Arboriculture
Une année à pucerons et à tavelure
Arboriculture
Publié le 08/07/2019
La campagne arboricole 2019 bat son plein et la récolte des cerises s’achève sur une note positive. Le début de campagne a été marqué par des attaques de pucerons carabinées et difficiles à maîtriser. Désormais, c’est la protection contre la tavelure du pommier qui donne du fil à retordre aux producteurs.
La campagne 2019 a démarré sous de mauvais auspices liés aux conditions sèches de l’automne 2018. « Il a très peu plu après les récoltes, en octobre et novembre », rembobine Philippe Jacques, conseiller arboricole à la Chambre d'agriculture Alsace. À priori pas de quoi recharger la réserve hydrique des sols après l’été 2018 chaud et sec. Finalement, ces faibles précipitations automnales n’ont pas eu tant de conséquences que ça. « La coulure a été limitée, même si les conditions météorologiques lors de la floraison n’ont pas été optimales », rapporte Philippe Jacques. Après la floraison abondante de 2018, celle de 2019 était de toute manière attendue en baisse. Le potentiel floral était effectivement en régression, particulièrement en poire. Une espèce qui a en outre développé pas mal de russeting, soit un aspect brûlé imputable à une faible température et une forte humidité à la nouaison. À noter que la coulure a été très hétérogène sur les quetschiers : certains arbres sont encore bien chargés, mais d’autres ne donneront rien. Alors que la récolte des cerises s’achève, Philippe Jacques tire un bilan positif pour cette première production de la campagne fruitière : « Ça a été une belle campagne, surtout grâce à une floraison longue, avec des conditions humides et douces. » Trop de pucerons, pas assez de solutions La campagne a été marquée par de fortes attaques de pucerons, que les arboriculteurs ont eu du mal à maîtriser. Surtout depuis qu’ils n'ont plus le droit d’utiliser des néonicotinoïdes. « Cette mesure nous coûte cher », regrette Philippe Jacques. Techniquement parce qu’il s’agit de trouver des parades. Financièrement parce que ces parades augmentent le coût des stratégies de protection phytosanitaires. Et environnementalement parce qu’une des parades a consisté à se tourner vers des pyrèthres en post-floraison, avec des impacts non négligeables sur la faune auxiliaire. Conséquence : « Il faut s’attendre à des attaques d’acarien par la suite », prédit Philippe Jacques. Justement parce que la faune auxiliaire, affectée par les pyrèthres, risque d’avoir du mal à contenir leur développement. La mouche de la cerise a quant à elle été très bien maîtrisée dans les vergers professionnels, contrairement aux vergers amateurs. Enfin, alors que la pression en Drosophila suzukii est très forte dans le reste de la France, elle reste modérée en Alsace : « Si nous restons à l’écart du marasme, c’est sans doute parce que nous n’avons pas de verger de cerisiers irrigués », avance Philippe Jacques. Pas assez de cuivre face à la tavelure Enfin, la campagne se caractérise par une pression en tavelure du pommier élevée, en bio comme en conventionnel. « C’est la pire année depuis 2016 », n’hésite pas à affirmer Philippe Jacques. En cause : une météo qui a permis des durées d’humectation favorables au développement de l’agent pathogène. « Suite au week-end de Pâques, qui a été très chaud, nous avons eu à faire face à un épisode très difficile. Le développement végétatif était exponentiel, et il y a sans doute eu un déficit de couverture des traitements », rapporte Philippe Jacques. Un phénomène amplifié par de possibles erreurs stratégiques : « Certains producteurs n’ont pas appliqué suffisamment de cuivre, par crainte de l’effet rugogène* des stratégies à base de cuivre. »












