Ferme Vierling à Schnersheim
Un amour d’échalote… et pas que !
Ferme Vierling à Schnersheim
Publié le 20/06/2021
« Il vaut mieux se perdre dans sa passion que de perdre sa passion », dit d’emblée Jean-François Vierling. L’agriculteur de Schnersheim a fait sienne cette citation de Saint Augustin. « L’échalote, c’est ma grande passion », ajoute-t-il, émerveillé par sa beauté. Son épouse Régine la vend en direct à la ferme. Grossistes et GMS s’arrachent le reste.
« C’est beau l’échalote ! Je suis amoureux de cette culture. Je viens tous les jours voir comment elles poussent », dit Jean-François Vierling, alors qu’il embrasse, d’un regard, ses lignes d’innombrables fines pointes vertes dressées vers le ciel. L’agriculteur de 62 ans est un romantique. Il embraye d’ailleurs, sans transition, sur sa rencontre avec Régine, son épouse, 54 ans, « à Strasbourg, sur la place Kléber, lors d’une Opération sourire, avec les JA, un autre soleil m’a ébloui ». Fils et fille d’agriculteurs, elle d’Ichtratzheim, lui de Schnersheim, ils travaillent ensemble depuis 1990. La retraite n’empêche pas Jean-François d’être salarié et très actif. « C’est une grande force dans l’agriculture de travailler ensemble », constate l’homme qui a pris exemple sur ses parents. Céréalier, il s’est diversifié, grâce à l’échalote et à l’ail dans les années 1980. En 2000, le magasin de vente à la ferme est créé, suite à la demande des consommateurs. Régine commence à vendre leurs productions, puis élargit l’offre en produits locaux. Les Vierling sont parmi les premiers Alsaciens à ouvrir leur magasin à la ferme. Tout y est soigné, décoré avec goût. La Sapam leur livre les fruits et légumes de France qu’ils ne cultivent pas eux-mêmes et qu’on ne trouve pas dans la région. Mais au fur et à mesure de l’agrandissement du potager des Vierling, l’offre locale devient plus abondante. En août, on pourra acheter leurs melons et pastèques, par exemple. « Un délice », certifie Régine. Le maraîchage, le commerce de proximité et les ressources humaines, c’est elle. À Jean-François, les cultures. Liberté chérie « Quand je suis dans mes champs, je suis libre. Je suis dans la nature. J’ai une vue imprenable. Je vois seize villages alentour, la cathédrale de Strasbourg, le lever du soleil. Je peux me coucher à n’importe quelle heure, la nuit, je me lève avec plaisir à 5 h 30, pour biner les allées des échalotes », confie Jean-François. Elles ne sont plus désherbées chimiquement depuis de nombreuses années, puisque Jean-François utilise le paillage plastique. Les avantages de ce paillage ? L’eau s’écoule le long des échalotes, les bulbes restent au sec mais la terre garde l’humidité. Jean-François se passe donc aussi d’irrigation. Et aucun besoin d’insecticide : « À 45 °C, sous le plastique, les mouches ne restent pas », s’exclame l’agriculteur. Sur les légumes, Jean-François a baissé l’IFT (indice de fréquence de traitement) de 85 %, assure-t-il, grâce au paillage plastique et à l’observation. Dans les blés, il n’utilise plus de désherbant non plus, grâce à une herse étrille achetée en commun avec plusieurs agriculteurs. « Quand une plante pousse de manière homogène, elle donne le meilleur d’elle-même », pointe-t-il. Le retraité salarié parle, par exemple, de ses betteraves. En 2020, il les a semées mi-mars, elles ont levé avec l’humidité du sol. Elles étaient fortes et n’ont donc ni subi les pucerons, ni la jaunisse qu’ils engendrent. « Il faut toujours être précurseur : anticiper, c’est l’arme fatale », conclut Jean-François Vierling, qui n’attend pas que la réglementation impose quoi que ce soit pour réduire les intrants. Ses trois filles, Marie, Cécile et Julie, qui ont entre 24 et 30 ans, encouragent leurs parents dans cette voie. Pour l’heure, les époux Vierling réfléchissent à ensacher les échalotes, aulx, oignons, dans de nouveaux filets et emballages bio et photodégradables, comme la loi l’exigera d’ici peu. Quant aux choix de l’échalote et de l’ail, Jean-François déclare encore : « Il y avait un créneau à prendre. La grande distribution a accueilli les produits à bras ouverts. Nous étions seuls, six à sept ans durant ».












