Verger ouvert ce dimanche 28 août à Westhoffen
Traiter mieux, c’est traiter plus
Verger ouvert ce dimanche 28 août à Westhoffen
Publié le 25/08/2016
Depuis 2010, des arboriculteurs se sont engagés dans le label Vergers écoresponsables. Pour mieux faire connaître leurs pratiques d’entretien des vergers plus respectueuses de l’environnement, ils organisent chaque année une opération Verger ouvert. Cette année, ce sont les vergers Dettling qui lèvent le voile sur des pratiques agricoles trop méconnues du grand public.
« C’est vrai qu’on traite beaucoup », concède Daniel Dettling, la tête un peu basse. Mais il la relève bien vite et affirme : « Il faut qu’on explique pourquoi on le fait. » Alors, pourquoi les vergers requièrent autant de traitements, et particulièrement les pommes ? Le coupable principal, c’est la tavelure, un champignon aux effets redoutables et qui se multiplie vite, particulièrement par temps chaud et humide, ce qui nécessite de cadencer régulièrement les traitements au cours du cycle d’élaboration des pommes, particulièrement long. « Ces traitements, nous aussi on voudrait bien s’en passer, c’est du travail, ça nous coûte cher et on est les plus exposés », indique Daniel Dettling. Mais la nature en a décidé autrement car avec la tavelure, l’absence de protection, c’est l’absence de récolte assurée. Par contre, il est possible d’optimiser les traitements pour qu’ils soient plus efficaces, moins nocifs pour l’environnement… C’est ce que s’attachent à faire les arboriculteurs qui adhèrent au cahier des charges « Vergers écoresponsables », dont Daniel Dettling et l’ensemble des membres de l’association Production fruitière intégrée (PFI) alsacienne, qui regroupe 27 producteurs de pommes soit environ 210 ha et un peu plus de 7 000 t de pommes en vergers écoresponsables et globalgap. Traiter par petites touches Ces arboriculteurs élaborent toutes sortes de stratégies pour favoriser la prédation naturelle : nichoirs pour les mésanges, hôtels à insectes, perchoirs pour les rapaces, friands de campagnols… Ils s’interdisent d’utiliser certains produits, parmi les plus nocifs. « Par exemple, pour lutter contre le carpocapse, nous privilégions les produits ovicides aux larvicides, plus agressifs ». Quoique pour Daniel Dettling, la restriction du panel de matières actives ne constitue pas la meilleure des solutions puisqu’elle peut conduire à des impasses. Il illustre son propos : « Lorsque le diméthoate était encore autorisé, on pouvait lutter efficacement contre la mouche de la cerise et la drosophile suzukii pour 7 €/ha, avec peu d’applications. Depuis qu’il a été interdit, on a dû traiter davantage, avec d’autres produits, plus chers, pour maîtriser ces ravageurs. Le coût de la protection est passé à 500 €/ha. » Pour lui, le moyen le plus efficace pour réduire l’impact des traitements, c’est de mieux les positionner. Pour ce faire, une vingtaine de stations météos sont réparties chez les arboriculteurs de PFI. Les données qui en sont issues sont injectées dans des modèles qui permettent de prédire les périodes où les traitements seront les plus efficaces en fonction du cycle du ravageur. « Le problème, c’est que comme on utilise des produits moins agressifs et qu’on les applique de manière plus ciblée, on doit traiter plus souvent. » Et ça, le voisinage, les consommateurs, ne le comprennent pas. Ils voient juste un pulvérisateur qui passe et repasse sous leurs fenêtres. Ils ne savent généralement pas non plus que, pour étaler sa production de cerises sur deux mois, Daniel Dettling cultive 25 variétés de cerisiers différentes, plus ou moins précoces, et qui n’arrivent donc pas aux mêmes stades au même moment. « Or, par exemple, pour lutter efficacement contre la mouche de la cerise, on doit traiter à un stade bien précis. On essaie donc de procéder par groupes de précocité, mais c’est un vrai casse-tête. On doit sortir souvent le pulvérisateur, mais c’est pour traiter à chaque fois de petites surfaces, au stade optimal », insiste Daniel Dettling. Bar à jus de fruits et autres douceurs C’est tout l’objectif des journées portes ouvertes du 28 août : expliquer aux consommateurs pourquoi les arboriculteurs traitent, et les efforts qu’ils déploient pour produire des fruits qui correspondent à leurs attentes, qui sont diverses et parfois difficiles à concilier. Pour ce faire, l’Association nationale pommes poires (ANPP), instigatrice de l’opération Vergers ouverts, a équipé Daniel Dettling d’un kit pédagogique. Et, avec son épouse, ils se chargeront de saupoudrer leurs explications de quelques douceurs : bar à jus de fruit, petite restauration (tartes aux pommes…), dégustation de mirabelles, de quetsches et - peut-être - des toutes premières pommes de la saison… Les plus gourmands pourront repartir chez eux les bras chargés de fruits. Rendez-vous donc à Westoffen, ce dimanche 28 août, au lieu-dit Faerzerle, sur une parcelle de pommiers deuxième feuille mêlant les variétés idared et boskoop. L’accès sera fléché depuis le centre du village, plus précisément depuis l’église protestante, et depuis le domaine Ansen, une des étapes des Circuits de la Couronne d’or, organisés le même jour par les vignerons de la Couronne d’or, les Jeunes Agriculteurs du canton de Wasselonne et les Randonneurs de Strasbourg.












