Publié le 05/08/2018
« Bien mais pas top ». Voilà qui pourrait résumer la moisson de blé 2018. Par rapport à l’année dernière, le rendement est en baisse, « de 8 à 10 % », estime Christian Lux, responsable du service agronomie au Comptoir agricole. Une baisse imputable à un cumul de facteurs défavorables. Il y a d’abord eu un mois de janvier très humide. « Les excès d’eau ayant entraîné un phénomène d’asphyxie racinaire, et un mauvais développement des racines ». Puis un coup de gel fin avril, qui est intervenu après une période relativement douce, donc sur des blés qui amorçaient leur sortie d’hiver. Le mois d’avril a été relativement sec. Or les systèmes racinaires étant peu développés, les blés ont souffert du manque d’eau, et il y a eu des pertes de talles. En outre, le manque d’eau a pénalisé la valorisation des apports d’azote. Enfin, la fusariose s’est installée en fin de cycle, provoquant l’échaudage de groupe d’épillets. C’est ce cumul de petits accrocs qui a entraîné une perte de rendement d’au moins 5 %. Un constat valable un peu partout en Alsace, « Il n’y a pas de secteur épargné », rapporte Christian Lux. Mais la perte de rendement est plus ou moins importante en fonction des caractéristiques de chaque parcelle. Les sols limoneux, par exemple, sont un peu plus décevants, « mais ce ne sont de toute manière pas les plus adaptés au blé ». La fusariose : une menace sérieuse Cette déception quantitative est heureusement compensée par la bonne qualité des blés. Les PS sont bons, « en moyenne 78 », précise Christian Lux, les temps de Hagberg aussi, la teneur en protéine aussi, avec une moyenne supérieure à 12,5 %, conséquence d’une concentration des protéines liée à la baisse du rendement. Mais en ce qui concerne la teneur en mycotoxines, « on a eu chaud », prévient Christian Lux. Certes les teneurs sont en dessous des seuils réglementaires, mais il aurait pu en être autrement. « Les précipitations fin mai autour de la floraison ont entraîné des contaminations par la fusariose. Heureusement qu’il a fait sec de fin juin jusqu’à la moisson car cela a permis de limiter l’expression des mycotoxines. S’il avait plu davantage la qualité sanitaire aurait sans doute été dégradée », estime Christian Lux, qui incite donc les agriculteurs alsaciens à choisir des variétés tolérantes à la fusariose, même si ce critère n’est pas la priorité des sélectionneurs.












