Cultures

Bilan de la saison du tabac

Une fin de saison avec le sourire

Publié le 26/07/2018

Alors que la récolte du tabac vient de commencer en Alsace, retour sur une campagne mouvementée. Malgré des débuts difficiles, la qualité et la quantité du cru 2018 devraient satisfaire producteurs et clients.

« Ça s’annonce bien. » Devant ses cinq hectares de tabac, Paul Lossel affiche un grand sourire. Les plantes sont de très bonne qualité après une semaine de récolte. « Ça fait longtemps qu’on n’a pas eu de feuilles basses aussi belles », se réjouit le producteur de Pfulgriesheim. La quantité est aussi au rendez-vous. « Il y a beaucoup de feuilles, elles vont donner pas mal de matière sèche », se félicite Bénédicte, la belle-sœur de Paul, en charge du triage et du séchage. Mais les tabaculteurs ont vécu quelques frayeurs avant de retrouver le sourire. Le début de saison s’est montré poussif. Le froid et le manque de soleil de février et mars ont retardé la maturité des semis sous serre. Les pluies ont ensuite repoussé la plantation du 10 au 20 mai. Dix jours, une éternité pour les cultivateurs. Et pourtant, « on s’en tire bien dans la vallée du Rhin, estime Olivier Riedinger, directeur de la Coopérative tabac feuilles de France (CT2F). En Charente, il a tellement plu qu’on a dû planter à l’arrache, coûte que coûte, vers le 20 juin. » Avec plus d’un mois de retard. « Revenir aux prix de 2016 » Les maladies et parasites ont aussi menacé les plantes. Le sclérotinia, un champignon à l’origine entre autres de la pourriture blanche, a guetté les semis sous serre en mars. Plus de peur que de mal, le parasite n’a pas proliféré. « On a aussi craint le mildiou, mais les traitements sanitaires ont permis de limiter la casse », selon Olivier Riedinger. En Alsace, l’horizon des tabaculteurs s’est éclairci en même temps que le ciel. La chaleur et le soleil du mois de juin ont compensé les retards de croissance accumulés depuis février. Un rattrapage fulgurant. La récolte manuelle, a même commencé depuis deux semaines. À la même date que l’an dernier. Désormais, la coopérative se préoccupe d’un objectif économique. À savoir, « revenir aux prix de 2016 », après une récolte 2017 jugée mal payée au vu de la qualité de la production. Dernière crainte dans les champs : la sécheresse estivale. Surtout à Hochfelden et dans le Kochersberg. Là, les agriculteurs n’irriguent presque pas, faute de nappe phréatique accessible. Mais les pluies du samedi 21 juillet ont résolu le problème, pour un temps au moins. « Ici il est tombé 25 cm, on est couvert pour 15 jours », explique Paul Lossel. Une nouvelle raison de garder le sourire.

Station régionale d’expérimentation fruitière Verexal à Obernai

Arboriculture fruitière : désherber autrement

Publié le 18/07/2018

Pour les arboriculteurs, la perspective d’une interdiction progressive des produits de désherbage est un vrai sujet de préoccupation. C’est pourquoi Verexal recherche des alternatives au désherbage chimique sur le rang des vergers conventionnels, même si celui-ci reste pour l’instant la solution la plus simple à mettre en œuvre et la moins coûteuse. Démonstration sur le terrain, mardi 10 juillet à Obernai.

Pourquoi désherber ? Le désherbage du rang a pour but de limiter la concurrence alimentaire entre les adventices et les arbres dans la zone de sol à proximité des troncs. La concurrence des adventices perturbe le bon déroulement des travaux sur le verger et diminue l’efficience du système d’irrigation. De plus, elle est consommatrice d’eau et d’éléments nutritifs, ce qui peut être préjudiciable à la pousse des arbres. Susciter des avancées techniques en matière d’alternative au désherbage chimique pour fournir des références aux exploitants qui envisagent de réduire les traitements phytosanitaires, telle est la mission de Verexal, indique son président, Pierre Barth. C’est pourquoi la station teste depuis plusieurs années des techniques pertinentes pouvant se substituer - ou se combiner - à l’utilisation d’herbicides chimiques, en tenant compte notamment de l’âge du verger. Sachant que ces techniques doivent certes être plus respectueuses de l’environnement, mais aussi avoir une efficacité et un coût acceptables. Certaines machines exercent une pression assez défavorable sur les racines. Un travail mécanique trop intensif peut détruire les racines superficielles des arbres et entraîner une perte de vigueur. Sur d’autres modèles, le passage de l’outil a tendance à creuser le rang. Sur jeunes vergers, cette technique provoque un retard de croissance et pénalise la production. Par ailleurs, les effets étant moins persistants que pour un désherbage chimique, les interventions sont plus nombreuses et augmentent la dépense énergétique. En effet, l’entretien mécanique du rang nécessite en moyenne cinq passages, contre deux passages en chimique, ce qui entraîne une consommation accrue de carburant, pas vraiment opportune en cette période de flambée des prix de l’énergie. Ce qui explique que, pour l’instant, les professionnels sont assez mitigés sur ces techniques alternatives. Depuis l’annonce de la suppression du glyphosate dans trois ans, les constructeurs mettent les bouchées doubles pour proposer aux arboriculteurs des matériels mieux adaptés à leurs attentes. Lors de la journée technique organisée le mardi 10 juillet à Verexal, les professionnels ont pu comparer différentes techniques pour éliminer les adventices : par thermisation, par travail mécanique sur le rang avec des outils à lames, à disques, à dents, etc. La vitesse d’exécution pouvant varier de 2 à 10 km/h, selon la machine. La première machine en démonstration ce jour-là était la bineuse à étoile Freilauber (photo 1). Elle ameublit le sol sur la rangée de troncs, en fonction du réglage de l’angle de travail et de la coupe inférieure des disques. La terre est ensuite éjectée dans la zone du tronc, ensevelissant les mauvaises herbes. Différentes possibilités de réglage permettent d’ajuster l’angle de travail et la coupe inférieure, et donc l’éjection, aux besoins des professionnels et à l’état du sol. Cette bineuse à étoile a suscité l’intérêt des arboriculteurs par la qualité du travail effectué, qui se mesure à la propreté du sol entre les ceps et au fait que les racines ne sont pas touchées, mais aussi par la vitesse d’avancement avoisinant 10 km/h. Le porte-outil avant double Arbocep de la société Chabas (photos 2 et 3) peut accueillir toute une gamme d’outils : lame interceps, tête à fil, tête de broyage, fraise rotative, disque à chausser ou à déchausser, etc. Son châssis pouvant supporter deux outils, à droite et à gauche, il est possible de travailler simultanément deux demi-rangs. En version tondeuse à fil, il détruit les mauvaises herbes et les galeries creusées par les rongeurs. Le débit de chantier est de 12 ha/jour, selon le technicien. Basée en Côte d’Or, l’entreprise Boisselet (photos 4 et 5) a développé un système d’outils interceps basé sur le principe d’amplificateur de couple. Attelé sur le relevage 3 points, le porte-outil peut être tiré ou poussé. Le mouvement du servomoteur est activé par commande hydraulique ou hydroélectrique (en option) afin de faire effacer l’outil en action. La correction de dévers est elle aussi en option. Cet appareil polyvalent permet de mettre en œuvre différents outils, comme l’outil de binage rotatif à dents Pétalmatic +, l’outil rotatif à axe vertical Starmatic ou le pulvériseur à disque. Une brosse mécanique est disponible pour l’entretien des vergers plus âgés. « Elle permet de maintenir le sol propre sans travailler le sol », indique le technicien. Dernier matériel en démonstration, le désherbeur mécanique interceps Ladurner (photos 6 et 7) est équipé d’un palpeur hydraulique de chaque côté, ce qui permet un travail très proche du tronc en toute sécurité. Une centrale hydraulique assure l’animation des différents moteurs. La conception de la machine permet son adaptation à des distances de plantation variables et aux terrains plats comme aux vergers sur buttes. La vitesse d’avancement est réglable de 2,5 à 4 km/h en fonction du travail à réaliser - tonte ou travail du sol - et de la densité de plantation. Retrouvez cette démonstration en vidéo :  

Publié le 17/07/2018

Opposés à la mutualisation nationale de la Taxe additionnelle sur le foncier non bâti (TATFNB) décrétée le 3 mai 2017, les forestiers alsaciens ont demandé le financement du nouveau service commun aux Chambres d’agriculture de la région Grand Est : « Valorisation du bois et territoire ». Reste maintenant à consolider les quatre postes de conseillers forestiers présents en Alsace.

Pour les Forestiers d’Alsace, l’année 2017 a été la plus « éprouvante » de toute leur histoire. Lors de leur assemblée générale, le président, Jean-Marie Batot, n’a pas manqué de le rappeler dans son rapport moral. « Nous n’avons pas bénéficié des conditions favorables pour fêter les cinquante années du développement forestier en Alsace. » En cause, le licenciement économique en 2017 de cinq salariés. Une « dure épreuve » pour cette fédération qui regroupe les différentes associations forestières d’Alsace. « En effet, le licenciement contraint de ce personnel qualifié équivaut à la perte annuelle de 800 jours de conseils pour les adhérents et 80 années d’expérience cumulées », souligne Jean-Marie Batot. Très logiquement, cette forte réduction d’effectif a eu un impact « considérable » pour les conseillers forestiers de la Chambre d'agriculture qui ont subi une surcharge de travail d’animation et de conseil. Des conseillers dont le statut a été fragilisé suite au décret Le Foll paru le 3 mai 2017, instaurant la mutualisation nationale de la Taxe additionnelle sur le foncier non bâti (TATFNB), et la création d’un nouveau service commun à la Chambre régionale et aux Chambres départementales de la circonscription appelé « Valorisation du bois et territoire ». En effet, celui-ci dispose à ce jour d’un budget de 1,142 million d’euros (M€) du Fonds national de solidarité et de péréquation financé par les Chambres d’agriculture départementales, et devrait être complété par le Fonds stratégique forêt bois alimenté par l’État. Une somme importante - obtenue grâce au soutien des parlementaires alsaciens et vosgiens - qui ne permet cependant pas à l’heure actuelle de consolider les quatre postes de conseillers forestiers en Alsace. Un enjeu « crucial », souligne le directeur des Forestiers d’Alsace, Daniel Wohlhuter : « Une réduction de l’effectif à trois provoquerait une déstabilisation de l’organisation actuelle qui s’articule autour de dix associations forestières locales. C’est pour cette raison que le financement de ce nouveau service doit être complété par des fonds européens et régionaux pour permettre le maintien des effectifs actuels, soit douze conseillers en Alsace Lorraine, dont les quatre de la Chambre d’agriculture d’Alsace. Le Centre régional de la propriété forestière a prévu d’intervenir prioritairement en Champagne-Ardenne, et les communes forestières du Grand Est ont également besoin de ces fonds pour financer leurs chargés de mission. » L’assemblée générale de Forestiers d’Alsace a voté une résolution demandant pour sa prochaine réunion en 2019, une présentation de la répartition et des utilisations de la totalité de la TATFNB collectée en Alsace.

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