Cultures

56es Journées d’octobre et 16e Folie’Flore

Pour les yeux et les papilles

Publié le 05/10/2016

Les 56es Journées d’octobre et 16e Folie’Flore démarrent jeudi prochain, 6 octobre, pour une dizaine de jours. Une manifestation conviviale à partager en famille ou entre amis, entre jardins colorés et éphémères et gastronomie alsacienne pleine d’authenticité.

Du 6 au 16 octobre, le Parc des expositions de Mulhouse va accueillir la 56e édition des Journées d’octobre (JO) et 16e Folie’Flore. Cette année, les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands pour concocter une offre de manifestation « bien supérieure » aux années précédentes. Du côté de Folie’Flore tout d’abord, devenu incontournable pour tous les visiteurs des JO. « Près de 95 % vont voir les Folie’Flore », indique le directeur du parc expo de Mulhouse, Laurent Grain. L’an passé, ce sont ainsi plus de 145 000 personnes qui se sont émerveillées devant les œuvres créés autour des fruits et des légumes. Cette année, point de produits maraîchers ou arboricoles en guise de tête d’affiche. Place à l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep) qui va réaliser six jardins à thème (« post-apocalyptique », « éco bio », « sauvage », « en nature », « la nature sublimée », « le kiosque flottant ») et six jardins miniatures. Sans oublier un jardin école qui sera réalisé par les élèves de six lycées et CFA professionnels dont celui du Pflixbourg à Wintzenheim. Le tout sur une surface de 850 m2 qui comprendra également le restaurant « éphémère » du chef Henri Gagneux, les jardins des communes et des partenaires comme l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace et le groupement Fleurs et plantes d’Alsace, le jardin des Lapi’Flores gardé par un lapin géant en mosaïculture, le jardin à la française qui accueillera les créations des meilleurs apprentis du Grand Est participant à la Coupe Espoir Interflora, et la boutique de Folie’Flore - une nouveauté de l’année - située à la fin du circuit. À noter aussi de nombreuses animations qui seront distillées au cours de ces dix jours : démonstrations de taille de bonsaï, de fleuristerie, dégustation de jus de fruits, etc. Une gastronomie 100 % « authentique » Du côté des Journées d’octobre, on ne change pas une formule qui gagne avec quatre villages : celui des créateurs, celui du jardin, celui de l’habitat et celui dédié à la gourmandise. Avec plus de 100 000 repas servis l’an passé, ce dernier montre à quel point la gastronomie reste une valeur sûre auprès des visiteurs. Et elle le sera certainement encore plus cette année avec l’arrivée d’Alsace Authentique, un groupement d’intérêt économique réunissant seize entreprises agroalimentaires et agricoles alsaciennes. Jusqu’à maintenant présent dans les grandes surfaces pour promouvoir les producteurs locaux, ce GIE intègre désormais les JO avec un concept de restauration inédit 100 % Alsace. « Notre philosophie est le respect de recettes ancestrales, tant dans la préparation que dans le résultat final », explique Hervé Laforêt, vice-président d’Alsace Authentique. Concrètement, leur espace sera divisé en trois parties : une partie restauration assise qui permettra de profiter de plats alsaciens revisités réalisés à partir des entreprises membres du GIE (Poulaillon, Lisbeth, Les pâtes Valfleuri, la Choucrouterie Claude, la Ferme Adam, la Maison Dodin), un coin convivial pour déguster des produits de snacking, et un point de vente des produits utilisés dans la préparation des plats. La gastronomie, encore elle, sera également présente à travers différents concours culinaires organisés entre professionnels ou particuliers. Pour ces derniers, rendez-vous le samedi 8 octobre avec le Bredala de Mulhouse proposé par la Corporation des boulangers, et le jeudi 13 octobre avec le nouveau concours de l’année : le Paris-Brest revisité. Côté professionnels, la scène accueillera le Jambon d’or et la Deckwurst d’or le dimanche 9 octobre, la Baguette d’or et le Kougelhopf d’or le mercredi 12 octobre.

Festival de non-labour et semis direct à Courcelles-Chaussy (57)

Objectif : déplafonner les rendements

Publié le 04/10/2016

Le lycée agricole de Courcelles-Chaussy accueillait le 21 septembre dernier le festival de non-labour et semis direct. Avec une belle concentration de semoirs de semis direct et six conférences d’agriculteurs praticiens ou de conseillers techniques.

Les Techniques culturales simplifiées (TCS) évoluent désormais dans un contexte où les marges de rentabilité des productions céréalières ne permettent plus d’autoriser des échecs. Et de se risquer à des essais de semis direct sans être certain d’obtenir des rendements qui couvrent les charges et les investissements en terre. Et même, « en agriculture de conservation, l’objectif n’est pas de perdre mais de gagner des quintaux », souligne Jean-Luc Forrler, conseiller agriculture de conservation (AC) chez Vivescia. Le rapport des agriculteurs aux TCS a donc considérablement évolué. Ils sont de plus en plus nombreux à introduire ici ou là quelques principes agronomiques des TCS sans pour autant convertir totalement l’exploitation au non-labour. L’idée de l’AC reste la même : produire de l’humus et de l’azote pour transformer le carbone. « Il faut trois à quatre ans pour remettre en route la vie biologique du sol et multiplier par quatre les vers de terre, champignons, insectes, soit passer de 3 à 12 tonnes de vie biologique. » La première idée est de prendre en compte la gestion du tassement, « de pratiquer des récoltes d’été et donc d’éviter dans les rotations du maïs ensilage ou de la betterave, les premières années de transition vers les TCS », prévient le conseiller. En Lorraine, « nous disposons d’une culture de printemps pour trois d’hiver soit colza-blé-orge d’hiver- pois ou blé. Les intercultures qui marchent ici sur le plateau lorrain, ce sont les couverts semi-permanents. Les couverts permanents présentent trop de risques ici, on a du mal à les réguler, ils deviennent des nids à campagnols. » La technique du couvert semi-permanent consiste à semer par exemple du trèfle blanc nain, à 4 kg/ha, en même temps que le colza, puis à le laisser en place après la récolte du colza. Il devient alors très agressif et explose, puis on le régule au glyphosate. Le blé est semé en direct dessus. Puis le couvert est détruit avec un herbicide avant la montaison du blé. « Avec cette technique, on déplafonne les rendements et on gagne en protéines. » Autre technique validée en Lorraine, les colzas associés aux féveroles, semées précisément à 5 cm. Quant aux mélanges multi-espèces, ils doivent être réfléchis en fonction d’objectifs précis, par exemple faire pâturer des moutons, ou produire du carbone ou de l’azote et faire de l’humus, ou produire du fourrage. La clé de la réussite en terres argileuses est le bon ressuyage, d’où une destruction des couverts avant semis plus précoce qu’ailleurs. « Une superbe machine pour nettoyer les parcelles » « L’agriculture de conservation est une superbe machine pour nettoyer les parcelles des dicotylédones ou des graminées. » Pour Jean-Luc Forrler, la féverole est un superbe outil, rustique pour les cultures associées, qui « n’a jamais fait perdre de rendement en association avec le colza », on gagne en moyenne 2 à 3 q et on réduit de 30 unités l’azote. On peut par exemple la semer au semoir EasyDrill à 5 cm de profondeur, un rang sur deux avec le colza à 0,5 cm. Et en outre, on évite de dépasser le seuil de nuisibilité des insectes. Le couvert aéré est une technique permettant par exemple de venir à bout des vulpins résistants, le seul produit efficace étant le glyphosate. Le principe consiste à faire un couvert long dans une interculture courte. Dans une rotation blé sur blé, ou blé sur orge d’hiver, on sème une interculture courte, comme de la féverole (15 à 18 pieds/m2), dès la moisson, puis le blé (ou l’orge) est semé en direct au disque ou avec un outil à dents « sans problème ». Le couvert de féverole gèle durant l’hiver ou est détruit à l’herbicide Atlantis. « Ce qui est important, c’est de désolidariser la période de travail du sol, qui doit être la plus éloignée possible de la date de semis. Donc si on n’est pas à l’aise avec les TCS et si on veut travailler le sol pour semer la féverole, on le fait tout de suite après la moisson », souligne Jean-Luc Forrler, ceci afin d’éviter qu’au semis du blé suivant, le remuage de terre occasionné par le semis ne fasse germer aussi les graines d’adventices. D’où la nécessité de préparer la terre au moins un mois avant le semis de la céréale d’hiver. Au final, avec cette technique, on déplafonne les rendements de blé de 5 q, avec un gain protéique de 0,8 à 1,2.

Publié le 03/10/2016

Opération de communication réussie pour les responsables tabacoles alsaciens, lundi dernier à Weyersheim. L’objectif était de montrer les atouts d’une filière qui a le vent en poupe et qui veut installer de nouveaux planteurs.

La coopérative Tabac et Feuilles de France (CT2F) a lancé une campagne de communication pour séduire de nouveaux planteurs. « Elle se déroule en plusieurs phases », explique Olivier Riedinger, directeur de la coopérative CT2F. Tout a commencé par l’envoi à 1 800 agriculteurs sélectionnés dans 26 départements (la coopérative en couvre 61) d’un flyer sur le thème « Cette production sera-t-elle la vôtre demain ? », avec un accès personnalisé au nouveau site internet. Dans les prochains jours, une brochure présentant la CT2F sera envoyée aux prescripteurs de l’agriculture, afin qu’ils soient en mesure de conseiller les agriculteurs lors d’une installation ou d’une diversification. Cette campagne de communication se poursuivra par l’envoi d’un dossier de presse aux journaux agricoles, précise Olivier Riedinger. La mise en ligne du site internet CT2F constituera la quatrième phase de ce plan. En Alsace, où les surfaces tabacoles sont en retrait, une autre stratégie s’imposait. Aussi Olivier Riedinger et les les trois techniciens, Philippe Sigrist, Thierry Bonet et Thomas Lux, ont-ils décidé, avec le soutien du président Rémy Losser, de monter une opération d’envergure sur la ferme du Kestlerhof à Weyersheim, lundi 26 septembre. Cette après-midi s’est déroulée en plusieurs temps : après les prescripteurs de l’agriculture alsacienne, la coopérative a accueilli les jeunes agriculteurs et les responsables des organisations professionnelles agricoles. À la fin, les adhérents se sont joints à eux en début de soirée. Le tabac fait partie depuis toujours du paysage agricole alsacien. Mais peu de gens savent qu’il a opéré une mutation en profondeur ces dernières années, a souligné Rémy Losser. Avec la mécanisation de la récolte, la culture du tabac s’est profondément modernisée, même si, précise-t-il, la récolte manuelle est toujours pratiquée dans certaines exploitations. Objectif : gagner en compétitivité Du côté des structures aussi le paysage a changé : après s’être restructurée en profondeur, Alsatabac s’est alliée à Nord et Loire Tabac pour former la CT2F et la fusion avec Poitou Tabac devrait être officialisée lors des assemblées générales de fin d’année. À la clé, un président et un directeur communs, un service administratif centralisé à Schiltigheim, et des frais généraux à la baisse. « Nous avons réussi, en anticipant, à optimiser nos structures dans un contexte de baisse des surfaces. » Mais surtout, le fait d’avoir réuni les trois services a créé une nouvelle dynamique, grâce aux échanges d’expériences des techniciens de terrain. Le meilleur exemple, souligne Rémy Losser, est celui de l’irrigation au goutte-à-goutte jetable expérimentée depuis deux ans en Alsace, mais couramment pratiquée plus à l’ouest. Mais d’autres expériences pourraient intéresser de nouveaux planteurs, comme le tabac à faible teneur en résidus, et même le tabac bio. La CT2F réalise un chiffre d’affaires de 16 M€. C’est une coopérative qui a les reins solides : « Nous avons consolidé notre situation financière, avec des fonds propres de 6,50 M€, explique Rémy Losser. Il y a quelques années, on ne donnait pas cher de notre filière, avec la fin des soutiens directs européens. Nous avons anticipé, par une amélioration de notre productivité et une adaptation de notre production aux besoins du marché. Aujourd’hui, nous ne percevons plus aucune aide couplée. » « Le tabac à chicha français est vraiment très prisé » C’est donc du côté des marchés qu’il faut se tourner pour expliquer le dynamisme de la filière tabacole. Seule une petite partie de la production est désormais écoulée auprès des grands industriels comme tabac de remplissage, explique Rémy Losser. Environ 15 à 20 %, précise-t-il. « Près de 70 % de notre virginie est commercialisé comme tabac à chicha, annonce Rémy Losser. Le tabac français est vraiment très recherché au Moyen Orient. Nous nous sommes engouffrés dans cette brèche. » De nouveaux clients viennent régulièrement frapper aux portes de France Tabac. « Cela nous a permis de faire monter le prix commercial qui a quasiment triplé en cinq ans. » La création d’une marque pour valoriser la qualité du tabac français est d’ailleurs envisagée. Comme à son habitude, Rémy Losser a fait preuve d’une grande transparence : « Notre tabac correspond parfaitement à la demande… pour l’instant. Mis à part l’Allemagne, les autres pays n’arrivent pas à produire un tabac de cette qualité. Mais pour combien de temps ? » C’est pourquoi d’autres pistes sont explorées, comme les tabacs spécifiques à faibles résidus. « Un opérateur veut même lancer une cigarette bio. » Des débouchés à forte valeur ajoutée s’ouvrent donc pour la filière. « Mais pour y accéder, il faut être dans les clous, niveau prix. » L’effort de productivité doit donc se poursuivre sur tous les plans. France Tabac s’est fortement investie pour maintenir la recherche, l’expérimentation, la production de semences - elles aussi en pleine restructuration -, afin de proposer des variétés plus productives, moins sensibles aux maladies (mildiou notamment), et continuer à lutter contre des fléaux comme la verse ou l’orobanche. Dans les exploitations, des investissements sans précédent ont été consentis pour moderniser les ateliers. « Au cours des dix dernières années, les planteurs ont investi entre 30 et 35 M€ dans la récolte du virginie. » Rémy Losser conclut : « Avoir une perspective de débouchés et de prix à court et moyen terme, c’est encourageant. Il y a donc une place pour de jeunes producteurs. »

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