Cultures

À Geispolsheim

Trop chou ces fleurs !

Publié le 13/07/2019

Producteur de choux à choucroute à Geispolsheim, Laurent Heitz a implanté 8 ares de bande fleurie le long de sa première parcelle de choux biologiques. Une expérience concluante qu’il reproduira à plus grande échelle.

Sarrasin, bleuet, coquelicot, et vesce. C’est la composition du mélange fleuri que Laurent Heitz a semé à Geispolsheim. Une combinaison qui ne doit rien au hasard. « Ce sont des espèces identifiées pour leur capacité à attirer les auxiliaires des ravageurs propres au chou », explique Laurent Heitz, membre du réseau de fermes Dephy depuis deux ans, dans le groupe des producteurs de légumes. C’est d’ailleurs le réseau qui lui a fourni gratuitement les semences. Pour les implanter, il s’est arrangé avec son voisin, Christian Heitz, qui exploite une luzernière à côté. Car, économiquement, mieux valait empiéter sur 3 m de foin de luzerne que sur 3 m de choux à choucroute bio. Le marché conclu, Laurent Heitz, aussi président de l'association des producteurs de choux à choucroute, a passé un coup de herse rotative et a semé le mélange avec un semoir à manivelle. Début juillet, la floraison est à son comble. Ça vrombit sec dans la bande fleurie. Comme prévu, elle attire des coccinelles, des syrphes, des chrysopes, qui se régalent des pucerons, cochenilles et autres ravageurs du chou à choucroute. Sans oublier des abeilles, qui trouvent là de quoi se nourrir. « Pour le moment, les résultats sont excellents. Les auxiliaires font leur boulot. Je n’observe aucun puceron et beaucoup de coccinelles », constate Laurent Heitz. Il n’a procédé qu’à un seul traitement, biologique, contre l’altise, avec un produit à base de Bacillus thuringiensis, « du placebo plus qu’autre chose », sourit-il. À part ça, la parcelle d’un hectare a été fertilisée avec de la fiente de volaille et du fumier de bovin. Le désherbage est plus compliqué. « J’ai procédé à cinq binages, contre deux en conventionnel, et je suis aussi passé manuellement. Si l’essai est concluant, et que j’augmente la surface en bio, j’investirai dans du matériel de désherbage spécifique ». Une expérience à reproduire à plus grande échelle En effet, dans deux ans, quasiment la moitié des 28 ha de choux que cultive Laurent Heitz devrait être convertie à l’agriculture biologique. « Je dispose de 13 ha enclavés dans la forêt ». Idéal pour préserver les choux bios des contaminations par d’éventuels traitements phytosanitaires voisins. Comme il est interdit de cultiver la même production en bio et en conventionnel sur la même exploitation agricole, Laurent Heitz va créer une deuxième société. La solution n’est pas idéale, car cela engendre du travail supplémentaire, comme une deuxième comptabilité à tenir. Mais le producteur ne voulait pas convertir toute sa surface d’un coup. Par contre, il ne se l’interdit pas à plus long terme. « Si la choucroute bio se vend bien, je convertirai sans doute toute la surface », annonce-t-il, plutôt confiant. « La demande est là. Quand on a dit à nos clients qu’on allait faire de la choucroute bio, ils en ont tout de suite demandé des tonnes ! » Sur ces 13 ha, Laurent Heitz remettra des bandes fleuries, mais pas en bordure cette fois. « Pour plus d’efficacité, mieux vaut intercaler des bandes régulièrement au sein de la parcelle car les auxiliaires ont une mobilité limitée ». À noter que si Laurent Heitz a choisi d’implanter sa bande fleurie le long de sa parcelle en bio pour d’évidentes raisons de lutte biologique contre les ravageurs, cette pratique est tout à fait reproductible en agriculture conventionnelle, où elle peut permettre d’économiser quelques traitements, et de diversifier le bol alimentaire des insectes pollinisateurs. Ce qui ne gâche rien.    

Publié le 08/07/2019

La campagne arboricole 2019 bat son plein et la récolte des cerises s’achève sur une note positive. Le début de campagne a été marqué par des attaques de pucerons carabinées et difficiles à maîtriser. Désormais, c’est la protection contre la tavelure du pommier qui donne du fil à retordre aux producteurs.

La campagne 2019 a démarré sous de mauvais auspices liés aux conditions sèches de l’automne 2018. « Il a très peu plu après les récoltes, en octobre et novembre », rembobine Philippe Jacques, conseiller arboricole à la Chambre d'agriculture Alsace. À priori pas de quoi recharger la réserve hydrique des sols après l’été 2018 chaud et sec. Finalement, ces faibles précipitations automnales n’ont pas eu tant de conséquences que ça. « La coulure a été limitée, même si les conditions météorologiques lors de la floraison n’ont pas été optimales », rapporte Philippe Jacques. Après la floraison abondante de 2018, celle de 2019 était de toute manière attendue en baisse. Le potentiel floral était effectivement en régression, particulièrement en poire. Une espèce qui a en outre développé pas mal de russeting, soit un aspect brûlé imputable à une faible température et une forte humidité à la nouaison. À noter que la coulure a été très hétérogène sur les quetschiers : certains arbres sont encore bien chargés, mais d’autres ne donneront rien. Alors que la récolte des cerises s’achève, Philippe Jacques tire un bilan positif pour cette première production de la campagne fruitière : « Ça a été une belle campagne, surtout grâce à une floraison longue, avec des conditions humides et douces. » Trop de pucerons, pas assez de solutions La campagne a été marquée par de fortes attaques de pucerons, que les arboriculteurs ont eu du mal à maîtriser. Surtout depuis qu’ils n'ont plus le droit d’utiliser des néonicotinoïdes. « Cette mesure nous coûte cher », regrette Philippe Jacques. Techniquement parce qu’il s’agit de trouver des parades. Financièrement parce que ces parades augmentent le coût des stratégies de protection phytosanitaires. Et environnementalement parce qu’une des parades a consisté à se tourner vers des pyrèthres en post-floraison, avec des impacts non négligeables sur la faune auxiliaire. Conséquence : « Il faut s’attendre à des attaques d’acarien par la suite », prédit Philippe Jacques. Justement parce que la faune auxiliaire, affectée par les pyrèthres, risque d’avoir du mal à contenir leur développement. La mouche de la cerise a quant à elle été très bien maîtrisée dans les vergers professionnels, contrairement aux vergers amateurs. Enfin, alors que la pression en Drosophila suzukii est très forte dans le reste de la France, elle reste modérée en Alsace : « Si nous restons à l’écart du marasme, c’est sans doute parce que nous n’avons pas de verger de cerisiers irrigués », avance Philippe Jacques. Pas assez de cuivre face à la tavelure Enfin, la campagne se caractérise par une pression en tavelure du pommier élevée, en bio comme en conventionnel. « C’est la pire année depuis 2016 », n’hésite pas à affirmer Philippe Jacques. En cause : une météo qui a permis des durées d’humectation favorables au développement de l’agent pathogène. « Suite au week-end de Pâques, qui a été très chaud, nous avons eu à faire face à un épisode très difficile. Le développement végétatif était exponentiel, et il y a sans doute eu un déficit de couverture des traitements », rapporte Philippe Jacques. Un phénomène amplifié par de possibles erreurs stratégiques : « Certains producteurs n’ont pas appliqué suffisamment de cuivre, par crainte de l’effet rugogène* des stratégies à base de cuivre. »

Dossier moisson

La saison est lancée !

Publié le 06/07/2019

Les caprices du ciel ont rythmé toute la saison. Mais la voila enfin ! La moisson est lancée et elle s’annonce plutôt bien… pour le moment. Qu’en disent les experts ? Quelles sont les nouveautés de l’année ? Quelles sont les perspectives pour cette année et les autres ? Notre dossier moisson fait le tour de la question. Dans tous les cas, c’est la moissonneuse-batteuse qui tranchera.

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