Cultures

Sève de bouleau

Une production qui monte

Publié le 24/03/2021

C’est le printemps ! La sève monte. Les arbres bourgeonnent. Les bouleaux, pas encore. Avant que leur suc ne s’épaississe, Sève’up le récolte et le conditionne. Eau végétale, la sève fraîche de bouleau aurait des vertus détoxifiantes. Sève’up est précurseure en Alsace.

Une petite cure de sève fraîche de bouleau permettrait de nettoyer l’organisme. Forts de leurs connaissances, Myriam Raoux et Christian Mallo ont commencé, il y a dix ans, en Alsace, à récolter le précieux suc. « 100 % locale, 100 % naturelle, 100 % fraîche », affiche le site internet de leur entreprise Sève’up. La sève est labellisée bio, précise Myriam. Elle est pure. Les trois litres sont vendus entre 25 et 35 euros, environ, selon qu’ils sont destinés à des magasins ou à des particuliers… et sur réservation uniquement ! « Nous n’avons pas de stock. La sève fraîche a une DLC de six semaines. Elle se conserve au frais, entre 2 et 4 °C », explique Myriam. Le printemps est donc une grosse période pour Sève’up, qui travaille en flux tendu. C’est Christian qui est à la manœuvre, en forêt. Myriam, à la logistique commerciale, raconte leur histoire et la récolte, pas à pas. « Quand j’étais petite, nous allions en vacances, en Ariège. Le paysan voisin récoltait de la sève de bouleau, au printemps, pour sa consommation personnelle. Nous avions goûté », se souvient, depuis son bureau à Wilshausen, Myriam. Christian, lui, a découvert cette production saisonnière en Ukraine, lors d’un voyage. Depuis 2012, ils récoltent et vendent de la sève fraîche de bouleau en Alsace. Aujourd’hui, une centaine de magasins spécialisés et bio de la région commercialisent leurs poches, aux alentours de 39 euros : une réelle success story. C’est du boulot ! Avant tout, il faut demander aux autorités la permission d’exploiter les bouleaux en forêt. « On verse une redevance », relève Myriam. En 2019, la sève de 1 500 arbres était prélevée. Depuis 2020, 3 000 arbres sont « troués ». Myriam et Christian souhaitent garder l’emplacement de « leurs » sites secrets. « Ils sont au cœur des forêts d’Alsace », lâche juste Myriam. Au début de l’aventure, Sève’up avait organisé une visite. S’en était suivi le vol de leur matériel de récupération, beaucoup de seaux : « une grosse déception » et une perte pour les acolytes qui avaient à cœur de partager leur savoir-faire. La récolte de la sève de bouleau est journalière. Elle démarre en février ou en mars, selon la météo. Mi-mars est la période normale, d’après Myriam. Cette année, la récolte a débuté le 10 mars. Elle dure entre quatre à six semaines, tant que la sève n’a pas atteint le sommet de l’arbre, qu’il ne bourgeonne pas. Après, la sève s’épaissit et arrête de couler. « C’est la nature qui décide, souligne Myriam Raoux. On ne force pas l’arbre. On ne le brusque pas. Il va donner ce qu’il n’utilise pas pour sa propre consommation, son développement. » Les récoltants percent un petit trou, d’un centimètre de diamètre, environ, dans l’écorce du bouleau. Y est inséré un tube alimentaire, qui permet à la sève de se déverser dans un seau hermétique. Tout est réalisé en circuit fermé : aussi pour le filtrage et le conditionnement. « On vide les seaux tous les jours. Parfois, on récolte un verre, un fond de seau ; d’autres matins, jusqu’à deux litres ! », confie Myriam. Volume et surveillance Le procédé est très simple, admet-elle. « Plein de personnes récoltent dans leur jardin, ajoute Myriam. Mais il faut tenir compte de la qualité des sols aussi, si on veut une sève vertueuse. » Celle de Sève’up est analysée en laboratoires, puisque c’est un produit alimentaire ; non pasteurisé, de plus. « On ne récolte qu’un an sur deux », insiste la quinquagénaire. Le repos de l’arbre est primordial pour Christian et elle. En 2020, stoppée par la crise sanitaire, la récolte n’a donné que 6 000 litres. En 2019, alors que moitié moins d’arbres étaient prélevés, 16 000 litres de sève avaient coulé. Quand la source se tarit, « on enlève le tube et on ferme le trou. On le bouche avec une petite branche de l’arbre pour qu’il n’y ait pas de rejet. On réalise le pansement avec un mélange de sève, de terre et d’argile verte, pour qu’il n’y ait aucun interstice par lequel des parasites pourraient passer », développe Myriam. L’opercule va sécher puis se désintégrer. Christian reste vigilant pendant plusieurs semaines après. Ils ne sont pas reconnus agriculteurs. Et pour cause, si deux tiers de leurs revenus proviennent de Sève’up, un tiers résulte des formations en géobiologie (ou sourcellerie) qu’ils dispensent. Christian est aussi magnétiseur. Sève’up finance d’ailleurs l’association géobiologie environnement habitat santé (AGEHS), fondée par Christian, qui vient en aide aux personnes électro-hypersensibles, puisque cette nouvelle pathologie, reconnue par l’OMS, n’est pas prise en charge en France par la Sécurité sociale. Un peu plus d’un dixième du chiffre d’affaires de l’entreprise (15 000 euros sur 120 000) a été reversé à l’association en 2019. « Le risque zéro n'existe pas » « La sève de bouleau s’acidule lorsqu’elle entre dans sa phase de fermentation, ce qui n’empêche pas sa consommation. Elle est drainante car diurétique, reminéralisante, et c’est un salicylé, c’est-à-dire qu’elle aurait les mêmes propriétés que l’aspirine, anti-inflammatoires et antalgiques. Elle pourrait donc être préconisée contre les rhumatismes. Mais on la déconseille aux personnes allergiques à l’aspirine et, bien sûr, au bouleau, même si ce sont les graminées de l’arbre qui provoquent les allergies. Le risque zéro n’existe pas. Il faut être vigilant. Et, dans tous les cas, consulter son médecin, si on a le moindre doute », conseille Myriam Raoux. Une cure dure en général trois semaines. Six litres sont alors nécessaires. Certains adeptes appliquent aussi la sève de bouleau sur leur peau - L’Oréal en utiliserait pour composer une crème de jour - ou leurs cheveux - elle favoriserait la pousse. « Mieux vaut la boire quand même, préconise Myriam. C’est un produit à la mode, qui a tendance à se développer. Il est important de bien vérifier l’origine de la sève de bouleau. » Rares sont les producteurs qui la proposent en frais, d’autant plus si elle vient des pays de l’est de l’Europe.       Comme à chaque printemps la société sève’up commercialise la sève de bouleau fraiche bio d’Alsace . La saison s’étale... Publiée par Christian Mallo sur Lundi 22 février 2021        

Tour de plaine

Après le gel…

Publié le 04/03/2021

Après les températures glaciales qui se sont installées en Alsace durant quelques jours début février, l’heure est au bilan.

Si, visuellement, la plaine a pris une teinte jaunâtre, liée à des brûlures foliaires sur blé, les observations des spécialistes sont plutôt rassurantes. « Il n’y a pas de dégât de gel sur les céréales d’hiver », résume Didier Lasserre, ingénieur à Arvalis - Institut du végétal. Généralement, la couche de neige était suffisante pour protéger les plants et, certes, le froid a été intense mais il avait été précédé de conditions propices à l’endurcissement des céréales. Les colzas aussi font quelquefois grise mine mais, selon l’hydromorphie, la présence de neige, la variété, la pression des ravageurs, ils peuvent se remettre. Et, parfois, rapidement, avec le retour du beau temps. La fertilisation azotée peut alors être ajustée à la défoliation et à la biomasse mesurée. En outre, avec le retour du soleil et de températures clémentes, les ravageurs sont à surveiller de près car, d’après les observations de terrain de Terres Inovia, relayées sur les réseaux sociaux, il y a déjà du monde dans les cuvettes…   [Actu Nord&Est] Un épisode de #gel a sévi sur la zone nord-est du 12 au 14 février avec des températures minimales qui... Publiée par Terres Inovia sur Jeudi 25 février 2021  

Publié le 24/02/2021

En 2020, Verexal a adopté une stratégie fongicide basée en totalité sur des produits de biocontrôle. Le résultat d’une série d’expérimentations que le verger expérimental a mis en œuvre depuis quelques années.

Les solutions de biocontrôle font leur chemin en arboriculture. « On s’y intéresse depuis quatre ou cinq ans, confirme Philippe Jacques, responsable technique de Verexal. Les firmes phytosanitaires sortent très régulièrement de nouveaux produits de biocontrôle : trois ou quatre tous les ans. Notre travail consiste à faire la distinction entre ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins bien. » Les essais sont menés au verger expérimental d’Alsace (Verexal) à Obernai : les techniciens n’y expérimentent pas tous les produits mais ceux qui donnent les meilleurs résultats parmi ceux déjà testés par les grandes stations d’expérimentation en arboriculture, comme La Morinière en Indre-et-Loire ou d’autres stations du CTIFL. Les essais menés à Obernai se déclinent selon deux thématiques : les fongicides et les insecticides. Les techniciens se sont intéressés en premier lieu aux produits de biocontrôle à action fongicide, car ce sont les résidus de fongicides que l’on retrouve le plus fréquemment sur les fruits à noyaux ou à pépins. L’objectif : trouver des produits de biocontrôle susceptibles de lutter efficacement contre certaines maladies provoquées par des champignons, en commençant par les maladies de conservation qui sont, selon Philippe Jacques, « une cible historique ». Les essais ont été étendus ensuite à la tavelure, l’oïdium, la moniliose ou la rouille pour les fruits à noyaux, l’anthracnose du cerisier. Les produits de biocontrôle testés sont ceux à base de silice, de soufre, de polysulfure ou de bicarbonate de potasse. « On attend beaucoup des produits à base de bicarbonate de potasse car ils ne sont pas très agressifs sur les fruits et ils peuvent se positionner par temps humide », indique le responsable technique de Verexal. Les champignons déçoivent Les solutions à base de micro-organismes (Julietta, Noni, Amylo-X), autrement dit l’utilisation de champignons antagonistes aux champignons indésirables, donnent en revanche des résultats plutôt décevants, selon Philippe Jacques. Ces résultats sont-ils liés aux conditions d’application de ces produits ? Pour le savoir, des essais sont également réalisés pour comparer l’efficacité en conditions d’application standard - avant une pluie contaminante pour prévenir le risque de germination du champignon - avec une application après une pluie contaminante. Avant d’adopter en 2020 une stratégie fongicide basée en totalité sur des produits de biocontrôle, Verexal l’a expérimentée en 2019 sur mirabelle. Il s’agissait de vérifier que ce fruit, qui présente une sensibilité à plusieurs maladies, pouvait être efficacement protégé sans aucun recours à des fongicides classiques, mais uniquement avec des produits de biocontrôle. « La campagne 2019 a été très intéressante à observer, avec une forte pression fongique, des pluies tombées début août qui ont provoqué l’éclatement des fruits et favorisé des foyers de maladies de conservation », souligne Philippe Jacques. Ce qui fait le malheur des arboriculteurs fait parfois le bonheur des expérimentateurs… En 2020, les conditions ont été bien différentes, ce qui n’a pas permis de confirmer les observations réalisées l’année précédente. Il sera donc nécessaire de refaire des essais en 2021, en vérifiant, sur d’autres fruits que la mirabelle (les pommes, par exemple) que l’efficacité des produits de biocontrôle sur les maladies de conservation est bien conforme aux observations de 2019. Rappelons que pour les fruits à noyau, le principal « agent » des maladies de conservation est Monilia fructigena. Ce champignon de blessure pénètre dans le fruit, lorsque celui-ci éclate sous l’effet de la pluie. Il pourrit alors sur l’arbre. Si la pluie ne provoque que des microfissures, la pourriture apparaît, lors du stockage en chambre froide. Pour les fruits à pépins, le champignon le plus redouté pour la conservation est Gloeosporium. Naturellement présent sur les branches des arbres, il s’introduit de la même manière que Monilia fructigena : il profite des petites fissures créées par la pluie dans l’épiderme des fruits pour s’y introduire. C’est seulement quand on sort les fruits, en janvier ou en février, que l’on constate les dégâts : des taches de pourriture grosses comme des pièces de 1 € sont visibles et le cœur du fruit est pourri. Ce problème laisse les arboriculteurs en agriculture biologique particulièrement démunis. Pour l’instant, constate Philippe Jacques, les produits de biocontrôle utilisés au plus près de la récolte ne donnent pas des résultats satisfaisants par rapport à cette problématique mais les essais vont se poursuivre en 2021. Les pommes prennent leur bain Une alternative, déjà développée dans certains gros bassins de production comme le Val de Loire ou l’Italie, est la thermothérapie. Cette technique consiste à baigner les pommes dans un bain d’eau chaude (70 °C) durant 2 minutes 30 pour détruire le champignon, puis à les faire passer sous un tunnel d’air chaud ventilé pour les ressuyer. Une solution inaccessible aux producteurs alsaciens en raison de son coût. Quant au traitement par l’ozone, qui commence à faire parler de lui, « aucun élément tangible ne permet encore de mesurer son efficacité », relève Philippe Jacques. Sur d’autres maladies, comme la tavelure, la maladie de la suie, des crottes de mouches ou le Stemphylium, qui affectent les pommes et les poires, « on a des résultats intéressants avec le biocontrôle », note le responsable technique de Verexal qui prévoit de développer son utilisation sur la pomme Natti pour réduire le niveau des résidus de pesticides présents. Dans la lutte contre les insectes, l’utilisation de plusieurs souches de bacilles et de virus est déjà largement pratiquée depuis une dizaine d’années contre les tordeuses des fruits, capua ou carpocapse notamment. Cette solution fonctionne en agriculture conventionnelle quand la pression est relativement faible. Elle est utilisée à 75 % en agriculture biologique, signale Philippe Jacques, l’essentiel étant de bien alterner les souches sur les différentes générations de tordeuses pour conserver une efficacité. En dehors des bacilles ou des virus, il existe des adjuvants visant à améliorer l’efficacité des insecticides bio. Philippe Jacques cite l’exemple de savons potassiques (type Flipper). Deux nouveaux produits sont attendus prochainement, dans cette catégorie, qu’il faudra tester à leur tour.

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