Cultures

Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla)

Quinze ans de proximité récompensés

Publié le 13/04/2021

Depuis quinze ans, l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) œuvre en faveur du développement de la filière fruits et légumes régionale. L’engouement des consommateurs pour les produits de proximité vient récompenser son action.

En 2020, l’Ifla aurait dû fêter ses 15 ans d’existence avec un nouveau slogan « Plus près, plus frais, plus vrai » et un nouveau logo en forme de tampon. Une grande manifestation autour des fruits et légumes d’Alsace était programmée en septembre dans le Bas-Rhin mais elle a été annulée, en raison de la crise sanitaire, et ne verra le jour qu’en 2022. L’assemblée générale de l’association, le 25 mars à Schiltigheim, a permis à Pierre Lammert, son président, de revenir sur les mérites d’une consommation locale, gage de développement économique et de création d’emplois pour l’ensemble du territoire. « 2021 a été déclarée année internationale des fruits et légumes par les Nations Unies. Profitons-en pour repenser la manière dont nous produisons et nous consommons les fruits et légumes », a-t-il encouragé. Légumineuses : « un vrai relais de croissance » Alors que de nouveaux opérateurs frappent aux portes de l’interprofession, celle-ci poursuit ses actions de soutien à la filière des fruits et légumes d’Alsace. En 2020, elle a répondu à un appel à manifestation d’intérêt lancé par l’Agence de l’eau Rhin-Meuse en accompagnant un projet autour des légumineuses. Elle a analysé le marché et étudié l’organisation de la filière depuis la fourniture des semences jusqu’à la commercialisation des légumes secs. Près de 40 ha de légumineuses seront semés cette année, l’objectif étant d’atteindre une production de 80 t (lire notre édition du 26 mars dernier). « C’est une filière qui risque de se développer, à la fois en bio et en conventionnel », estime Pierre Lammert. Nécessitant peu d’intrants, elle contribuera à préserver l’environnement. Les légumineuses constituent en outre « un vrai relais de croissance » pour les fruits et légumes d’Alsace, estime Frédéric Agaud, directeur d’Auchan Illkirch, qui constate un réel intérêt des consommateurs pour les légumes secs. L’Ifla a également accompagné un certain nombre d’entreprises vers la certification HVE (haute valeur environnementale). L’interprofession des fruits et légumes d’Alsace ne pourrait fonctionner sans subventions. En 2020, celles-ci représentaient près de 43 % de son budget dont les trois-quarts apportés par la Région Grand Est, qui soutient l’interprofession depuis sa création. La Région apporte aussi son aide aux producteurs de fruits et légumes, via le contrat de filière. Patrick Bastian, président de la commission agricole de la collectivité, en a rappelé les principaux volets. Le prochain contrat est actuellement en cours de négociation. Ce nouveau contrat est une nécessité pour la filière fruits et légumes qui a besoin d’expérimentation et d’innovation, insiste le président de l’Ifla qui compte aussi solliciter la nouvelle Collectivité européenne d’Alsace (CEA) pour apporter sa contribution au développement des fruits et légumes d’Alsace. Les producteurs devraient également pouvoir bénéficier des fonds européens prévus dans le cadre du Feader Relance, annonce Patrick Bastian.   Les légumes secs d'Alsace font leur bout de chemin ??. Vous en pensez quoi d'une filière cultivée en Alsace? ? Publiée par Fruits et légumes d'Alsace sur Mercredi 24 mars 2021   Communication : pour sortir d’un mauvais pas Les actions de communication ont été nombreuses en 2020, même si la crise sanitaire a obligé à annuler la plupart des lancements de produits, au profit de campagnes presse, radio et sur les réseaux sociaux, a indiqué Yannick Wir. À plusieurs reprises, la mobilisation des distributeurs et des consommateurs de la région a permis aux producteurs alsaciens de sortir d’un mauvais pas. La saison des asperges, dont le démarrage a coïncidé avec le premier confinement, s’est finalement déroulée correctement, même si certaines parcelles n’ont pas pu être récoltées faute de main-d’œuvre, a confirmé Jean-Charles Jost, président de l’association pour la promotion de l’asperge d’Alsace. La récolte de chou à choucroute, freinée par le deuxième confinement, a bénéficié d’un rebond, après un appel aux consommateurs qui a permis de vider les cuves des choucroutiers et de finir la récolte. Dans un cas comme dans l’autre, c’est le travail de communication qui a permis de sauver la situation. L’interprofession a par ailleurs reconduit son concours d’étalage. Il a mobilisé cette année encore de nombreux points de vente et créé une émulation profitable à toute la filière, a rappelé Sarah Guntz, en charge de son organisation.

Asperge d’Alsace

La saison est lancée !

Publié le 12/04/2021

La campagne 2021 des asperges d’Alsace est lancée. Malgré des conditions météorologiques défavorables, ce légume tant attendu est récolté depuis quelques jours dans les champs de la région. 1 800 tonnes sont en moyenne produites annuellement.

Après une année 2020 atypique, marquée par le premier confinement, cette nouvelle récolte est tout aussi particulière au niveau sanitaire. « Nous lançons officiellement cette campagne car nous sommes prêts. Les asperges sortent de terre depuis quelques jours. Les précoces ont d’abord pu profiter de belles températures. Mais, l’embellie a été de courte durée avec cet épisode de froid. Il va falloir être patient et, comme toujours, travailler qualitativement », explique Jean-Charles Jost, président de l’association pour la promotion de l’asperge d’Alsace. Les professionnels se sont retrouvés, mercredi 7 avril, sur l’exploitation de la famille Sibler à Sigolsheim. L’asperge y occupe une quinzaine d’hectares. « Nous avons commencé à en produire il y a une trentaine d’années. Au départ, c’était un produit annexe. C’est devenu le produit phare. C’est le premier légume du printemps. Nous le produisons avec passion. Il est convivial, facile à cuisiner et très attendu par nos clients », précise Pauline Klément qui gère l’entreprise avec sa mère.       ? Les producteurs d'asperges d'Alsace recrutent ! Vous souhaitez devenir saisonnier pour la prochaine récolte des... Publiée par Fruits et légumes d'Alsace sur Vendredi 26 février 2021            

Gel du 5 au 7 avril

Des dégâts à quantifier

Publié le 07/04/2021

La chute vertigineuse des températures qui a caractérisé ce week-end pascal n’a pas été sans conséquences sur les cultures. Mais, pour cette fois, et à l’heure où nous mettons sous presse, mercredi 7 avril, les dégâts s’annoncent modérés en Alsace.

Une gelée au mois d’avril, cela n’a rien d’anormal. Ce qui l’est davantage, ce sont les journées où le mercure a avoisiné les 30 °C qui l’ont précédée. En effet, boostée par ces conditions, la végétation avait bien repris, et certains arbres fruitiers étaient en passe d’achever leur floraison. La chute vertigineuse des températures pouvait donc agir comme un couperet. Mercredi 7 avril, après avoir sillonné les bassins de production, Philippe Jacques, conseillé arboricole à la Chambre d’agriculture Alsace, est mesuré dans ses observations : « L’intensité des dégâts est très corrélée à la chute ou à l’absence de précipitations le lundi soir. Les dégâts sont plus importants là où il a plu, par exemple à Westhoffen, que là où il n’a pas plu, comme à Traenheim ou à Balbronn. » Autre facteur déterminant, le stade atteint par les arbres fruitiers. Pour les pêchers et les abricotiers, qui étaient en fin de floraison, cet épisode de gel aura des conséquences, « à ce stade, ça ne pardonne pas », constate Philippe Jacques. À moins que les arboriculteurs aient mis en place des protections dans leurs vergers. C’est le cas de Daniel Dettling, arboriculteur à Westhoffen, qui a disposé des bougies de paraffine dans 1 ha de vergers de pêchers et d’abricotiers car ce sont à la fois les arbres les plus menacés par cet épisode, et des fruits dont la bonne valeur marchande justifie un investissement dans la protection. Avec 200 à 300 bougies par hectare, à raison de 10 € par bougie, le coût de l’opération n’est pas négligeable. Mais, en faisant gagner 3 à 4 °C, la récolte peut être sauvée. Daniel Dettling a allumé ses bougies dans la nuit de lundi à mardi, « dans la nuit de mardi à mercredi il n’y a pas eu besoin, mais je les laisse en place pour être prêt à intervenir si nécessaire », poursuit-il. La production arboricole suspendue à la météo d’après gel Les mirabelliers, les quetschiers étaient en début de floraison lorsque le froid est descendu du nord. Et ça change tout. À ce stade, le gel a même un effet positif, celui de faire le travail des arboriculteurs : « Nous sommes en train de revoir notre programme d’interventions qui visent à réguler la production, notamment à favoriser l’induction florale pour l’année prochaine », explique Philippe Jacques. En effet, en éliminant certains boutons floraux cette année, le gel s’en est chargé. Quant à l’incidence sur la production de cette année, tout va dépendre de la météo des jours à venir. En effet « 30 à 60 % des fleurs ont gelé sur mirabelliers et poiriers, mais on arrive à faire la production avec 10 % de la floraison, donc à ce jour, on n’a pas encore perdu de production ». Par contre, celle-ci risque d’être entamée si les jours qui viennent ne sont pas propices à la pollinisation et à la nouaison. « Nous sommes donc dans l’expectative de la météo. » A priori, avec du vent et des températures fraîches, le temps s’annonce peu favorable aux pollinisateurs. Mais comme les prévisions changent d’heures en heures « nous n’avons pas de visibilité », constate Philippe Jacques. La récolte pourra donc être normale, catastrophique, ou moyenne. Les petits fruits épargnés Pour les cerisiers, les conséquences du gel seront variables entre les variétés tardives ou précoces. Si la floraison était presque achevée il y aura des dégâts, sauf si les vergers ont été protégés. Si les cerisiers étaient au stade début de floraison, le constat est le même que plus haut, il faudra attendre la suite des événements. Si elle n’avait pas commencé, la récolte sera probablement normale : « Les bourgeons gelés ne fleuriront pas, mais les autres oui, et ils seront suffisants pour faire la production », indique Philippe Jacques. Les températures ne sont pas descendues suffisamment bas pour impacter les petits fruits, qui résistent à des températures allant jusqu’à - 7 °C. Par contre, les bourgeons des variétés précoces de raisin de table, qui étaient entrés en floraison, ont pu périr. Certaines premières betteraves touchées Côté grandes cultures, il est trop tôt pour déterminer si l’épisode de gel a engendré des dégâts significatifs. Pour le colza, Laurent Fritzinger, conseiller agricole à la Chambre d’agriculture Alsace, ne constate « pas de dégâts visibles, hormis quelques parcelles avec des tiges un peu courbées, qui peuvent se redresser ». Dans certains secteurs, selon le niveau de températures atteint, les premières betteraves semées, et qui avaient commencé à lever, ont pu être atteintes. « Nous n’avons pas encore de données précises. Les expertises sont en cours », indique Laurent Rudloff, responsable du secteur agro-betteravier à la sucrerie d’Erstein. Impossible de quantifier les dégâts, car certaines parcelles peuvent s’en remettre, d’autres moins. Dans le vignoble, il va falloir compter Dans le vignoble, les conseillers viticoles de Chambre d’agriculture Alsace ont observé des dégâts, mais leur gravité reste à estimer. « Ils sont liés au stade végétatif des vignes et à l’intensité du gel », résume Marie-Noëlle Lauer, conseillère viticole. Pierrick Gendron, directeur de Vitivina, rapporte aussi que certains cépages ont été touchés, notamment « des gewurztraminers et plutôt dans les bas-fonds ». Quelques asperges et fraises perdues Les cultures spéciales s’en sortent bien. Le houblon, tant qu’il n’était pas mis au fil, est intact. Seules les asperges qui affleuraient sous les bâches de protection ont gelé et ne seront pas récoltées. « La pousse va être ralentie pendant quelques jours, mais elle va redémarrer dès le retour des conditions propices. Et il n’y a pas de casse au niveau végétatif », constate Philippe Sigrist, conseiller à Planète Légumes. Le gel a par ailleurs pu faire périr quelques fleurs de fraisiers, ce qui va retarder leur précocité, mais pas significativement impacter le niveau de production, indique Lilian Boullard, conseiller à Planète Légumes. Le gel printanier peut aussi impacter les céleris-raves implantés fin mars. « Comme la carotte, cette plante bisannuelle remplit son organe de réserve la première année, et monte à graine la deuxième. Mais, confrontée à un coup de gel précoce, elle risque de monter à fleur dès la première année, et donc de devenir inrécoltable », explique le conseiller. Les dégâts de gel ne sont pas visibles avant cette montée à graine, d’où l’intérêt de protéger les céleris en les couvrant afin de prévenir ce risque. On a eu chaud… Contrairement à d’autres régions françaises, où les dégâts dans les vergers et les vignobles sont nettement plus marqués, l’Alsace s’en sort bien. Pour cette fois. Mais l’année 2017, où une gelée avait fait suite à une longue période de beau temps, mettant un terme brutal à un début de végétation luxuriant, reste dans les mémoires. Ces événements sont-ils eux aussi une conséquence du changement climatique ? Faut-il s’attendre à l’avenir à voir régulièrement des périodes de douceur printanière s’achever dans la glace ? Rien ne permet de l’affirmer avec certitude, mais ce n’est pas impossible. Dès lors, la protection des productions agricoles contre ce risque mérite d’être envisagée.

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