Cultures

Ferme de la Plaine à Lobsann

Le rêve de l’autosuffisance

Publié le 25/11/2020

Il fait partie de ces Jean discrets qu’on voit une fois mais qu’on n’oublie pas. Jean Walter a 28 ans et autant de cordes à son arc. Après avoir grandi sur la ferme familiale, à Lobsann, en Alsace du Nord, il s’est lancé dans un projet d’exploitation original : pension de chevaux et valorisation de ses céréales en circuit court.

En ce début d’après-midi, une vraie purée de pois recouvre les hauteurs du petit village de Lobsann. Elle ferait presque manquer le chemin qui mène à la ferme de la Plaine, au sortir de la forêt. Il y en a une que ce temps ne semble pas perturber. Pamela tape ses sabots contre le sol. « Ah, tu as entendu les grains, toi », lance Jean Walter à la jument, tout en se frayant un chemin dans la brume, un seau à la main. Pour les présentations, un petit appât ne fait pas de mal mais d’habitude, dans l’écurie en plein air, « s’ils ont envie de quelque chose, les chevaux se déplacent, afin qu’ils restent le plus possible en mouvement », glisse le gardien des lieux, en refermant son blouson noir. Malgré le froid qui s’impose à son tour, la voix de Jean reste douce, à l’image de sa personne. Ce jeune de 28 ans s’est lancé dans la pension de chevaux en 2017. La première année, il n’a proposé que l’option pâturage, sur une bonne moitié des 40 ha qu’il exploite, le temps d’obtenir le permis pour aménager sa ferme. Pour la suite, outre une subvention de la Région Grand Est pour la revalorisation pastorale, il a dû compter sur sa détermination. « Je suis allé à la Chambre d’agriculture pour présenter mon projet. La dame que j’ai rencontrée m’a dit qu’on ne s’installait plus, qu’il n’y avait plus d’avenir dans ce milieu », se souvient-il. Mais ce discours ne l’a pas découragé. « Même les banques avaient un peu peur », raconte Jean, qui a toutefois réussi à obtenir un premier « petit prêt » du Crédit Mutuel pour lancer les travaux de terrassement de l’écurie couverte, au printemps 2018, et construire les deux premiers boxes. De mois en mois, les neuf boxes actuels ont pris forme, grâce aussi au démarrage de son activité et à l’huile de coude de ses proches.   Nous recherchons pour compléter la colonie de vacance hivernale ,un a 2 poulains /jeune cheval ( entre 6mois et 2 ans )à... Publiée par Ferme de la Plaine sur Mardi 17 novembre 2020   Construit de A à Z « Nous avons tout bâti avec mon frère et le père de ma compagne. Cela nous a demandé énormément de travail », précise Jean, qui a dû refouler ses douleurs physiques pendant l’ouvrage. Car, en février 2018, alors qu’il était encore employé chez un concessionnaire de machines agricoles, il a fait une chute de trois mètres et s’est retrouvé avec une vertèbre artificielle. Mais, là encore, sa volonté lui a donné des ailes. D’autant plus qu’après avoir visité plusieurs centres équestres, ce garçon avait plein d’idées en tête pour son bâtiment. « Je voulais que les portes des boxes puissent coulisser indépendamment les unes des autres et ça, ça n’existait pas dans les catalogues. Avec mon système, au moment de nourrir les chevaux, je peux ouvrir toutes les portes en même temps et passer d’un box à l’autre, pendant que les chevaux sont dans le paddock », décrit l’ingénieux, ravi de gagner ainsi un peu de temps. Grâce à sa persévérance, Jean accueille désormais une vingtaine de chevaux dans des locaux qui respirent la propreté. « Je ne regrette pas d’avoir fait le choix de l’autonomie. De toute façon, la filière cheval a une mauvaise image auprès de la profession », constate-t-il. Même ses parents, d’anciens éleveurs de chiens et de chevaux, et exploitants céréaliers sur la commune, ne l’ont pas encouragé à suivre leur voie. « Ils ont connu des périodes financières difficiles, que j’ai aussi ressenties, surtout avec les chevaux. Une année, ils pouvaient en vendre un, la suivante aucun », se souvient Jean. Pour autant, il ne se voyait pas faire autre chose. « Quand j’étais petit, je séchais le catéchisme pour aller sur la ferme », confie ce blondinet dont l’air enfantin transperce encore le bleu des yeux. Des rendements magiques Contrairement à ses parents, il s’est installé en dehors du village, et il a adapté le cœur de son activité. « Je ne voulais pas me lancer dans l’élevage mais dans la pension, pour savoir ce qui rentre chaque mois, mais finalement, même cela est fluctuant, contrairement à ce que les gens pensent, car les propriétaires peuvent retirer leur cheval avec un préavis d’un mois », observe-t-il. Pour l’instant, Jean n’est pas déçu. « Ce qui me plaît, c’est le contact avec les chevaux. En plus, je suis en pleine nature, entouré d’un beau paysage. J’aurais peut-être la même sensation avec des vaches, mais là, je n’ai pas la même astreinte, une fois que j’ai nourri les chevaux, je n’ai plus rien à faire », lance-t-il, comme s’il oubliait un instant tout ce qu’il a déjà entrepris et compte entreprendre. Car Jean a une vision précise de l’activité qu’il veut développer. Sur les 20 ha qu’il ne réserve pas au pâturage, il cultive des céréales : blé, orge, maïs et luzerne principalement, en raisonné. « Et finalement, je m’en sors bien puisque l’année dernière, sans pouvoir irriguer, j’ai obtenu 100 q/ha de maïs et 90 q/ha de blé. Peut-être est-ce un rendement un peu moindre que chez d’autres agriculteurs, mais je dépense moins en intrants. » Tout comme il s’est émancipé de l’activité familiale, Jean trace son propre sillon et entend valoriser ses cultures en circuit court, en les proposant en premier lieu aux chevaux qu’il garde en pension. « Au moins, nous savons ce que nous produisons et c’est mieux que des céréales achetées auxquelles du sucre est ajouté », analyse l’exploitant.   Quelques nouvelles des cultures 2021, les blés et orge sont bien implantés, et les prairies temporaires également ??? Publiée par Ferme de la Plaine sur Dimanche 8 novembre 2020   Un laboratoire de mélanges Ainsi, dans un coin de son écurie couverte, il a aménagé plusieurs bacs en bois pressé dans lesquels il prépare des mélanges. « Avec ma compagne qui m’aide le soir après sa journée de travail, nous avons même concocté un mélange sans céréale, avec des pommes et des carottes déshydratées que je cultive. Nous y avons ajouté de la graine de lin extrudé, des bouchons de luzerne et de l’huile de colza que je suis pour l’instant obligé d’acheter mais que j’espère bientôt faire moi-même », liste cet alchimiste. Pour Jean, il y a un avenir dans la filière. Encore faut-il savoir innover tout en flairant l’air du temps. « Je vois que beaucoup de ma génération ont suivi le schéma classique de leurs parents, mais ça ne fonctionne plus trop », pense cet agriculteur qui a même trouvé un moyen écologique pour conditionner ses céréales, avec des tonnelets bleus, consignés. « Bien sûr, tout cela impose plus de contraintes que d’aller déposer ses céréales à la coopérative. J’ai dû notamment acheter des balances homologuées et je dois faire analyser chaque lot », précise Jean, dont les efforts commencent à payer. Aujourd’hui, il vend entre 1 000 et 1 500 kg de céréales par mois, directement à la ferme et dans deux magasins, à Oberkutzenhausen et à Brumath. Depuis le premier confinement, son public s’est même élargi. « Des pêcheurs viennent en chercher pour appâter les poissons. Je reçois aussi des éleveurs de lapins, de chèvres ou de moutons, je compte même un client avec un kangourou », note Jean, en souriant. Pour enfin tirer un salaire de son activité, l’exploitant espère bientôt vendre jusqu’à 3 t par mois de céréales. Pour cela, il compte automatiser la transformation des céréales et obtenir une certification qualité. En attendant, Jean doit répondre à une demande plus urgente. Il a reçu un appel, un des deux magasins qui propose ses céréales est en rupture de stock, alors, en route. Juste le temps de saluer Camille, sa compagne, qui arrive avec une gamelle remplie de pommes déshydratées. Facile de deviner où elle se rend. Elle regarde si Jean l’entend et se lance, les yeux plissés de malice. « Moi, je suis épatée. Malgré les moments difficiles qu’il a traversés, ce qu’il a accompli est incroyable. Je sais que l’agriculture est un mode de vie. Soit on aime ça et on se bat, soit on n’y pense pas », avoue cette jeune chargée de recrutement, qui partage la passion de Jean pour les chevaux. Elle espère que l’activité de son compagnon va encore se développer, elle souhaite en tout cas y participer.   ??Communiqué ?? Suite aux nouvelles mesures gouvernementales, nous vous annonçons que le retrait de vos commandes... Publiée par Ferme de la Plaine sur Jeudi 29 octobre 2020   N'hésitez pas à vous rendre chez notre partenaire afin de retrouver nos produits ???? Publiée par Ferme de la Plaine sur Mardi 13 octobre 2020    

Publié le 23/11/2020

Depuis 5 ans, dans le cadre d’un partenariat entre le Syndicat des eaux et de l’assainissement (SDEA) Alsace-Moselle et la Chambre d'agriculture Alsace (CAA), une nouvelle culture est testée en Alsace : la silphie. Elle bénéficie de nombreuses allégations agronomiques, environnementales, mais en pratique, son intérêt reste limité à une valorisation en méthanisation.

Comme le chanvre en son temps, la silphie est la nouvelle culture dans le vent. Elle affiche des atouts qui font rêver : elle n’exige a priori aucun traitement phytosanitaire et une fertilisation raisonnable, tout juste un peu de NPK au démarrage pour assurer son développement. Elle se prête au désherbage mécanique. Elle reste en place de 15 à 20 ans, soit autant de temps où le sol est couvert, très peu travaillé, donc avec un risque d’érosion limité. Son système racinaire profond va dans le même sens, tout en lui conférant une certaine tolérance au stress hydrique, un atout en passe de devenir une exigence à l’avenir. En outre, la silphie est une plante mellifère, dont la floraison abondante et étalée peut constituer une ressource nutritive intéressante pour quelques ruches. Pour les agriculteurs aussi, la silphie n’est pas dénuée d’intérêts. Certes les semences sont chères, donc le coût d’implantation est élevé, mais une fois la culture en place, les interventions se réduisent au strict minimum. Tout au plus quelques tours d’eau et la récolte : c’est à peu près tout. Une valeur nutritive peu intéressante Cultiver de la silphie apparaît donc bien séduisant. Mais pour quoi faire ? C’est là que le bât blesse. La silphie ne se mange pas et, à l’heure actuelle, ne trouve aucun débouché industriel. « Actuellement, le seul débouché sérieux, c’est la méthanisation », pose Marielle Stimpfling, conseillère à la Chambre d’agriculture Alsace. La silphie pourrait aussi être utilisée pour alimenter le bétail, mais « la bibliographie et les premières investigations tendent à démontrer qu’elle a la valeur alimentaire d’une paille », poursuit la conseillère. Remplir la panse d’une vache allaitante, passe encore, mais apporter l’énergie nécessaire à la production d’une laitière avec de la silphie apparaît donc peu crédible. D’autant que, contrairement aux insectes pollinisateurs, le bétail semble peu attiré par la silphie. En cause : l’odeur peu appétante qui émane de ses fleurs. Dès cette année, la CAA va procéder à des analyses de fourrage sur de la silphie fraîche et de la silphie ensilée afin d’affiner les connaissances sur les valeurs nutritionnelles de la plante. Des essais de valorisation en méthanisation C’est donc bien sur sa possible valorisation en méthanisation que misent le Syndicat des eaux et de l’assainissement (SDEA) Alsace-Moselle et la CAA dans le cadre de leur partenariat. Pour l’heure, des agriculteurs ont été indemnisés pour tester la culture sur quelques hectares en zones de captage dans les secteurs d’Epfig, Muttersholtz, Hilsenheim, Zellwiller ; et plus au sud, des agriculteurs du Sundgau par une étude menée par la communauté de communes Sud Alsace Largue. Dans le secteur Centre Alsace, la silphie produite servirait à alimenter le méthaniseur de la future station d’épuration des eaux usées du SDEA de Benfeld à Ergersheim. Dans le cadre de ce projet, « les producteurs de silphie seraient des fournisseurs de matière première pour le méthaniseur, rémunérés pour cela. Et une partie des travaux pourrait être prise en charge par le SDEA via des prestataires de services », détaille Marielle Stimpfling. Il permettrait ainsi de répondre aux enjeux de la préservation de la qualité de l’eau sur les zones de captage. Au-delà du manque de débouchés, qui ne rend la silphie économiquement intéressante qu’adossée à un projet de méthanisation, d’autres paramètres freinent son développement. La première année, la silphie ne produit rien, ou très peu. Pour lever ce frein, des essais ont visé à la semer en même temps que du maïs ensilage, afin de récolter celui-ci le temps que la silphie se développe. En 2019, Gérard Lorber, agriculteur à Scherwiller (lire aussi en encadré) a ainsi semé du maïs à 60 000 grains/ha avec un écartement de 75 cm, afin de pouvoir semer de la silphie entre les rangs, et éventuellement de pouvoir la biner par la suite, en prenant soin de choisir des variétés de maïs résistantes à certains herbicides. Mais, en raison du manque d’eau, la silphie a très peu poussé entre les rangs de maïs. Deux hectares de cet essai qui en comprenait trois ont donc été retournés après le maïs.   Le #SDEA mène de longue date une politique de préservation de la qualité des eaux souterraines ?et a entrepris de produire depuis plusieurs années des cultures à bas niveau d’impact comme de la silphie ou d’autres plantes mellifères. pic.twitter.com/Nl91C6R7pT — SDEA Alsace-Moselle (@SDEAAlsaceMose) May 20, 2020   Des freins réglementaires En outre, malgré ses nombreux atouts environnementaux, les surfaces implantées en silphie ne sont pas considérées comme des Surfaces d’intérêt écologique (SIE), contrairement à l’Allemagne. Or les agriculteurs doivent avoir 5 % de SIE dans leur assolement. Donc, si la silphie ne rentre pas dans ce cadre, ils doivent trouver d’autres SIE. Implanter de la silphie, qui est une culture pérenne, les prive de surfaces sur lesquelles ils pourraient cultiver des intercultures, par exemple, qui, elles, rentrent dans le cadre des SIE. La silphie est considérée comme une culture énergétique ou culture « dédiée ». La réglementation française sur la méthanisation limite les cultures dédiées à 15 % du volume en entrée. Ceci permet de limiter la concurrence avec les cultures alimentaires. Par ailleurs, le potentiel méthanogène de la silphie par ha est 10 à 15 % moins élevé que le maïs ensilage. La silphie n’est donc pas une panacée mais peut tout de même trouver sa place dans le paysage agricole alsacien, notamment pour implanter des cultures à bas intrants dans les zones à enjeux environnementaux avec une valoration possible en méthanisation, où des financements venus de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse pourraient être débloqués à cette fin. Gérard Lorber résume : « Adossée à un méthaniseur, avec un contrat qui garantit sa valorisation, la silphie a un intérêt. Mais sinon, il ne faut pas vendre du rêve aux agriculteurs, tant qu’elle ne sera pas reconnue comme une SIE, ils n’ont pas d’intérêt à introduire cette culture dans leur assolement. »    

Publié le 01/11/2020

De petits calibres, une précocité qui décale la récolte et aussi la commercialisation : les cucurbitacées ont souffert de la sécheresse, cette année qui a été qualifiée, en plus, de « végétative ». Planète Légumes est formelle : il n’y en aura pas tout l’hiver dans les rayons.

Potimarrons, butternuts, musquées de Provence : telles sont les variétés stars des champs alsaciens. Les coloquintes et les potirons décoratifs pour Halloween sont produits à la marge. « Les gens préfèrent acheter du comestible qu’ils peuvent aussi tailler ensuite », pointe Anthony Carbiener, de l’EARL du même nom, à Printzheim (67), dont la production de courges représente deux tiers du chiffre d’affaires. Anthony a planté 23 ha de cucurbitacées, cette année : 13 de butternuts, 7 de potimarrons et 3 de musquées de Provence. Il a tout irrigué, pour pallier la sécheresse, mais rien n’y a fait. « On accuse entre 30 et 40 % de rendement en moins par rapport à une année normale », s’exclame-t-il. Les plants étaient beaux, pourtant. « Les techniciens de Prosem et Planète Légumes disent que 2020 est une année végétative, et pas productrice », rapporte-t-il. Anthony connaît des agriculteurs ailleurs en France : tous font le même constat que lui. Les calibres sont petits : « un tiers plus petits que les années passées », précise Anthony. Il a récolté, depuis mi-août et jusqu’à présent, entre 15 et 18 t de butternuts (contre 25 à 35 t pour une année normale), 12 t de potimarrons (contre 20 t espérées), 25 à 30 t de musquées de Provence (au lieu des 50 t attendues) mais « les musquées ont subi la grêle fin juin », nuance-t-il. À la fin de la semaine prochaine, il aura tout ramassé. Une vingtaine de palettes de coloquintes complète le tableau. Des petits calibres Denis Schaeffer, de Duntzenheim (67), a écoulé 18 tonnes de cucurbitacées du 13 août au 26 octobre. Il en a planté sur 6 ha : 4,5 ha de potimarrons, 0,8 ha de butternuts, quelques musquées de Provence, des potirons d’Halloween et des coloquintes se partagent les 0,7 ha restants. « Le nombre de pièces par hectare est là mais pas le calibre », constate-t-il, au global. En potimarrons, il assure récolter moitié moins que la normale. Pourtant, il a irrigué 25 % de sa surface de courges. « Ce n’est pas une bonne année », résume-t-il, alors que la Ferme Schaeffer, une EARL, compte sur les cucurbitacées pour garantir près de 30 % de son chiffre d’affaires.       Notre boxe est en place ! Les courges d'halloween, ainsi que les décoratives, sont dès à présent en vente dans le distributeur. À bientôt ! Publiée par Ferme Schaeffer sur Jeudi 15 octobre 2020     Alexis Hassendorfer produit des courges sur 2 ha irrigués, à Réguisheim (68), depuis près de trois ans. La culture a été lancée peu avant son installation sur la ferme, une EARL. « C’est un atelier complémentaire pour nous. Les courges représentent 10 % de notre chiffre d’affaires », pointe Alexis. Il plante un tiers de potimarrons, un tiers de butternuts et un tiers de musquées de Provence. Pour diversifier, il a aussi quelques potimarrons verts, des pâtissons, des courges spaghettis, des courges bleues, des coloquintes et des citrouilles pour Halloween. « C’est une année moyenne, estime-t-il. Les potimarrons font entre 700 g et 1,2 kg contre 1,5 kg, en temps normal. Ils ont souffert du sec. Les butternuts aussi. Mais 2020 est meilleure pour moi que 2019 car j’étais dans le couloir de grêle, l’an passé. » En moyenne, Alexis table sur un rendement de 18 t/ha, tout de même, cette année : « les autres variétés compensent ». De meilleurs prix en local La Ferme Hassendorfer mise sur le tout local : sa main-d’œuvre est du coin, elle vend en direct et à des GMS du secteur, avec qui elle a contractualisé. « Je vends les courges au cours du jour, ça change tout le temps. Le prix moyen s’établirait à 1 €/kg », confie Alexis, qui n’a pas le stress de la concurrence nationale.       ???Jeu concours ??? Tentez de gagner un panier d’assortiment de nos différentes courges d’une valeur de 20€. Pour cela... Publiée par Ferme Hassenforder - producteur de courges sur Mardi 20 octobre 2020     Même logique à la Ferme Schaeffer, qui a installé un distributeur de fruits et légumes. « Les courges, c’est 2 €/kg, en vente directe. Et, entre 0,8 et 1,2 €/kg, aux Jardins du Ried. Celles qui ont un calibre assez gros vont partir vite car il y en a peu sur le marché. D’ici mi-novembre, tout sera vendu ! », relève Denis. Sa remarque fait écho à celle d’une technicienne de Planète Légumes. D’habitude, les cucurbitacées trônent sur les rayons jusqu’en février. Mais la culture est de plus en plus précoce. « Quand les consommateurs voudront en manger, cet hiver, il n’y en aura plus », lâche Johanna Bodendörfer. Denis Schaeffer est le principal coopérateur à commercialiser ses courges via Les Jardins du Ried, à Hoerdt, qui revend ensuite à des centrales d’achat et des grossistes. « C’est un peu mieux valorisé cette année », croit-il. Anthony Carbiener vend principalement ses courges au marché gare, à Strasbourg, et à des centrales d’achat. Il ne souhaite pas s’étendre sur les prix mais il certifie qu’ils sont plus bas de 5 à 10 %, cette année. « Il y en a moins dans les champs mais il y a plus de surfaces en production, en France. La Bretagne s’y est mise », dit-il. Au bâtiment et au Petit marché à la ferme d’Ohlungen, partent aussi quelques-uns de ses spécimens.

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