Cultures

Un nouveau plan de communication

Le tabac recrute

Publié le 23/09/2016

Lundi 26 septembre à Weyersheim, la coopérative Tabac Feuilles de France (CT2F) organise une journée d’information à l’intention des agriculteurs alsaciens, jeunes et aînés, ainsi que des prescripteurs de l’agriculture. Cette initiative fait partie d’un vaste plan de communication pour dynamiser la production.

« Le plan de communication que nous avons imaginé se déroule en plusieurs phases, explique Olivier Riedinger, directeur de la coopérative CT2F. Il y a quinze jours, nous avons envoyé un flyer personnalisé à 1 800 agriculteurs du territoire de la coopérative, soit 26 départements. » Le thème de cette campagne est : « Cette production sera-t-elle la vôtre demain ? » Olivier Riedinger poursuit : « Nous avons acheté un fichier d’agriculteurs qui sont soit céréaliers, soit producteurs de légumes et qui emploient plus de deux salariés. Grâce à un code d’accès personnalisé, nous leur avons donné accès au tout nouveau site CT2F, qui n’est pas encore ouvert au grand public. » Une quarantaine d’agriculteurs se sont déjà connectés et une demi-douzaine d’entre eux a demandé des renseignements plus précis, essentiellement dans les Pays de Loire. Un plan de communication en quatre phases « D’ici quinze jours, nous lancerons la deuxième phase de notre plan de communication », poursuit Olivier Riedinger. Une plaquette de format double A4 paysage, à la présentation particulièrement soignée, sur la coopérative Tabac Feuilles de France sera envoyée aux Chambres d’agriculture, aux FDSEA, aux Jeunes Agriculteurs et aux CER, mais aussi aux banques et aux assurances des 26 départements ciblés. « L’objectif est de nous faire connaître des prescripteurs de conseils de ces départements, pour qu’ils soient en mesure de conseiller utilement les agriculteurs au moment de l’installation ou de la recherche d’une diversification. » Les responsables de CT2F, leur président Rémy Losser en tête, sont persuadés que le tabac représente une véritable opportunité pour de nombreuses exploitations. « Tous les ans, du matériel tabacole part à l’étranger, suite à des cessations d’activité, alors qu’il pourrait être utilisé dans des exploitations françaises. » Cette campagne de communication se poursuivra par l’envoi d’un dossier de presse aux journaux agricoles des 26 départements, dans lequel ils pourront puiser une foule d’informations pour rédiger des articles, précise Olivier Riedinger. La mise en ligne du site internet CT2F constituera la quatrième phase de ce plan, « portail d’entrée pour un site intranet qui sera lancé l’an prochain ». Ce site, précise le directeur, se veut facile d’accès et fournit des explications simples sur le tabac, une culture d’avenir. Rendez-vous lundi prochain à Weyersheim Mais les responsables de la coopérative en sont conscients, cette communication n’est pas adaptée à l’Alsace où les surfaces tabacoles sont en baisse. « C’est l’un des seuls départements où la production recule. Partout ailleurs, elle se maintient, voire augmente, notamment dans le Poitou. » C’est pourquoi les techniciens de la filière tabac ont proposé d’organiser une opération ferme ouverte sur l’exploitation de Nicolas Zilliox, au Gaec du Kestlerhof, à Weyersheim. Elle aura lieu lundi 26 septembre et se déroulera en trois temps. « De 16 h à 18 h, nous accueillerons les salariés des organisations professionnelles agricoles. Puis, de 18 à 20 h, ce sera au tour des Jeunes Agriculteurs, mais aussi des responsables cantonaux de la FDSEA du Bas-Rhin, des élus de la Chambre d'agriculture et des responsables politiques. Enfin, à partir de 20 h, nous inviterons l’ensemble de nos planteurs pour faire avec eux, le point sur la campagne en cours. » Trois interventions sont prévues : Nicolas Zilliox présentera son exploitation, sa démarche, puis un jeune tabaculteur témoignera de son expérience, et enfin Rémy Losser, président de France Tabac et de CT2F, évoquera les perspectives d’avenir de la filière tabacole. Car la coopérative Tabac Feuilles de France offre à ses adhérents de réelles opportunités de développement, à l’image d’autres filières alsaciennes qui ont le vent en poupe, insiste Olivier Riedinger.

Planète Légumes

« Les Jeunes pousses »

Publié le 21/09/2016

Afin de créer une dynamique auprès des jeunes maraîchers et producteurs de légumes, un groupe qui leur est entièrement dédié vient d’être créé à l’initiative d’une poignée d’entre eux, membres de Planète Légumes.

« Nous en parlions depuis deux ans environ au sein de Planète Légumes. Mais le projet ne s’était pas concrétisé », rappelle Emmanuel Dollinger, vice-président de la structure, jeune maraîcher à Hœrdt. Avec Geoffrey Andna, maraîcher à l’Îlot de la Meinau, il relance en début d’année cette idée de créer un groupe de jeunes producteurs spécialisés en maraîchage, avec la ferme volonté d’aboutir. « Ce groupe s’est imposé comme une nécessité. » Une douzaine de jeunes ont participé à la première journée de rencontre, organisée en juin dernier sur l’exploitation de Geoffrey Andna, en présence de Pierre Lammert et Fabien Digel, respectivement président et directeur de Planète Légumes, de Julien Koegler, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs, et de l’ensemble des conseillers de Planète Légumes. Une journée constructive et positive : après la visite des serres, des cultures de plein champ et du parc matériels, les échanges se sont poursuivis autour d’un repas convivial qui a permis de constituer le groupe et d’acter son nom « Les Jeunes pousses de Planète Légumes ». « La vocation des Jeunes pousses est de partager tout ce qui peut nous permettre de progresser et d’améliorer nos techniques de production, d’accompagner les jeunes qui veulent se lancer dans la production et de les aider à avancer plus vite, indique Emmanuel Dollinger. Toutes les idées sont bonnes à prendre. » Pour lui, l’information technique est indispensable lorsque l’on démarre dans le métier. « La difficulté est qu’il faut la trouver et bien souvent aller la chercher. Avec ce groupe, l’idée est de l’offrir aux jeunes, en proposant régulièrement des réunions sur le terrain, en salle, en invitant des spécialistes, allant voir ce que font nos collègues dans d’autres régions de France ou à l’étranger. » Les thématiques des rencontres seront établies en fonction des besoins exprimés par le groupe. Ce groupe est ouvert à tous les jeunes dès la sortie du lycée, spécialisés en maraîchage, producteur sous serres, de plein champ, en conventionnel ou en bio. « Nous sommes un petit noyau très soudé de quatre à cinq jeunes producteurs, autour duquel se sont greffés d’autres jeunes, motivés. » Et Emmanuel Dollinger est convaincu qu’à force d’action, le cercle va s’étendre, le réseau se former. « Entre jeunes, on est tous au même niveau, on se sent plus libres pour s’exprimer, parler sans tabou. » Les Jeunes pousses de Planète Légumes se réuniront le 12 octobre chez Thibaut Diemer à Kolbsheim. Au programme, visite de l’exploitation, échanges et construction claire des objectifs et orientations du groupe. Deux intervenants extérieurs présenteront entre autres des sondes pour mesurer l’humidité. Tous les jeunes producteurs intéressés sont cordialement invités.

Publié le 13/09/2016

Il y a quelques années, les houblonnières ont bien failli disparaître du paysage alsacien. Mais, à l’image du houblon, dont la liane est réputée pour être coriace, la filière a su rebondir en se réinventant. Les demandes des clients ont changé, le houblon alsacien aussi. Et ça marche. Les carnets de commandes sont pleins. Il faut désormais produire davantage !

Il y a six ans, la filière houblonnière, ancestrale en Alsace et dont elle constitue un symbole fort, vacillait sur ces acquis. Son principal client Anheuser-Busch, qui absorbait à lui seul 70 % de la production alsacienne, rompait purement et simplement le contrat. En décembre 2010, la coopérative des producteurs de houblon Cophoudal se rapproche du Comptoir agricole. Et l’activité est reprise par la coopérative céréalière qui instaure un plan de maintien de la filière. Hors de question en effet de voir toutes les houblonnières démontées. Car étant donné les investissements que cela représente, il y a fort à parier qu’une houblonnière à terre ne se redresse jamais. Les structures sont donc laissées en place, et il y pousse des céréales, en attendant des jours meilleurs. Repositionnement sur les aromatiques Pendant ce temps, les équipes du Comptoir agricole se saisissent du dossier, et notamment Antoine Wuchner, spécialiste de la vente des céréales. Lorsqu’il se voit confier la commercialisation du houblon, il comprend qu’il « va falloir passer d’une logique de distribution à une logique de proposition, ce qui requiert de bien connaître le houblon, pour savoir quel type de houblon proposer à quel client. » Car le marché de la bière - donc du houblon - a changé. Les parts de marché des bières de soif sont grignotées par les parts de marché des bières de spécialités, qu’elles soient produites par un grand groupe ou une microbrasserie, dont le contingent s’est considérablement accru en quelques années. En outre, l’Alsace s’avère dans l’incapacité de rivaliser avec les autres origines sur le créneau des houblons amérisants. Deux éléments qui ont incité le Comptoir agricole à retravailler son positionnement sur le créneau des houblons aromatiques. Un vaste plan de sélection variétale a permis d’élaborer de nouvelles variétés (aramis, triskel, bouclier, barbe rouge - aux arômes de fruits rouges -, mistral - au parfum exotique). Désormais, un portefeuille de huit variétés aromatiques (soit 95 % de la surface) et deux variétés amérisantes sont emballées dans un nouveau plan marketing, qui vise à positionner les houblons d’Alsace comme des produits de luxe, en lien avec la gastronomie française. Les associations entre mets et bières sont notamment mises en avant. À la conquête de nouveaux clients Pour remplacer le client historique, l’équipe commerciale du Comptoir agricole est allée toquer à la porte de l’oncle Sam : « Le marché des aromatiques y est porté par l’essor des microbrasseries et les brasseurs fonctionnent par contractualisation. » De salons en salons, le houblon d’Alsace a séduit les brasseurs américains, puis les Canadiens, puis les Belges… « Désormais, nos houblons sont présents dans toutes les grandes brasseries alsaciennes et dans de nombreuses brasseries belges », se félicite Antoine Wuchner. Du maintien au développement Après avoir été réduite à ?? ha en ?? (au plus bas), la surface houblonnière atteint 430 ha en production en 2016, et « il faudrait 100 ha de plus d’ici 2 ans pour répondre à la demande », indique Denis Fend, directeur du Comptoir agricole. « Nous avons bénéficié de nombreux soutiens pour maintenir cette filière. Désormais le marché reprend des couleurs. Le plan de maintien n’est plus à l’ordre du jour. Nous avons devant nous des contrats pour trois à cinq ans. Notre plan de développement est désormais le suivant : augmenter les surfaces, investir dans une unité de pelletisation (NDLR : le houblon peut être commercialisé en frais, pelletisé ou sous forme d’huile) et relancer le plan de sélection variétale. » En effet, le croisement de lignées est interrompu, le travail de sélection reposant actuellement sur les derniers croisements qui ont été effectués. Lever les freins, par tous les moyens Aujourd’hui, grâce aux contrats conclus avec ses clients, le Comptoir agricole est en mesure d’assurer une visibilité sur cinq ans aux houblonniers. Malgré cela, la coopérative peine à trouver des volontaires pour développer les surfaces, que ce soient d’anciens ou de nouveaux planteurs. Plusieurs freins ont été identifiés : les investissements importants (dans les houblonnières mais aussi dans les outils de transformation), l’isolement (l’Alsace ne compte que 47 houblonniers) et la dimension des infrastructures requises, qui peut faire peur. Pour lever ces freins, plusieurs idées ont émergé : octroyer une incitation de 1 000 €/an pendant 5 ans pour toute extension de surface ; garantir un prix minimum pendant une durée minimum afin de sécuriser l’amortissement des investissements ; mettre en place un dispositif de parrainage entre anciens et nouveaux planteurs, les anciens laissant les nouveaux utiliser leurs installations moyennant un système de rétribution qu’il reste à établir ; élaborer une formation dédiée à la production de houblon ; mettre sur pied un îlot de production regroupant quelques producteurs fonctionnant en Cuma. D’ici la fin de cette année, voire le début de la prochaine, 20 ha de houblonnières vont être montés. Reste à en trouver 70, soit l’équivalent de trois-quatre exploitations professionnelles d’une vingtaine d’hectares. « Dès cet hiver, nous allons organiser une formation pour attirer les jeunes et repérer ceux qui ont les aptitudes pour faire de bons houblonniers », indique Matthieu Luthier, responsable développement et communication au Comptoir agricole. Le sauvetage de cette filière, qui doit son salut à son repositionnement face à l’évolution du jeu de l’offre et de la demande, a été présenté aux élus de la commission agriculture et forêt de la Région Grand Est qui sont allés à la rencontre des houblonniers alsaciens pour mieux connaître cette filière, inconnue au bataillon des productions agricoles lorraines et champardenaises. Pascale Gaillot, présidente de cette commission, a assuré les houblonniers alsaciens de soutien de la Région : « Le soutien aux filières longues et structurantes est inscrit dans notre plan de développement agricole ». Chiffres clés 2015 481 ha de houblonnières objectif de 700 t/an 47 houblonniers 10 000 m2 stockage 70 % du houblon exporté 72 % de contractualisation un laboratoire d’analyses 22 k€ d’analyses 96 % de la production française de houblon en Alsace

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