EARL Lechner-Houdé à Minversheim
Passage de témoin dans une année pas ordinaire
EARL Lechner-Houdé à Minversheim
Publié le 12/09/2020
Olivier Houdé s’est installé en agriculture en janvier dernier, à l’âge de 40 ans. Il a repris l’exploitation houblonnière de son beau-père, Joseph Lechner. Actuellement, il rentre ses premiers houblons sous l’œil attentif de celui-ci.
Technicien informatique de métier, Olivier Houdé s’est installé en agriculture le 1er janvier dernier. Il a repris l’exploitation de son beau-père, Joseph Lechner et y a ajouté la dizaine d’hectares de son père. Une installation tardive - il a 40 ans - mais motivée par le désir qui ne l’a jamais quitté de devenir un jour agriculteur et par la volonté de poursuivre l’œuvre de son beau-père. Une installation progressive aussi, puisqu’Olivier Houdé reste pour le moment salarié chez son employeur, l’entreprise Schaeffler à Haguenau. Une installation bien préparée, enfin, puisque le nouveau houblonnier, qui participait déjà à divers travaux sur l’exploitation, a passé un brevet de responsable d’exploitation agricole (BPREA) par le biais de la validation des acquis de l’expérience et suivi des cours de comptabilité-gestion à distance pour se mettre à niveau dans ce domaine. Un tiers déjà récolté En ce moment, Olivier Houdé est occupé à la récolte du houblon. Celle-ci a commencé la semaine dernière avec les variétés précoces : fuggle, golding et P08-3. Elle se poursuit cette semaine avec le strisselspalt, variété traditionnelle en Alsace, puis viendra mistral, élixir, cascade, barbe rouge pour finir avec la plus tardive, aramis. « Ça se passe bien », juge-t-il, content de pouvoir encore bénéficier des conseils et de l’expérience de son beau-père pour cette étape cruciale de la récolte et du séchage du houblon. En début de semaine, il estimait avoir rentré environ un tiers des 18,72 ha qu’il cultive et se fixait pour objectif d’avoir achevé la récolte pour le 18 septembre. Un impératif incontournable puisque les trois Polonais qu’il emploie pour la récolte, dont un chauffeur qui revient depuis 19 ans, rentrent dans leur pays… le 19 septembre. [#SAISONNALITE] la récolte du #houblon se poursuit en @Alsace ? dans de bonnes conditions ☀️@podcapsuleur @BtoBeer @IEUB_fr pic.twitter.com/Gc1Bn8P1Uh — AGPH (@AGPHFrance) September 10, 2020 Pour tenir la cadence, il a réorganisé le chantier : avec deux tracteurs au lieu d’un seul - un qui récolte au champ pendant que l’autre ramène le houblon au hangar de Schwindratzheim - il évite les temps morts. Une fois les lianes déchargées, il reste à les accrocher sur le rail de la cueilleuse, qui sépare les feuilles et les cônes. Les cônes subissent plusieurs tris successifs et sont placés dans une trémie tampon avant d’être envoyés dans la tour de séchage pour un cycle de 5 h 30 à 6 heures qui va ramener leur taux d’humidité autour de 8 à 9 %. En cette année de transition, Olivier, qui a entièrement pris en charge le séchage, se considère encore en période d’apprentissage. « Je me fais la main », dit-il, sachant que le séchage conditionne la qualité finale du houblon. 25 saisonniers pour la mise au fil Pour sa première campagne, Olivier a dû faire avec les conséquences de la crise sanitaire. Pour la mise au fil, le recours aux saisonniers étrangers était impossible, à cause des restrictions de déplacement liées au confinement. Il a dû faire appel à la plateforme L’Agriculture recrute pour trouver de la main-d’œuvre locale. Une expérience qui s’est avérée très positive, pour lui comme pour son beau-père : « Jusqu’alors, je n’avais jamais réussi à avoir plus de salariés que le strict nécessaire, témoigne Joseph Lechner. Mais cette année, plus de 60 candidats se sont manifestés. J’ai pris mon temps pour les sélectionner, échanger avec eux. » Au final, Olivier Houdé a engagé 25 saisonniers, ce qui lui a permis de limiter les journées de travail à 7 heures. « On n’a même pas eu besoin de travailler le dimanche car on avançait assez vite comme ça. » Et dans une bonne ambiance, ajoute Olivier, satisfait de cette première expérience de gestion de la main-d’œuvre. #Houblon On entre de plein pied dans la période de récolte du #strisselspalt , pilier du houblon alsacien et des ? bières françaises ... et autres ! Tendances, qualité, rendements ... toutes les infos dans vos journaux @EAVPHR et ce vendredi#lAgricultureElleAssure pic.twitter.com/HnbkwmXF1L — Germain Schmitt (@germain_schmitt) September 8, 2020 La conduite de la culture n’a pas posé de problème particulier cette année. « L’an dernier, il y avait eu beaucoup de mildiou. Ce n’était pas le cas cette année. Il y avait de l’oïdium, mais pas chez nous », précise le nouveau houblonnier. La chance du débutant ? Olivier Houdé n’est pas loin de le croire, lui qui n’a pas dû traiter contre l’araignée rouge mais seulement contre les pucerons. Encore l’a-t-il fait de manière raisonnée, en observant ses parcelles de manière régulière. Une recommandation de son beau-père mais aussi des techniciens du Comptoir agricole et de la Chambre d’agriculture qui le suivent sur le plan technique. La sécheresse, d’année en année La sécheresse, par contre, a sans doute pénalisé les variétés précoces. « On verra à la livraison. On a des sols qui ont une certaine capacité à retenir l’eau, mais on voit bien que le problème de la sécheresse se pose de plus en plus chaque année », commente le houblonnier, dont les parcelles ne sont pas irriguées. Le vent aussi a donné quelques soucis : au moment de la mise au fil, il a fallu effectuer plusieurs passages. Et dans les jours qui ont précédé la récolte, le vent a chahuté les lianes et fait tomber des cônes. À l’heure du passage de témoin, Joseph Lechner laisse percer sa satisfaction. « Réussir sa vie active, c’est quelque chose. Mais réussir sa transmission, c’est un aboutissement. On ne veut pas transmettre un cadeau empoisonné, mais au contraire, un outil qui permette de vivre et de se projeter. »












