Cultures

Publié le 27/04/2018

« Les blés ont atteint le stade deux nœuds à peu près partout en Alsace », estime Jean-Louis Galais, conseiller à la Chambre d'agriculture d’Alsace, interrogé le 23 avril. Avec les températures élevées qui ont eu cours les jours précédents, ce stade est parfois même dépassé. Et, couplées à un temps sec, elles ont permis de freiner la propagation des maladies cryptogamiques. Or, en sortie d’hiver, il n’était pas rare d’observer des taches de septoriose sur les feuilles du bas. Si les contaminations ont été limitées et ralenties par le temps sec, le retour à un temps plus humide pourrait faire s’exprimer des contaminations. L’évolution de la maladie devra donc être surveillée de près car, pour limiter son impact sur le rendement, il s’agit de protéger les deux dernières feuilles, et elles peuvent être émises assez rapidement. Un bon début de cycle Même si l’hiver a été un peu plus rigoureux que les précédents, il n’y a pas eu de pertes de pieds significatives à déplorer en sortie d’hiver. Il n’y a pas non plus eu de pucerons à l’automne, donc peu de cas de jaunisse. Les deux premiers apports d’azote ont été effectués. Il y a 15 jours à trois semaines pour le second, au stade épi 1 cm. Généralement dans de bonnes conditions. « Mais il n’y a parfois pas eu beaucoup d’eau derrière. Donc il en faudrait un peu plus, pour être sûr de bien les valoriser. D’autant que les besoins du blé en azote vont maintenant aller croissant. » Ça tombe bien : des précipitations étaient annoncées pour les jours suivants.

Publié le 27/04/2018

Sitôt fleuris, sitôt fanés ! Les stades du colza se sont enchaînés à vitesse grand V. Si bien que « la floraison est déjà presque terminée, sauf dans les secteurs plus tardifs, comme le Sundgau, où elle commence », décrit Jean-Louis Galais, conseiller à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Dans les secteurs les plus précoces, les premières siliques sont déjà formées sur la hampe principale. « On se pose quelques questions quant à l’impact des températures élevées sur la fécondation lors de la formation de ces premières siliques », indique Jean-Louis Galais. Reste que les colzas ont bien poussé, et présentent une végétation importante. Le temps des sols gorgés d’eau, qui pouvaient faire craindre une anoxie racinaire, à laquelle le colza est très sensible, ou encore des gelées hivernales, semble déjà bien loin… Des méligèthes précoces Cette année, les méligèthes sont apparus relativement tôt, et ont exercé une pression assez importante sur les colzas courant montaison, ce qui a incité la plupart des agriculteurs à protéger les colzas avec un traitement insecticide. Parfois à tort, estime Jean-Louis Galais, car le seuil de nuisibilité est élevé, et varie en fonction de l’état de la culture. Le charançon de la tige n’a généralement pas exercé de pression importante. Le charançon des siliques - qui ouvre la porte à d’autres ravageurs en piquant les siliques - reste à surveiller. Mais sa pression apparaît également faible.

Publié le 27/04/2018

Après l’hécatombe de 2017 liée aux gels et à la grêle, la campagne arboricole alsacienne se dirige cette année vers une très grosse production bien aidée notamment par un mois d’avril relativement sec et chaud. Pour autant, rien n’est joué pour l’instant tant les aléas climatiques peuvent être soudains et violents.

Qu’elle soit qualifiée « d’anormale » ou de « catastrophique », la campagne arboricole 2017 a marqué les esprits en Alsace, entre épisodes de gel brutaux et averses de grêle dévastatrices. Dans ces conditions, la campagne 2018 qui démarre ne pourra qu’être « atypique » considère Hervé Bentz, responsable du Verexal à Obernai. « La floraison est tout simplement faramineuse, c’est presque du jamais vu. » La météo très chaude de la deuxième quinzaine d’avril a donné un coup de boost aux arbres fruitiers. « C’est bien simple, on voit la différence entre le matin et le soir dans les vergers. » Conséquence positive de ce temps chaud et sec, une pression maladie très faible voire inexistante. Les champignons devraient néanmoins être de sortie suite aux grosses pluies qui sont tombées lundi dernier en Alsace. En revanche, la nature est allée tellement vite que les abeilles ont eu du mal à suivre le rythme. « On n’en a pas vu beaucoup. Mais bon, vu la masse de floraison, il y a largement de quoi faire une très bonne récolte. » Ça, c’est la bonne nouvelle après une année 2017 bien difficile. La mauvaise nouvelle, si la grosse production se confirme, c’est une potentielle chute des prix. Car, comme le rappelle Hervé Bentz, ce n’est parce que plus de fruits sont produits que les consommateurs en mangent plus. « Du coup, ça risque de faire beaucoup de travail pour pas grand-chose. » Sans compter les conséquences sur la floraison 2019 qui, pour le coup, risque de redescendre à un petit niveau. Pour l’instant, seule la récolte d’abricot devrait être un peu en deçà en 2018, conséquence d’un mois de mars où les arbres ont été « bloqués » après un hiver doux. « Il y a ainsi des variétés où les arbres sont quasiment vides », fait remarquer Hervé Bentz. Du brouillard contre le gel Évidemment, ces prévisions peuvent aussi ne pas se concrétiser tant les incertitudes liées au climat sont fortes. Si les nuits des 20 et 21 avril de cette année n’ont pas été soumises au gel comme l’an passé, le risque d’une récidive n’est pas encore écarté. En effet, tant que les « fameux » Saints de Glace ne sont pas passés au calendrier, à savoir les 11, 12 et 13 mai cette année, des nuits très froides restent possibles. « C’est le fruit d’observations empiriques sur plusieurs générations. Tant que ces dates ne sont pas passées, il y a toujours un risque potentiel de gel pour les cultures », explique le responsable du Verexal. Outre les méthodes utilisées avec plus ou moins de succès l’an passé, une nouvelle méthode de lutte contre le gel a été présentée récemment à des producteurs. L’idée consiste à créer un brouillard à partir de la combustion de balles de paille. La fumée dégagée est ensuite alourdie avec des gouttelettes d’eau afin que le brouillard se maintienne au sol. Cette machine, développée en Hongrie et alimentée par de la biomasse, permettrait de « limiter la casse » en cas de gel, en tout cas jusqu’à un certain stade. « Dans les vergers où cette machine a été testée, on a gagné quatre degrés. Cela suffirait pour des gels modérés. Après, on souhaite surtout qu’il n’y ait plus de gel pendant dix ans », poursuit Hervé Bentz. En effet, il faut plusieurs années à la nature pour se remettre d’un épisode comme celui de l’an passé. Mais même avec plusieurs années consécutives sans gel, il est difficile d’établir des certitudes en arboriculture, car un grand nombre de paramètres entre en ligne de compte. « La nature démolit nos convictions les unes après les autres. De nouvelles questions se posent sans arrêt. Celles d’il y a vingt ans ne sont plus transposables aujourd’hui. Entre le climat et les variétés qui évoluent, il y a énormément de variables. C’est pour cela que les services de la Chambre d'agriculture d’Alsace passent dans tous les vergers pour donner des conseils personnalisés. On ne peut pas donner une recommandation qui soit générale de Wissembourg à Saint-Louis. »

Pages

Les vidéos