Diversification
En avant les légumes secs !
Diversification
Publié le 28/03/2021
Cinq agriculteurs bas-rhinois se lancent cette année dans la culture des légumes secs. 38 ha seront semés prochainement après une phase d’expérimentation menée en 2020 avec Planète Légumes et un test de mise en marché réalisé par l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla).
Alors que la production de légumineuses pour l’alimentation du bétail est entrée dans les mœurs, celle de légumes secs destinés à l’alimentation humaine est encore anecdotique en Alsace. Peut-être plus pour très longtemps. Cinq agriculteurs bas-rhinois se lancent cette année dans la culture des lentilles vertes, lentilles corail, pois chiches, quinoa et haricots rouges. 38 ha vont être semés prochainement, l’objectif étant de récolter 80 tonnes de légumes secs à l’issue d’un cycle de 90 à 120 jours. Cédric Steinlé, agriculteur à Plobsheim, a eu l’idée de se lancer dans cette production l’an dernier, suite à une récolte de maïs 2019 catastrophique dans des terres non irriguées. Il a implanté 1 ha de lentilles, 1 ha de pois chiches et 1 ha de quinoa en 2020 et s’apprête à passer à 8 ha au total cette année. Il voit dans ces cultures de nombreux avantages. Les légumineuses (famille dont seul le quinoa ne fait pas partie) ne nécessitent presque pas d’intrants, en particulier pas d’engrais azotés, très peu de potasse et de phosphore, et peu voire pas de produits phytosanitaires. De plus, elles améliorent les rotations et sont peu gourmandes en eau, ce qui en fait des cultures tout à fait dans l’air du temps. Sur le plan nutritionnel, les légumineuses sont à la fois source de protéines, de fibres, de minéraux et de vitamines B et ne contiennent pas de gluten. Leur faible teneur en graisses et leur indice glycémique bas en font des alliés pour la santé. Les légumes secs d'Alsace font leur bout de chemin ??. Vous en pensez quoi d'une filière cultivée en Alsace? ? Publiée par Fruits et légumes d'Alsace sur Mercredi 24 mars 2021 Olivier Hiss, agriculteur à Eschau, s’est lui aussi laissé tenter par la culture des légumes secs. Il sèmera pois chiches, lentilles et quinoa ce printemps dans l’objectif de diversifier son assolement, constitué essentiellement de maïs, blé et betteraves sur 65 ha. S’il peut compter sur le retour d’expérience de son collègue et sur les informations glanées ici et là, il est conscient que cette année sera « une année de découverte ». Il ne choisira pas des terres trop lourdes, utilisera son semoir à céréales pour semer les graines et pense se limiter à un désherbage après semis, éventuellement complété par un binage. Avec les autres agriculteurs impliqués dans cette micro-filière (trois sont en conventionnel, deux en bio), il envisage d’investir dans une faucheuse-andaineuse pour couper les tiges, avant de les faire sécher et de récolter les graines à la moissonneuse-batteuse. Il restera alors à les trier et à les ensacher pour pouvoir les commercialiser. Un marché à prendre Pierre Lammert, président de l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), croit au développement de ces cultures. « Les Français consomment 1 kg de légumineuses par an, c’est deux fois moins que les Européens et quatre fois moins que la consommation mondiale », dit-il. Planète Légumes, la station de recherche du Grand Est, mène des essais depuis deux ans pour trouver les variétés adaptées au contexte pédoclimatique alsacien. L’Ifla, de son côté, a conçu des emballages mettant en avant l’origine alsacienne et mené des enquêtes en magasin pour savoir quel prix les consommateurs alsaciens étaient prêts à payer pour des lentilles ou des pois chiches produits localement. Résultat : 5 à 20 % plus cher que pour des produits importés. « Il y a un marché à prendre », affirme Pierre Lammert en rappelant qu’en France, 50 % des légumineuses destinées à la consommation humaine sont importés. « Quand une idée germe, il faut l’accompagner », fait valoir de son côté Paul Schiellein, au nom de la Chambre d’agriculture Alsace (CAA). C’est précisément ce que fait la CAA, qui est aux côtés des agriculteurs pour leur permettre de s’adapter et d’évoluer vers des productions de qualité. La diversification va de pair avec la souveraineté alimentaire, ajoute l’élu. La collectivité européenne d’Alsace (CEA) est sensible à cette dimension, rappelle son président, Frédéric Bierry. Elle œuvre depuis plusieurs années à la promotion d’une alimentation saine et équilibrée dans les cantines scolaires des collèges et d’un approvisionnement en produits de qualité d’origine locale. Différentes actions sont menées dans ce sens en partenariat avec la CAA et l’Ifla. La formation des chefs des restaurants scolaires de collège, dans le cadre des dispositifs « Mangeons sain, jetons moins » et « Plaisir à la cantine », en est une illustration. La sensibilisation aux vertus des légumineuses a trouvé un écho très favorable auprès des cantines scolaires : dans le cadre de la Semaine pour les alternatives aux pesticides, qui avait lieu du 22 au 26 mars, 29 collèges alsaciens ont ainsi décidé de les mettre au menu. Ils ont passé commande de 550 kg de lentilles et 320 kg de pois chiches à la plateforme Appro Alsace. En parallèle, des volontaires en service civique de la CEA ont proposé aux collégiens des animations sur le thème des pesticides, de l’autonomie alimentaire et des légumineuses.












