Choucroute d’Alsace
Les stocks s’accumulent
Choucroute d’Alsace
Publié le 30/11/2020
La fermeture des restaurants ne fait pas l’affaire des fabricants de choucroute, qui peinent à écouler leur production. Pour éviter que la récolte des choux ne s’enlise, ils lancent un appel à consommer de la choucroute d’Alsace.
« On déplore une accumulation de stocks de choucroute dans les cuves qui sont quasi pleines chez de nombreux choucroutiers, rapportent l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et les trois organisations de la filière choucroute d’Alsace. La récolte des choux à choucroute, qui a débuté en août, ne pourra pas se terminer si les ventes n’augmentent pas très rapidement. Les conséquences seront catastrophiques pour les producteurs. Si la météo le permet (ni gel, ni pluie), nous estimons qu’il reste entre trois et quatre semaines pour pouvoir effectuer la récolte. » Passé ce délai, les professionnels considèrent que plusieurs milliers de tonnes de choux risquent d’être broyés aux champs, faute de débouché. Le syndicat des choucroutiers d’Alsace, celui des producteurs de choux à choucroute d’Alsace et l’association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace estiment que la commercialisation est actuellement réduite de moitié en raison de la fermeture des restaurants, du ralentissement de la restauration collective, et de l’absence de festivités. Face à cette situation, les trois organisations et l’Ifla lancent un appel à consommer de la choucroute d’Alsace. Elles espèrent ainsi apporter une bouffée d’oxygène aux producteurs de la région. Publiée par La Choucroute d'Alsace IGP sur Mardi 17 novembre 2020 Des charges supplémentaires pour les fabricants Gérant de la choucrouterie Meyer-Wagner à Krautergersheim, Jean-Luc Meyer tempère : « Les entreprises les plus impactées sont celles qui fournissent la restauration commerciale car celle-ci est à l’arrêt à cause du Covid-19. Mais il y a d’autres secteurs de la restauration qui continuent de tourner : les établissements médico-sociaux, les maisons de retraite… Les cantines scolaires et les restaurants d’entreprises sont moins fréquentés, à cause de la distanciation sociale, mais ils ne sont pas totalement à l’arrêt. » Quant aux grandes et moyennes surfaces (GMS), aux fabricants de plats cuisinés et aux conserveurs, ils poursuivent leur activité, selon Jean-Luc Meyer. La fermeture des restaurants en cette période de reconfinement a tout de même tendance à dérégler une mécanique bien huilée, qui commence au champ, dès la récolte des choux. « Les choucroutiers remplissent les cuves, ils font fermenter le chou, ils vident les cuves et c’est reparti pour un cycle », résume Jean-Luc Meyer, qui réalise deux à trois cycles de production dans une saison afin de transformer 8 000 t de choux à choucroute. Ceux-ci lui sont livrés par une quinzaine d’agriculteurs avec qui il est lié par contrat. « Lorsque les ventes ralentissent, on se retrouve avec des stocks et c’est là que ça coince. On est obligé de décaler des approvisionnements et ça rallonge la campagne », décrit le professionnel, qui s’approvisionne dans un rayon de 15 kilomètres autour de Krautergersheim. Ce rallongement de la campagne va entraîner des charges supplémentaires pour les fabricants, dont les équipes vont devoir rester en place plus longtemps. Des charges dont les professionnels se passeraient volontiers, alors que la choucroute est un produit « très mal valorisé » en dépit des efforts réalisés pour répondre aux attentes sociétales. ??♂️C’est mon péché mignon absolu !!! Difficile de lui résister ! ??? Il y a toujours une bonne raison pour manger une... Publiée par Choucrouterie Meyer-Wagner sur Jeudi 19 novembre 2020 Tant qu’il n’y a pas de gelée « D’habitude, on finit la récolte aux alentours du 20 novembre. Là, ça traîne en longueur », témoigne pour sa part Mathieu Schenkbecher, vice-président du syndicat des producteurs de choux à choucroute d’Alsace. Pour rentrer la totalité de ses 10 ha, il lui faudra sans doute un mois de plus. « Tant qu’il n’y a pas de gelée, ça va, mais s’il y a deux ou trois jours de gel, on l’aura dans l’os car on n’a pas de moyen de stockage. » Le jeune agriculteur de Meistratzheim, qui travaille avec trois choucrouteries différentes, regrette que la crise sanitaire vienne enrayer la dynamique engagée par la filière. Celle-ci a débouché sur l’obtention d’une IGP (indication géographique protégée) choucroute d’Alsace voici deux ans. Les producteurs de choux à choucroute espèrent bien que l’appel à consommer de la choucroute d’Alsace sera entendu, afin de remettre les ventes - et les prix - sur la bonne pente. Un plan de communication est d’ores et déjà lancé pour dynamiser les achats de choucroute d’Alsace en GMS, dans les boucheries-charcuteries, les sociétés de restauration, dans les magasins de vente à la ferme. Ce plan, concocté par l’Ifla et ses partenaires, comprend notamment des publications dans les quotidiens régionaux et la mise en place d’affiches dans les points de vente.












