Publié le 08/08/2016
Avec une dizaine de jours de décalage par rapport à une année normale, la cueillette du virginie a commencé vers le 20 juillet. « Le gros du chantier démarre cette semaine », explique Olivier Riedinger, directeur de la Coopérative Tabac Feuilles de France (CT2F). Le moins que l’on puisse dire, c’est que les tabaculteurs reviennent de loin…
C’est la récolte manuelle qui a ouvert le ban, les chantiers mécanisés ayant suivi dans la foulée. « Les parcelles ne sont pas si mal. Il y a deux mois, c’était la catastrophe totale, à cause des excès d’eau », relève Olivier Riedinger. Toutefois, dans certains secteurs, comme Ebersheim, Sermersheim et Kogenheim, les tabacs ont eu trop longtemps les pieds dans l’eau pour pouvoir se rattraper. Dans le secteur de Hochfelden et le Kochersberg, les parcelles sont très hétérogènes car les tabaculteurs n’ont pas la possibilité d’irriguer. « C’est un paradoxe : après un printemps trop pluvieux, les tabacs souffrent du manque d’eau car leur système racinaire n’a pas pu se développer correctement », relève Olivier Riedinger. Ceux qui ont investi dans le goutte-à-goutte ne le regrettent pas, indique Philippe Sigrist, technicien tabacole de la Chambre d'agriculture d’Alsace, détaché auprès de CT2F. Côté qualité, les premiers fours ont livré une agréable surprise : la teneur en matière sèche est satisfaisante. C’est le cas dans le secteur de Seebach, le plus précoce cette année, indique Olivier Riedinger. « Les fours qui sortent sont de bonne qualité, même si les feuilles présentent de légères mâchures, confirme Philippe Sigrist. Nous l’avons constaté lors d’une tournée avec les principaux acheteurs. » En somme, résume Rémy Losser, président de CT2F, le tabac est à l’image de l’agriculture. La pluviométrie excédentaire de ce printemps - il a plu un mois et demi non-stop - a mis à mal les espoirs d’une belle récolte qui aurait été bienvenue, vu les difficultés actuelles. « Chaque année, on se dit : on a tout vu. Mais ce n’est jamais le cas… » Mais le tabac est une plante qui fait preuve d’une capacité de récupération exceptionnelle. « Étant donné la situation de départ, c’est miraculeux qu’il se soit refait comme cela, souligne le président. Nous ne connaissons pas la météo de ces prochaines semaines - il suffit d’un orage de grêle ou d’une tornade pour doucher cet optimisme. Mais même si les parcelles ne se présentent pas de manière exceptionnelle, nous pouvons espérer un résultat relativement correct. Il y a encore trois semaines, nous n’aurions pas pu émettre un tel pronostic. » Bien sûr, concède Rémy Losser, le potentiel de rendement est relativement entamé. « Il est difficile, à l’heure actuelle, de se faire une idée précise sur la globalité de la récolte, d’autant que certains secteurs sont sinistrés. Cela risque d’être une année moyenne, voire une petite année. » Mais l’aspect qualitatif est primordial, face aux acheteurs. Et pour le moment, il est prometteur !












