Cultures

Publié le 23/02/2021

Le feuilleton de l’autorisation des néonicotinoïdes (NNI) en traitement de semences des betteraves sucrières n’est toujours pas terminé. Certes, ils sont réautorisés mais, pour un certain temps, et, selon certaines conditions, dont certaines sont encore suspendues à un avis de l’Anses, à quelques semaines des semis de betteraves.

L’utilisation de produits phytosanitaires contenant des néonicotinoïdes (NNI), y compris les semences traitées avec ces produits, est interdite en France depuis le 1er septembre 2018. Une mesure qui fait suite à la loi biodiversité de 2016. Mais, à la faveur d’un hiver 2019 et d’un printemps 2020 particulièrement doux, les pucerons vecteurs du virus de la jaunisse de la betterave ont engendré des pertes de rendement plus ou moins importantes, selon les secteurs, ainsi que des traitements insecticides aériens coûteux, à la fois pour les agriculteurs et pour la biodiversité que la loi devait protéger. Comme le règlement européen l’autorise, une dérogation limitée jusqu’au 1er juillet 2023 à l’utilisation de semences traitées avec des NNI pour la culture de betteraves sucrières a donc été instaurée par la loi du 14 décembre 2020. Un arrêté émanant des ministères de l’Agriculture et de l’Environnement est ensuite venu préciser les modalités de mise en œuvre de ces dérogations le 6 février. En effet, recourir à des semences traitées aux NNI s’accompagne d’interdictions de planter des cultures mellifères après les betteraves sucrières, avec pour objectif de protéger les insectes pollinisateurs. Suspendus à un avis de l’Anses L’arrêté autorise, pour une durée de 120 jours, la mise sur le marché et l’utilisation de semences de betteraves sucrières traitées avec des produits phytopharmaceutiques contenant les substances actives imidaclopride ou thiamethoxam. Avoine, blé, choux, cultures fourragères non attractives, cultures légumières non attractives, endive, semences de fétuque, moha, oignon, orge, ray-grass, seigle pourront être semés dès 2022. Mais il faudra attendre 2023 pour implanter du chanvre, du maïs, du pavot ou des pommes de terre, et 2024 pour le colza, les cultures fourragères mellifères, les cultures légumières mellifères, la féverole, le lin fibre, la luzerne, la moutarde tardive, la phacélie, le pois, le radis, le tournesol, le trèfle, ou encore la vesce. En Alsace, l’interdiction de semer du maïs en 2022 peut poser des problèmes dans certains contextes. L’arrêté prévoit des mesures qui peuvent permettre d’anticiper le retour du maïs ou de colza dans la rotation. Il s’agit de mettre en place des mesures d’atténuation, soit de semer 18 rangs de betteraves sans NNI sur le pourtour de la parcelle et d’implanter dès 2021 une surface en couverts mellifères équivalente à 2 % de la surface de betteraves avec NNI. Les objectifs sont d’éviter que les insectes pollinisateurs n’aillent butiner dans les zones ayant reçu des NNI, à la fois grâce à une barrière de sécurité, et à une diversion par une zone plus attractive. Toutefois, ces mesures doivent être précisées par un nouvel arrêté, qui sera publié après avis de l’Anses. Jouer la carte de la prudence La sucrerie d’Erstein a donc envoyé un courrier aux planteurs, les invitant à raisonner leur choix de semences de betteraves en fonction de la culture prévue pour 2022. Pour les parcelles prévues en céréales à paille en 2022, il n’existe pas de contre-indication à l’utilisation de semences de betteraves enrobées aux NNI. Si la parcelle est prévue en maïs en 2022, et qu’il est impossible d’implanter une autre culture en cas d’avis négatif de l’Anses, mieux vaut jouer la carte de la prudence et utiliser des semences de betteraves sans NNI. Enfin, si la parcelle est prévue en maïs en 2022 et qu’il est possible d’adapter l’assolement et d’implanter une céréale en cas d’avis négatif de l’Anses, il est alors possible d’anticiper les mesures d’atténuation, c’est-à-dire de semer des betteraves non NNI sur les 18 rangs de pourtour et des betteraves NNI à l’intérieur de la parcelle, et d’implanter en 2021 des couverts mellifères sur une surface équivalente à 2 % de la surface de betteraves avec NNI. Enfin, rappelons que durant la campagne 2019-2020, l’Alsace a été relativement épargnée par les attaques de pucerons, comparé à d’autres régions françaises ; que d’autres traitements insecticides contre les pucerons restent autorisés ; que le piégeage permet à la fois de dénombrer les insectes mais aussi d’analyser la composition de la population, toutes les espèces de pucerons ne présentant pas la même capacité de transmission du virus, ce qui permet donc de déclencher les traitements et de les cadencer de manière à préserver la faune auxiliaire, dont il ne faut pas négliger les effets ; et que les récentes températures négatives devraient réguler la population de pucerons.

Publié le 18/02/2021

Une réunion portant sur la problématique des corvidés s’est tenue le 12 février à Sainte-Croix-en-Plaine. Elle a réuni les agriculteurs sinistrés du secteur mais également des techniciens de la Chambre d'agriculture et d’Arvalis spécialisés sur la protection des céréales et des légumes, la DDT, le CNRS et la LPO. Un groupe de travail a été constitué pour mettre en place et tester des techniques alternatives.

Les dégâts provoqués par les corvidés sur les parcelles agricoles sont considérables. Sur la seule zone du nord-est de Colmar, la Porte du Ried, il a été estimé à 17 000 € de dégâts sur les semis de maïs de sept exploitants en 2020. Et là, on ne parle pas des dégâts permanents sur d’autres plantes, eux non estimés. Les cultures maraîchères, notamment. « Nous avons réalisé une extrapolation pour l’ensemble du département du Haut-Rhin et nous arrivons à 700 000 € de dégâts. Les agriculteurs sont touchés mais le monde industriel et les particuliers subissent également ces dégâts. Le corbeau est un animal futé et résistant. Il vit longtemps et bénéficie des conditions climatiques qui facilitent sa prolifération. Nous devons donc trouver des solutions. Non pas pour détruire cette population, mais pour la juguler. Car si nous pouvons accepter des dégâts modérés, il ne faut pas qu’ils soient démesurés. C’est aujourd’hui le cas. Des parcelles sont dévastées », explique Christelle Jamot, directrice de la FDSEA du Haut-Rhin. Le syndicat a donc sollicité l’administration, qui avait elle-même été contactée par la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Vendredi, c’est la FDSEA qui a initié cette rencontre-échange en l’élargissant aux collectivités locales, aux entreprises du secteur (Liebherr) et aux agriculteurs concernés. « Les dégâts sont de plus en plus insupportables sur les cultures, mais aussi sur les bâtiments agricoles. Ce sujet est devenu problématique. Si nous pouvons avancer ensemble, c’est bien », explique René Zimpfer, membre de la FDSEA du Haut-Rhin. À l’issue de ces échanges, le syndicat a proposé aux professionnels présents de constituer un groupe de travail interne à la FDSEA. Plusieurs agriculteurs présents ont immédiatement accepté d’en faire partie. Un travail qui se fera en lien avec la ville de Colmar et son agglomération qui ont déjà mené des actions et ont témoigné des difficultés rencontrées.   Agriculteurs adhérents, confrontés aux dégâts de sangliers, corvidés, cervidés, prenez connaissance de vos droits : brochure gratuite remise lors de nos AG cantonales ou disponible sur notre site internet. Publiée par Fdsea Du Haut-Rhin sur Mardi 9 février 2021   Trouver des techniques alternatives Un dossier complexe comme le reconnaît Didier Lasserre, d’Arvalis. « Ce problème est exacerbé depuis la disparition de produits de traitements. Ceux qui les ont remplacés ne sont pas totalement efficaces. Ils ne font qu’éloigner les animaux. Dans le Bas-Rhin, des agriculteurs ont ainsi semé trois fois du maïs sur 40 hectares. Ce n’est évidemment pas possible de travailler de cette façon. Nous essayons de trouver et de proposer des techniques alternatives. Mais il faut que ce soit réalisable sur « le terrain ». Or c’est souvent de bonnes idées qui restent de la théorie. Les essais déjà mis en place n’ont fait que déplacer le problème. Il était, par exemple, question d’effacer les lignes de semis et/ou de semer plus profond. Cependant cela reste des mesurettes », convient Didier Lasserre. Et souvent ces solutions sont limitantes. Elles déplacent les difficultés sur les parcelles voisines avant de revenir sur les mêmes lieux quelques jours plus tard. « Dans l’ouest de la France, de nouveaux engrais ont été testés sur certains légumes comme le chou-fleur. Mais, là également, ce n’est que partiellement efficace et adapté. Des rubans ont également été mis en place au-dessus des serres pour apporter une barrière physique entre la culture et les oiseaux. Cela représente un coût financier », observe Sébastien Fuchs, conseiller produits maraîchers de serre et de plein champ chez Planète Légumes. Première victime de cette surpopulation de corvidés, le monde agricole entend être force de propositions sur ce dossier. Il s’agit de construire des solutions non pas en opposition avec les associations environnementales mais dans le cadre d’un partenariat. « Nous devons tous être des acteurs positifs pour avancer. Il ne faut, par exemple, pas opposer la ville à la campagne. L’objectif est d’avoir une concertation efficace et quotidienne sur la méthode de diminution de cette population de corvidés. Car il y a une réalité de terrain. Il faut réduire la présence massive des corbeaux pour atteindre un niveau de population qui permettra de travailler efficacement. Et quand on nous parle d’un potentiel dérèglement social de la vie des corvidés, on oublie de parler de celui des humains. Il faut également rappeler qu’il ne s’agit pas de tuer toute la population des corbeaux, mais de la réguler. Pour cela, tout le monde doit jouer le jeu. Il faut également communiquer sur ce sujet médiatiquement et techniquement. Il faut être opérationnel le plus tôt possible », rappelle David Herrscher, éleveur à Andolsheim. Une pression psychologique D’autres agriculteurs présents à cette réunion ont témoigné de leurs difficultés. Thomas Ritzenthaler, céréalier à Holtzwihr, ne sait plus quoi faire. « On a tout tenté. Sur plusieurs semaines, nous avons tiré à différentes heures de la journée. On ne fait que les déplacer. Il arrive qu’ils ne bougent même plus. Il faut parfois ressemer plusieurs fois la même parcelle. C’est intenable, infernal et très difficile à accepter psychologiquement. » Yves Jauss, exploitant à Horbourg-Wihr, acquiesce. « Les gens sont à bout. Ils travaillent leur bien qui est ensuite détruit. Et dans le même temps, il y a également une pression de la population qui se balade et ne voit que la beauté de la nature. Les gens ne comprennent pas les enjeux. Cela a pour conséquence des interventions des gendarmes. Parfois contre les actions mises en place », témoigne Yves Jauss. Confronté aux corbeaux depuis 30 ans, Jacky Schwartz, agriculteur à Andolsheim, est également garde-chasse à Bischwihr et à Horbourg-Wihr. « Des corbeaux, il y en a de plus en plus car les piégeages mis en place sont souvent détruits et les corbeautières cassées par des citoyens. On ne peut plus continuer comme ça », assure-t-il. Pour la LPO, « la destruction n’est pas la solution » Auparavant, la FDSEA du Haut-Rhin avait ouvert le débat en donnant la parole à ses interlocuteurs. Christian Braun pour la Ligue de la protection des oiseaux (LPO) a dit partager le constat effectué pour les dégâts sur les cultures. Il ne partage néanmoins pas l’analyse des agriculteurs. « Depuis 15 ans, à la LPO, on est convaincu que la destruction n’est pas la solution. Nous prônons d’autres voies pour au moins réduire ces dégâts. Il faut accepter de tester des mesures qui ne seront pas efficaces d’une année à l’autre », plaide Christian Braun qui rappelle qu’il existe un prédateur du corbeau : le hibou grand-duc. Il y en a encore 200 en Alsace. Chercheuse au CNRS, Valérie Dufour estime qu’il est difficile ou même impossible de réguler les corbeaux. « Je peux vous proposer des choses pour réguler leurs dégâts », insiste-t-elle. Elle estime qu’il faut limiter l’attractivité des cultures, donc du maïs. Elle évoque des zones « tampons » entre les colonies de corbeaux et les cultures, ou encore la mise en place de systèmes d’effarouchement. Des solutions qui laissent les agriculteurs dubitatifs. « La régulation est impossible car on ne nous laisse pas réguler », s’agace Nicolas Dieterich, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin. « S’il faut attendre le hibou grand-duc et une population plus importante, ce n’est pas possible. Il est primordial d’intervenir. La prévention est certes un moyen. Mais nous sommes désormais obligés de réduire massivement la présence des corbeaux pour arriver au bout des dégâts », conclut René Zimpfer. Le groupe de travail formé ce jour-là doit formuler les prochaines propositions du syndicat pour faire avancer ce dossier.   Un couple de grands-ducs d'Europe, la plus grande espèce d'hibou du continent, présent au coeur d'Obernai https://alsace.lpo.fr/index.php/un-couple-de-grand-ducs-d-europe-au-cent... Publiée par LPO Alsace sur Lundi 8 février 2021  

Cristal Union, section d’Erstein

Des raisons d’y croire

Publié le 04/02/2021

Il manque toujours 1 000 ha de betteraves pour assurer la pérennité de la sucrerie d’Erstein. Mais la campagne qui vient de s’écouler, avec un prix moyen en hausse et des bons rendements sauf dans les secteurs impactés par la jaunisse et la sécheresse, démontre que cette culture conserve un gros potentiel en Alsace, notamment dans le Haut-Rhin, grâce à ses bonnes performances en zones irriguées, et en tant que diversification dans le cadre de la future Pac.

Cela fait 35 ans qu’il entend le même refrain : Erstein ? C’est fini. « Pourtant, on est toujours là. Et il ne tient qu’à nous de faire en sorte que non, Erstein est loin d’être fini. Notre usine a un réel avenir devant elle, et notre filière betteravière de magnifiques atouts à faire valoir », explique le président de la section d’Erstein de Cristal Union, Gérard Lorber. Sur ces 35 années passées, il en a fait que deux qui n’étaient pas « extraordinaires ». « Et des belles années, j’en ai fait, comme vous tous », glisse-t-il aux producteurs présents face à lui lors de la réunion « Perspectives » de Cristal Union qui s’est déroulée le 29 janvier à Sainte-Croix-en-Plaine. Et dans 35 ans ? Combien y’aura-t-il eu de « bonnes années » ? S’agira-t-il d’ailleurs d’une question qu’on pourra encore se poser ? Gérard Lorber prévient : « Si on ne fait rien, si on ne se mobilise pas, c’est fort possible que les prochaines générations se demandent plutôt pourquoi il n’y a plus de betteraves en Alsace, pourquoi la sucrerie a fermé. » Des marges brutes à la hausse en 2020 Il ne manque pourtant pas grand-chose pour que l’avenir de l’usine d’Erstein soit consolidé : 1 000 ha de surfaces en plus. « On dépasserait les 7 000 ha, ce qui garantirait la rentabilité du site. Et 1 000 hectares, en Alsace, ce n’est rien par rapport aux 180 000 ha de surfaces céréalières que nous avons. Je suis sûr que nous pouvons y arriver. » Un discours de plus en plus audible dans la mesure où la filière betteravière est en train de retrouver une certaine dynamique économique. Pour la campagne 2020-2021, le prix payé par Erstein est compris entre 24 et 25 euros la tonne, en incluant les diverses primes. « On commence tout doucement à se rapprocher d’un prix intéressant. Et ce n’est pas fini », souligne Gérard Lorber. Pour 2021, la sucrerie annonce pour ses coopérateurs un prix indicatif de 26,50 €, primes incluses. « Ce n’est pas rien, les marchés sont encourageants », poursuit-il. Les perspectives économiques pour les agriculteurs sont en effet séduisantes. Avec les prix payés en 2020, et malgré les rendements impactés par la jaunisse ou la sécheresse, la betterave alsacienne affiche une marge brute qui n’a rien à envier au maïs ou au blé. En zones irriguées, les producteurs les plus performants ont atteint une marge brute de 1 108 euros à l’hectare, soit juste derrière le maïs irrigué le plus performant et ses 1 180 euros à l’hectare. La marge brute moyenne en irrigué sur les quatre dernières années est du même acabit avec 801 euros à l’hectare pour la betterave, 959 euros pour le maïs et 727 euros pour le blé. Dans les zones non irriguées, le bilan est presque tout aussi flatteur avec une marge brute de 863 euros à l’hectare pour les plus performants, contre 920 euros à l’hectare pour le maïs, et 860 euros pour le blé. De même, la marge brute moyenne sur les quatre dernières années est dans la moyenne des autres cultures, malgré des prix qui étaient en retrait. Le Haut-Rhin, un département au fort potentiel Dans sa quête de nouvelles surfaces, Gérard Lorber tourne son regard vers les secteurs les plus performants d’Alsace en matière de production betteravière en 2020 : Mulhouse et sa moyenne de 90 tonnes à l’hectare, et surtout Colmar qui affiche un rendement moyen record de 99 tonnes à l’hectare. « C’est simple : le Haut-Rhin est le meilleur département français cette année », glisse-t-il avec fierté. Des résultats pas si surprenants que ça quand on connaît les records régulièrement atteints en maïs dans ces zones irriguées. Mais les maïsiculteurs haut-rhinois seraient-ils prêts à convertir une partie de leurs parcelles à la production betteravière ? Le président de l’Association des producteurs de céréales et oléagineux (Apco), Thomas Obrecht, se montre ouvert à cette possibilité. « Avec la nouvelle Pac et la rotation à la parcelle qu’on nous annonce, nous serons obligés de maintenir d’autres productions aux côtés de la culture principale. Il nous faudra des cultures ayant de bons rendements et une bonne marge brute. La betterave, avec ce qui est présenté aujourd’hui, rentre dans ce cadre. » L’augmentation de la SAU betteraves dans le Haut-Rhin serait bénéfique à la filière maïs soutient Gérard Lorber. « Si on veut défendre l’irrigation, cela sera plus simple si on met plus en avant la betterave qui a, quoi qu’on fasse ou qu’on dise, une meilleure image que le maïs aux yeux du grand public. Je ne suis pas du tout anti-maïs, bien au contraire. J’en cultive moi-même. Mais force est de reconnaître qu’il y a une meilleure acceptation sociétale de la betterave. » Dernier argument, à ses yeux, en faveur d’une filière sucrière « forte » en Alsace : un intérêt croissant des acheteurs pour des produits plus locaux, estampillés HVE (Haute valeur environnementale) ou autre. « Il y a des clients qui sont prêts à payer plus cher pour ce type de plus-values. Peut-être que demain, il sera possible de valoriser des choses bien spécifiques », s’enthousiasme-t-il. Le bio pourrait en faire partie. Il est en tout cas dans les petits papiers de Cristal Union qui aimerait lancer une filière en Alsace. « On n’en fera pas en 2021 à Erstein. Il nous faut toujours 250 hectares. Par contre, nous allons continuer les essais dans nos deux départements. Nous gardons l’espoir de réussir dans cette voie. » Atténuer les « risques » pour garder le maïs en N + 1 En admettant que la SAU betteravière alsacienne atteigne les 7 000 ha tant espérés par Gérard Lorber, il reste un autre (gros) défi à relever : celui de la lutte contre la jaunisse. La filière a trois ans pour trouver une solution alternative aux néonicotinoïdes (NNI), réautorisées provisoirement depuis la loi votée fin 2020. « Je suis convaincu qu’on trouvera une solution efficace, économique et pérenne. De gros moyens sont mis dans la recherche. Et quand on met les moyens, on trouve. On a bien trouvé un vaccin contre la Covid en six mois », note Gérard Lorber. Le retour des NNI a évidemment été salué par l’ensemble de la profession, avant de susciter quelques inquiétudes concernant ses conditions d’application. Le projet d’arrêté a, en effet, repris l’ensemble des préconisations de l’Anses qui avait été sollicitée pour évaluer le risque du retour des NNI pour les pollinisateurs. Parmi elles, l’impossibilité de semer du maïs l’année suivant une betterave. Un coup dur pour l’Alsace. Présent lors de cette réunion, le président de la Confédération générale des betteraviers (CGB), Franck Sander, s’est tout même montré rassurant : « Nous sommes en lien permanent avec le cabinet du ministère pour faire évoluer ce dossier. Pour conserver le maïs en année N + 1, nous avons proposé la mise en œuvre de mesures d’atténuation des risques avec l’implantation de bandes compensatoires mellifères sur 2 % de la surface. Le comité technique du ministère semble favorable à cette option. Reste à voir si cela sera repris dans l’arrêté d’application de cette loi. » Ces mélanges mellifères seraient composés d’un bol alimentaire adapté aux abeilles. « C’est aux apiculteurs de nous dire ce dont ils ont besoin », poursuit Franck Sander. De son côté, Cristal Union s’engage à accompagner ses adhérents en leur fournissant gratuitement les semences de plantes mellifères dont ils auront besoin, jusqu’à 10 % de leur surface betteravière.

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