Méteils
L’union fait la force
Méteils
Publié le 14/05/2019
Depuis deux ans la Chambre d'agriculture d’Alsace teste différents mélanges de méteils au Gaec du Bruehl à Eckwersheim. Objectif : trouver les meilleurs mélanges de céréales et de protéagineux, ceux qui permettent d’améliorer et sécuriser l’autonomie fourragère des exploitations dans un contexte de changement climatique. Visite.
Une année avec une aussi piètre récolte fourragère que l’année dernière, ça passe. Deux, ça casse. C’est pourquoi les éleveurs sont en quête de nouvelles ressources fourragères : « On ne peut plus tout miser sur l’herbe », constate Laurent Fritzinger, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). D’où un regain d’intérêt pour les méteils, ces mélanges de céréales et de protéagineux, cultivés en interculture longue, par exemple entre deux maïs. Il s’agit donc de semer des mélanges de céréales et de protéagineux. Bien. Mais quelles espèces ? Et en quelles proportions ? Le champ des possibles est vaste et dépend tout à la fois du contexte pédoclimatique, des objectifs poursuivis par l’éleveur, du suivant, du précédent… Pour aider les éleveurs à y voir plus clair, la CAA élabore depuis deux ans une plateforme où différents méteils sont testés. S’y côtoient des mélanges élaborés par des industries semencières, et des mélanges maisons, confectionnés avec des semences certifiées ou fermières. Les tableaux ci-contre récapitulent les principales caractéristiques des espèces entrant dans la composition des mélanges testés. L’orge n’y figure pas : « Il est trop précoce pour l’Alsace, et on a du mal à trouver un protéagineux qui a une précocité équivalente. En plus, la céréale est censée servir de tuteur aux protéagineux, or l’orge est sensible à la verse », justifie Laurent Fritzinger. Sans compter qu’il est assez sensible aux maladies cryptogamiques. Quoi semer, quand récolter ? Parmi les critères de choix des espèces figure la nature du suivant. Par exemple, l’épeautre, assez tardif, est à éviter avant un maïs, mais convient avant un sorgho. Certains agriculteurs craignent que le méteil impacte le potentiel de rendement du suivant en entamant la réserve hydrique du sol. C’est vrai, mais moins qu’une interculture de ray-grass italien (RGI). Pour limiter le risque, une stratégie consiste à implanter les intercultures de RGI sur les terres présentant la meilleure réserve utile, et de réserver les méteils aux moins bonnes terres. Une fois les méteils implantés, il faut déterminer quand les récolter. Et ce n’est pas très facile lorsqu’il y a plusieurs espèces à des stades de maturité différents. Si le méteil est destiné à l’alimentation des laitières, il faudra privilégier une récolte précoce, au stade début épiaison, pour profiter de la meilleure valeur alimentaire du fourrage. En effet, « la MAT diminue avec le temps », rappelle Philippe Le Stanguennec, conseiller agricole à la CAA. C’est de manière générale la céréale qu’il s’agit de considérer pour déterminer la date de récolte du méteil, car c’est elle qui constitue la plus grande part du rendement final. Si le méteil est destiné aux génisses ou à des vaches allaitantes, il est possible d’attendre le stade grain laiteux pâteux pour gagner en volume. Il y a tout de même une exception à signaler : si l’objectif recherché est l’autonomie protéique, et que le mélange a été constitué à cette fin, avec une proportion de protéagineux élevée, il est possible de déterminer la date de récolte en se fixant sur le stade des protéagineux. Avec pour idéal le stade floraison. Retrouvez cette visite en images :












