Cultures

Interprofession des fruits et légumes d’Alsace

La récolte des quetsches et des pommes bat son plein

Publié le 06/09/2018

C’est officiel ! La saison des quetsches et des pommes a été déclarée ouverte la semaine dernière par les professionnels de la filière, le mercredi 29 août. Daniel Dettling, président de l’association Production fruitière intégrée d’Alsace, Joël Reisz, président de l’Association des producteurs de petits fruits et fruits à noyau d’Alsace, et Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, ont invité les médias régionaux à découvrir la récolte mécanisée de la quetsche dans le verger d’André Acker à Schœnenbourg.

Lorsqu’un arboriculteur parle de la quetsche d’Alsace, c’est tout un poème… Les qualificatifs abondent pour décrire sa forme allongée, sa robe violette - aux nuances mauves et vertes cette année -, sa chair moelleuse, reconnaissable à sa couleur orangée, sa saveur sans pareille rehaussée d’une pointe d’acidité, son noyau qui se détache facilement, contrairement aux autres prunes. On n’a plus qu’une envie, secouer l’arbre comme un prunier - c’est exactement ce que fait la machine à récolter - et se gaver de belles quetsches juteuses. Ou bien faire des tartes, des confitures et, pourquoi pas, des quetscheschlegel. Bref, c’est le moment de céder à la tentation ! Les fruits sont là, abondants et sains, la moniliose étant aux abonnés absents, cette année. « Malgré la charge, le calibre et la qualité sont corrects », souligne Joël Reisz. Et, ne l’oublions pas, la saison est courte : la commercialisation ne s’étale que sur trois semaines… Et pas possible de se tromper : que ce soit sur les marchés ou dans les magasins, la provenance locale est clairement affichée sur les barquettes et les cagettes, grâce aux visuels élaborés par l’Association des producteurs de fruits à noyau. Que les amateurs de pommes se rassurent, ils auront eux aussi de quoi se régaler. La récolte ne fait que débuter, mais elle s’annonce abondante, surtout comparé à l’an dernier où les vergers avaient été durement touchés par le gel. Si elstar et gala ont eu la primeur, les autres variétés ne vont pas tarder à suivre, annonce Daniel Dettling. « C’est le moment où l’on retrouve la quetsche et la pomme d’Alsace, produits emblématiques de notre région, conclut Pierre Lammert. Il faut sensibiliser les consommateurs au fait que l’approvisionnement local est abondant, que ce n’est pas la peine de chercher ailleurs. Et c’est aux grossistes, aux distributeurs de mettre ces produits en avant. »

Lancement de la campagne de pommes et de quetsches

Que du bonheur !

Publié le 06/09/2018

La récolte de quetsches et de pommes vient de démarrer. Bonne nouvelle, elles ont moins souffert de la sécheresse et de la chaleur que les céréales. Abondance et qualité organoleptique sont au rendez-vous, augurant une rentrée savoureuse. Le top départ de la saison a été donné par les professionnels mercredi dernier sur la ferme d’André Acker à Schœnenbourg.

La cueillette des mirabelles s’achève, et voilà que les quetsches pointent le bout de leur nez fuselé. « De Sigolsheim à Wissembourg, en passant par Obernai, tous les secteurs géographiques démarrent en même temps. » Du jamais vu, selon Philippe Jacques, conseiller arboricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Il y a quelques semaines, pourtant, l’inquiétude des producteurs était palpable : « Avec ce temps sec et chaud, nous avions des craintes sur le calibre des quetsches. À l’arrivée, nous sommes agréablement surpris. Le calibre est correct, le taux de sucre est bon, voire très bon, et la fermeté plutôt satisfaisante. » Quant à l’aspect sanitaire, il est excellent. « Il y a eu très peu de carpocapse. D’une manière générale, il y a eu très peu de maladies. » Seul bémol, un léger défaut de coloration. « La peau a une couleur mauve clair, avec un fond vert, et la chair n’a pas toujours la couleur orangée habituelle. » Mais cela n’entame en rien le plaisir de la dégustation, parole de consommateur ! « La qualité gustative est intéressante », confirme Philippe Jacques. Si les conditions climatiques restent tempérées, la récolte devrait durer quinze jours. « À voir si le fruit se tiendra à l’arbre jusqu’à la fin. Si les grandes chaleurs reviennent, la saison risque d’être raccourcie. » Pommes : « On attend une récolte pleine » Du côté des pommes, elstar et gala ouvrent le ban. « C’est parti pour deux mois et demi de récolte. » Là aussi, bonne nouvelle : pour l’instant, le prix de vente est supérieur aux attentes. « Les premières variétés se vendent bien, et à un bon prix. Il y a de la place sur le marché. La concurrence des pays de l’Est ne se fait pas encore sentir », indique Philippe Jacques. Sur le plan technique, on relève le même petit défaut de coloration que pour les fruits à noyau : « La couleur rouge peine à apparaître ». Du coup, les producteurs ont préféré retarder le démarrage de la récolte d’une semaine. Les volumes sont au rendez-vous, la qualité organoleptique et la qualité de conservation aussi. « Le taux de sucre est supérieur aux années antérieures. Le taux d’acidité est à un niveau standard. Les calibres sont moyens, car les arbres sont généralement très chargés. » Mais c’est un moindre mal : « Dès qu’on monte en calibre, on perd en fermeté ». Poires : « Au top de la qualité gustative » « Nous avons réalisé une belle campagne de poires. » Volume et qualité gustative sont au top, se félicite le technicien. Les poires sont sucrées et juteuses, comme on les aime. « La récolte touche à sa fin. La qualité a été homogène du début à la fin, malgré les fortes chaleurs et l’absence d’irrigation qui a eu un impact sur les calibres, qui sont plutôt moyens. » La mise en marché a démarré avec la williams, mais les variétés suivantes vont être commercialisées très prochainement. En abricots, par contre, la campagne a été très hétérogène. Cela s’explique par le phénomène d’alternance. Les vergers qui ont été touchés par le gel l’an dernier étaient en général trop chargés et les fruits manquaient un peu de maturité. Les vergers moyennement chargés, en revanche, ont donné des fruits aussi beaux que sucrés. « Les producteurs alsaciens ont encore du mal à stabiliser le niveau de production, car ils maîtrisent mal les écarts de floraison. » Malgré les craintes liées à la canicule et à la sécheresse, les arboriculteurs tirent leur épingle du jeu, constate Philippe Jacques. « Mais gare à l’effet kiss cool au printemps prochain ! » Le technicien craint que le stress auquel les arbres ont été soumis cet été ne soit néfaste à l’induction florale. Affaire à suivre…

Chou à choucroute

Les producteurs au désespoir

Publié le 24/08/2018

Des choux à choucroute à peine plus gros que des pamplemousses… De mémoire de producteur, on avait rarement vu ça ! Les fortes chaleurs qui persistent depuis six semaines ont ruiné les espoirs des producteurs alsaciens qui comptaient sur une belle récolte pour le lancement officiel de la toute nouvelle IGP choucroute d’Alsace.

Laurent Heitz, président du Syndicat des producteurs de chou à choucroute d’Alsace, est formel : pour les variétés semi-tardives dont la récolte va démarrer dans une quinzaine de jours, les prévisions de rendement sont amputées de 30 %, et même de 50 % dans certains cas. Lorsque la température dépasse 30 °C, les spores se ferment et la végétation s’arrête, explique-t-il. Le chou ne grandit plus. Et cela fait six semaines que cela dure… « Plusieurs producteurs subissent la double peine, poursuit-il. Leurs parcelles étaient inondées au printemps, entraînant une asphyxie des racines. Puis les fortes chaleurs ont entraîné un arrêt végétatif total. Certaines parcelles ne seront même pas récoltables. » Pour le président des producteurs de chou à choucroute, la situation est pire qu’en 2003 et 2015. « Le plus pénalisant, ce n’est pas le manque d’eau, mais ces températures extrêmes. Pour que la culture soit rentable, il faut que le rendement atteigne 80 t/ha. En dessous, on perd de l’argent. On est loin du compte… » La saison avait plutôt bien commencé, avec des rendements allant jusqu’à 65 ou 70 t pour les variétés précoces dans les plus belles parcelles. « Mais pour les variétés semi-tardives, c’est une tout autre affaire. D’autant que la pourriture commence à s’installer. » Les parcelles irriguées, en particulier, sont fortement touchées. L’eau stagne dans les feuilles basses, ce qui favorise le développement des champignons. « Nous avons dû réaliser plusieurs traitements fongicides. Un surcoût non négligeable, d’autant que le prix du carburant a flambé. » Le président craint en outre que l’état sanitaire des choux à choucroute ne se détériore très rapidement et « qu’on n’arrive pas à rentrer toute la récolte assez vite ». Consentir une hausse du prix du chou à choucroute Comment sortir de ce marasme ? « Nous demandons que la grande distribution limite les promotions sur la choucroute. Et que les choucroutiers acceptent une hausse des prix pour compenser la perte de rendement et le surcoût lié à l’irrigation. Il faudrait atteindre 100 € la tonne, soit 25 € de plus que le prix habituel. » L’écœurement des producteurs alsaciens est réel, souligne Laurent Heitz. Il redoute que les surfaces ne diminuent encore dans les prochaines années. « Le réchauffement climatique que nous vivons menace l’avenir de cette culture en Alsace. Le chou n’aime pas le chaud. Même en irriguant, on ne peut pas compenser la perte de rendement. »

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