Cultures

Publié le 26/09/2019

Le groupe mondial Corteva Agriscience vient d’inaugurer à Cernay la nouvelle unité de conditionnement de son fongicide « naturel » : InatreqTM active. Avec cette innovation, l’entreprise a comme ambition d’apporter des solutions efficaces pour l’agriculteur et conformes aux attentes sociétales en matière de protection de l’environnement.

Plus de « naturel » pour protéger les cultures agricoles. C’est avec cette promesse que l’entreprise mondiale Corteva Agriscience a développé son nouveau fongicide contre la septoriose : InatreqTM. Une molécule dont la substance active provient de produits naturels obtenus par fermentation. « Grâce à son mode d’action unique, InatreqTM offre aux agriculteurs un nouveau moyen de lutte durable contre des maladies de céréales. Il s’agit de la première nouvelle famille de molécule lancée pour la protection des céréales depuis plus d’une décennie », explique le directeur Europe du Nord de Corteva Agriscience, Éric Dereudre. Connaissez-vous notre solution #fongicide pour le traitement des maladies des #céréales ?➡️ Il s'agit du 1er nouveau mode d'action fongicide pour céréales ?mis sur le marché depuis 15 ans : un dérivé de produits naturels obtenus par fermentation.#Thread pour + d'infos ⬇️ pic.twitter.com/b4gYv3NzHK — Corteva France (@CortevaFR) September 19, 2019   Ce nouveau produit sera exclusivement fabriqué et conditionné à partir du mois d’octobre dans l’usine de Cernay, au sein d’un atelier flambant neuf de 4 000 m2 spécialement construit. Un investissement de 20 millions d’euros qui doit déboucher sur la création de cinquante emplois dans les quatre années à venir. La commercialisation du produit auprès des agriculteurs est prévue à l’horizon 2020-2021, le temps d’obtenir toutes les autorisations de mise sur le marché (AMM) dans les différents pays européens. Soutenir une agriculture « durable » La concrétisation de ce projet suscite énormément d’enthousiasme parmi les dirigeants de Corteva Agriscience comme le souligne la vice-présidente des opérations, Susan Lewis : « Nous avons l’ambition d’aller vers une agriculture plus durable qui permette aux agriculteurs de répondre aux enjeux alimentaires et aux attentes des consommateurs qui veulent des produits de plus en plus naturels. InatreqTM est à nos yeux un produit exceptionnel dans la mesure où il utilise un tout nouveau mode d’action. Une première depuis 50 ans. » Les équipes techniques de Corteva Agriscience ont en effet réussi à stabiliser une bactérie pour extraire cette molécule qui reste néanmoins associée à des produits issus de la chimie dans sa formulation finale. « C’est un peu comme un produit cosmétique naturel dans lequel il y a toujours quelques excipients », relativise Éric Dereudre. Il poursuit : « Progressivement, on réussira à développer d’autres produits à base de matières actives naturelles et sortir de la chimie. Mais tout cela demande du temps et de la recherche. Et surtout, il faut que cela reste efficace et économiquement viable, pour notre entreprise comme pour les agriculteurs amenés à les utiliser. »

Publié le 13/09/2019

Alors que la filière française de houblon s’est réunie il y a peu pour ses premières assises nationales, l’heure est à la récolte dans toutes les houblonnières de France. Une production française qui progresse du fait de la hausse des surfaces avec l’arrivée de nouveaux houblonniers, mais qui s’annonce en retrait en volume pour 2019 du fait de la sécheresse estivale.

La campagne 2019 s’annonce moyenne par rapport aux cinq dernières années et en baisse par rapport à 2018. L’objectif de production national, à 900 tonnes, ne sera pas atteint cette année. On s’avoisine vers les 870 t en raison de la sécheresse qu’a connue la France cet été. Les conditions fraîches en fin de cycle jusqu’à la récolte devraient cependant permettre de diminuer légèrement l’impact des fortes chaleurs. La production française progresse en dehors des bassins historiques (Alsace et Nord), avec le développement du houblon hors de ces territoires, tiré par une demande pour des bières incorporant des houblons locaux. Avec des projets d’installation compris entre 0,5 et 8 ha, de nouveaux échafaudages houblonniers font leur apparition dans le paysage, signe du renouveau du houblon français. L’arrivée de nouveaux producteurs va permettre d’augmenter la production française, et de favoriser l’approvisionnement en houblon en circuits courts des brasseurs. En Alsace plus spécifiquement, la campagne houblonnière a été assez difficile. Le printemps a été marqué par des températures fraîches et de fortes attaques de mildiou primaire. Les houblonnières ont ensuite souffert des effets conjugués de la canicule et de la sécheresse. Les premières variétés les plus précoces ont commencé à être récoltées le 28 août. Le strisselspalt, variété emblématique de la région, a commencé à être décroché des houblonnières à partir du 7 septembre. Et la récolte a ensuite pris son rythme de croisière. Difficile pour l’heure de dire ce que réserve le millésime 2019, tant en termes de quantité que de qualité. « Une chose est sûre, avance Bernadette Laugel, c’est que les résultats seront très différents d’un terroir à un autre. C’est souvent le cas en année climatique hors normes. Donc d’autant plus après deux années atypiques. » Sécher à point nommé La qualité du séchage constitue un point crucial de la récolte du houblon. La liane, qui peut atteindre 8 m de long, doit être préalablement coupée, puis les cônes sont séparés de la liane et des feuilles, et séchés avec précaution. Le séchage est un point critique, car il conditionne en partie la qualité aromatique du houblon. Il s’agit donc pour les producteurs de savoir trouver un juste équilibre afin d’optimiser le séchage tout en protégeant l’intégrité physique du cône afin de préserver la lupuline, qui confère arômes et amertume à la bière. Le taux d’humidité maximum du produit fini est défini par FranceAgriMer, opérateur de l’État qui certifie tous les lots qui seront commercialisés en France ou à l’étranger. Une nouvelle architecture pour la filière Les premières assises de la filière houblonnière se sont tenues le 22 et 23 août 2019 à Obernai. Un acte fondateur qui a été l’occasion de présenter la nouvelle architecture de la filière : « Le renouveau du houblon sur tout le territoire français impose une nouvelle organisation de la filière pour répondre à ses enjeux à l’horizon 2022 », précise Bernard Ingwiller, président de l’Association générale des producteurs de houblons de France (AGPH). L’Institut technique du Houblon voit le jour, une interprofession InterHoublon est créée, et la marque France Houblon est lancée. Cette dernière devient le nom de la filière française de houblon. Son objectif est de repositionner le houblon comme ingrédient central et singulier dans la fabrication de la bière, de développer sa notoriété sur le marché intérieur et de sensibiliser le consommateur aux enjeux de la filière.

Groupe Armbruster

Les céréales ont la clim !

Publié le 09/09/2019

Cet été, le groupe Armbruster a équipé ses silos d’Ottmarsheim et de Strasbourg d’appareils de réfrigération Granifrigor, pour une meilleure conservation des céréales à paille. Une avancée technologique qui répond à une demande sociétale en faveur de la réduction des traitements. Et à celle des meuniers et des boulangers qui exigent de plus en plus des grains stockés sans insecticides.

L’idée a germé au début de l’année, explique Christophe Armbruster. « Nous étions à la recherche d’une alternative aux traitements appliqués jusqu’ici pour assurer la bonne conservation des céréales dans les silos de stockage. » Une température de stockage réduite empêche les céréales stockées de développer des moisissures, ou les insectes d’y proliférer, précise-t-il. Cette option a été prise pour deux raisons. « Nous voulons poursuivre la démarche de développement durable engagée depuis plusieurs années. De toute manière, la sensibilité sociétale fait que les consommateurs ne veulent plus entendre parler de traitements chimiques. » Par ailleurs, la liste des produits autorisés de traitement insecticide de stockage se réduit comme peau de chagrin. Certes, des solutions alternatives apparaissent sur le marché mais, pour l’instant, elles sont encore en phase d’expérimentation, indique Christophe Armbruster. Une solution innovante La solution choisie par l’organisme stockeur consiste à conserver les céréales par le froid. Le système de réfrigération, situé à l’extérieur, est branché sur les gaines de ventilation afin d’injecter du froid à l’intérieur du silo pour abaisser la température des céréales qui y sont stockées. « Le but est de faire descendre la température sous les 15 °C. » La température à l’intérieur des cellules est contrôlée par un système de sondes. Cette technologie est particulièrement adaptée aux céréales à paille. « Le blé arrive généralement au silo à une température de 30 à 35 °C. Or la température de conservation idéale se situe à moins de 15 °C. » À cette température, les insectes ne peuvent pas proliférer, ni les moisissures se développer. Ce système de réfrigération sera aussi utilisé pour le maïs, à terme, même s’il est moins sensible aux attaques d’insectes, en raison de son passage dans le séchoir. « Lorsque nous vendons des grains à un meunier, la vente se fait « sans insectes ». Les silos du groupe Armbruster sont déjà équipés d’un système de ventilation qui permet de livrer des céréales sans insectes. Mais en cas de risque, nous étions obligés de fumiger des insecticides qui ont une efficacité de six mois. » La technologie Granifrigor, développée par la société FrigorTec, implantée dans le Bade-Wurtemberg, est déjà utilisée dans le monde entier, mais l’installation des premiers appareils en France est relativement récente. « Nous sommes le premier gros organisme stockeur - et la première société en Alsace - à investir dans cette technologie, précise Christophe Armbruster. Notre objectif à terme est de ne plus recourir aux insecticides, mais de trouver des solutions alternatives pour la conservation du grain en silo. La technique du froid en fait partie. »

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