Betteraves sucrières
Démarrage de campagne serein
Betteraves sucrières
Publié le 16/10/2019
La campagne d’arrachage des betteraves sucrières alsaciennes a débuté il y a une vingtaine de jours. Les premières estimations de rendement sont bonnes, l’usine d’Erstein reste vaillante et le marché européen du sucre reprend des couleurs. De quoi redonner des perspectives d’avenir plus réjouissantes aux planteurs.
La campagne d’arrachage des betteraves sucrières a débuté le 25 septembre en plaine d’Alsace. Les premiers tubercules ont été réceptionnés lundi 30 septembre à l’usine d’Erstein, qui a commencé à fonctionner dès le lendemain, mardi 1er octobre. Quinze jours plus tard, 10 % des betteraves ont déjà été transformées et 16 % ont été arrachées. Le différentiel représentant les betteraves stockées en bout de parcelle. Des chiffres qualifiés de « normaux » par Laurent Rudloff, responsable du service betteravier, et Stéphane Clément, responsable du site d’Erstein de Cristal Union. Avec 6 000 hectares de betteraves cultivés par 533 producteurs, la production prévisionnelle est estimée à 550 000 tonnes, soit un rendement prévisionnel de 93 t/ha de betteraves à 16 °S de richesse saccharine, en hausse de 10 % par rapport à l’année dernière. Pour les 50 000 t déjà rentrées, le rendement moyen est de 84 t/ha de betteraves à 16 °S. « C’est un bon rendement de démarrage, puisqu’il atteint le niveau final de l’année dernière, et qu’il ne fera qu’augmenter avec la campagne d’arrachage », commente Gérard Lorber, président de la section d’Erstein. Comme toujours, ce rendement moyen masque des disparités. « Dans les secteurs touchés par la sécheresse, les rendements sont affectés et tournent autour de 75 t/ha de betteraves à 16 °S, alors que dans les meilleures terres et les secteurs irrigués, ils avoisinent à ce jour les 110 t/ha de betteraves à 16 °S », indique Laurent Rudloff. 18 °S de richesse moyenne Le retour des précipitations a mis les chantiers d’arrachage à l’arrêt. Un mal pour un bien. « Les betteraves qui restent en terre continuent de pousser et de faire du sucre. Et une fois que le sol est réhumecté, l’arrachage est facilité », constate Laurent Rudloff. Les premières betteraves livrées affichaient une richesse moyenne de 18 °S. Un indice « bon pour l’Alsace », commente Laurent Rudloff, au regard de son climat et de la nécessité d’y cultiver des variétés tolérantes aux maladies, intrinsèquement moins riches en sucre. Gérard Lorber confirme : « Certains bassins de production atteignent des richesses plus élevées, mais ils font moins de volume. Or ce qui compte, c’est le sucre par hectare. » Et le responsable du site de production, Stéphane Clément, d’ajouter : « Avoir des betteraves très riches permet de réduire les coûts de transport. Mais plus les betteraves sont riches, plus il devient coûteux d’en extraire tout le sucre. » Mieux vaut donc être riche, mais pas trop. La tare déchet s’élève pour l’instant à 8 %, en lien avec les précipitations de début de campagne. Un chiffre qui devrait baisser dans les prochains jours, suite au retour de conditions d’arrachage plus clémentes, mais qui va continuer à fluctuer au gré des averses. Du côté des cours, « le marché européen connaît une embellie », indique Gérard Lorber. Le prix de la tonne de sucre blanc était de 315 € en 2018. Il a progressé de 30 % depuis. La raison ? Suite aux aléas climatiques, il y a moins de sucre sur le marché européen. Les cours mondiaux, eux, sont encore à la traîne, mais « on peut sentir les prémices d’un déficit sucrier pour l’an prochain », présage Gérard Lorber, optimiste. « Les cours ne peuvent que remonter, analyse-t-il. Ils sont descendus tellement bas que tous les opérateurs ont souffert, la production a diminué, donc le contrecoup va arriver. » Conclusion du représentant des planteurs alsaciens : « Il faut produire de la betterave en 2020 ! »












