Bilan de campagne
Un PMG menacé par les fortes chaleurs
Bilan de campagne
Publié le 05/07/2018
La plateforme dédiée à la culture du blé coorganisée par la Chambre d'agriculture d’Alsace et Arvalis - institut du végétal (lire pages suivantes) a permis de faire le point sur la campagne qui s’achève. Elle a été marquée par un manque d’eau pour valoriser les seconds apports d’azote, et par de fortes chaleurs en fin de cycle qui ont pu impacter le remplissage des grains.
« La mise en place des blés s’est effectuée dans des conditions favorables », indique Jean-Louis Galais, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Le mois de septembre humide a provoqué quelques inquiétudes, mais il faisait suite à une année 2017 très sèche. Donc l’humidité n’a finalement pas posé de problème. Au contraire. Les sols se sont rechargés en eau et les semis ont été effectués dans des conditions favorables, avec de très bonnes levées. L’hiver a été relativement doux, ce qui a joué en faveur du tallage. Jean-Louis Galais rappelle que ce processus est lié à la somme des températures : « Il faut 80 à 90 °C pour faire une feuille, donc plus il fait doux, plus l’émission de feuilles est rapide. Et, toutes les trois feuilles, il y a émission d’une talle. » Le mois de janvier a été particulièrement humide, ce qui, en fonction des types de sols, a pu pénaliser les blés dans certains secteurs. Les températures fraîches, voire froides, du mois de février n’ont pas été pénalisantes. Le mois de mars a été sec et maussade. Puis il a fait relativement doux, ce qui pouvait laisser penser que les blés allaient prendre de l’avance. « C’était sans compter sur le verrou de la photopériode, qui a freiné le développement des blés », explique Jean-Louis Galais. Du coup, le stade épi 1 cm a été atteint à la période « normale », soit vers le 1er avril. Une fois que le verrou de la photopériode est levé, les facteurs climatiques ont beaucoup plus d’importance. Or, le mois d’avril a été marqué par des températures très douces, voire chaudes. Et les stades du blé se sont emballés. L’azote mieux valorisé par l’irrigation Durant toute la montaison, le manque de précipitations a compliqué la valorisation du deuxième apport d’azote. Comme le reliquat azoté en sortie d’hiver était assez faible, le pilotage de la fertilisation azotée a fréquemment conduit à réaliser des troisièmes apports relativement importants. Jean-Louis Galais rappelle que l’azote apporté va dans les organes en croissance soit, à ce stade, les épis et les futurs grains, et non les feuilles. Donc l’azote, même s’il a été apporté tard, a été valorisé. Les parcelles qui pouvaient être irriguées ont gagné à l’être car cela a permis de mieux valoriser le second apport, donc, théoriquement, d’économiser sur le troisième. En mai, les températures clémentes ont permis de prendre de l’avance : une dizaine de jours en général. « Les traitements contre la fusariose, qui sont appliqués avant la floraison, l’ont été autour du 17 mai, soit avec une quinzaine de jours d’avance », illustre Jean-Louis Galais. Le remplissage des grains s’est fait en conditions chaudes. « Celui-ci s’opère en deux phases, précise le conseiller. Il y a d’abord la formation des grains, qui conditionne leur taille, et qui est optimale à 14 °C alors qu’il a fait en moyenne 19 °C. Vient ensuite la phase de remplissage, dont l’optimum se situe toujours à 14 °C, et qui s’est effectué à une température moyenne de 21 °C. » D’où des inquiétudes quant à l’impact de ces fortes chaleurs sur le PMG… Verdict aux champs !












