L’îlot de la Meinau, maraîcher à Strasbourg
Sur tous les terrains
L’îlot de la Meinau, maraîcher à Strasbourg
Publié le 05/08/2021
La ferme urbaine L’îlot de la Meinau, à Strasbourg, et son commerce évoluent au gré des rencontres. Claire et Geoffrey Andna vivent essentiellement grâce à leur magasin de vente directe, mais essaient toujours de se démarquer pour gagner en visibilité : livraisons à domicile, en vélo-cargo, partenariat avec des blogueuses, apparitions médiatiques, clients populaires ou célèbres…
« Il faut toujours penser aux fondamentaux : un magasin bien achalandé, de la marchandise fraîche », cadre d’emblée Geoffrey Andna, maraîcher, chef d’exploitation de L’îlot de la Meinau. Claire, sa compagne, est sur la même longueur d’onde. « Le plus important, c’est le magasin », abonde-t-elle, qui est situé, comme les cultures, dans la zone industrielle de la Plaine des Bouchers, à Strasbourg. La vente directe aux particuliers des fruits et légumes de la ferme, et d’autres produits de confrères, c’est leur fonds de commerce. Et c’est aussi ce qu’ils préfèrent : « Accueillir les gens à la ferme », résume Geoffrey. Plus de cent personnes en moyenne passent chaque jour à L’îlot. Après sept ans de travail acharné, ça paie. Le couple commence à pouvoir se dégager des jours de repos… aussi parce qu’il est entouré d’une belle équipe de salariés. Un nouveau « v’îlot » Les innovations des derniers mois sont d’ailleurs, pour certaines, directement inspirées de recrutements heureux. Ainsi lors du premier confinement en 2020, les commandes en ligne ont explosé. Samuel, la vingtaine, a été embauché pour les préparer. Ancien facteur à vélo, il n’a pas son permis de conduire. Mais il se débrouille bien. Tous ont envie de pérenniser son poste. Livrer à domicile, en voiture dans Strasbourg, peut s’avérer une vraie galère. Il faut tout de même répondre à cette demande grandissante. L’îlot de la Meinau est déjà engagé dans une démarche de réduction des intrants et des émissions polluantes. Pour approvisionner les professionnels et les entreprises qui proposent des paniers à leurs employés, pour les grosses quantités, la camionnette est de rigueur. Mais, au centre-ville, pour livrer les particuliers, rien de tel qu’un petit gabarit. Germe l’idée de l’acquisition d’un vélo-cargo. Une campagne de financement participatif, via Blue Bees, permet l’achat du « v’îlot » et sensibilise au projet. En septembre 2020, Samuel est lancé. Depuis, il transporte chaque jour jusqu’à 200 kg de produits, à une dizaine de locavores. Bouche-à-oreille et médias locaux Claire soigne la communication. Avec deux stagiaires, cette année, elle a contacté des blogueuses culinaires du cru. Échanges de bons procédés avec Miss Elka, par exemple : la ferme urbaine lui donne des légumes, elle présente L’îlot de la Meinau sur son blog. À partir de septembre, un grand nom du blogging strasbourgeois devrait créer des recettes avec les produits de Geoffrey. Affaire à suivre. Lui, chouchoute les médias locaux. Le maraîcher répond toujours présent aux sollicitations de Pierre Nuss, par exemple, pour « Rhin un Nüss » sur France bleu Elsass. Il est approché pour un « Frach oda frech » sur France 3 Alsace, en avril 2021. Le bouche-à-oreille fonctionne tant et si bien qu’une trentaine, voire une quarantaine, de restaurateurs se fournissent auprès de la ferme strasbourgeoise. Parmi eux, le gastronomique L’écrin des saveurs a été le premier à les suivre. Le populaire Papa Lisa, à la Meinau, les étoilés Le Crocodile et Umami, à Strasbourg-centre, ou encore La Hache et le Paulus ou le bowling de l’Orangerie, qui a à cœur de mettre ses producteurs à la carte, augmentent encore la notoriété de L’îlot, la ferme de légumes le plus citadine d’Alsace. « On ne prospecte plus », déclare Claire. Mais ils communiquent.












