Cultures

Publié le 17/07/2018

Opposés à la mutualisation nationale de la Taxe additionnelle sur le foncier non bâti (TATFNB) décrétée le 3 mai 2017, les forestiers alsaciens ont demandé le financement du nouveau service commun aux Chambres d’agriculture de la région Grand Est : « Valorisation du bois et territoire ». Reste maintenant à consolider les quatre postes de conseillers forestiers présents en Alsace.

Pour les Forestiers d’Alsace, l’année 2017 a été la plus « éprouvante » de toute leur histoire. Lors de leur assemblée générale, le président, Jean-Marie Batot, n’a pas manqué de le rappeler dans son rapport moral. « Nous n’avons pas bénéficié des conditions favorables pour fêter les cinquante années du développement forestier en Alsace. » En cause, le licenciement économique en 2017 de cinq salariés. Une « dure épreuve » pour cette fédération qui regroupe les différentes associations forestières d’Alsace. « En effet, le licenciement contraint de ce personnel qualifié équivaut à la perte annuelle de 800 jours de conseils pour les adhérents et 80 années d’expérience cumulées », souligne Jean-Marie Batot. Très logiquement, cette forte réduction d’effectif a eu un impact « considérable » pour les conseillers forestiers de la Chambre d'agriculture qui ont subi une surcharge de travail d’animation et de conseil. Des conseillers dont le statut a été fragilisé suite au décret Le Foll paru le 3 mai 2017, instaurant la mutualisation nationale de la Taxe additionnelle sur le foncier non bâti (TATFNB), et la création d’un nouveau service commun à la Chambre régionale et aux Chambres départementales de la circonscription appelé « Valorisation du bois et territoire ». En effet, celui-ci dispose à ce jour d’un budget de 1,142 million d’euros (M€) du Fonds national de solidarité et de péréquation financé par les Chambres d’agriculture départementales, et devrait être complété par le Fonds stratégique forêt bois alimenté par l’État. Une somme importante - obtenue grâce au soutien des parlementaires alsaciens et vosgiens - qui ne permet cependant pas à l’heure actuelle de consolider les quatre postes de conseillers forestiers en Alsace. Un enjeu « crucial », souligne le directeur des Forestiers d’Alsace, Daniel Wohlhuter : « Une réduction de l’effectif à trois provoquerait une déstabilisation de l’organisation actuelle qui s’articule autour de dix associations forestières locales. C’est pour cette raison que le financement de ce nouveau service doit être complété par des fonds européens et régionaux pour permettre le maintien des effectifs actuels, soit douze conseillers en Alsace Lorraine, dont les quatre de la Chambre d’agriculture d’Alsace. Le Centre régional de la propriété forestière a prévu d’intervenir prioritairement en Champagne-Ardenne, et les communes forestières du Grand Est ont également besoin de ces fonds pour financer leurs chargés de mission. » L’assemblée générale de Forestiers d’Alsace a voté une résolution demandant pour sa prochaine réunion en 2019, une présentation de la répartition et des utilisations de la totalité de la TATFNB collectée en Alsace.

Publié le 12/07/2018

Mercredi 4 et jeudi 5 juillet, des orages, parfois violents, ont éclaté sur diverses communes en Alsace. Exemple dans le secteur de Bouxwiller, le mercredi 4 juillet.

Mercredi 4 juillet, vers 17 h, un violent orage a éclaté dans le secteur de Bouxwiller. Théo Kuhm, technicien élevage laitier à la Chambre d'agriculture d’Alsace et agriculteur à Obermodern, témoigne : « Il est tombé quelque 30 mm en assez peu de temps, c’était assez violent. Il y a eu énormément de grêlons, dont quelques gros, de l’ordre du centimètre de diamètre. » Il estime que la cellule orageuse faisait 3 km de large. Elle s’est formée au-dessus de Bouxwiller et s’est dirigée vers le sud, vers Bosselshausen, Wickersheim… Pour heureusement arrêter sa course quelques kilomètres plus loin, vers Hohatzenheim. Localement, les dégâts sur les cultures sont importants. Surtout sur les colzas, qui étaient prêts à être moissonnés. Une parcelle de colza de Théo Kuhm a été expertisée. Verdict : détruite à 75 %. Les blés aussi ont perdu des grains, mais dans une moindre mesure. « Chez moi, les dégâts sont estimés à 10 % », rapporte Théo Kuhm. Et il y a eu des feuilles de maïs lacérées, ce qui ne devrait néanmoins pas porter à conséquence sur la fin de cycle de la culture.

Agriculture de demain

Des observations faites maison

Publié le 11/07/2018

Les causes des problèmes observés sur une culture ne sont pas toujours à chercher du côté des bioagresseurs ou des carences nutritives. Parfois, il s’agit de problèmes de structure du sol. Pour en avoir le cœur net, une seule solution : aller vérifier ce qui se passe du côté du système racinaire. Pour cela, inutile de faire appel à des spéléologues certifiés : une bêche, une tarière, et un peu d’expérience peuvent suffire, et être riche d’enseignements.

« On peut commencer par observer la surface du sol. Car l’infiltration de l’eau sera très différente en fonction de l’état de surface. Il peut y avoir une croûte de battance, qui induit un risque de ruissellement, d’érosion, de coulées de boue. Ou, au contraire des microreliefs et des résidus en surface », introduit Anne Schaub, de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est. Pour aller un peu plus loin sans déplacer des montagnes, le test à la bêche est une solution idéale. Pour le réaliser, il suffit de s’équiper d’une bêche, d’un couteau, d’une grille de notation. Et d’avoir un quart d’heure devant soi. « Ce test se réalise deux fois par an, pour suivre l’évolution de la vie biologique du sol. Il s’agit d’observer la forme des racines, l’aspect des agrégats, la présence de vers de terre… » Pour avoir une réponse précise quant à une intervention de travail du sol (faut-il le travailler ? Comment ? À quelle profondeur ?) ou de vérifier qu’une intervention a rempli son rôle, Anne Schaub préconise de réaliser un profil en creusant un trou au télescopique. Cela permet d’observer les mêmes paramètres que dans le test à la bêche mais plus en profondeur et sur une largeur plus importante. Nommer c’est connaître Enfin, il est intéressant d’observer le sol sur sa profondeur, jusqu’à 1 m, à l’aide d’une tarière. Non seulement parce que les racines prospectent le sol sur une certaine profondeur et que ses caractéristiques sur toute cette profondeur déterminent ses propriétés agronomiques. Mais aussi parce que cela permet de donner un nom au sol, de le rattacher à une certaine catégorie. Ce qui est utile, par exemple, pour paramétrer correctement les outils d’aide à décision. Pour cela, il convient d’observer plusieurs paramètres sur une carotte de sol : couleur, texture, présence et forme des cailloux, traces de rouille, effervescence à l’acide chlorhydrique… À partir de ces observations, l’agriculteur peut décider lui-même de travailler le sol, ou pas. Et s’il décide de le faire, de choisir le bon outil, les bons réglages. Il peut aussi vérifier qu’une intervention a eu l’effet escompté. Et que son sol fonctionne bien. Et, si ce n’est pas le cas, envisager de mettre en place des mesures correctives, comme la couverture des sols, une manière de les travailler différemment, l’apport de matière organique…

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