Cultures

Asperge d’Alsace

La saison est lancée !

Publié le 12/04/2021

La campagne 2021 des asperges d’Alsace est lancée. Malgré des conditions météorologiques défavorables, ce légume tant attendu est récolté depuis quelques jours dans les champs de la région. 1 800 tonnes sont en moyenne produites annuellement.

Après une année 2020 atypique, marquée par le premier confinement, cette nouvelle récolte est tout aussi particulière au niveau sanitaire. « Nous lançons officiellement cette campagne car nous sommes prêts. Les asperges sortent de terre depuis quelques jours. Les précoces ont d’abord pu profiter de belles températures. Mais, l’embellie a été de courte durée avec cet épisode de froid. Il va falloir être patient et, comme toujours, travailler qualitativement », explique Jean-Charles Jost, président de l’association pour la promotion de l’asperge d’Alsace. Les professionnels se sont retrouvés, mercredi 7 avril, sur l’exploitation de la famille Sibler à Sigolsheim. L’asperge y occupe une quinzaine d’hectares. « Nous avons commencé à en produire il y a une trentaine d’années. Au départ, c’était un produit annexe. C’est devenu le produit phare. C’est le premier légume du printemps. Nous le produisons avec passion. Il est convivial, facile à cuisiner et très attendu par nos clients », précise Pauline Klément qui gère l’entreprise avec sa mère.       ? Les producteurs d'asperges d'Alsace recrutent ! Vous souhaitez devenir saisonnier pour la prochaine récolte des... Publiée par Fruits et légumes d'Alsace sur Vendredi 26 février 2021            

Gel du 5 au 7 avril

Des dégâts à quantifier

Publié le 07/04/2021

La chute vertigineuse des températures qui a caractérisé ce week-end pascal n’a pas été sans conséquences sur les cultures. Mais, pour cette fois, et à l’heure où nous mettons sous presse, mercredi 7 avril, les dégâts s’annoncent modérés en Alsace.

Une gelée au mois d’avril, cela n’a rien d’anormal. Ce qui l’est davantage, ce sont les journées où le mercure a avoisiné les 30 °C qui l’ont précédée. En effet, boostée par ces conditions, la végétation avait bien repris, et certains arbres fruitiers étaient en passe d’achever leur floraison. La chute vertigineuse des températures pouvait donc agir comme un couperet. Mercredi 7 avril, après avoir sillonné les bassins de production, Philippe Jacques, conseillé arboricole à la Chambre d’agriculture Alsace, est mesuré dans ses observations : « L’intensité des dégâts est très corrélée à la chute ou à l’absence de précipitations le lundi soir. Les dégâts sont plus importants là où il a plu, par exemple à Westhoffen, que là où il n’a pas plu, comme à Traenheim ou à Balbronn. » Autre facteur déterminant, le stade atteint par les arbres fruitiers. Pour les pêchers et les abricotiers, qui étaient en fin de floraison, cet épisode de gel aura des conséquences, « à ce stade, ça ne pardonne pas », constate Philippe Jacques. À moins que les arboriculteurs aient mis en place des protections dans leurs vergers. C’est le cas de Daniel Dettling, arboriculteur à Westhoffen, qui a disposé des bougies de paraffine dans 1 ha de vergers de pêchers et d’abricotiers car ce sont à la fois les arbres les plus menacés par cet épisode, et des fruits dont la bonne valeur marchande justifie un investissement dans la protection. Avec 200 à 300 bougies par hectare, à raison de 10 € par bougie, le coût de l’opération n’est pas négligeable. Mais, en faisant gagner 3 à 4 °C, la récolte peut être sauvée. Daniel Dettling a allumé ses bougies dans la nuit de lundi à mardi, « dans la nuit de mardi à mercredi il n’y a pas eu besoin, mais je les laisse en place pour être prêt à intervenir si nécessaire », poursuit-il. La production arboricole suspendue à la météo d’après gel Les mirabelliers, les quetschiers étaient en début de floraison lorsque le froid est descendu du nord. Et ça change tout. À ce stade, le gel a même un effet positif, celui de faire le travail des arboriculteurs : « Nous sommes en train de revoir notre programme d’interventions qui visent à réguler la production, notamment à favoriser l’induction florale pour l’année prochaine », explique Philippe Jacques. En effet, en éliminant certains boutons floraux cette année, le gel s’en est chargé. Quant à l’incidence sur la production de cette année, tout va dépendre de la météo des jours à venir. En effet « 30 à 60 % des fleurs ont gelé sur mirabelliers et poiriers, mais on arrive à faire la production avec 10 % de la floraison, donc à ce jour, on n’a pas encore perdu de production ». Par contre, celle-ci risque d’être entamée si les jours qui viennent ne sont pas propices à la pollinisation et à la nouaison. « Nous sommes donc dans l’expectative de la météo. » A priori, avec du vent et des températures fraîches, le temps s’annonce peu favorable aux pollinisateurs. Mais comme les prévisions changent d’heures en heures « nous n’avons pas de visibilité », constate Philippe Jacques. La récolte pourra donc être normale, catastrophique, ou moyenne. Les petits fruits épargnés Pour les cerisiers, les conséquences du gel seront variables entre les variétés tardives ou précoces. Si la floraison était presque achevée il y aura des dégâts, sauf si les vergers ont été protégés. Si les cerisiers étaient au stade début de floraison, le constat est le même que plus haut, il faudra attendre la suite des événements. Si elle n’avait pas commencé, la récolte sera probablement normale : « Les bourgeons gelés ne fleuriront pas, mais les autres oui, et ils seront suffisants pour faire la production », indique Philippe Jacques. Les températures ne sont pas descendues suffisamment bas pour impacter les petits fruits, qui résistent à des températures allant jusqu’à - 7 °C. Par contre, les bourgeons des variétés précoces de raisin de table, qui étaient entrés en floraison, ont pu périr. Certaines premières betteraves touchées Côté grandes cultures, il est trop tôt pour déterminer si l’épisode de gel a engendré des dégâts significatifs. Pour le colza, Laurent Fritzinger, conseiller agricole à la Chambre d’agriculture Alsace, ne constate « pas de dégâts visibles, hormis quelques parcelles avec des tiges un peu courbées, qui peuvent se redresser ». Dans certains secteurs, selon le niveau de températures atteint, les premières betteraves semées, et qui avaient commencé à lever, ont pu être atteintes. « Nous n’avons pas encore de données précises. Les expertises sont en cours », indique Laurent Rudloff, responsable du secteur agro-betteravier à la sucrerie d’Erstein. Impossible de quantifier les dégâts, car certaines parcelles peuvent s’en remettre, d’autres moins. Dans le vignoble, il va falloir compter Dans le vignoble, les conseillers viticoles de Chambre d’agriculture Alsace ont observé des dégâts, mais leur gravité reste à estimer. « Ils sont liés au stade végétatif des vignes et à l’intensité du gel », résume Marie-Noëlle Lauer, conseillère viticole. Pierrick Gendron, directeur de Vitivina, rapporte aussi que certains cépages ont été touchés, notamment « des gewurztraminers et plutôt dans les bas-fonds ». Quelques asperges et fraises perdues Les cultures spéciales s’en sortent bien. Le houblon, tant qu’il n’était pas mis au fil, est intact. Seules les asperges qui affleuraient sous les bâches de protection ont gelé et ne seront pas récoltées. « La pousse va être ralentie pendant quelques jours, mais elle va redémarrer dès le retour des conditions propices. Et il n’y a pas de casse au niveau végétatif », constate Philippe Sigrist, conseiller à Planète Légumes. Le gel a par ailleurs pu faire périr quelques fleurs de fraisiers, ce qui va retarder leur précocité, mais pas significativement impacter le niveau de production, indique Lilian Boullard, conseiller à Planète Légumes. Le gel printanier peut aussi impacter les céleris-raves implantés fin mars. « Comme la carotte, cette plante bisannuelle remplit son organe de réserve la première année, et monte à graine la deuxième. Mais, confrontée à un coup de gel précoce, elle risque de monter à fleur dès la première année, et donc de devenir inrécoltable », explique le conseiller. Les dégâts de gel ne sont pas visibles avant cette montée à graine, d’où l’intérêt de protéger les céleris en les couvrant afin de prévenir ce risque. On a eu chaud… Contrairement à d’autres régions françaises, où les dégâts dans les vergers et les vignobles sont nettement plus marqués, l’Alsace s’en sort bien. Pour cette fois. Mais l’année 2017, où une gelée avait fait suite à une longue période de beau temps, mettant un terme brutal à un début de végétation luxuriant, reste dans les mémoires. Ces événements sont-ils eux aussi une conséquence du changement climatique ? Faut-il s’attendre à l’avenir à voir régulièrement des périodes de douceur printanière s’achever dans la glace ? Rien ne permet de l’affirmer avec certitude, mais ce n’est pas impossible. Dès lors, la protection des productions agricoles contre ce risque mérite d’être envisagée.

Huile de colza bio

Un art de famille

Publié le 04/04/2021

Plus connue pour son activité de négoce en grains, à Boofzheim, la famille Lienhart, se lance dans la production d’huile de colza bio « 100 % alsacienne », en première pression à froid. Une initiative dans l’air du temps, dont le succès repose sur un savoir-faire technique et collectif.

Autour d’un bon déjeuner en famille, c’est ainsi que toute cette aventure a commencé, voilà deux ans. « J’étais en école de commerce et je me spécialisais en entreprenariat-marketing, commercialisation d’un nouveau produit », se souvient Geoffrey Lienhart, dont le père dirige une société de négoce et de transformation de graines oléagineuses pour animaux, à Boofzheim. Alors que ce jeune de 23 ans devait réaliser un projet de fin d’études, telle une cerise sur le gâteau, une idée leur a traversé l’esprit : » pourquoi ne développerions-nous pas une gamme de produits végétaux ? » Cette fois, à destination des humains. « Nous avons les outils pour, les consommateurs veulent adopter des habitudes d’alimentation plus saines pour la planète, et puis, ce serait une façon d’entamer la diversification de l’entreprise », se disent-ils. Ni une, ni deux, pour sa dernière année d’études supérieures, Geoffrey se retrouve en alternance, entre l’École de management de Strasbourg et l’entreprise de son père. Objectif : réaliser une étude de marché pour lancer ce fameux « nouveau produit ». Le choix se porte vite sur l’huile de colza. Chaque année, Lienhart SAS transforme déjà plus de 13 000 tonnes de graines de soja et de colza en tourteaux, et en huile pour les animaux. Un processus au cours duquel l’entreprise a compris que d’une graine de colza, sort près de 33 % d’huile, contrairement à 14 % pour le soja. Un beau cadeau Et tant qu’à faire, autant produire une huile bio et 100 % locale. « Le marché de l’huile de colza standard était saturé, mais pour une déclinaison bio, nous avions toute notre place. Et 100 % local, car nous avons trouvé des agriculteurs du Bas-Rhin, qui se sont installés en bio, capables de nous fournir les graines », précise ce grand brun au sweat à capuches, attaché au terroir alsacien. Au début, l’entreprise offre les premières bouteilles en cadeau à ses clients. Une façon de tester le marché. Fort de retours positifs et les certifications nécessaires en poche, en octobre 2020, Geoffrey active la production de 7 000 litres d’huile, conditionnés dans des bouteilles d’un litre ou de 500 ml. Entre décembre 2020 et début mars 2021, 4 500 litres sont vendus, dans 35 points de vente en Alsace, principalement dans le Bas-Rhin. Un succès sans appel, dont Geoffrey est évidemment satisfait. « En sortant d’école, j’aurais difficilement vécu cette expérience ailleurs. C’est extrêmement gratifiant que mon père et son équipe m’aient fait confiance », confie ce jeune diplômé, presque dépassé par les événements. « Nous sommes même obligés de freiner le réassort pour tenir jusqu’à la prochaine session de production, afin que les amateurs en aient pour accompagner leurs salades des beaux jours », concède-t-il. Simple mais rigoureux Même si les techniciens de l’entreprise ont pu compter sur les installations existantes et que la fabrication de cette huile semble plutôt « simple », ils n’ont pas prévu d’en lancer une nouvelle fournée d’ici l’automne prochain. Tout d’abord, parce que la production bio requiert un nettoyage complet du circuit qui reçoit d’habitude les graines de soja et de colza conventionnelles, sans OGM. « Nous devons presser une première tonne et la déclasser pour que la machine ne contienne plus de résidus. Cette étape dure une journée », explique Pierre Pottier, directeur opérationnel. Une fois la presse prête pour transformer les graines bio, l’huile peut être conservée. « Nous avons opté pour recueillir l’huile à la première pression à froid de la graine. Avec cette méthode, le taux d’extraction est peut-être moins élevé, mais elle permet de préserver la qualité et les bienfaits du produit d’origine », complète Pierre Pottier. À raison de 800 à 900 kg de graines traitées par heure, la machine aspire chacune d’entre elles pour que ses matériaux lourds (pierres ou cailloux) tombent, puis la maintient à une température autour de 30 °C pour qu’elle arrive dans la presse à plus de 20 °C. « Aucune injection de vapeur n’intervient dans le processus, il suffit d’un simple effet de mécanique », détaille le spécialiste, pour, au final, obtenir une huile filtrée à 10 microns. Des ambitions de grands Le tout repose dans des cuves en inox de 25 000 l avant d’être transféré dans des bacs de 1 000 l qu’un à un, pour cette première tournée, Geoffrey a vidé. C’est lui, qui a tout embouteillé et étiqueté. « Nous étions en plein développement », lâche-t-il, comme s’il devait s’excuser du choix « maison » du processus de fabrication. Peut-être que les moyens évolueront pour la cuvée 2021. Une chose est sûre, l’entreprise compte accroître sa production, jusqu’à 15 000 voire 20 000 l. « Nous avons les ressources pour, assure Geoffrey. Et ce qui est bien, c’est que nous fonctionnons en circuit fermé. Nous vendons la semence à des agriculteurs qui nous livrent la graine, donc nous agissons du début à la fin. » Pour atteindre une pareille quantité, l’entreprise compte sur ses techniciens dont certains consacrent leur temps à encourager les agriculteurs à cultiver plus de colza bio. « Un de nos arguments repose sur l’augmentation des rotations de culture, nous les accompagnons dans ce sens », glisse Bruno Lienhart, responsable de la société, en entrant dans la salle de réunion de l’entreprise. En mars 2021, de nouveau réunis autour d’une table, comme ils l’étaient voilà quelques années chez eux, quand ils ont eu l’idée de lancer cette huile de colza bio, fils et père tapotent du poing. « Touchons du bois pour que la météo soit avec nous », lance le père, et que cette année leur apporte assez de graines pour continuer cette audacieuse aventure.   Nos deux bouteilles d’huile de Colza sortant de leur lieu de production ??? Un produit Bio et local ?? Publiée par Huilerie Lienhart sur Mardi 23 février 2021  

Pages

Les vidéos