Huile de colza bio
Un art de famille
Huile de colza bio
Publié le 04/04/2021
Plus connue pour son activité de négoce en grains, à Boofzheim, la famille Lienhart, se lance dans la production d’huile de colza bio « 100 % alsacienne », en première pression à froid. Une initiative dans l’air du temps, dont le succès repose sur un savoir-faire technique et collectif.
Autour d’un bon déjeuner en famille, c’est ainsi que toute cette aventure a commencé, voilà deux ans. « J’étais en école de commerce et je me spécialisais en entreprenariat-marketing, commercialisation d’un nouveau produit », se souvient Geoffrey Lienhart, dont le père dirige une société de négoce et de transformation de graines oléagineuses pour animaux, à Boofzheim. Alors que ce jeune de 23 ans devait réaliser un projet de fin d’études, telle une cerise sur le gâteau, une idée leur a traversé l’esprit : » pourquoi ne développerions-nous pas une gamme de produits végétaux ? » Cette fois, à destination des humains. « Nous avons les outils pour, les consommateurs veulent adopter des habitudes d’alimentation plus saines pour la planète, et puis, ce serait une façon d’entamer la diversification de l’entreprise », se disent-ils. Ni une, ni deux, pour sa dernière année d’études supérieures, Geoffrey se retrouve en alternance, entre l’École de management de Strasbourg et l’entreprise de son père. Objectif : réaliser une étude de marché pour lancer ce fameux « nouveau produit ». Le choix se porte vite sur l’huile de colza. Chaque année, Lienhart SAS transforme déjà plus de 13 000 tonnes de graines de soja et de colza en tourteaux, et en huile pour les animaux. Un processus au cours duquel l’entreprise a compris que d’une graine de colza, sort près de 33 % d’huile, contrairement à 14 % pour le soja. Un beau cadeau Et tant qu’à faire, autant produire une huile bio et 100 % locale. « Le marché de l’huile de colza standard était saturé, mais pour une déclinaison bio, nous avions toute notre place. Et 100 % local, car nous avons trouvé des agriculteurs du Bas-Rhin, qui se sont installés en bio, capables de nous fournir les graines », précise ce grand brun au sweat à capuches, attaché au terroir alsacien. Au début, l’entreprise offre les premières bouteilles en cadeau à ses clients. Une façon de tester le marché. Fort de retours positifs et les certifications nécessaires en poche, en octobre 2020, Geoffrey active la production de 7 000 litres d’huile, conditionnés dans des bouteilles d’un litre ou de 500 ml. Entre décembre 2020 et début mars 2021, 4 500 litres sont vendus, dans 35 points de vente en Alsace, principalement dans le Bas-Rhin. Un succès sans appel, dont Geoffrey est évidemment satisfait. « En sortant d’école, j’aurais difficilement vécu cette expérience ailleurs. C’est extrêmement gratifiant que mon père et son équipe m’aient fait confiance », confie ce jeune diplômé, presque dépassé par les événements. « Nous sommes même obligés de freiner le réassort pour tenir jusqu’à la prochaine session de production, afin que les amateurs en aient pour accompagner leurs salades des beaux jours », concède-t-il. Simple mais rigoureux Même si les techniciens de l’entreprise ont pu compter sur les installations existantes et que la fabrication de cette huile semble plutôt « simple », ils n’ont pas prévu d’en lancer une nouvelle fournée d’ici l’automne prochain. Tout d’abord, parce que la production bio requiert un nettoyage complet du circuit qui reçoit d’habitude les graines de soja et de colza conventionnelles, sans OGM. « Nous devons presser une première tonne et la déclasser pour que la machine ne contienne plus de résidus. Cette étape dure une journée », explique Pierre Pottier, directeur opérationnel. Une fois la presse prête pour transformer les graines bio, l’huile peut être conservée. « Nous avons opté pour recueillir l’huile à la première pression à froid de la graine. Avec cette méthode, le taux d’extraction est peut-être moins élevé, mais elle permet de préserver la qualité et les bienfaits du produit d’origine », complète Pierre Pottier. À raison de 800 à 900 kg de graines traitées par heure, la machine aspire chacune d’entre elles pour que ses matériaux lourds (pierres ou cailloux) tombent, puis la maintient à une température autour de 30 °C pour qu’elle arrive dans la presse à plus de 20 °C. « Aucune injection de vapeur n’intervient dans le processus, il suffit d’un simple effet de mécanique », détaille le spécialiste, pour, au final, obtenir une huile filtrée à 10 microns. Des ambitions de grands Le tout repose dans des cuves en inox de 25 000 l avant d’être transféré dans des bacs de 1 000 l qu’un à un, pour cette première tournée, Geoffrey a vidé. C’est lui, qui a tout embouteillé et étiqueté. « Nous étions en plein développement », lâche-t-il, comme s’il devait s’excuser du choix « maison » du processus de fabrication. Peut-être que les moyens évolueront pour la cuvée 2021. Une chose est sûre, l’entreprise compte accroître sa production, jusqu’à 15 000 voire 20 000 l. « Nous avons les ressources pour, assure Geoffrey. Et ce qui est bien, c’est que nous fonctionnons en circuit fermé. Nous vendons la semence à des agriculteurs qui nous livrent la graine, donc nous agissons du début à la fin. » Pour atteindre une pareille quantité, l’entreprise compte sur ses techniciens dont certains consacrent leur temps à encourager les agriculteurs à cultiver plus de colza bio. « Un de nos arguments repose sur l’augmentation des rotations de culture, nous les accompagnons dans ce sens », glisse Bruno Lienhart, responsable de la société, en entrant dans la salle de réunion de l’entreprise. En mars 2021, de nouveau réunis autour d’une table, comme ils l’étaient voilà quelques années chez eux, quand ils ont eu l’idée de lancer cette huile de colza bio, fils et père tapotent du poing. « Touchons du bois pour que la météo soit avec nous », lance le père, et que cette année leur apporte assez de graines pour continuer cette audacieuse aventure. Nos deux bouteilles d’huile de Colza sortant de leur lieu de production ??? Un produit Bio et local ?? Publiée par Huilerie Lienhart sur Mardi 23 février 2021












