Cultures

Publié le 24/08/2020

La plupart des cultures pâtissent du manque de pluie. Des records ont été battus en juillet. Si certaines cultures s’en sortent mieux que d’autres, le bilan général reste mitigé. La pluie n’a pas arrosé équitablement toute la région. Zoom cette semaine sur le tabac, les asperges et les pommes de terre.

Hétérogène. Voilà comment résumer au mieux la situation des cultivateurs de tabac, pomme de terre ou asperges, qui ont dû faire face à un mois de juillet exceptionnellement sec. Si les précipitations de ces derniers jours ont été bénéfiques pour tous, il n’a pas plu les mêmes quantités partout. Et cela s’en ressent sur l’état des cultures et les stades d’avancement des maturations. Le bilan reste malgré tout correct, l’irrigation ayant sauvé la mise à pas mal de parcelles. Tabac : « Une saison assez compliquée » C’est sans doute la culture qui nage le plus entre deux eaux, car si le tabac est une plante qui a besoin de beaucoup d’heures d’ensoleillement, le mois de juillet a peut-être été trop généreux. « Le tabac a besoin du soleil car cela joue sur sa teneur en nicotine ; et plus de nicotine il y a, plus cela est intéressant pour le producteur. En revanche, les plants ont un besoin en eau très important surtout durant leur période de développement. Pendant cette phase, les pieds exigent en moyenne 5 mm par jour. Même les irriguants ont eu du mal à suivre », décrypte Thierry Bonnet, technicien de culture pour la CT2F. Les récentes pluies ont heureusement permis de combler une partie du déficit pluviométrique. Mais il est absolument nécessaire d’irriguer le tabac régulièrement et en abondance. « C’est pour cette raison qu’il y a peu de non-irriguants en Alsace », ajoute Thierry Bonnet. Ce qui inquiète bien plus en revanche, c’est la pression exercée par les pucerons, vecteurs de maladies destructrices. Toujours selon le technicien, « 100 % des parcelles sont touchées avec, par endroits, des attaques qui détruisent entre 20 à 80 % des plants. » Conséquence de ces attaques : près de 100 hectares ont déjà été détruits car trop de pieds étaient contaminés. Difficile donc d’estimer les rendements de cette année. Pour rappel, les rendements habituels oscillent aux alentours des trois tonnes par hectare. La récolte, elle, a déjà commencé et se poursuivra jusqu’à la mi-octobre. Pomme de terre : même ambiance Si le tabac et la pomme de terre sont deux cultures très différentes, force est de constater que leurs campagnes respectives présentent certaines similitudes. Tout comme le tabac, la pomme de terre est une plante assez exigeante en eau. L’irrigation joue donc un rôle prédominant dans le cycle de développement des tubercules. « Le problème cette année, c’est la présence de pucerons sur la quasi-totalité des parcelles. En dehors de ça, peu de maladies sont à déplorer », explique Jean-Paul Daouze, ingénieur conseil en production végétale à la Chambre d’agriculture. Cela aura forcément un impact sur les récoltes. Selon le technicien, les rendements devraient ainsi être, à l’image de l’année 2019, en dessous des normales, à cause d’une tubérisation (elle aussi) plus faible. Les toutes premières récoltes ont déjà commencé même si « le gros se fera entre le 25 août et le 10 septembre. Pour la qualité, il faut encore attendre avant de donner un verdict mais les tubercules sont beaux, ce qui est encourageant ». Là encore, rien n’est joué et les quelques gouttes qui sont tombées ces derniers jours vont peut-être s’avérer salvatrices. Flashback sur les asperges Côté asperges, les récoltes ont déjà eu lieu essentiellement en mai et juin dernier. La sécheresse printanière a aussi pesé de son poids sur les rendements. Mais l’ensemble reste très correct malgré tout. « On est sur une année assez précoce. Les pluies de mi-mars ont bien fait les choses. Grâce à elles, on a eu des bonnes conditions de récolte. Après, on remarque quand même une grosse différence entre les zones irriguées et celles qui ne le sont pas. Près de 60 hectares n’ont, par exemple, pas été récoltés », révèle Philippe Sigrist, conseiller en production d’asperges chez Planète Légumes. Sur les 470 hectares d’asperges qui ont été plantés cette année, 61 % étaient irrigués. Et là où il y a eu de l’irrigation, les bénéfices se sont fait sentir. « La qualité est vraiment bien. Les rendements sont en augmentation de 10 à 15 % par rapport à 2019, même si les calibres sont en légère diminution. Le gros développement du système de goutte-à-goutte explique aussi cela », conclut le conseiller. Seule ombre au tableau selon lui : « Les futures récoltes risquent d’être impactées par la sécheresse estivale actuelle. »   Lire aussi : Plein cagnard sur les cultures, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin. Les arrêtés sécheresse pleuvent, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin. Les surfaces en baisse, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin. « Une bonne année », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin. Goûteuses et solidaires, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Libre cueillette à Stutzheim-Offenheim

Des légumes en liberté

Publié le 18/08/2020

Une nouvelle libre cueillette de légumes a ouvert ses portes dans le Kochersberg. Située entre Stutzheim et Wiwersheim, la SCEA de Laure Devivier propose près d’une vingtaine de variétés. Malgré la crise sanitaire et l’été caniculaire, les visiteurs sont au rendez-vous.

Diplômée de l’école d’ingénieur agronome de Beauvais, Laure Devivier se lance comme agricultrice en 2017, comme activité secondaire, avec la libre cueillette de fleurs. En parallèle, elle occupe un poste de conseillère agricole à la coopérative CT2F. Son compagnon exploite d’ailleurs 16 ha de tabac. En 2020, voyant que les fleurs plaisent, elle décide de passer à la vitesse supérieure. Elle quitte son emploi et le projet de libre cueillette de légumes voit le jour. Depuis mars 2020, c’est son activité principale, elle cumule la libre cueillette de fleurs sur huit points de vente et celle de légumes sur 3 ha. Si le confinement n'a pas repoussé l'ouverture de la cueillette en juin, il a retardé le montage de certaines infrastructures, ce qui n'était pas de tout repos pour Laure Devivier qui a travaillé toute la durée du confinement à la mise en place : « Tout a pris plus de temps, il y avait beaucoup de freins par rapport aux fournisseurs ». Mais depuis juin, les visiteurs sont au rendez-vous. La libre cueillette est ouverte jusqu'à fin octobre.     « Pour un retour à la terre » La libre cueillette incarne le « do it yourself » (faites-le vous-même, en anglais), plus communément abrégé DIY. Si Laure Devivier préfère laisser les visiteurs cueillir au lieu de leur proposer des légumes déjà cueillis, « c’est avant tout pour le côté pédagogique, pour un retour à la terre », affirme-t-elle. Et forcément, si les légumes devaient être récoltés en amont, « la main-d’œuvre coûterait cher aussi », ajoute-t-elle. Elle espère ainsi participer au partage de bons moments. « Les gens viennent plus pour la balade, pour venir avec les enfants et passer du temps ensemble. » Pour certains, c’est aussi l’occasion d’adopter de meilleurs comportements de consommation. Christophe Georg, client fidèle de la libre cueillette, accompagné de sa femme et de leurs petits enfants, souhaite « inculquer un certain retour à la nature, à la source, aux plus jeunes ». Méliha Jahic est venue avec sa fille. Habitantes d’Avenheim et cueilleuses pour la première fois, elles préfèrent « acheter local, même si ça demande l’effort de venir et cueillir, on est sûrs de savoir d’où ça vient ». Crise mondiale oblige, l’origine des produits est une question qui est revenue au cœur de l’actualité.     Manger local Avec la situation sanitaire, « certains ont vraiment réfléchi à leur alimentation, ils se sont rendu compte qu’ils ne mangeaient pas forcément bien. Ils cherchent maintenant du local et prennent plus de temps pour se concentrer sur ce qu’ils mangent », remarque Laure Devivier. Le confinement a permis une certaine prise de conscience, que ce soit sur la santé physique ou la santé économique des Français. « Avec le confinement, on essaie de faire travailler les locaux. Pour notre santé, on se rend compte que c’est mieux aussi », affirme Méliha Jahic. En tant que retraité, Christophe Georg « préfère venir souvent ». « Le confinement a conforté notre manière de voir les choses, même si on était déjà très proches de la nature. Il nous a encore plus rapprochés du circuit court. Par exemple, on essaie de manger des fraises lorsque c’est la saison », ajoute-t-il. Laure Devivier remarque que « la cueillette permet aux visiteurs de réapprendre les saisons, chose qu’ils ont tendance à oublier une fois en grandes surfaces ». Si Méliha Jahic ne craint pas les supermarchés, Christophe Georg « les évite encore et préfère aider les commerces de proximité ». Des retours positifs À deux mois de la fermeture de la cueillette pour l’année, Laure Devivier se félicite des premiers mois d’ouverture : « C’est un bon début, on reçoit des retours très positifs, il y a déjà des habitués, beaucoup cherchent de la qualité et la retrouvent ici. » En tant que chef d’exploitation, Laure a engagé deux saisonniers pour l’épauler et gérer toutes les variétés produites sur la parcelle : tomates, poivrons, aubergines, concombres, courgettes, radis, persil, haricots, petits pois, betteraves, melons, pastèques, salades, radis, carottes, choux, framboises, etc. Pour la libre cueillette, « la difficulté c’est de quantifier ». Elle utilise l’exemple des melons, qui étaient « bons et en quantité mais les visiteurs se sont rués dessus ». Les tendances de consommation peuvent très bien varier d’une année à une autre et c’est ce qui est difficile à gérer. Cette année, d’autres problèmes sont apparus : la chaleur et la sécheresse. « Le vent dessèche tout, c’est un coût et du temps supplémentaires, les légumes peuvent être brûlés. Les fortes chaleurs impactent aussi la venue des clients », affirme Laure Devivier. Pour l’année prochaine, elle a des idées : « Il peut y avoir un agrandissement, des cultures un peu nouvelles comme les plantes aromatiques. » « Une petite boîte à idées est disponible et les visiteurs peuvent y laisser leurs envies, on les relèvera en fin de saison », conclut-elle.    

Arboriculture fruitière

La sécheresse retarde la maturité

Publié le 07/08/2020

La récolte de mirabelles bat son plein, ce début d’août. « On a pris un peu de retard sur l’avance qu’on avait… donc on se rapproche de la normale », constate Philippe Jacques, conseiller spécialisé en arboriculture fruitière à la Chambre d’agriculture Alsace (CAA). En effet, les fortes températures et le manque d’eau ont bloqué le mûrissement des fruits.

C’est la star de l’été, en Alsace : la mirabelle. Cette année, elle s’est fait désirer. Alors que, globalement, les arbres sont bien chargés et les calibres sont gros en cette fin juillet. Mais la coloration jaune de la petite prune ronde « a peiné à venir », dixit Philippe Jacques. En cause, des températures insuffisamment fraîches les nuits et la sécheresse le jour. Sur des sols non irrigués, par grosse chaleur et quels que soient les fruits, « tout s’arrête », rappelle le conseiller. Cette semaine, tout de même, les derniers arboriculteurs se sont mis à la cueillette de mirabelles. Daniel Dettling, de l’EARL de la Fontaine à Westhoffen, président de l’association Production fruitière intégrée d’Alsace (PFI), qui exploite une vingtaine d’hectares de vergers, dont cinq de mirabelles, a débuté la cueillette la dernière semaine de juillet. « On récolte le matin pour préserver la marchandise », dit-il. La chaleur, ce n’est pas bon pour la marchandise, surtout en récolte mécanique : « Elles prennent un jeton sur la bâche chaude », commente l’agriculteur. Il a souhaité de l’eau autant qu’il la redoute. « Il y a beaucoup de sucre, cette année, dans les fruits. J’ai peur que, s’il pleut, ils éclatent. » Hervé Bentz, le responsable de la station Verexal, à Obernai et à Innenheim, partage son inquiétude : « Plus le temps est chaud et sec longtemps, plus la pluie est nécessaire mais plus elle peut faire de dégâts, sait-il. On espère une pluie douce et tranquille, et surtout pas un gros orage destructeur. » Les vergers, comme les prairies, sont plus bruns que verts, ajoute-t-il. La mirabelle profitera-t-elle de la mévente des abricots ? Si le 22 juillet, Philippe Jacques partait sur « du grand cru » pour la mirabelle 2020, une semaine après, son discours avait changé. Dans beaucoup de vergers alsaciens professionnels, le niveau d’acidité et l’astringence de la mirabelle étaient trop importants pour ressentir le goût subtil du fruit. Une nouvelle pas si mauvaise pour la commercialisation, car si ces fruits sont à bannir crus pour la dégustation ou en tartes, ils sont recherchés par les industriels, pour les sirops et purées ou compotes car ils tiennent mieux à la cuisson. Et Philippe Jacques table sur une grosse campagne de mirabelles, cette année : les abricots ont pâti de la fermeture de la RHD durant la pandémie de Covid-19 (et du gel dans le Nord-Est), les industriels ne se sont que très peu approvisionnés, donc. « Quand les abricots ne vont pas, la mirabelle, ça va », et vice et versa, résume-t-il. Il y aura de la place pour ces fruits dont la récolte est un peu plus importante que la normale dans le Grand Est et légèrement inférieure en Alsace, conséquence du gel au printemps. Daniel Dettling est moins confiant. « Je ne ressens pas l’engouement de mon acheteur habituel, confie-t-il. Et pour cause : c’est encombré de mirabelles en Lorraine. Là-bas, ils disent que même les piquets de parc ont fleuri. C’est leur expression pour dire qu’il y en a partout. » Daniel estime que le marché sera d’autant plus surchargé fin août, au niveau des industries, qu’« on commencera la quetsche au cul des mirabelles ». Aux alentours du 25 août, misent les spécialistes. Les charges en quetsche sont grosses, même sur le secteur de Westhoffen touché par le gel au printemps ; les calibres a priori le seront moins. Daniel Dettling fait état d’énormes chutes physiologiques… ce qui pourrait encore aider à changer la donne. Philippe Jacques est optimiste pour la mise en marché de la quetsche fin août, notamment car la prune bleue a gelé en Allemagne.     Exit les cerises et les prunes bleues Philippe Jacques, qui a milité pour un début de récoltes des mirabelles début août, à pleine maturité, pense autant à la qualité gustative des fruits (plus sucrés) qu’à la vente directe : « Plus on se rapproche du 15 août, plus il y aura de clients locaux, car ils seront rentrés de vacances. » Lui qui s’inquiétait des ventes de cerises alsaciennes a été agréablement surpris. « Quantitativement et qualitativement, la récolte de cerises a été bonne. Les cours ne se sont effondrés que sur la fin », relève-t-il. Pour Daniel Dettling, la fin des cerises, c’était fin juillet. Ni la mouche du fruit, ni la drosophile suzukii, « qui peut mettre jusqu’à seize asticots dans un fruit » n’ont dégradé les chairs rouges, témoigne Hervé Bentz. Les cerises au Verexal se sont bien conservées, elles, alors que le taux de sucre était aussi élevé. Les récoltes de prunes bleues devraient aussi être finies. À part sur le secteur de Westhoffen, les prunes bleues ont bien donné : volumes importants, gros calibres, taux de sucre assez élevé. Mais l’hétérogénéité fait que ce n’est pas un grand cru. En cause : les conditions climatiques de mai, rapporte Philippe Jacques. La prune bleue Katinka a rapidement molli à cause de la chaleur, note Hervé Bentz. Il espère que cet « accident » est dû à la variété. Daniel Dettling a bien vendu ses prunes bleues, les distributeurs cherchant une diversité de couleurs sur les étals. « Des abricots et des pêches, il y en a peu en Alsace, et encore moins cette année à cause du gel. Une bonne nouvelle pour la vente directe », s’exclame Philippe Jacques. « Nous sommes super contents, abonde Daniel Dettling. J’ai plein de variétés de pêches qui s’enchaînent, malgré le gel que les arbres ont subi. En vente directe, c’est important d’en avoir toujours en magasin. Les gens en sont friands. Ils en réservent, même. Le goût, l’odeur qu’elles dégagent quand j’ouvre la chambre froide : c’est un plaisir ! C’est autre chose que celles qui viennent d’Espagne. » La vente des pêches aux distributeurs marche bien aussi pour lui. Pommes et poires, en forme Les premières variétés de fruits à pépins, pommes et poires, étaient déjà cueillies au 20 juillet, pour le marché local en vente directe. « Il faut en acheter quelques kilos, pas plus, car elles perdent vite en qualité gustative, deviennent farineuses », partage Philippe Jacques. Les calibres sont beaux mais les arbres peu chargés. La gala et la red star seront en GMS fin août. En plein été, les pommes, c’est une affaire de connaisseurs. « Les poires, ça démarre aussi », disait déjà Hervé Bentz, le 30 juillet. Isolda et clapp’s favorite étaient déjà récoltées à cette date. Cette semaine, c’est la williams qui remplit les bacs. Hervé Bentz souligne qu’elles ont une semaine d’avance par rapport à la normale. Philippe Jacques qui faisait le tour des vergers la semaine dernière est formel : elles ont un taux de sucre deux fois supérieur à la normale. « C’est un bon cru pour la distillation. Même s’il y a un peu moins de rendements en fruits et des calibres plus petits là où il n’y a pas d’irrigation, notamment, les rendements en alcool seront identiques à la normale », détaille-t-il. Donnée importante : « Les pommes et les poires sont propres, au niveau sanitaire. Il n’y a pas de tavelure », précise Philippe Jacques. Stéphanie Frey, conseillère agricole à Fredon Grand Est, approuve : « Il n’y a pas de tavelure en Alsace. On est heureux. On a bien géré. » La sécheresse n’a pas que des mauvais côtés… mais gare au retour de bâton. « S’ils s’alimentent mal, les arbres pourraient subir des déséquilibres », remarque Hervé Bentz. « Les jeunes vergers souffrent, observe Daniel Dettling. Le retour à fleur, l’an prochain, pourrait être problématique. » Les larves de carpocapses sont là Des maladies de conservation sur pommes et poires pourraient apparaître s’il pleut en août et en septembre. Il faudra surveiller la météo pour traiter en préventif. Les pucerons sont passés mais le lanigère pourrait exploser encore cette fin d’été. Actuellement, le seul danger potentiel est le carpocapse des pommes. La stratégie consiste à protéger les parcelles à risque, c’est-à-dire celles dont les comptages de juillet (à la première génération) ont montré une pression supérieure à trois fruits piqués sur 1 000 fruits. Ces parcelles à risque sont principalement situées dans le Kochersberg, où la confusion sexuelle n’a pu être menée sur plusieurs hectares contigus, puisque les vergers sont éclatés. Les parcelles à risque représentent une minorité de parcelles, insiste Stéphanie Frey. Toutes les parcelles alsaciennes ne seront donc pas systématiquement traitées. Dans les parcelles à forte pression carpocapse, il est possible de traiter jusqu’à trois jours avant la récolte, avec des produits certifiés AB. Les larves de carpocapses de la seconde génération apparaissent depuis le 25 juillet, comme l’avait prédit le modèle. L’éclosion s’étalerait (ou reprendrait) sur un, voire deux mois, selon les températures nocturnes, puisque le papillon de nuit a besoin de 15 °C minimum le soir pour s’accoupler. Le risque carpocapse est donc possible jusqu’au 15 août, voire plus, selon les températures. La stratégie est similaire pour le carpocapse des prunes. « On a dépassé le pic du vol, indique Stéphanie Frey. Mais il va durer jusqu’à la récolte des quetsches, fin août. » La conseillère prévient de la présence de la punaise diabolique, un ravageur émergent qui avait fait de gros dégâts l’an passé. Pour l’instant, une seule parcelle a été signalée en Alsace en 2020 : elle est « blindée de piqûres ». La seule solution pour se prémunir de la bête est d’enfermer les arbres dans des filets. Encore faut-il la voir à temps… « Avant, on la voyait mais elle ne faisait pas de dégâts. Depuis 2019, ponctuellement, elle pique. Seule certitude : on n’a pas de recul sur cet insecte. On ne sait pas quand ni pourquoi il arrive et part », reconnaît Stéphanie. La vigilance est de mise, comme à l’accoutumée, dans les vergers, mais les techniciens s’accordent : « 2020 est une année facile. » « Reste à savoir vendre les fruits », lance Philippe Jacques, comme un défi.   Lire aussi : Peu de maladies mais beaucoup d’insectes, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin. Jusqu’ici tout va bien, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin. Quatre bioagresseurs sous haute surveillance, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

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