Pépinières Wadel à Ueberstrass
Une serre pour planter des essences adaptées au climat
Pépinières Wadel à Ueberstrass
Publié le 12/05/2021
Les Pépinières Wadel Wininger à Ueberstrass et leur société de reboisement Wadel SARL font partie des lauréats de l’appel à projets « investissements productifs dans la filière graine et plants » du plan France Relance lancé en décembre 2020 par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation pour faire face aux défis climatiques en forêt. Ce sont les seules entreprises alsaciennes lauréates.
Grâce à cette aide financière du plan « France relance », la plus grande pépinière forestière du nord-est de la France va pouvoir investir dès cette année dans la culture d’essences adaptées au réchauffement climatique. Ces dernières sont en effet appelées dans les années à venir à remplacer en partie les parcelles d’épicéas scolytés qui font l’objet de coupes sanitaires massives depuis plusieurs mois. « Le cœur de notre projet d’investissement est une grande serre à double paroi de 2 000 m² », précise Isabelle Wininger, ex-responsable de l’entreprise familiale Wadel-Wininger (aujourd’hui cogérée par ses enfants). À elle seule, la serre, qui abritera des tables de culture en godets, coûtera 350 000 €. Soit la moitié de l’investissement nécessaire à la pépinière et à Wadel Reboisement pour acquérir le matériel nécessaire (machines pour rempoter, semoirs, tables de cultures, installations d’irrigations). « Nous allons aussi installer des chambres froides pour conserver les jeunes plants dans de bonnes conditions et prolonger la période de mise en terre, aménager des réserves d’eau supplémentaire et renforcer les dispositifs de protection contre le gel. Côté reboisement, nous préparons l’achat d’une mini-pelle supplémentaire, ainsi que de l’outillage adapté à la préparation des sols », ajoute Isabelle Wininger. L’aide de 40 % de l’État est plafonnée à 200 000 € pour chacune des deux entreprises. La construction de la serre pourrait démarrer dès cet été pour une ouverture envisagée au printemps 2022. « Notre objectif est d’arriver à faire 400 000 plants pour démarrer. On a les terrains qui se situent juste à côté du hangar. Il faut maintenant faire les aménagements nécessaires. Il faut également de l’eau pour l’irrigation. Six mois de travaux sont à prévoir. Nous voulions démarrer à l’automne, mais ce sera certainement trop juste. Cette période aurait été idéale car les mises en culture se font au printemps ou à l’automne. Cela va nous laisser le temps de former l’ensemble du personnel », précise Isabelle Wininger. Une nouvelle étape La cogérance de l’entreprise est désormais entre les mains de ses trois enfants, Delphine, Sébastien et Emmanuelle. « Mais, les pépinières sont mon quatrième enfant. Alors, je suis toujours là pour aider. Mais, je vais avoir 75 ans. Je vais lever le pied, mais je ne voulais pas le faire dans le contexte sanitaire actuel. La construction de ces serres, c’est une nouvelle étape dans la vie de l’entreprise. La nouvelle génération va s’en occuper », concède Isabelle Wininger. Ce sont ses parents qui ont fondé les pépinières après la Seconde Guerre mondiale. Elle a connu une belle croissance. Elle est aujourd’hui forte de 25 salariés. « Comme partout, il y a eu des hauts et des bas. Nous avons toujours cherché à nous diversifier pour ne pas vivre sur un seul créneau. Nous avons des chantiers jusqu’en Bretagne », se félicite Isabelle Wininger. L’entreprise a par exemple développé les travaux d’entretien des rivières. Elle s’occupe de la gestion ripisylve. Les travaux sont effectués sur la taille, l’abattage sélectif et la plantation. L’entreprise a là des chantiers qui vont jusqu’en Vendée. De la graine jusqu’à la jeune pousse Mais, à Ueberstrass, on poursuit un travail qui ne peut pas être délocalisé. À savoir la mise en culture de nombreux végétaux. « Nous élevons nos plants de la graine jusqu’à la jeune pousse. Ceux-ci peuvent être des plants de reboisement, de feuillus comme de résineux, et nous faisons également la pousse comme la vente de haies et de brise-vent. Des plantations diverses, non destinées à des fins strictement forestières, constituent notre large choix de végétaux qui conviennent aux bordures de parcelles boisées, à la conception de haies bocagères ou brise-vent, aux aménagements de bordures de routes, autoroutes, ou autres voies ferrées. Quand on sème la graine, quand on désherbe, quand on entretient, le travail de l’homme et de la machine se marient remarquablement bien. Nous ne sommes pas nombreux sur ce secteur des travaux forestiers. Il y a de moins en moins de matériel et peu de fabricants français. Il est donc de plus en plus difficile à trouver », observe Isabelle Wininger. Pour la deuxième année consécutive, les salariés utilisent une bineuse qui permet de réaliser un travail très précis. L’achat de matériel via les subventions du plan de relance va permettre à l’entreprise de se diversifier encore davantage. « Mais, nous avant tout de même 60 % du coût des travaux à payer par autofinancement ou grâce à des prêts. Nous investissons pour du long terme et pour pérenniser la structure », conclut Isabelle Wininger.












