Cultures

Concours des pratiques agroécologiques - prairies et parcours

Un beau spécimen dans la vallée de la Bruche

Publié le 14/06/2018

Le Concours général agricole des prairies fleuries, devenu pour cette édition le concours des pratiques agroécologiques - prairies et parcours, s’est déroulé jeudi 7 et vendredi 8 juin dans la vallée de la Bruche et du val de Villé. Échantillon.

Cette année, le jury du concours a arpenté dix prairies pour en évaluer la fonctionnalité agricole, écologique, apicole, leur valeur paysagère et patrimoniale… Car c’est bien l’objectif essentiel de ce concours : valoriser le travail des éleveurs et démontrer que ces pièces maîtresses des paysages peuvent être à la fois productives et havre de biodiversité. Jeudi à 11 h, après s’être fait la main sur une parcelle test et sur une prairie d’une autre candidate, le jury a évalué une parcelle de Nicolas Kreis, agriculteur à Bourg-Bruche, plus précisément à la ferme auberge du nouveau chemin, qu’il se prépare à reprendre après le départ à la retraite de ses parents. Pour cette première participation, il a présenté une parcelle de 5,9 hectares située à 550 mètres d’altitude, exploitée par ses parents depuis 25 ans, de manière extensive : « Nous l’utilisons surtout pour produire du foin, et du regain si possible, sinon elle est pâturée », décrit-il. La prairie est fertilisée avec du fumier tous les trois ou quatre ans, les fossés sont curés tous les dix ans. Principale particularité de cette parcelle : son humidité persistante, qui ne permet pas de faucher tôt, au risque d’avoir un fourrage de mauvaise qualité. « La fauche a lieu fin juin début juillet, ce qui explique que le regain est rarement possible », décrit Nicolas Kreis. Scorsonère et tarier des prés Le décor planté, le jury se lance à l’assaut de la parcelle. Présidé par Alexandre Valentin, gagnant du coucours en 2016, il est composé de botanistes, agronomes, apiculteurs, cuisiniers, naturalistes… La diversité floristique de la parcelle est passée au peigne fin. Et les commentaires vont bon train : « C’est du fenouil ? » « Ah, il y a de la silène ! »… Tout d’un coup, le groupe s’arrête, François Labolle, directeur du jardin botanique de l’Université de Strasbourg, pense avoir détecté une plante patrimoniale : la scorsonère. Dès lors, il s’agit pour lui de l’identifier, sans la cueillir. Bingo ! C’est bien elle. Arrivé au bout de leurs investigations, le jury fait le bilan. Les atouts de la prairie sont listés, notamment la mosaïque de milieux qui la compose, avec leur corollaire de flore et de faune variées. Côté flore, il y a des graminées, qui apportent de la fibre, du trèfle, riche en azote, et plusieurs espèces intéressantes d’un point de vue sanitaire ou aromatique. Outre la scorsonère, François Labolle souligne la présence d’orchidées. Une espèce qui ne se serait pas installée si la fumure avait été plus abondante. Côté faune la visite s’est faite au son des grillons, et de nombreux papillons et autres insectes ont été observés. Nicolas Kreis y a déjà constaté la présence du tarier des prés, un oiseau qui niche au sol, et dont les nids peuvent être détruits lorsque les prairies sont fauchées tôt. Une prairie qui ne manque pas d’atouts (puisqu’elle a remporté le concours, lire ci-contre), mais qui présente néanmoins quelques écueils, comme le manque d’ombrage, hormis la lisière de la forêt. Ou encore une productivité moyenne. Nicolas Kreis reconnaît bien sa prairie dans le compte rendu qui lui est fait. « Il la fauche tard pour être sûr d’avoir du fourrage sec, comme en plus elle est hétérogène. Nous envisageons peut-être de construire un séchoir en grange, pour pouvoir rentrer le fourrage un peu plus tôt, parce qu’avec 30 UGB pour 39 ha de prairies nous devrions atteindre l’autonomie fourragère or nous sommes obligés d’acheter du fourrage un an sur trois. » Se faisant, il pointe du doigt l’enjeu économique que la gestion des prairies représente pour les éleveurs. Mais rassure : il ne s’agirait pas de faucher beaucoup plus tôt, juste un peu. Le tarier des prés a encore de beaux jours devant lui dans la clairière du Hang ! Retrouvez un extrait de cette visite en vidéo :  

3e édition d’Agriculture de demain

« Se projeter vers l’avenir »

Publié le 08/06/2018

La troisième édition d’Agriculture de demain a été inaugurée en grande pompe le 30 mai dernier au lycée agricole d’Obernai. Élus et responsables professionnels ont salué unanimement une manifestation qui se veut un « tremplin » pour l’avenir de la profession agricole.

« Nous devons aller dans le sens du raisonné, de l’acceptable, pour laisser des perspectives heureuses aux prochaines générations. » Premier à prendre la parole lors de l’inauguration du salon Agriculture de demain, le maire d’Obernai, Bernard Fischer, donne le ton. Pour lui, cette manifestation créée en 2014 est là pour apporter des réponses à des enjeux « planétaires » comme la qualité des sols. Une problématique que la profession agricole a prise à bras-le-corps ces dernières années et qui dispose encore de grandes marges de manœuvre. Pour le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Wendlinger, la situation est simple : l’agriculture se trouve aujourd’hui à un tournant de son existence. « Les capteurs, la robotique vont révolutionner notre méthodologie. L’évolution technologique qui frappe à nos portes va nous permettre de pratiquer une agriculture plus efficiente, plus respectueuse de l’environnement et aussi plus efficace pour nos agriculteurs. C’est une évolution qui va répondre aux attentes sociétales. » C’est aussi une évolution qui n’a pas d’étiquette accrochée à son dos. À ce salon, on ne parle pas d’agriculture biologique contre un modèle plus conventionnel. Les solutions présentées se veulent transversales. Un élément essentiel aux yeux de Maurice Meyer, président d’Alsace Bio : « Nous sommes ici pour voir ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous différencie. C’est comme ça que notre agriculture pourra évoluer. » À condition de sensibiliser les jeunes générations le plus tôt possible. C’est pour cette raison que la manifestation est organisée depuis ses débuts dans l’enceinte et à proximité des lycées agricoles (Rouffach en 2014 et 2016, Obernai cette année). « Pour nos élèves, c’est une manière d’apprendre autrement. On montre, de manière concrète, ce qui est de l’ordre du réalisable et de l’ordre du non réalisable », souligne le président du lycée agricole d’Obernai, Franck Sander. Reste à profiter de la dynamique existante autour de cette manifestation pour faire des émules dans toute la région. C’est en tout cas l’attente glissée par le président de la Chambre d'agriculture de région Grand Est, Jean-Luc Pelletier. « Ce salon permet à tous les agriculteurs de s’améliorer. Je souhaite qu’il prenne de l’ampleur à l’échelle de notre grande région qui devra résoudre deux défis majeurs : améliorer les revenus de nos agriculteurs tout en répondant aux attentes des consommateurs. » Le député de la sixième circonscription du Bas-Rhin considère pour sa part que ce salon permet à toute la profession de se projeter dans l’avenir. « Il n’y a pas de secteur qui changera plus que l’agriculture. Il y aura des réflexions différentes avec des manières de produire différentes. Mais l’objectif restera le même : nourrir vos concitoyens et continuer à enrichir l’économie. Et nous avons un défi ici, en Alsace, c’est de trouver les voies du développement tout en consommant moins d’espace. Cette réflexion démarre ici. »

Publié le 08/06/2018

La troisième édition du salon Agriculture de demain a refermé ses portes sur un bilan qualitatif unanimement reconnu, mais quantitativement plus mitigé. La manifestation a en effet accueilli à peine plus de 1 000 professionnels aguerris ou en devenir, étudiants ou personnes en reconversion. Et ce, malgré un programme de conférences et d’ateliers de haut vol, un pôle diversifié d’une cinquantaine d’exposants et une météorologie très favorable.

Le thème de cette troisième édition sur la fertilisation était porteur, explique Maurice Meyer, directeur d’Alsace Bio, société partenaire et co-organisatrice de la manifestation. Tous les partenaires ont porté l’événement de façon active, en diffusant très largement les invitations dans leurs réseaux et cela, à l’échelle du Grand Est. On aurait donc pu s’attendre à une fréquentation bien supérieure à celle de 2016. Ce désintérêt montre à l’évidence le malaise croissant d’un secteur en souffrance… Sur les quelque 1 000 professionnels qui ont fait le déplacement sur la manifestation, beaucoup venaient des différents départements de la Région Grand Est (Moselle, Haute-Marne, Vosges), quelques-uns d’Allemagne et de Suisse… d’autres arrivant même de Chine. En effet, une délégation de cinq représentants de l’Université d’agriculture de Pékin était présente les deux jours, d’une part pour y présenter une conférence passionnante sur le développement de l’agriculture biologique en Chine (lire ci-dessous) ; d’autre part pour participer aux différents ateliers démonstrations proposés, qu’ils ont suivis avec attention et intérêt. Un nombre important d’élèves et étudiants étaient également au rendez-vous. Organisé cette année pour la première fois à l’échelle de la Région Grand Est, Agriculture de demain est un rendez-vous professionnel bisannuel, porté par les Chambres d’agriculture Alsace et Grand Est, Arvalis-Institut du végétal, l’Organisation professionnelle de l’agriculture en Alsace (Opaba) et Alsace Bio. « Nous restons convaincus que ce type de manifestation très pointue tant dans le choix des thèmes que dans la qualité de ses intervenants est important pour les professionnels du secteur. Reste à savoir comment l’adapter au mieux pour les motiver à venir plus nombreux. C’est notre prochain défi… nous avons deux ans pour y réfléchir », conclut Maurice Meyer.

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