Cultures

Arvalis - Institut du végétal

Une application dédiée à la surveillance

Publié le 18/09/2018

Jean Baptiste Thibord travaille à dégager des préconisations devant permettre la mise au point d’une application sur smartphone dédiée à l’évaluation du risque chrysomèle.

L’Inra utilise déjà ce type de surveillance participative via une application élaborée pour d’autres ravageurs comme la punaise diabolique, la pyrale du buis, le frelon asiatique, ou encore la chenille processionnaire. « C’est cette carrosserie informatique que nous allons adapter à la chrysomèle. La photo des captures sur le piège doit permettre à la fois de comptabiliser et valider l’opération, d’archiver, de géo-référencer et de dater les captures avec, à l’autre bout du réseau, un entomologiste qui confirme l’information », décrit Jean Baptiste Thibord. Cette application repose sur une évaluation du risque global, et à l’échelle de la parcelle : « Actuellement, cette évaluation est déléguée aux conseillers techniques, d’où une information globale sur le niveau de chrysomèles. Mais, à l’échelle de la parcelle, ce risque ne peut être évalué que sur la base de mesures in situ », poursuit-il. D’où l’idée de développer un mode de surveillance participative, qui impliquera donc les agriculteurs. Ces derniers effectueront eux-mêmes la surveillance, et partageront ensuite leurs comptages via l’application. Précision : à l’échelle de la parcelle, il s’agit d’utiliser des pièges englués de couleur jaune et sans phéromone attractive à longue distance. « Ce sont les agriculteurs eux-mêmes qui effectueront la pose et le piégeage, guidés par un tutoriel disponible en ligne sur l’application. Le partage d’informations entre parcelles environnantes améliorera la performance des conseils techniques », poursuit Jean-Baptiste Thibord. L’application accompagnera les agriculteurs dans l’identification des insectes. Et, en retour, ils recevront des préconisations individualisées. Pour l’heure, Arvalis sonde le terrain et évalue avec quel niveau d’implication les maïsiculteurs sont prêts à se consacrer à la surveillance participative du ravageur. « Car l’efficacité et la fiabilité de cette surveillance reposent sur le nombre de données collectées, donc sur la motivation des agriculteurs et l’aspect participatif du partage des données », conclu Jean-Baptiste Thibord.

Chrysomèle des racines du maïs

Des solutions en gestation

Publié le 18/09/2018

En Allemagne, l’efficacité des pièges à chrysomèles est testée ainsi que la lutte biologique avec des nématodes. Côté français, Arvalis travaille à une application permettant la mise en réseau de la surveillance de la chrysomèle sur un mode participatif. Pour l’heure, la progression des populations est une réalité inquiétante, même s’il n’y a pas encore de dégâts visuels.

La recherche agronomique franco-allemande travaille de concert pour apporter des solutions au problème de la chrysomèle. Car l’expansion de l’insecte sur l’ensemble du territoire, notamment le sud du Bade-Wurtemberg, est avérée. « Il va falloir envisager de nouvelles méthodes de lutte », explique un agriculteur allemand. « Une première étape visait l’éradication, avec des périmètres de lutte obligatoire, ce qui n’a pas enrayé la propagation, et a pu occasionner des tensions avec les riverains », observe Christian Schneider, vice-président de l’association générale des producteurs de maïs (AGPM). Pour l’heure, côté Alsace, la lutte n’est plus obligatoire, mais « au-delà d’un certain nombre de piégeages, un protocole basé sur la rotation est mis en place ».

Pièges à chrysomèles

Attention à leur efficacité

Publié le 18/09/2018

Raphaël Maurath, du Landkreis Breisgau Hochschwartzwald, teste l’efficacité de différents piégeages de Diabrotica.

Diabrotica, c’est l’autre nom scientifique de la chrysomèle, qui fait partie de la même famille que le doryphore, et qui s’attaque aussi au miscanthus, indique Raphaël Maurath. « Il n’y a qu’une génération par an. Les larves résistent à des températures de - 15 à - 18 °C. L’émergence des adultes a lieu en juillet. Ils ont besoin de 100 jours pour se développer », rappelle-t-il. À ce jour, il n’y a pas de dégâts visuels observés sur les maïs, même si, autour du 9 août, jusqu’à plus de mille insectes par piège étaient capturés durant la semaine. Par la suite, les captures sont redescendues : « On en est à 6-8 par semaine ». Par contre, comme les larves rongent les racines, c’est donc au niveau de l’efficience de la fertilisation, que des effets peuvent être observés. Dans son travail de recherche, Raphaël Maurath vérifie que les piégeages sont bien représentatifs des populations à la parcelle : « Attention, certains types de pièges avec des disperseurs de phéromones mâle et femelle n’ont rien capturé », observe Raphaël Maurath. D’où des interrogations sur leur fiabilité. Il incite donc à la prudence sur les observations. Il teste aussi l’efficacité de différentes stratégies de lutte, notamment avec des nématodes (lire ci-dessous).

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