Cultures

Association des communes forestières d’Alsace

Cette tempête silencieuse qui frappe les forêts

Publié le 12/10/2020

Les changements climatiques affectent profondément la forêt alsacienne. Les maires des communes forestières d’Alsace, réunis récemment en assemblée générale, s’interrogent sur les moyens d’y faire face, avec des ressources limitées.

« La forêt n’est pas en bonne santé quelles que soient les essences en place, les sols, les expositions, les altitudes. » Le constat a été dressé par Pierre Grandadam, président de l’association des communes forestières d’Alsace (ACF), lors de l’assemblée générale annuelle de l’association, qui a eu lieu le 19 septembre à Wangenbourg-Engenthal, dans le Bas-Rhin. « Nos arbres peinent à s’adapter aux changements climatiques. Nous devons récolter trop de bois en urgence pour mal les vendre sur un marché saturé, quels que soient les produits. Nous voulons reconstituer les forêts rasées après sécheresse et tempêtes mais comment financer les travaux quand les ressources forestières sont réduites à néant et que parfois la forêt coûte plus qu’elle ne rapporte ? » Faire face ensemble Le diagnostic de Jean-Pierre Renaud, directeur territorial de l’ONF Grand Est, rejoint celui de Pierre Grandadam. « La situation actuelle est beaucoup plus grave qu’après la tempête Lothar de 1999, qui avait mis à terre de nombreux hectares de forêt, reconnaît-il. Cette crise est une tempête silencieuse qui s’inscrit dans la durée et la gravité. Elle a commencé par la crise des scolytes, mais aujourd’hui l’ensemble des essences de la région est impacté : le frêne avec la chalarose, le chêne avec les chenilles processionnaires, le sapin et le hêtre qui subissent les conséquences de la sécheresse. Il est important de faire face ensemble à cette crise. » Et si les aides de la Région ont bien permis d’envoyer un maximum de bois dans le Sud-Ouest pour désengorger le marché, elles ne concernaient malheureusement que l’épicéa, regrette Jean-Pierre Renaud. Face à cette situation, le directeur territorial de l’ONF Grand Est préconise de récolter au plus vite les bois encore verts pour pouvoir les valoriser et de réfléchir sur la gestion des forêts en prévision de l’évolution du climat. Aux maires de Weitbruch et de Marckolsheim qui se demandent quelles essences planter, Jean-Pierre Renaud répond qu’il est important de construire les forêts de demain sur la diversité des essences et des peuplements afin d’éviter des forêts trop homogènes, plus sensibles aux ravageurs. Cette diversité, qui s’obtient par régénération naturelle, favorise la résistance et la résilience des peuplements. Récolter les bois d’abord « Nous ne connaissons pas l’arbre magique qui sera bien à sa place pour les cent ans à venir », reconnaît pour sa part Pierre Grandadam, rappelant que « la forêt est une école d’humilité ». Alain Lesturgez, directeur général de la Fédération nationale des communes forestières (FNCofor) ne se risque pas non plus à donner des conseils de plantation. Il y aura des échecs, mais il faudra, selon lui, en passer par là pour trouver des solutions. Concernant les dégâts de gibier, la situation est tout aussi préoccupante car ils empêchent la régénération naturelle des peuplements. Les forestiers ont besoin des chasseurs pour préserver le patrimoine forestier, insiste Jean-Pierre Renaud. Les élus sont conscients de la gravité de la situation, comme en témoigne le député Philippe Meyer. La priorité est de récolter les bois, estime Patrick Bastian, conseiller régional, qui assure les communes forestières du soutien de la Région Grand Est. Celle-ci a voté des aides pour reconstituer les peuplements et moderniser les outils de transformation. Elle soutient également les essais de plantation de nouvelles essences plus adaptées au climat de demain. « Tous les acteurs doivent prendre conscience qu’il faut travailler ensemble pour trouver des solutions », souligne Patrick Bastian. Thierry Carbiener et Christine Moritz, conseillers départementaux du Bas-Rhin, vont dans le même sens. Il faut travailler au niveau de la région Grand Est, estime pour sa part Jean-Pierre Michel, vice-président de la FNCofor, qui fait part de la création en cours d’un comité des communes forestières du Grand Est. Véronique Klein signale quant à elle que la Chambre d’agriculture Alsace, dont elle est vice-présidente, s’est dotée d’une commission Forêt depuis le début de cette mandature. Elle travaille en bonne intelligence avec les communes forestières sur la restructuration du foncier forestier et se tient aux côtés de la filière bois-forêt pour envisager l’avenir.   Revoir la vidéo sur la visite-conseil de la Chambre d'agriculture Alsace pour redécouvrir sa forêt :     Revoir aussi la vidéo sur la séchresse subie par la forêt alsacienne, depuis cinq ans :    

Publié le 09/10/2020

Annoncée lors de l’assemblée de section de l’usine d’Erstein, la décision du groupe Cristal Union de produire des betteraves bios en Alsace a trouvé un large écho dans la campagne alsacienne, nombre d’agriculteurs bio souhaitant se lancer dans cette culture pour diversifier leur assolement. Du sucre bio alsacien sur nos tables, c’est pour bientôt !

Alors que la campagne sucrière vient de démarrer à l’usine d’Erstein, de nombreux producteurs se demandent pourquoi Cristal Union s’est lancé dans la production de sucre de betterave bio. Stanislas Bouchard, directeur commercial du groupe Cristal Union, explique : « Notre objectif est de répondre à la demande de nos clients industriels et grand public qui sont intéressés par un sucre de betterave bio, naturel et de qualité, produit localement. Nous avons aussi souhaité répondre à la demande des agriculteurs bio qui nous sollicitent pour développer cette nouvelle culture et enrichir leur assolement. » Cristal Union est le premier groupe sucrier à avoir lancé une production de sucre de betterave bio en France, indique-t-il. Après une phase d’expérimentation à grande échelle dès 2018, avec 25 producteurs sur 150 ha de betteraves en mode bio, le groupe a produit en 2019 plus de 3 000 t de sucre bio provenant de 450 ha de betteraves à Corbeilles-en-Gâtinais, la première usine du groupe certifiée pour la production de sucre bio. « En 2020, nous avons doublé les surfaces de betteraves bio avec près de 1 000 ha. » Les perspectives de marché pour le sucre de betterave bio sont prometteuses. La demande est croissante, les clients cherchant à limiter leurs achats de sucre bio importé de très loin pour privilégier le sucre blanc de betterave produit en France et dans certains autres États européens. « Outre le sucre bio, nous constatons également une forte demande en alcool bio, notamment pour des applications cosmétiques, mais aussi en pulpes surpressées pour l’élevage. Notre objectif est donc d’augmenter progressivement la production de betteraves bio. » Une surface minimum de 250 ha pour démarrer L’Alsace est concernée au premier chef par cette décision stratégique. Dès la prochaine campagne, les agriculteurs alsaciens pourront à leur tour se lancer dans cette production porteuse d’avenir, indique Laurent Rudloff, responsable agrobetteravier de l’usine d’Erstein. Le démarrage d’une production de sucre bio à l’usine d’Erstein nécessite une surface d’au moins 250 hectares certifiés AB. Cette production permettra en outre un élargissement de la gamme Erstein, avec du sucre bio. « Nous nous adressons à tous les agriculteurs ayant déjà une partie de leur exploitation certifiée bio et qui souhaitent diversifier leur assolement avec une nouvelle culture de printemps, indique Laurent Rudloff. En mode bio, la valorisation du sucre nous permet d’allonger le rayon d’approvisionnement jusqu’à 150 km, en France comme en Allemagne. » Tous les betteraviers se posent une question : la rémunération des betteraves bio sera-t-elle différenciée pour compenser le risque encouru ? Oui, répond Bruno Labilloy, directeur agricole de Cristal Union. Le prix d’achat des betteraves bio est constitué d’un prix à la tonne à 16° livrée, assorti d’une prime fixe à l’hectare pour un engagement pluriannuel. Pour 2020, ce prix d’achat est de 80 €/t, auquel s’ajoutent 200 €/ha pour la prime pluriannuelle. Les candidats à la production de betteraves bio devront bien sûr se familiariser avec de nouvelles techniques culturales. Mais ils pourront compter sur l’expertise des experts agronomiques pour les épauler. « Le service de R & D agricole du groupe dispose déjà de plus de trois années d’expérience en conduite bio pour délivrer les meilleurs conseils et accompagner les planteurs tout au long de l’itinéraire cultural », indique Michel Butscha, qui suit de près les expériences menées en Champagne et dans le sud de Paris. Maîtriser l’enherbement, un point clé Comme pour la plupart des cultures en mode bio, la maîtrise de l’enherbement est le point le plus exigeant de la culture de betteraves bio. Cependant, les techniques de faux semis et de désherbage mécanique permettent de limiter le désherbage manuel. Les experts agronomiques du groupe ont expérimenté plusieurs matériels de désherbage mécanique à différents stades de développement des betteraves (herse étrille, bineuse à moulinets) qui se sont avérés efficaces. Le groupe a également investi pour expérimenter un prototype de désherbage mécanique sur le rang. « Pour la gestion des bioagresseurs, nous disposons de variétés tolérantes parmi un choix de variétés conventionnelles non traitées », indique Michel Butscha. Les enjeux de cette nouvelle filière sont cruciaux. « La production de sucre de betteraves bio est complémentaire à la production de sucre en mode conventionnel, explique Bruno Labilloy. Chaque hectare compte pour alimenter la sucrerie et faire en sorte qu’elle reste compétitive dans la concurrence internationale exacerbée depuis la fin des quotas. À ce titre, l’essor d’une production de sucre bio permettra de conforter la production de la sucrerie d’Erstein, d’allonger sa durée de campagne, et donc d’accroître sa compétitivité. » La pérennité de l’usine d’Erstein est à ce prix. Laurent Rudloff annonce que Cristal Union organisera prochainement des réunions sur le terrain, en lien avec ses partenaires pour présenter cette nouvelle production, son importance stratégique et ses aspects techniques. Ce sera l’occasion, pour tous les agriculteurs bio intéressés, d’explorer cette piste de développement.     « La France est le premier producteur de #sucre en Europe. C’est une filière qui fait vivre 46 000 personnes. » Sur @RadioClassique, décryptage par @DavidBarroux de l’importance de la dérogation permettant l’utilisation des néonicotinoïdes pour la #betterave. https://t.co/gtfmuQGs7e — Cristal Union (@Cristal_Union) October 5, 2020  

Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace

Convaincre les jeunes consommateurs

Publié le 02/10/2020

L’association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace et l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace ont lancé jeudi 24 septembre à Chavannes-sur-l’Étang la campagne « choucroute d’Alsace IGP ». Elle cible les jeunes consommateurs, pour les fidéliser dans le futur.

Depuis 2018, et après vingt années de travail, la choucroute d’Alsace est reconnue sous le signe officiel d’indication géographique protégée (IGP). Son obtention est liée à la réputation du produit liée à son terroir, au savoir faire lié à ce terroir et aux caractéristiques particulières de la choucroute. « Cette dernière est présente partout en Alsace. Malgré les conditions climatiques qui, chaque année, sont de plus en plus compliquées, les choux à choucroute d’Alsace IGP sont cultivés sur des sols caractérisés pour garantir une typicité liée au terroir. Les variétés sont spécifiquement sélectionnées et cultivées en Alsace. La fermentation est naturelle. La choucroute est ainsi réputée pour ses qualités organoleptiques propres telles que des lanières longues et fines, une texture ferme, une couleur blanche à jaune clair ou encore un goût légèrement acidulé », indique Sébastien Muller, président de l’association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace. Cette association se veut un organisme de défense, de promotion et de bonne gestion de la choucroute d’Alsace. Un ODG reconnu par l’institut national des appellations d’origine (Inao). « L’association est là pour gérer les opérateurs, le cahier des charges et les différents contrôles qui y sont liés, pour effectuer des actions de promotion en présentant le légume sous toutes ces déclinaisons possibles. Nous ciblons actuellement les plus jeunes qui sont les consommateurs à convaincre pour les fidéliser demain. La choucroute est un légume emblématique en Alsace puisque nous cultivons 70 % de la production nationale », ajoute Sébastien Muller. Cette année a été cependant compliquée : peu d’eau, des précipitations aléatoires et de fortes chaleurs. « Le temps plus frais à venir devrait permettre de développer les ventes. Mais, c’est vrai, il faudra se pencher à l’avenir sur le sujet de l’irrigation », précise Pierre Lammert, président de l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla).   C’est parti pour la choucroute d’Alsace IGP Publiée par La Choucroute d'Alsace IGP sur Jeudi 24 septembre 2020   Mettre en valeur la choucroute dans les rayons En 2020 et 2021, les actions de communication vont se multiplier. Il y aura à nouveau le concours d’étalage dans les grandes surfaces avec cette année l’intégration de la choucroute dans le règlement. « Nous allons travailler avec la distribution pour que les rayons des magasins mettent en valeur la choucroute aux bons endroits. Des kits de communication seront à disposition des commerces et des restaurants avec des argumentaires de vente, des fiches recettes, des affiches ou encore des stickers pour les vitrines. Du 1er au 30 octobre, nous allons renouveler l’opération « L’Alsace a du goût » avec les restaurants », souligne Pierre Lammert. Pascal Claude qui dirige la dernière choucrouterie du Haut-Rhin admet que l’année a été « particulière » à cause du Covid-19. « Mais, les ventes se passent assez bien de notre côté. La saison a commencé en avance, dès le début du mois d’août. Nous avions alors de très beaux choux. Ensuite, ils ont effectivement souffert de la sécheresse. Les cours d’eau sont à sec. C’est une grosse difficulté depuis quelques années. Nous aurons besoin de réfléchir à l’avenir sur des retenues d’eau et/ou sur l’irrigation », constate le professionnel.

Pages

Les vidéos