Cultures

Récoltes 2016 - Grandes cultures

« Du jamais vu » selon les professionnels

Publié le 04/08/2016

Alors que la moisson de blé français bat son plein, les premières remontées chiffrées des récoltes en céréales à paille et en oléoprotéagineux sont historiquement alarmantes. Les chutes de rendement sont dramatiques, déclare Philippe Pinta, président des producteurs de grandes cultures (Orama).

La récolte française 2016 s’annonce historique. Historiquement désastreuse ! « Du jamais vu ! », s’exclament les représentants d’Orama, l’organisation regroupant les producteurs de blé, de maïs et des oléoprotéagineux à l’occasion d’une conférence exceptionnelle tenue le mercredi 27 juillet. Un bon nombre d’exploitations présenteraient des pertes de chiffre d’affaires, allant de la moitié aux trois quarts. Aux conditions météorologiques catastrophiques vécues à partir de la fin mai avec des excès d’eau considérables, s’ajoute la faiblesse des cours mondiaux qui finit de plomber le secteur grandes cultures. Après leur rencontre avec le ministre Stéphane Le Foll le mardi 26 juillet, les céréaliers attendent désormais que des mesures concrètes soient prises rapidement. Un plan d’urgence pour de la trésorerie Première des priorités pour les producteurs : un besoin imminent de trésorerie. « Pour un certain nombre non négligeable d’agriculteurs, c’est la quatrième année consécutive de mauvaise année », explique Philippe Pinta, président d’Orama. L’objectif pour les producteurs est de pouvoir tenir jusqu’à la prochaine récolte. « On souhaite un plan d’urgence en trésorerie qui prenne en compte les annuités de l’année (environ 300 euros) et les besoins de la prochaine récolte (400 € en moyenne) », développe-t-il. Soit aux alentours de 700 € à l’hectare de prêts exceptionnels pouvant aller jusqu’à 1 000 €/ha, souligne Philippe Pinta qui précise dans la foulée que si un besoin de cautionnement doit être opéré par l’État ou par une autre structure telle que la BPI, celui-ci devra se faire à taux zéro. Le délai de remboursement, informe Orama, se fera en fonction de la situation. Autre demande formulée au ministre, la reconnaissance des zones affectées, y compris des terres arables, en catastrophe naturelle. Concernant l’assurance climatique « grandes cultures », « cette année va être un tournant », signale Philippe Pinta. Selon Orama, le risque « excès d’eau » inclus dans le contrat devra prendre en compte les risques sanitaires et de qualité. Par ailleurs, la profession a explicitement demandé, en plus du solde des aides 2015 toujours pas reçu, à ce que soient versées en avance les aides Pac 2016. À ce titre, 90 % des avances de trésorerie (ATR) devraient être débloquées au 15 octobre au plus tard. S’en suit une série de mesures annexes revendiquées telles que : le dégrèvement de la Taxe foncière sur le non-bâti (TFNB), la confirmation de l’application option n - 1 pour les cotisations sociales MSA de 2016 et 2017, et le report de versement pour les cotisations 2016 et l’IR/IS 2015, l’assouplissement de l’obligation des cultures intermédiaires pièges à nitrates (Cipan) pour permettre la pratique du faux-semis. Les céréaliers demandent aussi un moratoire sur le plan Écophyto 2 afin de résister plus efficacement contre la prolifération des adventices, des insectes et maladies. Relatif au paiement redistributif, « on y a toujours été opposé car il est distorsif vis-à-vis de nos voisins européens », remarque Philippe Pinta. Une pause est demandée par la profession au risque de générer un véritable « casus beli », prévient le représentant des céréaliers. Une prochaine réunion avec le ministre de l'Agriculture est programmée fin août. Les céréaliers sont également en discussion étroite avec les banquiers, en particulier le Crédit Agricole. Des mesures seront proposées courant du mois d’août, avance Philippe Pinta.

Syndicat des producteurs de semences de maïs et de sorgho d’Alsace

Le maïs semence embauche !

Publié le 03/08/2016

Le maïs semence fait parler de lui. Dans un contexte plutôt morose, les agriculteurs ont voulu donner une image positive de leur métier, celle d’une filière qui embauche. Une initiative du Syndicat des producteurs de semences de maïs et de sorgho d’Alsace.

Par une belle journée d’été, les producteurs de maïs semence ont convié la presse régionale sur les bords du Rhin à Drusenheim, sur une parcelle de 50 hectares en cours de castration. Derrière ce vilain mot se cachent de judicieux mariages : en agriculture, on castre pour assurer de belles unions qui feront naître de beaux épis. Cette opération, qui consiste à enlever les panicules des pieds femelles pour éviter leur autofécondation, est très gourmande en main-d’œuvre. C’est là que les agriculteurs ont besoin des saisonniers pour compléter le travail de la machine. La castreuse - la bien nommée - ne parvient pas à éliminer toutes les inflorescences, surtout cette année où les maïs sont hétérogènes. Les saisonniers se livrent donc à un travail de fourmi pendant une dizaine de jours pour enlever les dernières fleurs. Un travail très méticuleux… et sous étroite surveillance : le contrôleur du syndicat des semenciers, François Schotter, passe régulièrement pour s’assurer que les règles sont bien respectées, c’est-à-dire que toutes les têtes qui dépassent ont été arrachées. La tolérance est très faible : les graines livrées au semencier KWS doivent être d’une pureté maximale. La castration est une activité particulièrement chronophage. Il faut compter jusqu’à 50 heures de travail pour un hectare. En Alsace, 1 250 ha de maïs semence ont été implantés cette année. Cet été, ce sont 1 300 saisonniers, des étudiants pour la plupart, qui s’affairent à la tâche, sans oublier l’armada de contrôleurs. À cela s’ajoute le personnel de l’usine de transformation du Comptoir agricole à Marlenheim, plusieurs dizaines de salariés permanents et saisonniers. Un travail d’équipe Marie, 20 ans, et Léa, 18 ans, ont travaillé durant une semaine sur ce chantier. « Nous avons vu l’affiche dans une ferme où nous étions venues acheter des produits. C’est un travail difficile, surtout le matin quand le maïs est mouillé et le terrain boueux. Mais nous formons une équipe soudée et le temps passe vite », explique Marie. « C’est sûr, il faut avoir une bonne condition physique car il faut parcourir des kilomètres, mais j’aime travailler à l’air libre », renchérit Léa. Et comme elles travaillent de 6 heures à midi, il leur reste toute l’après-midi pour profiter de leurs vacances… Cette opération de communication s’est déroulée sur des terres exploitées par un groupement de trois exploitations, Martin et Albert Binder, Émile Better et l’EARL Kormann. « Nous avons regroupé nos parcelles en un îlot pour respecter les conditions d’isolement et mettre les travaux en commun. La rémunération est elle aussi partagée, explique Albert Binder qui assure la présidence du Syndicat des producteurs de semences de maïs et de sorgho d’Alsace. Nous travaillons en Cuma pour l’achat des machines, notamment le matériel de castration et de récolte. »

Comptoir AgroSphère - Les Rencontres

Un village connecté

Publié le 01/08/2016

En 2016, le Comptoir agricole a fait évoluer le concept de sa journée des rencontres de saison pour créer l’événement Comptoir AgroSphère - Les Rencontres comme l’événement de l’innovation agroconnectée en Alsace. Ce nouveau format a pour but d’associer les dernières innovations agronomiques aux solutions technologiques pour illustrer les synergies possibles dans tous les domaines. À cette occasion, un village « connecté » était installé avec les principaux partenaires de la coopérative.

Les partenaires de l’agriculture de précision étaient présents avec Vantage qui n’est autre que la marque de distribution du réseau Trimble avec Latitude GPS. Christian Schott, adhérent au Comptoir agricole, avait mis à disposition son tracteur avec une console de guidage avec laquelle il peut moduler ses apports d’azote. Une carte de modulation qui avait été réalisée en prestation de télédétection était présentée en démonstration dans la cabine du tracteur. La société AirInnov a fait quelques démonstrations de vol de drone et rappelé les intérêts de faire des cartes de modulation et son intégration dans la console du tracteur. Optisat et le semoirExact Emerge OptiSat présentait un élément semeur du semoir Exact Emerge©, dernière innovation John Deere pour le semis de maïs présenté lors du Sima. L’équipe avait axé sa présentation sur les éléments techniques du semoir, à savoir la sélection de graine sur le disque de distribution, la courroie brosse qui permet d’accompagner le trajet de la graine du disque sélecteur au sol directement. Ce système vise à remplacer le tube de descente et à gagner en précision et rapidité. À noter qu’un capteur embarqué par élément semeur permet de calculer la densité semée à la parcelle et d’établir une cartographie de semis. Pour permettre un semis avec une vitesse accrue, John Deere a intégré pour chaque élément semeur un système pneumatique de rappui avec boudin pneumatique pour contraindre la profondeur de semis quels que soient la vitesse et le type de sol. Cette technologie permet aussi de moduler directement sa densité de semis en fonction du type de sol. De nouvelles solutions qui permettent d’entrer dans une agriculture de plus en plus fine. Smag et Comptoir agricole : une offre de services connectés Enfin le Comptoir agricole et Smag présentaient l’offre de services du Comptoir agricole regroupée sous le nom « Comptoir du futur ». L’événement Comptoir AgroSphère était l’occasion de lancer la 5e marque proposée dans sa gamme et qui intègre dorénavant toutes les solutions proposées dans le domaine de l’agronomie et de l’environnement. Cette démarche de fond avec la création de cette plateforme de marque vise à valoriser les services qui sont disponibles pour les agriculteurs. « L’enjeu étant de développer les services disponibles pour chaque marque et proposer de nouvelles solutions pour gagner en productivité et compétitivité » selon Matthieu Luthier, responsable développement et communication au Comptoir agricole. Cette stratégie s’était concrétisée cette année avec l’ajout d’une offre de télédétection par drone sur troisième apport de blé dans le cas de l’offre de Comptoir Précision. La marque Comptoir Connect dédiée à l’agriculture connectée monte elle aussi en puissance, avec de nouveaux services proposés par la société Smag en lien avec l’outil de gestion de l’exploitation agricole.

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