Cultures

À Traenheim et Westhoffen

Lancement de la saga des fruits d’été

Publié le 22/06/2018

L’Association des producteurs de petits fruits et fruits à noyaux d’Alsace a officiellement lancé sa campagne de récolte, avec les cerises, mardi 19 juin, sous l’égide de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et en présence de son égérie Delphine Wespiser. Après la rhubarbe et les cerises, les prunes bleues devraient garnir les étals dans dix jours, les mirabelles fin juillet et les quetsches le 25 août. Ainsi que les mûres, myrtilles, framboises, groseilles et autres cassis.

L’idée revient à Daniel Dettling, producteur de fruits à Westhoffen, également secrétaire de l’association des producteurs, de lancer officiellement « une saga des fruits d’été ». Car après la récolte des cerises qui bat son plein actuellement, devraient suivre les prunes, les mirabelles fin juillet déjà, et les quetsches le 25 août. Mais également les mûres, les myrtilles sauvages et de culture, les framboises, les groseilles, les cassis et enfin les noix. L’Association des producteurs de petits fruits et fruits à noyaux d’Alsace, sous l’égide de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), a donc lancé officiellement cette « saga », mardi 19 juin à l’EARL Reisz à Traenheim puis à la coopérative Les Jardins du Ried à Westhoffen. Avec le retour du soleil, Joël Reisz, président des producteurs, affichait un large et radieux sourire, mardi, en présence des professionnels, de la presse locale, et de Delphine Wespiser, pour ce lancement. L’épisode de pluies du début de campagne de récolte n’a finalement pas altéré le moral des producteurs qui s’apprêtent à garnir les étals de cerises, et ce d’autant que la récolte 2018 est bonne, après une année 2017 marquée par des gelées de printemps catastrophiques. Les cerises ont une faible capacité de conservation : un inconvénient qui devient un avantage commercial pour les écouler sur les marchés locaux, avec une garantie de fraîcheur et avec le logo Fruits et légumes d’Alsace, désormais bien ancré dans l’esprit des consommateurs, observe Pierre Lammert, président de l’Ifla. Les fruits et légumes d’Alsace sont désormais indissociables du visage de Delphine Wespiser, ancienne Miss France, qui a conclu cette journée de promotion. On la retrouvera ce samedi sur le petit écran dans l’émission Fort Boyard. Elle a aussi annoncé officiellement sa participation deux jours par semaine dans l’émission Touche pas à mon poste chez Cyril Hanouna : « Certains ne seront pas d’accord. Quoi qu’il en soit, c’est une belle visibilité pour moi et donc pour les fruits et légumes d’Alsace aussi. »

Alsace Soja’Tour 2018

Le soja progresse en plaine d’Alsace

Publié le 22/06/2018

Année après année, le soja prend une place de plus en plus importante dans le paysage agricole local. Alternative économiquement intéressante au trio de tête des grandes cultures - maïs, blé, colza - c’est aussi une culture peu exigeante en intrant, donc intéressante dans un contexte d’évolution des pratiques agricoles vers moins d’intrants.

La sole régionale de soja ne cesse d’augmenter depuis plusieurs années. Afin de respecter la réglementation en matière de diversification des rotations, d’isoler du maïs semences… Mais pas seulement : « Le soja est une culture bas intrant et une légumineuse. Elle constitue une bonne tête de rotation, se récolte tôt, donc n’occasionne pas de tassement des sols », décrit François Lannuzel, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). Mais le soja n’est pas non plus une panacée. Le désherbage, notamment, est assez technique. C’est pourquoi la CAA veut affiner ses connaissances sur cette culture et mène des essais en ce sens. Trois rendez-vous étaient organisés dans le cadre de l’Alsace Soja’Tour 2018, dont un à La Wantzenau, sur une parcelle de Fabien Metz. « Je cultive du soja sur cette parcelle depuis deux ans. D’abord pour isoler du maïs semences. Mais j’y vois aussi un intérêt agronomique », précise-t-il. Pour la récolte, Fabien Metz adhère à une Cuma, ce qui permet de mutualiser l’investissement et de sécuriser la récolte. Le soja a été semé le 20 avril, après un déchaumage et un faux semis. Aucune fumure de fond n’a été apportée, par contre, Fabien Metz a réinoculé la parcelle avec du rhizoflo (lire en encadré). Des bénéfices agronomiques difficiles à chiffrer « Avec un rendement moyen de 35 q/ha, le soja en système non irrigué permet de dégager une marge de quelque 900/ha en débouché alimentaire. Les charges opérationnelles s’élèvent à 440 €/ha, les principaux postes étant la semence et l’inoculation, suivis par le désherbage », explique Fabienne Boizet-Noel, conseillère grandes cultures à la CAA. En débouché non alimentaire, la marge est moindre, mais Fabien Metz tempère : « Si on n’a pas suffisamment de débouchés alimentaires, on peut aussi faire de la semence fermière ce qui permet de réduire le poste des semences dans les charges de l’année suivante ». Et Fabienne Boizet-Noel renchérit : « Le revenu généré par le soja est équivalent, en moyenne, à celui d’une céréale ou d’un maïs dans un contexte de prix céréaliers bas ». Un constat à prendre avec des pincettes en raison du faible pas de temps sur lequel il est établi : moyenne 2016-2017 pour le soja. Mais qui ne prend pas non plus en compte les bénéfices agronomiques induits par la culture, difficiles à chiffrer : reliquat azoté, amélioration de la structure du sol… En outre, le soja était, l’an dernier, éligible à une prime Pac de 40 €/ha, dont le montant est amené à évoluer en fonction des surfaces de protéagineux et de légumineuses plantés en France. En effet, le budget alloué à cette prime est divisé par le nombre d’hectares concernés en France. Par ailleurs, les conseillers rendent attentifs les producteurs : « Le soja pouvait jusqu’à présent entrer dans les SIE. Désormais il ne peut plus être considéré comme tel dès lors qu’il reçoit un traitement phytosanitaire ». Peu sensible aux ravageurs et aux maladies, le soja est néanmoins susceptible de développer du rhizoctone brun, dont l’agent pathogène est présent en Alsace, tout comme du sclérotinia. Mieux vaut donc ne pas faire plus de deux sojas d’affilée sur une même parcelle. « Le blé est la culture qui a le meilleur effet dépressif sur les maladies et les adventices du soja », indique François Lannuzel. La principale difficulté dans l’itinéraire technique d’un soja, c’est le désherbage. D’une part parce que la culture est peu couvrante en début de cycle, il convient donc de réguler efficacement les adventices. D’autre part parce qu’un certain nombre de produits homologués provoquent un phénomène de phytotoxicité sur le soja. Et doivent par conséquent être utilisés avec prudence et parcimonie. Une nouvelle matière active homologuée François Lannuzel a présenté la synthèse de cinq essais menés depuis 2011 sur des infestations d’adventices mixtes. Il en ressort que les stratégies incluant un traitement de prélevée sont très sécurisantes. Autre stratégie qui fonctionne : effectuer deux passages, un en prélevée à doses réduites, pour revenir en post-levée, par exemple avec du Pulsar. Les stratégies de post-levée intégrale donnent des résultats plus hétérogènes, en lien avec le stade plus développé des adventives, dans des conditions de traitement optimales plus difficiles à obtenir, notamment pour les produits qui requièrent des conditions poussantes. Néanmoins, les stratégies à deux traitements de post-levée peuvent s’avérer intéressantes sur des sites peu infestés. Une autre synthèse de trois essais démontre l’efficacité du binage. Il est possible de le coupler aux traitements chimiques, ce qui permet d’en réduire les doses, donc l’IFT, tout en conservant une bonne efficacité. Et le binage permet d’effectuer un rattrapage de sécurité. Par contre, comme pour le désherbage chimique, il faut réunir des conditions de traitement adaptées. La nouveauté pour cette campane, c’est l’homologation sur soja du métobromuron, une urée substituée à action racinaire, à mode d’action systémique, qui est préconisée pour les traitements de prélevée à la dose de 3 l, ou 2 l en sols sableux ou présentant moins de 3 % de matière organique, afin d’éviter la phytotoxicité. Le spectre de cette molécule est assez large, puisqu’elle a une action sur les dicotylédones et les graminées. Par contre, elle présente un risque de transfert vers les eaux souterraines. Il convient donc de l’éviter dans les zones de captage et autres secteurs à risque. « Il s’agit d’un produit d’association, à combiner avec du Mercantor, ou du Prowl, ou à rattraper avec du Pulsar. Nous le testons depuis trois ans, et nous avons constaté un gain d’efficacité par rapport au Prowl ou au Mercantor seuls, notamment sur chénopodes, sétaires et digitaires », décrit François Lannuzel, qui commente : « Ce n’est pas une révolution mais une nouvelle corde à notre arc pour alterner les familles chimiques ». La réunion s’est achevée par la visite d’un essai où la CAA teste différentes stratégies de désherbage : prélevée light suivie d’un rattrapage au Pulsar, pré + post avec ou sans adjuvantation, prélevée + post-levée précoce, différentes modalités d’application du Pulsar, que ce soit en termes de doses ou de stades… Résultats après la moisson !

Concours des pratiques agroécologiques - prairies et parcours

Un beau spécimen dans la vallée de la Bruche

Publié le 14/06/2018

Le Concours général agricole des prairies fleuries, devenu pour cette édition le concours des pratiques agroécologiques - prairies et parcours, s’est déroulé jeudi 7 et vendredi 8 juin dans la vallée de la Bruche et du val de Villé. Échantillon.

Cette année, le jury du concours a arpenté dix prairies pour en évaluer la fonctionnalité agricole, écologique, apicole, leur valeur paysagère et patrimoniale… Car c’est bien l’objectif essentiel de ce concours : valoriser le travail des éleveurs et démontrer que ces pièces maîtresses des paysages peuvent être à la fois productives et havre de biodiversité. Jeudi à 11 h, après s’être fait la main sur une parcelle test et sur une prairie d’une autre candidate, le jury a évalué une parcelle de Nicolas Kreis, agriculteur à Bourg-Bruche, plus précisément à la ferme auberge du nouveau chemin, qu’il se prépare à reprendre après le départ à la retraite de ses parents. Pour cette première participation, il a présenté une parcelle de 5,9 hectares située à 550 mètres d’altitude, exploitée par ses parents depuis 25 ans, de manière extensive : « Nous l’utilisons surtout pour produire du foin, et du regain si possible, sinon elle est pâturée », décrit-il. La prairie est fertilisée avec du fumier tous les trois ou quatre ans, les fossés sont curés tous les dix ans. Principale particularité de cette parcelle : son humidité persistante, qui ne permet pas de faucher tôt, au risque d’avoir un fourrage de mauvaise qualité. « La fauche a lieu fin juin début juillet, ce qui explique que le regain est rarement possible », décrit Nicolas Kreis. Scorsonère et tarier des prés Le décor planté, le jury se lance à l’assaut de la parcelle. Présidé par Alexandre Valentin, gagnant du coucours en 2016, il est composé de botanistes, agronomes, apiculteurs, cuisiniers, naturalistes… La diversité floristique de la parcelle est passée au peigne fin. Et les commentaires vont bon train : « C’est du fenouil ? » « Ah, il y a de la silène ! »… Tout d’un coup, le groupe s’arrête, François Labolle, directeur du jardin botanique de l’Université de Strasbourg, pense avoir détecté une plante patrimoniale : la scorsonère. Dès lors, il s’agit pour lui de l’identifier, sans la cueillir. Bingo ! C’est bien elle. Arrivé au bout de leurs investigations, le jury fait le bilan. Les atouts de la prairie sont listés, notamment la mosaïque de milieux qui la compose, avec leur corollaire de flore et de faune variées. Côté flore, il y a des graminées, qui apportent de la fibre, du trèfle, riche en azote, et plusieurs espèces intéressantes d’un point de vue sanitaire ou aromatique. Outre la scorsonère, François Labolle souligne la présence d’orchidées. Une espèce qui ne se serait pas installée si la fumure avait été plus abondante. Côté faune la visite s’est faite au son des grillons, et de nombreux papillons et autres insectes ont été observés. Nicolas Kreis y a déjà constaté la présence du tarier des prés, un oiseau qui niche au sol, et dont les nids peuvent être détruits lorsque les prairies sont fauchées tôt. Une prairie qui ne manque pas d’atouts (puisqu’elle a remporté le concours, lire ci-contre), mais qui présente néanmoins quelques écueils, comme le manque d’ombrage, hormis la lisière de la forêt. Ou encore une productivité moyenne. Nicolas Kreis reconnaît bien sa prairie dans le compte rendu qui lui est fait. « Il la fauche tard pour être sûr d’avoir du fourrage sec, comme en plus elle est hétérogène. Nous envisageons peut-être de construire un séchoir en grange, pour pouvoir rentrer le fourrage un peu plus tôt, parce qu’avec 30 UGB pour 39 ha de prairies nous devrions atteindre l’autonomie fourragère or nous sommes obligés d’acheter du fourrage un an sur trois. » Se faisant, il pointe du doigt l’enjeu économique que la gestion des prairies représente pour les éleveurs. Mais rassure : il ne s’agirait pas de faucher beaucoup plus tôt, juste un peu. Le tarier des prés a encore de beaux jours devant lui dans la clairière du Hang ! Retrouvez un extrait de cette visite en vidéo :  

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