Élevage

Élevage de poules pondeuses bios

Un vaste poulailler à Surbourg

Publié le 08/04/2016

La famille Scharrenberger vient d'ajouter une corde à son arc avec l'inauguration d'un poulailler dédié à l'élevage de poules pondeuses bios. 15 000 poulettes viennent d'y prendre leurs quartiers. Les premiers œufs sont attendus pour le 20 avril.

Dans la famille Scharrenberger, la diversification, on connaît. Le Gaec, qui associe Christophe Scharrenberger, ses deux fils, Stéphane et Denis, ainsi que Charles Siegel, est dédié à la polyculture élevage de bovins viande. À cela s'ajoute du maraîchage - pissenlit, asperge, ail, oignon - et une culture spéciale : le raifort. Il y a quelques années, un magasin de vente directe a été mis sur pied, employant pas moins de trois bouchers, deux vendeurs, une préparatrice… Dernière évolution en date, lundi 21 mars, la famille Scharrenberger inaugurait un poulailler dédié à l'élevage de poules pondeuses bios. Un investissement de 1,2 million d'euros (M€) que les Scharrenberger ont consenti, confortés par la croissance du marché de l'œuf bio qui assure un débouché. C'est en effet Freddy Zacher, président de la coopérative Sica Producteurs Alsaciens et Lorrains, qui, cherchant à développer son approvisionnement local en œufs bios, les a incités à se lancer dans cette production. « Le marché de l'œuf bio se porte bien, avec une croissance du chiffre d'affaires de plus de 7 % par an », confirme Freddy Zacher, qui poursuit : « Nous essayons depuis plusieurs années de produire en Alsace ce que nous vendons en Alsace ». Un pari en passe d'être gagné. En effet, prochainement, Christian Schleiffer, qui produit déjà des œufs bios à Uhrwiller, va développer sa production grâce à un second bâtiment. De 9 000 poules en place, son élevage va donc passer à 18 000 poules. Celui de l'EARL Spiessweg, la société créée pour gérer l'élevage des Scharrenberger, en abritera 15 000. Ces 30 000 poules permettent de couvrir 80 % des besoins en œufs bios de Bureland. La marque souhaite d'ailleurs continuer à développer la filière bio afin de répondre aux 20 % restants et à la future croissance du marché de l’œuf bio. Six poules par mètre carré Lors de l'inauguration, qui avait lieu en présence de Frédéric Reiss, député, et Pierre Mammosser, président de la Communauté de communes de l'Outre-Forêt, et de l'ensemble des maires de la Communauté de communes, Christophe Scharrenberger, qui est également maire de Surbourg, a rappelé la genèse d'un projet qui a mis trois ans à sortir de terre. En effet, le site est classé Natura 2000 et il a fallu procéder à une modification simplifiée du PLU pour que l'emplacement du futur poulailler passe d'une zone agricole à une zone agricole constructible. Ce qui a nécessité une enquête, financée par la Communauté de communes. Christophe Scharrenberger a remercié ses partenaires dans cette aventure : le Crédit Agricole, la Chambre d'agriculture d'Alsace, Jean-Marc Haegey, l'éleveur qui va le fournir en poulettes prêtes à pondre, et Jean-Marc Frobert, de la société BFC Constructions, conceptrice du bâtiment. Celui-ci est divisé en deux salles, l'une pouvant accueillir 6 000 poules, l'autre d'une capacité de 9 000 poules, séparées par un local technique dédié à la collecte des œufs et au réglage des nombreux automatismes qui permettent de gérer l'élevage. Sur les 3 000 m2 du bâtiment 2 500 sont consacrés aux animaux, ce qui permet de respecter le critère de six poules par mètre carré inscrit au cahier des charges de l'agriculture biologique. Un cahier des charges qui stipule aussi la mise à disposition d'un vaste parcours extérieur. En effet, les poules pondeuses bios doivent pouvoir passer les deux tiers de leur vie en extérieur. Aussi le poulailler est-il ouvert sur un parcours de 6 hectares, dès que les conditions extérieures le permettent. Et il se referme le soir pour que les poules passent la nuit sur les perchoirs mis à leur disposition, conformément à leur instinct de survie, à raison de 18 cm de perchoir par animal. « Le cahier des charges de l'élevage de poules pondeuses en agriculture biologique est extrêmement strict. Il précise aussi la longueur de mangeoire par poule - 10 cm -, le nombre de poules par surface de pondoir… C'est contraignant mais c'est aussi positif parce que ce cahier des charges est le même pour tous les élevages de poules bios d'Europe. Donc de ce point de vue, pas de distorsions de concurrence, les normes sont les mêmes, quels que soient les pays et les élevages sont contrôlés », note Jean-Marc Frobert. Enfin, l'investissement de la famille Scharrenberger dans ce poulailler va générer un emploi : un salarié sera dédié à mi-temps au Gaec et à mi-temps au poulailler, puisqu'il faut compter pas moins de 3-4 heures par jour pour collecter et conditionner les œufs.

Groupement de défense sanitaire d'Alsace

Éradiquer la BVD : tous les éleveurs sont concernés !

Publié le 04/03/2016

Après ses voisins mosellans, allemands et belges, le GDS d'Alsace a décidé de se lancer dans un plan de lutte obligatoire contre la BVD (diarrhée virale bovine). Largement présenté lors des assemblées générales des syndicats de races bovines, ce plan sera financé par une augmentation de cotisation.

« Depuis longtemps, le porc est en crise. Aujourd’hui, le lait et la viande sont eux aussi dans la tourmente, a rappelé Patrick Bastian, en ouvrant l’assemblée générale du Groupement de défense sanitaire (GDS) d’Alsace. Les prévisions des économistes sont pessimistes, mais la situation peut se retourner rapidement. » Beaucoup de mesures ont été prises par le gouvernement pour venir en aide aux éleveurs mais il est difficile de compenser les méfaits de la crise, vu son ampleur. La nouvelle Région a pour mission de s’investir dans l’économie. « Un certain nombre d’idées ont déjà été lancées. » Cependant, a insisté Patrick Bastian, accorder des aides, c’est important, mais à condition de les verser rapidement. Le président Philippe Richert en est conscient. Pour le plan de modernisation des bâtiments d’élevage, par exemple, il faudra passer par le versement d’acomptes pour faire démarrer les projets et soutenir l’investissement. « La gestion des crises, laissons-la à l’État, mais à notre niveau, faisons tout ce que nous pouvons pour assurer la pérennité des exploitations agricoles. » La lutte sanitaire est l’un de ces leviers. La loi NOTRe enlève la compétence économique aux Départements qui subventionnaient fortement les GDS. Que réservera l'avenir ? « Certains départements vont continuer à nous soutenir, d’autres se voient contraints d’arrêter. Le Bas-Rhin nous accordait des aides importantes pour lutter contre les maladies et pour soutenir le laboratoire départemental. Cette politique risque d’être remise en cause à l'avenir. Dans le Haut-Rhin, les aides étaient différentes. » La Région va reprendre la compétence économique, et donc certainement l’aspect sanitaire. « Les GDS du Grand Est se réunissent aujourd'hui, 4 mars, pour voir comment ils vont se structurer. » Pour Patrick Bastian, il faut avancer sur des dossiers comme l'OVS (Organisme à vocation sanitaire) et l'ASR (Association sanitaire régionale). « Ce n’est qu’au niveau de la grande région que nous pourrons être reconnus comme ASR. Mais la lutte sanitaire doit se faire au plus près du terrain et nous avons besoin des départements pour être efficaces. » Épargnés par les crises sanitaires… pour l'instant « En Alsace, nous sommes passés à côté des crises les plus graves », a poursuivi Patrick Bastian. La fièvre catarrhale ovine (FCO) est apparue très brusquement en France, mais pour le moment l’Est n’est pas touché. Le président du GDS ne se fait pas d’illusion : « Cet été, cela risque de changer… Heureusement, le dossier est géré de manière plus simple et plus lucide par les autorités sanitaires, nous avons appris à gérer ce genre de crise. » De son côté, la crise aviaire a pris une ampleur sans précédent : un tiers de la production française va être euthanasié et un vide sanitaire sera effectué. « Au niveau national, nous sommes dans l'attente de la parution d'un accord ministériel pour mettre en place un programme d’éradication de l'IBR (rhinotrachéite infectieuse bovine), a annoncé Patrick Bastian. Je suis satisfait de cette décision : les derniers cas nous coûtent très cher et il était temps d'adopter des mesures plus radicales. Les Conseils départementaux ont apporté une contribution importante à la lutte contre cette maladie, mais nous ne pouvons pas éternellement les solliciter sur ce dossier. Cet arrêté ministériel nous permet d’aller vers l’éradication de l’IBR. » BVD : aller rapidement vers l’éradication Mais la vedette du jour était incontestablement la BVD. « La BVD, j’ai appris à la connaître sur mon exploitation en 1994, avec des pertes considérables. » Depuis, un travail énorme a été accompli, a souligné Patrick Bastian, mais certains départements ont avancé plus vite que d’autres. « Si j’ai défendu la nécessité de foncer, dans notre région, c’est que les régions et départements voisins sont déjà passés à la vitesse supérieure, depuis longtemps. » La Moselle, par exemple, s'est engagée dans la lutte contre cette maladie, avec des résultats exceptionnels. « C’est efficace et cela marche bien. » Patrick Bastian a indiqué que le département des Vosges a décidé à son tour de se lancer dans l'aventure. Un nouveau pas vient d'être franchi. « Nous avons obtenu que la lutte contre la BVD soit rendue obligatoire au niveau national, même si certains départements avanceront à leur propre rythme, parce qu’ils ont d’autres priorités sanitaires, comme la tuberculose. » Les deux départements alsaciens ont décidé de fixer une ligne de conduite par rapport à l’éradication de la BVD qui permettra aux régions voisines de les rejoindre dans cette lutte. « Ensuite, nous conseillerons à nos voisins italiens d’acheter des animaux indemnes, et cela ira très vite. »

Salon international de l'agriculture
 

Les vaches vosgiennes au rendez-vous

Publié le 03/03/2016

Avec neuf représentantes, contre cinq l’an passé et un stand étendu de 5 à 12 m2, la vosgienne, race à l'honneur du salon en 2011, conforte sa place au salon de l'agriculture, grâce au dynamisme de son organisme de sélection, présidé par Florent Campello et au soutien du collectif des races locales de massif (Coram), qui réunit des éleveurs des Vosges, des Alpes, des Pyrénées, du Massif central et de Corse.

« Le salon, c’est une vitrine, pour montrer notre race, défendre notre terroir et nos produits », explique Florent Campello. Pour lui, impossible d'être absent, malgré la crise qui touche le monde agricole et l'élevage en particulier. « On a pris notre destin en main en multipliant les actions de promotion, en créant de nouveaux produits comme « Cœur de Massif ». Celui qui s’en sort, c’est celui qui n’a pas renié ses valeurs au profit d’une agriculture intensive. Ceux qui sont restés fidèles aux traditions et dont on se moquait il y a vingt ans sont encore là, on ne les entend pas se plaindre. Il ne faut jamais oublier que, nous paysans, nous devons faire notre propre révolution, mais que ce sont les consommateurs qui donneront raison ou non aux choix qui seront faits », ajoute Florent Campello. Dans ces conditions, il ne faut pas lui parler de boycott du salon international de l'agriculture (SIA). Avec d'autres éleveurs, il n'a pas hésité à rejoindre la porte de Versailles avec ses vosgiennes. Éclipse, Edelweiss, 7 ans, et Gratzala, 5 ans, ont eu droit à une belle tonte bien courte et à une douche généreuse. Le jeudi précédant l'ouverture du SIA, elles sont montées à bord d’un camion, en compagnie des veaux Laurine et Lola, deux mois et demi, et de quatre consœurs venues de La Bresse, du Val d’Ajol et de Haute-Saône. Elles sont arrivées le soir même à Paris. Le lendemain, les éleveurs se sont tous retrouvés pour débuter le montage du stand. Promouvoir la race Florent Campello est présent pour la septième fois au SIA. Mais, cette édition revêt une importance toute particulière, explique-t-il vendredi 26 février à la veille de l'ouverture de la manifestation. « Nous avons réussi la présentation de la promotion de la race lors de la dernière édition des Journées d’octobre à Mulhouse. Nous avions notamment pu traverser la ville avec nos vaches. Cette fois, pour nous, le salon est la seconde rampe de lancement national du fromage que nous avons créé. Environ 700 000 personnes visitent le salon chaque année, près de la moitié passe par le hall 1 où nous tenons notre stand : à la louche, j’estime que quelque 150 000 personnes auront l’occasion de goûter notre fromage », analyse Florent Campello. Une heure plus tard, le stand est monté. C'est l'heure de passer à la traite des vaches et de régler quelques détails. Mais dans ce hall 1, l'ambiance change. Des rumeurs annoncent l'arrivée du président de la République, François Hollande, le lendemain dès 6 h du matin. De nombreux éleveurs arborent un tee-shirt noir « Je suis éleveur, je meurs », pendant que d'autres commencent à produire des banderoles. Certaines sont assez virulentes envers le chef de l'État. Elles ne sont pas du goût de membres de la sécurité du Parc Expo. Des discussions s'engagent à l'écart des journalistes présents. Ces banderoles, ce n'est pas l'affaire de Florent Campello. Avec les autres éleveurs de vosgiennes, il rejoint la « cantine » pour un dîner bien mérité. De nombreuses visites Samedi 27 février. Alors que le SIA doit ouvrir ses portes au public à 9 h, l'agitation est grande dès 6 h du matin dans le hall 1. François Hollande est là. Alors que le chef de l'État devait s'arrêter au stand des vosgiennes pour déguster et échanger quelques mots, le programme est chamboulé. L'accueil du président se passe mal (lire ci-dessous). Des éleveurs manifestent bruyamment pendant que le service de sécurité se montre peu coopératif. Finalement, François Hollande ne passe que quelques secondes au stand des vosgiennes dans une agitation extrême. Bien plus calme sera la suite de cette première journée. Beaucoup de visiteurs se pressent sur le stand. Le public pose de nombreuses questions aux éleveurs, prend en photo les vaches, déguste le fromage. L'opération de communication est réussie. Florent Campello est ravi, mais déjà fatigué. Le SIA ne fait pourtant que débuter.

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