Courges
L’année 2020 fout les boules !
Courges
Publié le 01/11/2020
De petits calibres, une précocité qui décale la récolte et aussi la commercialisation : les cucurbitacées ont souffert de la sécheresse, cette année qui a été qualifiée, en plus, de « végétative ». Planète Légumes est formelle : il n’y en aura pas tout l’hiver dans les rayons.
Potimarrons, butternuts, musquées de Provence : telles sont les variétés stars des champs alsaciens. Les coloquintes et les potirons décoratifs pour Halloween sont produits à la marge. « Les gens préfèrent acheter du comestible qu’ils peuvent aussi tailler ensuite », pointe Anthony Carbiener, de l’EARL du même nom, à Printzheim (67), dont la production de courges représente deux tiers du chiffre d’affaires. Anthony a planté 23 ha de cucurbitacées, cette année : 13 de butternuts, 7 de potimarrons et 3 de musquées de Provence. Il a tout irrigué, pour pallier la sécheresse, mais rien n’y a fait. « On accuse entre 30 et 40 % de rendement en moins par rapport à une année normale », s’exclame-t-il. Les plants étaient beaux, pourtant. « Les techniciens de Prosem et Planète Légumes disent que 2020 est une année végétative, et pas productrice », rapporte-t-il. Anthony connaît des agriculteurs ailleurs en France : tous font le même constat que lui. Les calibres sont petits : « un tiers plus petits que les années passées », précise Anthony. Il a récolté, depuis mi-août et jusqu’à présent, entre 15 et 18 t de butternuts (contre 25 à 35 t pour une année normale), 12 t de potimarrons (contre 20 t espérées), 25 à 30 t de musquées de Provence (au lieu des 50 t attendues) mais « les musquées ont subi la grêle fin juin », nuance-t-il. À la fin de la semaine prochaine, il aura tout ramassé. Une vingtaine de palettes de coloquintes complète le tableau. Des petits calibres Denis Schaeffer, de Duntzenheim (67), a écoulé 18 tonnes de cucurbitacées du 13 août au 26 octobre. Il en a planté sur 6 ha : 4,5 ha de potimarrons, 0,8 ha de butternuts, quelques musquées de Provence, des potirons d’Halloween et des coloquintes se partagent les 0,7 ha restants. « Le nombre de pièces par hectare est là mais pas le calibre », constate-t-il, au global. En potimarrons, il assure récolter moitié moins que la normale. Pourtant, il a irrigué 25 % de sa surface de courges. « Ce n’est pas une bonne année », résume-t-il, alors que la Ferme Schaeffer, une EARL, compte sur les cucurbitacées pour garantir près de 30 % de son chiffre d’affaires. Notre boxe est en place ! Les courges d'halloween, ainsi que les décoratives, sont dès à présent en vente dans le distributeur. À bientôt ! Publiée par Ferme Schaeffer sur Jeudi 15 octobre 2020 Alexis Hassendorfer produit des courges sur 2 ha irrigués, à Réguisheim (68), depuis près de trois ans. La culture a été lancée peu avant son installation sur la ferme, une EARL. « C’est un atelier complémentaire pour nous. Les courges représentent 10 % de notre chiffre d’affaires », pointe Alexis. Il plante un tiers de potimarrons, un tiers de butternuts et un tiers de musquées de Provence. Pour diversifier, il a aussi quelques potimarrons verts, des pâtissons, des courges spaghettis, des courges bleues, des coloquintes et des citrouilles pour Halloween. « C’est une année moyenne, estime-t-il. Les potimarrons font entre 700 g et 1,2 kg contre 1,5 kg, en temps normal. Ils ont souffert du sec. Les butternuts aussi. Mais 2020 est meilleure pour moi que 2019 car j’étais dans le couloir de grêle, l’an passé. » En moyenne, Alexis table sur un rendement de 18 t/ha, tout de même, cette année : « les autres variétés compensent ». De meilleurs prix en local La Ferme Hassendorfer mise sur le tout local : sa main-d’œuvre est du coin, elle vend en direct et à des GMS du secteur, avec qui elle a contractualisé. « Je vends les courges au cours du jour, ça change tout le temps. Le prix moyen s’établirait à 1 €/kg », confie Alexis, qui n’a pas le stress de la concurrence nationale. ???Jeu concours ??? Tentez de gagner un panier d’assortiment de nos différentes courges d’une valeur de 20€. Pour cela... Publiée par Ferme Hassenforder - producteur de courges sur Mardi 20 octobre 2020 Même logique à la Ferme Schaeffer, qui a installé un distributeur de fruits et légumes. « Les courges, c’est 2 €/kg, en vente directe. Et, entre 0,8 et 1,2 €/kg, aux Jardins du Ried. Celles qui ont un calibre assez gros vont partir vite car il y en a peu sur le marché. D’ici mi-novembre, tout sera vendu ! », relève Denis. Sa remarque fait écho à celle d’une technicienne de Planète Légumes. D’habitude, les cucurbitacées trônent sur les rayons jusqu’en février. Mais la culture est de plus en plus précoce. « Quand les consommateurs voudront en manger, cet hiver, il n’y en aura plus », lâche Johanna Bodendörfer. Denis Schaeffer est le principal coopérateur à commercialiser ses courges via Les Jardins du Ried, à Hoerdt, qui revend ensuite à des centrales d’achat et des grossistes. « C’est un peu mieux valorisé cette année », croit-il. Anthony Carbiener vend principalement ses courges au marché gare, à Strasbourg, et à des centrales d’achat. Il ne souhaite pas s’étendre sur les prix mais il certifie qu’ils sont plus bas de 5 à 10 %, cette année. « Il y en a moins dans les champs mais il y a plus de surfaces en production, en France. La Bretagne s’y est mise », dit-il. Au bâtiment et au Petit marché à la ferme d’Ohlungen, partent aussi quelques-uns de ses spécimens.












