Cultures

Publié le 06/08/2018

Dans les régions les plus en avance, la récolte du maïs fourrage pourrait démarrer dès la mi-août, avance Arvalis - Institut du végétal.

Arvalis - Institut du végétal publie une carte des dates prévisionnelles de début des récoltes des maïs fourrage établie le 20 juillet. Elle précise, par région, la période possible de début des chantiers de récolte pour des scénarios climatiques à venir chauds, et montre que la maturité s’est encore accélérée. L’objectif est de sensibiliser éleveurs, Cuma et entreprises de travaux agricoles de l’avancement de la maturité des maïs pour déclencher les chantiers de récolte à temps. Une dernière carte sera publiée début août. Comment est construite la carte ? Pour chaque région, les experts d’Arvalis - Institut du végétal ont défini le groupe de précocité dominant et la date médiane des semis en 2018. Avec les données météo de l’année en cours et les données statistiques sur les semaines à venir, il est possible de prévoir une période à laquelle le stade de récolte sera atteint. Cette prévision est régulièrement mise à jour pour prendre en compte le climat de l’année. Afin d’étaler la période de chantier, et pour éviter les récoltes tardives à taux de matière sèche trop élevé, la carte propose une période de début de récolte par région. Visiter les parcelles pour organiser les chantiers de récolte La période de début de récolte figurant sur la carte correspond aux maïs les plus avancés de chaque région. Elle prend en compte les températures relevées depuis le 13 juillet. Ce qui explique que, pour certaines régions (Nord-Est, Centre, Sarthe), les périodes de début de chantier proposées sont avancées de 2 à 5 jours par rapport à la carte du 13 juillet, et que les premières récoltes sont estimées avant le 15 août. Il revient à chaque éleveur de vérifier la maturité de ses maïs par les méthodes habituelles (observation de l’état des plantes, de la maturité des grains). Les chantiers se déroulant sur environ un mois, Arvalis - Institut du végétal recommande de commencer les récoltes suffisamment tôt dans la saison pour ne pas les finir à des taux de matière sèche trop élevés. La plage optimale de récolte des maïs fourrage se situe entre 31 et 35 % de matière sèche plante entière. La période à laquelle ce stade est atteint est fonction du groupe de précocité de l’hybride cultivé, de sa date de semis et des conditions climatiques. Le suivi des sommes de températures depuis le semis, ou depuis la floraison femelle (sortie des soies), permet de prédire la période optimale de récolte. Trois à quatre semaines après la sortie des soies (stade repère de la floraison) l’observation des grains permet de mieux prédire la date optimale de récolte. À cette date, on commence à voir la lentille vitreuse à l’extrémité des grains des couronnes centrales des épis. Pour les variétés à grains dentés, on commence à observer une dépression au sommet du grain. La lentille vitreuse, jaune dorée et difficilement rayable à l’ongle, correspond au dépôt d’amidon vitreux à l’extrémité du grain. La plante entière est alors, selon son gabarit et l’état des feuilles, entre 24 et 26 % de matière sèche. Si l’appareil végétatif est développé et les feuilles vertes, la plante est entre 23 et 25 % de matière sèche. Si l’appareil végétatif est court et les feuilles sèches sous l’épi, la plante est entre 26 et 28 % de matière sèche. À partir du stade d’apparition de la lentille vitreuse, il reste 6 à 8 points de matière sèche à acquérir pour atteindre le stade optimal de récolte, soit 32 - 33 % de matière sèche plante entière. Cela représente 140 à 180 degrés jours, soit 15 à 25 jours selon les régions, la période de récolte et le scénario climatique de la fin de l’été et de l’automne… En situation de déficit hydrique, l’évolution du pourcentage de matière sèche peut être très rapide, un demi-point par jour, voire jusqu’à un point en condition extrême. Pour bien comprendre l’importance de la bonne maturité des grains et visualiser la méthode d’observation de remplissage du grain au champ visionnez la vidéo d’Arvalis - Institut du végétal :  

Publié le 05/08/2018

« Bien mais pas top ». Voilà qui pourrait résumer la moisson de blé 2018. Par rapport à l’année dernière, le rendement est en baisse, « de 8 à 10 % », estime Christian Lux, responsable du service agronomie au Comptoir agricole. Une baisse imputable à un cumul de facteurs défavorables. Il y a d’abord eu un mois de janvier très humide. « Les excès d’eau ayant entraîné un phénomène d’asphyxie racinaire, et un mauvais développement des racines ». Puis un coup de gel fin avril, qui est intervenu après une période relativement douce, donc sur des blés qui amorçaient leur sortie d’hiver. Le mois d’avril a été relativement sec. Or les systèmes racinaires étant peu développés, les blés ont souffert du manque d’eau, et il y a eu des pertes de talles. En outre, le manque d’eau a pénalisé la valorisation des apports d’azote. Enfin, la fusariose s’est installée en fin de cycle, provoquant l’échaudage de groupe d’épillets. C’est ce cumul de petits accrocs qui a entraîné une perte de rendement d’au moins 5 %. Un constat valable un peu partout en Alsace, « Il n’y a pas de secteur épargné », rapporte Christian Lux. Mais la perte de rendement est plus ou moins importante en fonction des caractéristiques de chaque parcelle. Les sols limoneux, par exemple, sont un peu plus décevants, « mais ce ne sont de toute manière pas les plus adaptés au blé ». La fusariose : une menace sérieuse Cette déception quantitative est heureusement compensée par la bonne qualité des blés. Les PS sont bons, « en moyenne 78 », précise Christian Lux, les temps de Hagberg aussi, la teneur en protéine aussi, avec une moyenne supérieure à 12,5 %, conséquence d’une concentration des protéines liée à la baisse du rendement. Mais en ce qui concerne la teneur en mycotoxines, « on a eu chaud », prévient Christian Lux. Certes les teneurs sont en dessous des seuils réglementaires, mais il aurait pu en être autrement. « Les précipitations fin mai autour de la floraison ont entraîné des contaminations par la fusariose. Heureusement qu’il a fait sec de fin juin jusqu’à la moisson car cela a permis de limiter l’expression des mycotoxines. S’il avait plu davantage la qualité sanitaire aurait sans doute été dégradée », estime Christian Lux, qui incite donc les agriculteurs alsaciens à choisir des variétés tolérantes à la fusariose, même si ce critère n’est pas la priorité des sélectionneurs.

Lancement de la mirabelle d’Alsace à Sigolsheim

Une précocité qui manque de couleurs

Publié le 04/08/2018

Le premier lancement officiel de la mirabelle d’Alsace a eu lieu ce mardi à Sigolsheim à la SCEA Fruits Bernhard. La campagne 2018 se montre plutôt bonne, tant en qualité qu’en quantité. Seul bémol : une coloration qui a du mal à se faire à cause des faibles différences de température entre le jour et la nuit.

La « saga des fruits d’été » en Alsace se poursuit. Après la cerise au mois de juillet, c’est au tour de la mirabelle de connaître son lancement officiel. Une première qui a eu lieu mardi à la SCEA Fruits Bernhard, à Sigolsheim. Une exploitation durement touchée par le gel et la grêle en 2017, et qui peut s’appuyer cette année sur une récolte de mirabelles plus qu’abondante. Dans le verger où les ouvriers travaillent d’arrache-pied depuis le début de la matinée, certaines branches plient l’échine sous le poids des fruits. Une bonne nouvelle pour Danielle Claudepierre et son mari, Yves, tant la récolte de fruits à noyaux est essentielle au résultat économique de leur entreprise. « Ce sont la quetsche et la mirabelle qui nous font vivre », explique-t-elle. Si l’abondance est bienvenue après une année de quasi-disette (80 % de la production avait été détruite en 2017), elle doit cependant être « calmée » pour assurer une production « stable » l’année d’après. « La mirabelle est une production qui alterne beaucoup. Des professionnels comme nous ne peuvent pas se le permettre. Du coup, on vibre l’arbre quand les mirabelles sont encore vertes, ou on effectue un éclaircissage chimique pour tempérer la production », détaille Yves Claudepierre. Cette année, ses arbres ont voulu se rattraper. Même en récoltant près de 15 t par jour, tout ne pourra pas être cueilli. « Ça va être compliqué de faire un deuxième passage sachant que la quetsche arrive rapidement derrière. On a qu’une seule machine pour récolter et c’est un travail qui prend du temps. Si c’est pour que ça aille en distillation, c’est dommage. Mais entre les oiseaux et les cyclistes, il ne restera plus grand-chose sur les arbres au final », estime-t-il. Du sucre mais pas assez de couleur Ses équipes ont démarré le travail de récolte en début de semaine. Elle devrait durer trois semaines environ. Le pic est attendu entre le 5 et le 15 août. « C’est la première fois que la saison démarre aussi tôt en Alsace », fait remarquer le président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), Pierre Lammert. La chaleur et le fort ensoleillement ont bien évidemment favorisé cette situation. Autre point positif de cet épisode caniculaire : l’absence de pourriture et des taux de sucre élevés. Mais chaque médaille à son revers. Outre le fait que ces fortes chaleurs obligent Yves et Danielle Claudepierre à mettre en place des équipes de nuit, le manque d’amplitude thermique retarde le processus de maturité. « Les mirabelles ont tendance à rester vertes au lieu de se colorer. C’est le point faible de la récolte », développe Philippe Jacques, conseiller arboricole à la Chambre d’agriculture d’Alsace. Concrètement, pour une journée à 30 °C, il faudrait que la température nocturne soit comprise entre 12 et 14 °C pour que l’amplitude thermique soit correcte. Ce qui, au vu des dernières prévisions météos, ne semble pas se profiler dans les prochains jours. Une production « pro » qui pourrait dépasser les 1 000 t Si la ferme Bernhard va pouvoir faire le plein de mirabelles cette année, cela ne sera pas le cas de tous les autres producteurs alsaciens. En effet, cette campagne va se caractériser par des volumes inférieurs dans le Bas-Rhin, suite à une année 2017 record. Ce n’est que dans le sud de ce département et dans le Haut-Rhin, où les vergers étaient gelés à plus de 50 % l’an passé, que l’on devrait dépasser les optimums de récolte. Au total, les producteurs tablent sur une récolte de mirabelles qui pourrait dépasser les 1 000 t. Un chiffre prometteur puisqu’habituellement les professionnels ne récoltent « que » 800 t environ, soit un tiers de la production annuelle alsacienne totale. Le reste, soit 1 500 t en moyenne, est récolté dans des vergers familiaux. Cette production « amateur » alimente la vente directe aux consommateurs, ainsi que les nombreux marchés de l’industrie, comme les fruits au sirop, la surgélation, la pulpe et la distillerie. La filière professionnelle, quant à elle, s’est focalisée sur le marché du fruit de bouche à travers différents opérateurs dont une bonne part de grossistes locaux. Les mirabelles qui ne sont pas valorisées en fruits de bouche sont mises en marché principalement par deux opérateurs : les Jardins du Ried et la Prune Lorraine.

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