Cultures

Fruits et légumes d’Alsace

Concours d’étalage : le goût du challenge

Publié le 18/10/2020

Du 6 au 9 octobre, l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace organisait son concours d’étalage. La soixantaine de points de vente impliqués a brillamment relevé le challenge de la mise en valeur des produits de la région.

Des montagnes de courges, des tablées de choux, de betteraves rouges et de céleris, des massifs de poireaux, des alignements de pommes de tous les calibres et de toutes les couleurs… Les chefs de rayon fruits et légumes d’une soixantaine de points de vente d’Alsace s’en sont donnés à cœur joie du 6 au 9 octobre à l’occasion du concours d’étalage organisé par l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla). L’objectif de ce concours est de mettre en avant les productions régionales auprès des consommateurs. Et le mois d’octobre s’y prête particulièrement bien, puisqu’entre les derniers produits d’été et la panoplie des fruits et légumes d’automne, le choix est large, a souligné Pierre Lammert, président de l’interprofession lors du lancement du concours, le 6 octobre à Obernai. Pour cette édition 2020 du concours, 58 magasins étaient sur les rangs, répartis du nord au sud de l’Alsace. Et parmi eux : 27 supermarchés, 19 hypermarchés, 4 magasins de producteurs, 5 restaurants hors domicile et 3 « cash and carry ». Plusieurs jurys composés de producteurs, de grossistes, de directeurs de magasins, de responsables de centrales d’achat ont passé en revue les différents points de vente, accompagnés de l’équipe de l’Ifla. Huit critères de notation étaient proposés, permettant d’établir un classement par catégorie. Étaient notamment jugés l’attractivité du rayon, le soin accordé à la présentation, la variété et la fraîcheur des produits, leur adéquation avec la saison, la mise en avant de l’origine Alsace avec la présence de la PLV aux couleurs de l’Ifla. Cette année, un bonus était accordé pour les rayons mettant en avant les produits transformés provenant de la région (jus de fruits, navets salés…). Une fiche de notation spécifique était prévue pour la restauration hors domicile.   Ça va chauffer dans les étals ! ?. Du 06 Oct au 09 Oct les magasins de la région mettent le paquet et s'affrontent dans... Publiée par Fruits et légumes d'Alsace sur Samedi 3 octobre 2020   Un quart de la consommation régionale L’engagement des magasins dans ce concours, qui existe depuis 2013, montre à quel point les relations entre la grande distribution et les producteurs de fruits et légumes se sont améliorées en l’espace de quelques années. De nombreux directeurs d’enseignes en ont témoigné lors de cette présentation. Il est vrai que la demande pour les produits locaux est forte, particulièrement dans le domaine des fruits et légumes. Et que les producteurs alsaciens n’arrivent à couvrir qu’un quart de la consommation régionale, alors même qu’ils sont les seuls en France à augmenter leurs surfaces. Le concours d’étalage est la concrétisation d’un travail commun mené tout au long de l’année entre l’Ifla et la grande distribution, souligne Olivier Porcu, directeur du Super U de Fessenheim, appuyé par ses confrères Laurent Leclerq (Leclerc), Frédéric Agaud (Auchan), Alain Meyer (Intermarché) et François Oster (Cora). Il constitue une grosse opération de communication en faveur de la production régionale. Et il donne « un coup de boost » aux équipes pour mettre en valeur le rayon fruits et légumes, témoigne Daniel Grandemange, directeur du magasin de producteurs Hopla à Oberhausbergen, dont c’est la quatrième participation. Un rayon qui constitue « la carte d’identité du magasin » et dont l’attractivité est essentielle. Pour les grossistes aussi, le concours d’étalage représente une opportunité de montrer son savoir-faire, relève Valentin Moisson (Metro), dont l’enseigne a signé en début d’année une charte en faveur de la production agricole française. Quant à l’Alsacienne de restauration, premier acteur de la restauration hors domicile en Alsace avec 140 points de restauration, elle participe cette année au concours « pour la forme », son activité étant encore largement impactée par la pandémie.   [ ? CONCOURS FRUITS ET LÉGUMES ?] Un grand bravo à Christelle, Gaëtan, Marine et Laura pour leur magnifique... Publiée par Super U Fessenheim sur Vendredi 9 octobre 2020  

Association des communes forestières d’Alsace

Cette tempête silencieuse qui frappe les forêts

Publié le 12/10/2020

Les changements climatiques affectent profondément la forêt alsacienne. Les maires des communes forestières d’Alsace, réunis récemment en assemblée générale, s’interrogent sur les moyens d’y faire face, avec des ressources limitées.

« La forêt n’est pas en bonne santé quelles que soient les essences en place, les sols, les expositions, les altitudes. » Le constat a été dressé par Pierre Grandadam, président de l’association des communes forestières d’Alsace (ACF), lors de l’assemblée générale annuelle de l’association, qui a eu lieu le 19 septembre à Wangenbourg-Engenthal, dans le Bas-Rhin. « Nos arbres peinent à s’adapter aux changements climatiques. Nous devons récolter trop de bois en urgence pour mal les vendre sur un marché saturé, quels que soient les produits. Nous voulons reconstituer les forêts rasées après sécheresse et tempêtes mais comment financer les travaux quand les ressources forestières sont réduites à néant et que parfois la forêt coûte plus qu’elle ne rapporte ? » Faire face ensemble Le diagnostic de Jean-Pierre Renaud, directeur territorial de l’ONF Grand Est, rejoint celui de Pierre Grandadam. « La situation actuelle est beaucoup plus grave qu’après la tempête Lothar de 1999, qui avait mis à terre de nombreux hectares de forêt, reconnaît-il. Cette crise est une tempête silencieuse qui s’inscrit dans la durée et la gravité. Elle a commencé par la crise des scolytes, mais aujourd’hui l’ensemble des essences de la région est impacté : le frêne avec la chalarose, le chêne avec les chenilles processionnaires, le sapin et le hêtre qui subissent les conséquences de la sécheresse. Il est important de faire face ensemble à cette crise. » Et si les aides de la Région ont bien permis d’envoyer un maximum de bois dans le Sud-Ouest pour désengorger le marché, elles ne concernaient malheureusement que l’épicéa, regrette Jean-Pierre Renaud. Face à cette situation, le directeur territorial de l’ONF Grand Est préconise de récolter au plus vite les bois encore verts pour pouvoir les valoriser et de réfléchir sur la gestion des forêts en prévision de l’évolution du climat. Aux maires de Weitbruch et de Marckolsheim qui se demandent quelles essences planter, Jean-Pierre Renaud répond qu’il est important de construire les forêts de demain sur la diversité des essences et des peuplements afin d’éviter des forêts trop homogènes, plus sensibles aux ravageurs. Cette diversité, qui s’obtient par régénération naturelle, favorise la résistance et la résilience des peuplements. Récolter les bois d’abord « Nous ne connaissons pas l’arbre magique qui sera bien à sa place pour les cent ans à venir », reconnaît pour sa part Pierre Grandadam, rappelant que « la forêt est une école d’humilité ». Alain Lesturgez, directeur général de la Fédération nationale des communes forestières (FNCofor) ne se risque pas non plus à donner des conseils de plantation. Il y aura des échecs, mais il faudra, selon lui, en passer par là pour trouver des solutions. Concernant les dégâts de gibier, la situation est tout aussi préoccupante car ils empêchent la régénération naturelle des peuplements. Les forestiers ont besoin des chasseurs pour préserver le patrimoine forestier, insiste Jean-Pierre Renaud. Les élus sont conscients de la gravité de la situation, comme en témoigne le député Philippe Meyer. La priorité est de récolter les bois, estime Patrick Bastian, conseiller régional, qui assure les communes forestières du soutien de la Région Grand Est. Celle-ci a voté des aides pour reconstituer les peuplements et moderniser les outils de transformation. Elle soutient également les essais de plantation de nouvelles essences plus adaptées au climat de demain. « Tous les acteurs doivent prendre conscience qu’il faut travailler ensemble pour trouver des solutions », souligne Patrick Bastian. Thierry Carbiener et Christine Moritz, conseillers départementaux du Bas-Rhin, vont dans le même sens. Il faut travailler au niveau de la région Grand Est, estime pour sa part Jean-Pierre Michel, vice-président de la FNCofor, qui fait part de la création en cours d’un comité des communes forestières du Grand Est. Véronique Klein signale quant à elle que la Chambre d’agriculture Alsace, dont elle est vice-présidente, s’est dotée d’une commission Forêt depuis le début de cette mandature. Elle travaille en bonne intelligence avec les communes forestières sur la restructuration du foncier forestier et se tient aux côtés de la filière bois-forêt pour envisager l’avenir.   Revoir la vidéo sur la visite-conseil de la Chambre d'agriculture Alsace pour redécouvrir sa forêt :     Revoir aussi la vidéo sur la séchresse subie par la forêt alsacienne, depuis cinq ans :    

Publié le 09/10/2020

Annoncée lors de l’assemblée de section de l’usine d’Erstein, la décision du groupe Cristal Union de produire des betteraves bios en Alsace a trouvé un large écho dans la campagne alsacienne, nombre d’agriculteurs bio souhaitant se lancer dans cette culture pour diversifier leur assolement. Du sucre bio alsacien sur nos tables, c’est pour bientôt !

Alors que la campagne sucrière vient de démarrer à l’usine d’Erstein, de nombreux producteurs se demandent pourquoi Cristal Union s’est lancé dans la production de sucre de betterave bio. Stanislas Bouchard, directeur commercial du groupe Cristal Union, explique : « Notre objectif est de répondre à la demande de nos clients industriels et grand public qui sont intéressés par un sucre de betterave bio, naturel et de qualité, produit localement. Nous avons aussi souhaité répondre à la demande des agriculteurs bio qui nous sollicitent pour développer cette nouvelle culture et enrichir leur assolement. » Cristal Union est le premier groupe sucrier à avoir lancé une production de sucre de betterave bio en France, indique-t-il. Après une phase d’expérimentation à grande échelle dès 2018, avec 25 producteurs sur 150 ha de betteraves en mode bio, le groupe a produit en 2019 plus de 3 000 t de sucre bio provenant de 450 ha de betteraves à Corbeilles-en-Gâtinais, la première usine du groupe certifiée pour la production de sucre bio. « En 2020, nous avons doublé les surfaces de betteraves bio avec près de 1 000 ha. » Les perspectives de marché pour le sucre de betterave bio sont prometteuses. La demande est croissante, les clients cherchant à limiter leurs achats de sucre bio importé de très loin pour privilégier le sucre blanc de betterave produit en France et dans certains autres États européens. « Outre le sucre bio, nous constatons également une forte demande en alcool bio, notamment pour des applications cosmétiques, mais aussi en pulpes surpressées pour l’élevage. Notre objectif est donc d’augmenter progressivement la production de betteraves bio. » Une surface minimum de 250 ha pour démarrer L’Alsace est concernée au premier chef par cette décision stratégique. Dès la prochaine campagne, les agriculteurs alsaciens pourront à leur tour se lancer dans cette production porteuse d’avenir, indique Laurent Rudloff, responsable agrobetteravier de l’usine d’Erstein. Le démarrage d’une production de sucre bio à l’usine d’Erstein nécessite une surface d’au moins 250 hectares certifiés AB. Cette production permettra en outre un élargissement de la gamme Erstein, avec du sucre bio. « Nous nous adressons à tous les agriculteurs ayant déjà une partie de leur exploitation certifiée bio et qui souhaitent diversifier leur assolement avec une nouvelle culture de printemps, indique Laurent Rudloff. En mode bio, la valorisation du sucre nous permet d’allonger le rayon d’approvisionnement jusqu’à 150 km, en France comme en Allemagne. » Tous les betteraviers se posent une question : la rémunération des betteraves bio sera-t-elle différenciée pour compenser le risque encouru ? Oui, répond Bruno Labilloy, directeur agricole de Cristal Union. Le prix d’achat des betteraves bio est constitué d’un prix à la tonne à 16° livrée, assorti d’une prime fixe à l’hectare pour un engagement pluriannuel. Pour 2020, ce prix d’achat est de 80 €/t, auquel s’ajoutent 200 €/ha pour la prime pluriannuelle. Les candidats à la production de betteraves bio devront bien sûr se familiariser avec de nouvelles techniques culturales. Mais ils pourront compter sur l’expertise des experts agronomiques pour les épauler. « Le service de R & D agricole du groupe dispose déjà de plus de trois années d’expérience en conduite bio pour délivrer les meilleurs conseils et accompagner les planteurs tout au long de l’itinéraire cultural », indique Michel Butscha, qui suit de près les expériences menées en Champagne et dans le sud de Paris. Maîtriser l’enherbement, un point clé Comme pour la plupart des cultures en mode bio, la maîtrise de l’enherbement est le point le plus exigeant de la culture de betteraves bio. Cependant, les techniques de faux semis et de désherbage mécanique permettent de limiter le désherbage manuel. Les experts agronomiques du groupe ont expérimenté plusieurs matériels de désherbage mécanique à différents stades de développement des betteraves (herse étrille, bineuse à moulinets) qui se sont avérés efficaces. Le groupe a également investi pour expérimenter un prototype de désherbage mécanique sur le rang. « Pour la gestion des bioagresseurs, nous disposons de variétés tolérantes parmi un choix de variétés conventionnelles non traitées », indique Michel Butscha. Les enjeux de cette nouvelle filière sont cruciaux. « La production de sucre de betteraves bio est complémentaire à la production de sucre en mode conventionnel, explique Bruno Labilloy. Chaque hectare compte pour alimenter la sucrerie et faire en sorte qu’elle reste compétitive dans la concurrence internationale exacerbée depuis la fin des quotas. À ce titre, l’essor d’une production de sucre bio permettra de conforter la production de la sucrerie d’Erstein, d’allonger sa durée de campagne, et donc d’accroître sa compétitivité. » La pérennité de l’usine d’Erstein est à ce prix. Laurent Rudloff annonce que Cristal Union organisera prochainement des réunions sur le terrain, en lien avec ses partenaires pour présenter cette nouvelle production, son importance stratégique et ses aspects techniques. Ce sera l’occasion, pour tous les agriculteurs bio intéressés, d’explorer cette piste de développement.     « La France est le premier producteur de #sucre en Europe. C’est une filière qui fait vivre 46 000 personnes. » Sur @RadioClassique, décryptage par @DavidBarroux de l’importance de la dérogation permettant l’utilisation des néonicotinoïdes pour la #betterave. https://t.co/gtfmuQGs7e — Cristal Union (@Cristal_Union) October 5, 2020  

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