, intervention et échanges sur les bonnes pratiques de nettoyage et de désinfection des bâtiments d’élevage.

En France, la majorité des TIAC (Toxi-infection alimentaire collective) déclarées sont liées à l’intoxication par Salmonella, en particulier par les sérotypes enteritidis et typhimurium, qui peuvent se trouver dans les œufs, la viande, les produits laitiers… Le consommateur est surtout exposé à ce risque lors de la consommation d’aliments crus ou mal cuits, une cuisson suffisante permettant de détruire les salmonelles. La contamination des denrées alimentaires peut intervenir à tous les maillons de la chaîne alimentaire : élevage, centre de conditionnement, « mais aussi, et surtout dans les frigidaires mal entretenus », note Philippe Bucher, responsable avicole chez Sanders Grand Est. Parmi les participants à cette réunion, un éleveur a témoigné de la contamination de son élevage par Salmonella. Pour lui, elle y a très probablement été ramenée par des oies, qui sont réputées pour être des porteurs sains de l’agent infectieux. « Les salmonelles peuvent aussi être véhiculées par les petits rongeurs », note Philippe Bucher. Propre, mais pas stérile Pour éviter de passer à côté de la contamination de leur élevage, les éleveurs de poules pondeuses sont tenus de procéder à un dépistage par des prélèvements de surface (prélèvement chiffonnette) toutes les 15 semaines. Et pour éviter la contamination des élevages, les bâtiments doivent être soigneusement lavés et désinfectés entre chaque lot. En effet « lorsqu’un lot de poules part en réforme, il laisse derrière lui un bâtiment imprégné d’un certain microbisme. L’objectif du nettoyage et de la désinfection du bâtiment d’élevage, c’est d’obtenir un bâtiment propre pour le lot suivant, qui va y apporter son propre microbisme », explique Philippe Bucher. Mais pas question non plus d’obtenir un espace stérile. « En bactériologie, c’est la loi du premier occupant qui règne. L’excès d’hygiène peut donc provoquer l’installation de bactéries pathogènes parce qu’on leur a laissé trop de place en éliminant les autres bactéries », rappelle Philippe Bucher. Henri Villard, responsable commercial du laboratoire Theseo, spécialiste de la prévention par l’hygiène qui commercialise une gamme complète de produits d’hygiène, confirme : « La conduite d’un bon plan d’hygiène permet d’abaisser la pression microbienne ». Pas de désinfection sans lavage préalable Première étape de ce plan d’hygiène : une désinsectisation effectuée sur bâtiment chaud. Car dès que la température qui règne dans le bâtiment va diminuer, les insectes vont se mettre à l’abri et seront moins exposés aux matières actives. L’objectif est de lutter contre les ténébrions adultes (bas de mur et litière). Puis, il s’agit d’enlever les restes d’aliments, de dépoussiérer l’ensemble du bâtiment, y compris ventilations, lanterneaux, gaines d’extraction et seulement à ce moment-là d’enlever un maximum de litière. À ce stade, Henri Villard préconise de se concentrer sur le circuit d’abreuvement : rinçage, vidange, lavage avec un détergent alcalin non moussant, détartrage et désinfection, remise en eau et analyse d’eau validant l’efficacité du nettoyage : telles sont les étapes du protocole à respecter. Place ensuite au lavage du bâtiment, une étape qui conditionne l’efficacité de la désinfection ultérieure. La détergence consiste à éliminer le maximum de résidus gras. Pour qu’elle soit la plus efficace, Henri Villard insiste sur la nécessité de réunir quatre facteurs : une concentration en détergent suffisante, un temps de contact du détergent avec la surface à nettoyer suffisante (30 minutes), une température de l’eau de 60 °C et une pression suffisante lors du décapage à l’aide d’une pompe haute pression (120 bars minimum). Sur ce point, Henri Villard conseille de privilégier le débit d’eau par rapport à la pression : une pression trop élevée risque de dégrader inutilement les surfaces. En outre, si la pression attaque les salissures, c’est le débit qui permet de les emporter. Une fois les surfaces propres, on peut procéder à la désinfection. Hervé Villard préconise un produit à large spectre (bactéricide, fongicide et virucide), avec une quantité d’eau suffisante (0,3 l/m2) pour atteindre les virus. Vient ensuite l’étape du vide sanitaire, qui permet notamment de laisser sécher le bâtiment. C’est aussi le moment de chauler le parcours si nécessaire, fumiger les silos… À ce stade intervient la mise en place des barrières sanitaires : pédiluve avec un désinfectant, préparation du sas et des équipements (vêtements et bottes propres), dératisation avec des postes d’appâtage équipés de souricide et de raticide, désinfection des bétons extérieurs aux abords des bâtiments. Enfin, la désinfection terminale par nébulisation intervient 48 à 24 heures avant l’arrivée du nouveau lot. Le lendemain de cette première journée de formation destinée aux éleveurs de poules pondeuses, Sanders est allé à la rencontre d’une trentaine d’éleveurs de poulets de chair à Schiltigheim en leur proposant une journée de formation similaire.

Publié le 27/07/2015

Jeune agricultrice installée à Ranspach-le-Haut, Émilie Schmitt est l'une des neuf finalistes du concours « Graines d'agriculteurs » qui se poursuit jusqu'à la fin du mois d'août. Ce concours, qui a lieu chaque année, vise à récompenser des jeunes agriculteurs qui viennent de s'installer. C'est le seul trophée agricole qui donne la parole au public et qui lui permet de devenir un consom'acteur.

Des jeunes qui viennent de s’installer sur une exploitation agricole au cours de ces cinq dernières années, c'est la seule condition pour participer à ce concours. « Graines d'agriculteurs » fédère toutes les instances représentatives agricoles : au niveau national, les Jeunes Agriculteurs (JA), le ministère de l'Agriculture, les acteurs historiques de l’agriculture avec ses différentes filières. « Graines d’agriculteurs » rassemble tout le monde. L’objectif : écouter ces jeunes agriculteurs talentueux, entendre leur vision de l’agriculture de demain, et faire découvrir l'agriculture dans sa diversité. Et peut-être qu’en découvrant ces nouveaux talents, « Graines d’agriculteurs » suscitera des vocations et donnera à certains jeunes l’envie d’entreprendre sur une exploitation agricole ?En 2014, les grandes cultures ont succédé aux jeunes éleveurs de viande bovine de 2013, qui eux-mêmes ont succédé aux jeunes vignerons et maraîchers de 2012, et aux jeunes arboriculteurs de 2011. Les éleveurs laitiers ont été choisis pour cette édition 2015. Un bon support de communication « On m'a appelé en janvier dernier pour savoir si j'étais intéressée pour participer à ce concours. Auparavant, les organisateurs avaient contacté le service « installation » de la Chambre d'agriculture de région Alsace. J'ai accepté de recevoir le dossier d'inscription et de participation. J'ai alors rempli un dossier très complet de plusieurs pages. Afin de répondre aux questions, j'ai effectué des recherches pour avoir toutes les données sur ma propre exploitation. Ma plus grande surprise concerne le coût des traitements phytosanitaires à l'hectare. Cela m'a permis de travailler les chiffres et de découvrir des données sur l'entreprise. J'ai par exemple départagé le chiffre d'affaires laiterie et celui du lait transformé. Cela a pris du temps, mais c'était intéressant et cela devrait me servir pour la pérennité de l'exploitation. La dernière partie du dossier concerne les motivations de l'installation et mon projet. J'ai rendu et renvoyé le dossier à la fin du mois de mars », raconte Émilie Schmitt. Pendant plusieurs semaines, la jeune agricultrice n'a pas eu de nouvelles. Le temps certainement pour les organisateurs d'exploiter toutes les réponses des participants. À la fin du mois de mai, elle est rappelée. On lui signifie qu'elle fait partie des neuf finalistes. C'est la seule en Alsace. « J'ai évidemment été agréablement surprise. Une équipe de production est venue à Ranspach-le-Haut la semaine suivante pour effectuer un tournage me présentant et pour expliquer le fonctionnement de la ferme. Depuis, cette vidéo a été mise en ligne sur le site internet de « Graines d'agriculteurs » comme celles des autres finalistes. Je suis contente d'en être arrivée là. Pas seulement pour moi, mais également pour l'entreprise. C'est un bon support de communication. Les clients sont nombreux à m'en parler. Ils ont vu la vidéo sur le site internet en question et sur Facebook », ajoute Émilie Schmitt. « Je ne regrette rien » Depuis que la vidéo a été mise en ligne, la jeune agricultrice ne sait rien. Elle n'a rien entendu, ne sait pas comment la vidéo est perçue et ne sait pas davantage si les internautes votent pour elle. Ce sera le cas jusqu'à la fin des votes, programmée le 28 août. Les résultats officiels seront communiqués lors de la finale nationale de labour à Metz en septembre. « Nous serons alors prévenus juste avant, mais cela devrait rester secret », précise Émilie Schmitt déjà satisfaite de pouvoir parler de son exploitation. Un concours qui, à ses yeux, permet en tout cas de promouvoir et de valoriser l'agriculture et les installations. Cela fait maintenant trois ans et demi que, pour sa part, elle est officiellement installée. Là également, elle ne regrette rien. « J'ai continué à vendre mes produits sur différents marchés à la ferme et j'ai greffé à mon programme hebdomadaire deux nouveaux marchés. J'exerce un métier passionnant. Il est stressant car on a des responsabilités, mais je ne reviendrais pas en arrière. J'exerce un métier qui me plaît. Il me demande beaucoup d'heures de travail, mais le retour des clients est très valorisant. Le relationnel est positif. Et, depuis quelques mois, je propose également des petits fromages frais en complément de la gamme de produits habituels », conclut Émilie Schmitt qui s'investit également au sein des Jeunes Agriculteurs du canton de Sierentz-Huningue.

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