Cultures

Famille Pfister à Wingersheim

« Le houblon est notre culture phare »

Publié le 18/08/2016

Deux exploitations en une. À Wingersheim, les Pfister ont choisi de diversifier les risques en créant deux exploitations distinctes. Ce qui ne les empêche pas de travailler tous ensemble, main dans la main. Dimanche prochain, ils partageront leur passion pour le houblon avec les visiteurs, à l'occasion de la finale départementale de labour.

Dans la famille Pfister, il y a le père. Hubert Pfister s’est installé en 1976, à titre individuel. À l’époque, l’exploitation était très diversifiée : houblon, tabac, céréales, sans oublier un atelier porcin. « J’ai arrêté la culture du tabac en 1996, puis l’élevage porcin, pour développer le houblon. » Son épouse est salariée de l’exploitation. Le fils aîné, Yves, âgé aujourd’hui de 21 ans, s’est installée en 2011. À cette époque, la filière houblon était en crise, faute de débouchés suffisants. « Pour éviter la galère, je me suis installé de mon côté. J’ai choisi de construire deux bâtiments de 500 m2, pour une production de 9 000 poulets par bâtiment », explique-t-il. Il travaille en partenariat avec les Volailles René Meyer. Cette société, implantée à Wingersheim, se consacre depuis plus de cent ans à l’élevage, à la transformation et à la commercialisation des volailles et dispose d’un abattoir et d’un atelier de découpe modernes, disposant de l’agrément CEE, ainsi que d’équipements frigorifiques récents et performants lui permettant d’assurer un respect de la chaîne du froid optimum. L’entreprise a lancé récemment une nouvelle filière, le poulet Natur’al, un système d’élevage dans lequel les volailles disposent d’un jardin d’hiver. Chez René Meyer, on ne lésine pas avec le bien-être ! C’est ce qui lui a valu de décrocher, tout récemment, un Poulet d’or décerné par l’ONG CIWF. Le fils cadet, Marc, 26 ans, s’est installé récemment en Gaec avec son père. Son projet d’installation s’appuie sur le développement du houblon et l’implantation de nouvelles variétés qui sont recherchées par les acheteurs. « C’est une culture qui nous convient », explique Marc. Son père ajoute : « Aujourd’hui, nous comptons 24 hectares de houblonnières, avec huit variétés ». Le reste de l’assolement se partage en maïs, blé et colza. Contrairement à d’autres cultures, la campagne houblonnière s’est bien déroulée, mis à part les attaques de mildiou, de mai à fin juin, qui a nécessité deux traitements supplémentaires. « Par contre, il n’y a presque pas eu de pucerons », indique Hubert Pfister. Les houblonniers s’attendent donc à une récolte normale, voire bonne.

Protection du grand hamster d’Alsace

Le dernier lâcher de l’année

Publié le 08/08/2016

Toute la presse régionale s’est déplacée à Griesheim-près-Molsheim pour le dernier lâcher de hamsters de l’année, effectué dans le cadre du programme national d’actions (PNA) hamster 2014-2016, associé au projet LIFE Alister. Une quarantaine de hamsters ont été relâchés dans deux parcelles de blé non récolté.

Chaque année, la mission hamster de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) procède à des opérations de renforcement des populations les plus fragiles par des lâchers de hamsters d’élevage, mis à disposition par l’association Sauvegarde Faune Sauvage. En 2016, près de 500 hamsters ont été relâchés dans la nature, dans des secteurs dont l’habitat a été amélioré par des mesures agrienvironnementales. Trois zones d’action prioritaires, situées au sud-ouest de Strasbourg, ont été délimitées, celles d’Obernai, de Geispolsheim et d’Elsenheim-Jebsheim. L’espèce est présente dans une quinzaine de communes alsaciennes. L’équipe de l’ONCFS est chargée du suivi des populations sauvages de grand hamster d’Alsace. « Nous recherchons des espèces dans l’intégralité des 30 communes qui font partie de la zone de protection stricte (ZPS) », indique Julien Eidenschenck, chef de projet hamster et chargé de coordination LIFE Alister. 400 terriers ont été dénombrés cette année. Un chiffre comparable à 2014, mais en nette progression par rapport à 2015 où il n’en restait que 224, vraisemblablement à cause des conditions climatiques très particulières de l’an dernier, avec un été caniculaire. L’impact du climat est prédominant sur l’évolution des populations, explique Julien Eidenschenck. « L’an dernier, avec la sécheresse persistante, les hamsters n’allaient pas bien du tout. Ce sont des animaux qui ont besoin de verdure pour trouver de la fraîcheur. D’où l’idée des couverts végétaux qui restent verts toute l’année. » Selon les techniciens de l’ONCFS, un hamster sur deux a une chance de survivre et arrive à faire une ou deux portées. La monoculture du maïs et les conditions climatiques ne sont pas les seuls responsables de cette hécatombe : ils sont aussi victimes des prédateurs, oiseaux de proie, renards, martres, moyens-ducs, etc. C’est pourquoi il faut éviter que le sol reste nu une partie de l’année. Un couvert végétal bien pensé On observe une stabilité des populations de hamsters depuis cinq ou six ans. « Ce n’est certes pas satisfaisant, vu le nombre de partenaires impliqués et les efforts déployés. Mais l’érosion semble stoppée et le nombre d’agriculteurs engagés dans le programme est en augmentation. Ils expérimentent de nouvelles techniques agronomiques, sur la base des études menées par le CNRS » (lire aussi notre article paru en page 7 du 15 juillet 2016). Les journalistes ont pu le constater de visu sur les deux parcelles de lâcher, où des terriers artificiels avaient été préalablement creusés. En plein milieu de ces parcelles de blé non récolté, un couvert végétal d’alimentation a été implanté en bandes de 4 mètres de large. Un couvert végétal soigneusement choisi, composé de vesce, de tournesol et de radis fourrager, à la lumière des travaux du CNRS réalisés dans le cadre du projet LIFE Alister. Ces espèces sont favorables au lâcher car les plantes resteront vertes durant l’été, offrant au hamster une protection contre la sécheresse estivale et lui apportant des protéines (vesce) et des acides gras (tournesol), un complément nutritif favorable à la reproduction. Son implantation a été réalisée par Marius Rhinn, agriculteur exploitant ces deux parcelles, avec le semoir de semis direct acquis par la Cuma de la Plaine dans le cadre des mesures agroenvironnementales. Cet essai est conduit par Annabelle Revel, ingénieur des travaux, chargée d’études pour le plan national d’actions (PNA) en faveur du grand hamster, en partenariat avec Tristan Robert, conseiller du service environnement innovation de la Chambre d'agriculture d’Alsace. Il fait l’objet d’un protocole d’évaluation agronomique de la méthode d’implantation des bandes d’alimentation. Pour leur implantation, Marius Rhinn a utilisé le savoir-faire technique développé dans le cadre du projet LIFE Alister. LIFE Alister : enrichir le PNA Le projet LIFE Alister s’inscrit dans une démarche complémentaire et innovante de ces actions. Il a pour rôle de consolider et renforcer les résultats obtenus, en faisant remonter les populations grâce aux lâchers de hamsters et en améliorant les conditions de vie grâce aux cultures favorables à cet animal. Par ailleurs, il s’agit de rendre durable les effets de ces actions de préservation grâce à la mise en place de pratiques qui puissent concilier les intérêts liés à l’environnement et à l’économie. Ce projet associe plusieurs partenaires : la Chambre d’agriculture d’Alsace, le CNRS, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage,le Gepma, Actéon, et la Région Grand Est, chargée de coordonner ce projet.

Publié le 08/08/2016

Avec une dizaine de jours de décalage par rapport à une année normale, la cueillette du virginie a commencé vers le 20 juillet. « Le gros du chantier démarre cette semaine », explique Olivier Riedinger, directeur de la Coopérative Tabac Feuilles de France (CT2F). Le moins que l’on puisse dire, c’est que les tabaculteurs reviennent de loin…

C’est la récolte manuelle qui a ouvert le ban, les chantiers mécanisés ayant suivi dans la foulée. « Les parcelles ne sont pas si mal. Il y a deux mois, c’était la catastrophe totale, à cause des excès d’eau », relève Olivier Riedinger. Toutefois, dans certains secteurs, comme Ebersheim, Sermersheim et Kogenheim, les tabacs ont eu trop longtemps les pieds dans l’eau pour pouvoir se rattraper. Dans le secteur de Hochfelden et le Kochersberg, les parcelles sont très hétérogènes car les tabaculteurs n’ont pas la possibilité d’irriguer. « C’est un paradoxe : après un printemps trop pluvieux, les tabacs souffrent du manque d’eau car leur système racinaire n’a pas pu se développer correctement », relève Olivier Riedinger. Ceux qui ont investi dans le goutte-à-goutte ne le regrettent pas, indique Philippe Sigrist, technicien tabacole de la Chambre d'agriculture d’Alsace, détaché auprès de CT2F. Côté qualité, les premiers fours ont livré une agréable surprise : la teneur en matière sèche est satisfaisante. C’est le cas dans le secteur de Seebach, le plus précoce cette année, indique Olivier Riedinger. « Les fours qui sortent sont de bonne qualité, même si les feuilles présentent de légères mâchures, confirme Philippe Sigrist. Nous l’avons constaté lors d’une tournée avec les principaux acheteurs. » En somme, résume Rémy Losser, président de CT2F, le tabac est à l’image de l’agriculture. La pluviométrie excédentaire de ce printemps - il a plu un mois et demi non-stop - a mis à mal les espoirs d’une belle récolte qui aurait été bienvenue, vu les difficultés actuelles. « Chaque année, on se dit : on a tout vu. Mais ce n’est jamais le cas… » Mais le tabac est une plante qui fait preuve d’une capacité de récupération exceptionnelle. « Étant donné la situation de départ, c’est miraculeux qu’il se soit refait comme cela, souligne le président. Nous ne connaissons pas la météo de ces prochaines semaines - il suffit d’un orage de grêle ou d’une tornade pour doucher cet optimisme. Mais même si les parcelles ne se présentent pas de manière exceptionnelle, nous pouvons espérer un résultat relativement correct. Il y a encore trois semaines, nous n’aurions pas pu émettre un tel pronostic. » Bien sûr, concède Rémy Losser, le potentiel de rendement est relativement entamé. « Il est difficile, à l’heure actuelle, de se faire une idée précise sur la globalité de la récolte, d’autant que certains secteurs sont sinistrés. Cela risque d’être une année moyenne, voire une petite année. » Mais l’aspect qualitatif est primordial, face aux acheteurs. Et pour le moment, il est prometteur !

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