Salon international de l'agriculture
Les vaches vosgiennes au rendez-vous
Salon international de l'agriculture
Publié le 03/03/2016
Avec neuf représentantes, contre cinq l’an passé et un stand étendu de 5 à 12 m2, la vosgienne, race à l'honneur du salon en 2011, conforte sa place au salon de l'agriculture, grâce au dynamisme de son organisme de sélection, présidé par Florent Campello et au soutien du collectif des races locales de massif (Coram), qui réunit des éleveurs des Vosges, des Alpes, des Pyrénées, du Massif central et de Corse.
« Le salon, c’est une vitrine, pour montrer notre race, défendre notre terroir et nos produits », explique Florent Campello. Pour lui, impossible d'être absent, malgré la crise qui touche le monde agricole et l'élevage en particulier. « On a pris notre destin en main en multipliant les actions de promotion, en créant de nouveaux produits comme « Cœur de Massif ». Celui qui s’en sort, c’est celui qui n’a pas renié ses valeurs au profit d’une agriculture intensive. Ceux qui sont restés fidèles aux traditions et dont on se moquait il y a vingt ans sont encore là, on ne les entend pas se plaindre. Il ne faut jamais oublier que, nous paysans, nous devons faire notre propre révolution, mais que ce sont les consommateurs qui donneront raison ou non aux choix qui seront faits », ajoute Florent Campello. Dans ces conditions, il ne faut pas lui parler de boycott du salon international de l'agriculture (SIA). Avec d'autres éleveurs, il n'a pas hésité à rejoindre la porte de Versailles avec ses vosgiennes. Éclipse, Edelweiss, 7 ans, et Gratzala, 5 ans, ont eu droit à une belle tonte bien courte et à une douche généreuse. Le jeudi précédant l'ouverture du SIA, elles sont montées à bord d’un camion, en compagnie des veaux Laurine et Lola, deux mois et demi, et de quatre consœurs venues de La Bresse, du Val d’Ajol et de Haute-Saône. Elles sont arrivées le soir même à Paris. Le lendemain, les éleveurs se sont tous retrouvés pour débuter le montage du stand. Promouvoir la race Florent Campello est présent pour la septième fois au SIA. Mais, cette édition revêt une importance toute particulière, explique-t-il vendredi 26 février à la veille de l'ouverture de la manifestation. « Nous avons réussi la présentation de la promotion de la race lors de la dernière édition des Journées d’octobre à Mulhouse. Nous avions notamment pu traverser la ville avec nos vaches. Cette fois, pour nous, le salon est la seconde rampe de lancement national du fromage que nous avons créé. Environ 700 000 personnes visitent le salon chaque année, près de la moitié passe par le hall 1 où nous tenons notre stand : à la louche, j’estime que quelque 150 000 personnes auront l’occasion de goûter notre fromage », analyse Florent Campello. Une heure plus tard, le stand est monté. C'est l'heure de passer à la traite des vaches et de régler quelques détails. Mais dans ce hall 1, l'ambiance change. Des rumeurs annoncent l'arrivée du président de la République, François Hollande, le lendemain dès 6 h du matin. De nombreux éleveurs arborent un tee-shirt noir « Je suis éleveur, je meurs », pendant que d'autres commencent à produire des banderoles. Certaines sont assez virulentes envers le chef de l'État. Elles ne sont pas du goût de membres de la sécurité du Parc Expo. Des discussions s'engagent à l'écart des journalistes présents. Ces banderoles, ce n'est pas l'affaire de Florent Campello. Avec les autres éleveurs de vosgiennes, il rejoint la « cantine » pour un dîner bien mérité. De nombreuses visites Samedi 27 février. Alors que le SIA doit ouvrir ses portes au public à 9 h, l'agitation est grande dès 6 h du matin dans le hall 1. François Hollande est là. Alors que le chef de l'État devait s'arrêter au stand des vosgiennes pour déguster et échanger quelques mots, le programme est chamboulé. L'accueil du président se passe mal (lire ci-dessous). Des éleveurs manifestent bruyamment pendant que le service de sécurité se montre peu coopératif. Finalement, François Hollande ne passe que quelques secondes au stand des vosgiennes dans une agitation extrême. Bien plus calme sera la suite de cette première journée. Beaucoup de visiteurs se pressent sur le stand. Le public pose de nombreuses questions aux éleveurs, prend en photo les vaches, déguste le fromage. L'opération de communication est réussie. Florent Campello est ravi, mais déjà fatigué. Le SIA ne fait pourtant que débuter.












