Betteraves sucrières
Du mieux côté champs
Betteraves sucrières
Publié le 30/09/2019
La réunion du comité technique de la betterave alsacienne a permis de faire le point sur les avancées permises à la fois par le progrès génétique, le pilotage de la protection phytosanitaire et l’innovation des équipementiers.
Par rapport à l’année dernière, les betteraviers étaient un peu plus détendus en cette traditionnelle réunion technique de septembre. Il faut dire que leur bête noire du moment, la cercosporiose, n’a pas goûté les températures caniculaires et le peu d’humidité de l’été. Résultat, le pathogène a été bien contenu « avec des traitements bien ciblés et efficaces grâce aux planteurs qui ont été réactifs et qui ont suivi les recommandations issues de l’outil de modélisation Cerc’OAD », précise le service communication de Cristal Union. Mais ce n’est pas une raison pour baisser la garde. Aussi, les travaux menés pour protéger la betterave de ce ravageur se poursuivent-ils. Après un galop d’essai en 2018, 2019 a été l’année de déploiement de Cerc’OAD, l’outil d’aide à la décision développé par Cristal Union pour piloter la lutte contre la cercosporiose : 1 400 planteurs l’ont utilisé dans 2 900 communes sur 4 000 parcelles, à raison d’une information par jour. Cerc’OAD se fonde sur les données météorologiques (température, humidité, etc.) pour définir un risque agronomique et déclencher des traitements lorsque le niveau de risque atteint un certain seuil. « L’algorithme du modèle traduit la climatologie en niveau de risque, qui va de 0 à 4 », détaille Hervé Moriat, technicien agronome de Cristal Union. Le risque de chaque jour est ensuite cumulé. Quand il dépasse un certain seuil, un traitement est déclenché. Et le processus recommence, jusqu’au traitement suivant. « Déterminer le seuil de traitement a nécessité huit ans de travail et l’acquisition de nombreuses références afin d’aboutir à un algorithme pertinent, qui traduit le climat en risque et établit des seuils de traitement différents selon les régions », poursuit Hervé Moriat. En 2019, Cerc’OAD a donné de bons résultats : « Le modèle a été pertinent, malgré la climatologie particulière », se félicite Hervé Moriat. Michel Butscha, adjoint au responsable betteravier de la sucrerie d’Erstein, complète : « Aujourd’hui cette plaine qui est saine est le résultat de l’expérience accumulée ces dernières années, de notre outil Cerc’OAD et des choix variétaux qui ont été faits par des planteurs impliqués et à l’écoute des conseils fournis ». Utiliser moins de cuivre En parallèle, le service betteravier de la sucrerie d’Erstein a poursuivi ses essais fongicides. Le cuivre est devenu un élément incontournable pour circonvenir la cercosporiose. Réputé lessivable, il fait cependant preuve d’une assez bonne persistance d’action. Il est néanmoins recommandé de le positionner à distance des précipitations et des passages d’eau. Plus facile à dire qu’à faire : le cadencement des traitements reste un exercice difficile. Et, bien qu’autorisé en agriculture biologique, le cuivre n’est pas un élément anodin : « Nous devons trouver des partenaires qui permettent d’en réduire la dose », explique Michel Butscha, avant de passer en revue les modalités qui ont été testées, que ce soit avec du bicarbonate de potassium, des nouveautés qui arrivent sur le marché… Il constate : « Pour l’instant, dès qu’on diminue la dose de cuivre, ça tient moins bien. Et il faut intervenir à temps, pour contenir la maladie au départ. » Des nouveautés se profilent sur le marché des produits phytosanitaires. Elles pourraient être source de progrès dans la lutte contre la cercosporiose. D’autant que côté génétique aussi il y a du progrès.












