Cultures

Publié le 14/04/2019

Irrigants de France a défendu le stockage de l’eau dans un contexte de changement climatique, lors du congrès du maïs qui s’est déroulé en novembre dernier à Mulhouse.

Si l’eau est un enjeu essentiel à l’échelle de la planète, elle est aussi liée à des problématiques bien locales. En agriculture, toutes les filières sont touchées et en particulier l’élevage qui doit faire face de plus en plus à des manques de fourrage ou de paille à cause de la sécheresse. Une fois ce constat dressé vient la question de la gestion à long terme de la ressource aquifère. Une thématique qui a été débattue lors d’une table ronde organisée dans le cadre de l’assemblée générale d’Irrigants de France qui se tenait au mois de novembre au Parc des expositions de Mulhouse. Et le stockage de l’eau revient régulièrement dans la bouche des professionnels agricoles. Comment faire des réserves de cette précieuse ressource dans les périodes de fortes précipitations pour pouvoir ensuite les utiliser au cours de périodes de sécheresse de plus en plus longues ? Car le potentiel est là, et pas qu’en Alsace avec sa grande nappe phréatique. « Nous avons le deuxième meilleur potentiel d’eau en Europe derrière la Norvège. Et pourtant, on en utilise que 15 %. Ce qui fait de nous les derniers d’Europe. Stocker de l’eau en hiver pour l’utiliser en été relève d’un bon sens indiscutable. Mais pour cela, il va falloir obligatoirement du financement », explique le président d’Irrigants de France, Eric Frétillère. « Nous finançons les projets de substitution » En ces temps de sécheresse budgétaire, la question des crédits disponibles pour de tels projets est assez épineuse. Il y a tout d’abord des fonds mobilisables auprès des Régions, de l’Union européenne via le Feader. Et il y a les Agences de l’eau. Sauf que celles-ci ne sont pas « légitimes » pour financer tous les types de projets, explique Laurent Roy, directeur général de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée. Sans compter que leurs budgets sont en baisse, avec cinquante millions d’euros de moins en six ans due à la volonté du Gouvernement de plafonner leurs recettes. « S’il s’agit de financer un projet qui vise à substituer un prélèvement dans une ressource problématique, en tension, ou déséquilibrée, ou un projet de transfert à partir d’une ressource qui n’est pas en tension comme le Rhône, nous sommes en mesure de contribuer au financement, souligne-t-il. Fondamentalement, nous ne sommes pas opposés au principe du stockage. Mais la légitimité du financement, c’est la substitution. » Dans sa région, où 40 % des bassins de surface étaient déficitaires en eau fin 2015, de nombreuses démarches collectives ont été lancées. Des « projets de territoire » qui associent l’ensemble des usagers de l’eau sur un territoire donné. Une vingtaine a déjà été mise en œuvre, accompagnés chacun de plans d’action et de solutions « concrètes » : réutilisation des eaux usées pour l’arrosage d’espaces verts, de golfs ou pour la production agricole, désimperméablisation des sols, etc. Au total, soixante-dix projets de territoire ont été accompagnés et financés en partie par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée depuis trois ans. Ces projets de territoire, Irrigants de France y est favorable à condition qu’ils prennent en compte les besoins « nouveaux » pour l’agriculture liés aux changements climatiques, en l’occurrence la création de stockages supplémentaires qui permettraient de maintenir l’irrigation dans les cultures. « Par contre, on nous demande de baisser l’irrigation de 10 %, ces qui n’est pas acceptable. On peut produire demain avec autant d’eau. Nous sommes résolument engagés dans la recherche de techniques et technologies permettant d’obtenir une utilisation optimale de l’eau pour une meilleure efficacité environnementale et agronomique. Alors désirriguer, ce n’est pas aller dans le sens du changement climatique quand on sait que le maïs est une plante qui contribue au stockage du carbone dans le sol. L’irrigation doit être vue comme une solution, pas un problème », rappelle Eric Frétillère.

Interprofession des fruits et légumes d’Alsace

Du producteur au distributeur

Publié le 08/04/2019

Une contractualisation portant sur un volume d’achat et un prix annuel a été signée mercredi 3 avril entre l’enseigne Système U Est et la SARL ID3A à Balgau. Elle s’inscrit dans un contexte national de rénovation des relations commerciales qui fait écho à la loi Egalim.

Cette signature n’est que l’officialisation de ce qui a été discuté dès 2017. « Nous nous étions engagés mutuellement sur des quantités et sur un prix des produits », rappelle Claude Keller, gérant de la société ID3A à Balgau. Il s’agit en effet de l’élargissement de ce premier accord qui avait pour objectifs de relancer la création de valeur sur le territoire et en assurer l’équitable répartition. Permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes. Mettre à la disposition du consommateur une alimentation saine, sûre, durable, accessible à tous, en veillant à maintenir une souveraineté alimentaire. Poursuivre la transformation des systèmes agricoles afin qu’ils soient hautement performants. Pile dans l’esprit de la loi Egalim Le contrat a été basé sur une construction des prix à partir de l’amont. Il prend en compte les coûts de production des produits agricoles dans un contexte mondial concurrentiel, ainsi que la volatilité des marchés agricoles. Depuis, les partenaires se sont revus et ont fait évoluer leur entente. Le prix de la salade a été réajusté pour tenir compte des contraintes de travail. Un accord a également été trouvé sur le prix du persil et un nouveau produit, le radis rosé. « Nous sortons d’une année 2018 atypique en termes de météorologie. Nous avons réalisé un volume intéressant, en progression de 10 %, et un chiffre d’affaires en augmentation de 12 %. Ces derniers mois, Système U a joué le jeu et nous a permis d’obtenir des prix adaptés au marché. Nous avons été mutuellement réactifs », se félicite Claude Keller. Pas d’intermédiaire Ces bonnes relations de toute la chaîne sont dans l’intérêt de tous les professionnels et des consommateurs. L’occasion de rappeler que le circuit court est aussi dans les grandes et moyennes surfaces. « Les GMS ne sont pas que des intermédiaires. Dans le cas présent, nous travaillons directement avec les producteurs. Nous discutons ensemble sur les prix de produits que nous achetons localement et que nous revendons localement. Il n’y a personne entre nous. Pour les consommateurs, c’est l’assurance de trouver une alimentation saine et locale. Les circuits courts ne se cantonnent pas seulement à des ventes à la ferme. Là, nous revendons des produits récoltés le jour même », rappelle Thierry Boltz, président de Système U Est. Présent lors de la signature de cette contractualisation, le président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, Pierre Lammert, s’est félicité de cette bonne entente et de ces relations commerciales positives. « À l’interprofession, nous nous réjouissons de ces actions professionnelles communes. Avec l’enseigne U, cela devient une bonne habitude. C’est important pour les producteurs de connaître les prix de leurs produits, de savoir ce qu’ils peuvent faire. Ils ont ainsi une meilleure visibilité. Vous êtes en avance sur la loi. C’est une bonne chose. »  

Banque Populaire. Trophées de la dynamique agricole et viticole

L’Îlot de la Meinau récompensé

Publié le 04/04/2019

Chaque année, la Banque Populaire organise les Trophées de la dynamique agricole et viticole. Une manière de récompenser la créativité, le savoir-faire et l’esprit d’entreprendre des agriculteurs. Un des lauréats alsaciens, l’Îlot de la Meinau, a décroché le prix national spécial du jury.

L’Îlot de la Meinau porte bien son nom. Il s’agit d’un îlot de verdure dans la ville : 11 hectares dédiés à la culture de légumes, dont un peu plus de 6 000 m2 sous abri, situés dans la ceinture verte qui encercle la ville de Strasbourg. Cette ceinture correspond aux anciennes lignes de fortifications de la ville. Elle est protégée par plusieurs lois. Les constructions y sont réglementées. Une particularité qui a permis de préserver les 11 ha de surfaces agricoles sur lesquels s’appuie l’Îlot de la Meinau pour produire des légumes qui alimentent les Strasbourgeois. Cet îlot est géré par Geoffrey Andna et son épouse, Claire. Pour nos lecteurs, Geoffrey Andna est loin d’être un inconnu, puisqu’avant de se lancer dans cette aventure, il a été conseiller agricole au sein de Planète Légumes : « J’étais un peu un agriculteur refoulé », a-t-il confié lors de la cérémonie de remise des prix. Désormais, il est un agriculteur pleinement assumé. Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg, rappelle que le projet de ferme urbaine est né d’une volonté de la collectivité de mieux valoriser ses terres agricoles et de développer les circuits courts : « Nous avons publié un appel d’offres pour convertir des terres de la maïsiculture au maraîchage ». Et Geoffrey Andna y a répondu. C’était en 2014. Cinq ans après, Julien Koegler, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, a le plaisir de pouvoir mettre en avant un jeune qui a achevé son parcours à l’installation avec succès, « malgré les aléas météorologiques et humains ». Un succès que Julien Koegler attribue au côté « novateur » du projet, mais aussi à la détermination de Geoffrey Andna, qui a su « trouver les bons filons » pour valoriser sa production.   Découvrez en vidéo pourquoi Geoffrey et Claire ANDNA ont reçu le prix spécial du jury lors des #PNDA2019 pic.twitter.com/gCHwhidnyX — Banque Populaire (@BanquePopulaire) 27 mars 2019   Produire et vendre En effet, produire des légumes pour la vente directe représente plus d’un challenge. Il faut produire une large gamme de produits, afin d'avoir une offre diversifiée en toute saison. Et il faut valoriser un maximum de volume. La vente directe au magasin ne suffit pas. Il y a aussi un drive, une libre cueillette, la possibilité de commander des paniers - avec une formule spéciale pour la population étudiante, nombreuse mais souvent fauchée. Une partie de la production est vendue aux restaurateurs strasbourgeois. Enfin, les légumes un peu moins frais se retrouvent à nouveau sur les étals du magasin, transformés par un traiteur voisin en quiches, soupes… Largement de quoi occuper 12 ETP (équivalent temps plein). L'activité a entraîné des investissements massifs (serres, matériels de culture notamment), et en exige déjà d’autres. L’Îlot de la Meinau a pour projet d’augmenter sa surface sous abris, de réorganiser le point de vente et d’élaborer des jus de légumes. Geoffrey Andna a conclu cette cérémonie en remerciant ses clients, ses partenaires et ses salariés. Le cocktail qui a suivi était arrosé des vins issus du domaine Allimant-Laugner, situé à Orschwiller. Il a remporté le trophée de la dynamique agricole et viticole de la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne dans la catégorie viticulture.

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