Strasbourg
Le maïs, une culture pleine de surprises !
Strasbourg
Publié le 20/10/2016
Le bus « Cet épi m’épate » a fait une halte pour la première fois en Alsace, place Gutenberg à Strasbourg, le 12 octobre. Une rencontre ludique avec le grand public proposée par la filière maïs.
Depuis trois ans, la filière maïs organise des journées de rencontre avec le grand public dans différentes régions de France. Pour la première fois, c’est avec le bus « Cet épi m’épate » qu’elle est venue en Alsace, à Strasbourg place Gutenberg, le 12 octobre. Pour la filière, qui regroupe l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM), la Fédération nationale de la production des semences de maïs et de sorgho, le Groupement national interprofessionnel des semences et plants et l’Union française des semenciers, l’objectif avec ce bus est « de mieux faire connaître la culture du maïs en Alsace », précise Anne Kettaneh, directrice de communication à l’AGPM. Le bus devait se rendre ensuite en Rhône-Alpes et à Toulouse. Avec ce bus, installé dans des sites centraux, la filière entend montrer au grand public le maïs et ses applications, très variées. Ces rencontres visent également « un public plus intéressé », comme les élus à qui les organisateurs donnent des informations plus précises sur la production dans leur région, précise la directrice. « L’objectif est de sensibiliser à l’importance économique de cette culture », en France et en Alsace. Et de rappeler qu’elle recouvre plusieurs activités, outre la production agricole de maïs fourrage et de maïs grain, dont la France est le premier fournisseur européen. À commencer par la production de semences de maïs, secteur en croissance dans la région depuis la création en 2014 d’une usine de maïs semences à Marlenheim par le Comptoir agricole. La France est d’ailleurs le premier producteur européen de semences de maïs et le premier exportateur mondial, « c’est le top des semences », précise Didier Lasserre, responsable maïs à Arvalis-Institut du végétal. Prévision de récolte moyenne avec des disparités Dans le Grand Est, où la récolte démarre, le maïs a subi les aléas de la météo cette année, « une double peine », souligne Didier Lasserre, avec des conditions « d’abord trop humides puis trop sèches ». L’Alsace est un peu moins touchée qu’au niveau national « grâce à ses surfaces irriguées à 35 % ». Si les rendements sont moyens, « c’est beaucoup plus catastrophique pour le blé ». « Les à-coups climatiques ne sont pas très bons pour cette production », ajoute Didier Lasserre. La récolte reste correcte en Alsace, « prévue à un niveau supérieur à la moyenne nationale, avec néanmoins des disparités selon les secteurs ». Les rendements peuvent varier « du simple au triple » de 50 q/ha à 150 q/ha, notamment dans les secteurs de Molsheim et Wasselonne « très touchés ». La moyenne devrait se situer aux environ de 102 q/ha, un peu moins pour la Champagne-Ardenne, de l’ordre de 82 q/ha. Un épi aux multiples applications Il faut rappeler au public que cette culture d’origine mexicaine, amenée par Christophe Colomb, est cultivée en Alsace « depuis le XVIIe siècle », précise Didier Lasserre. À 337 000 hectares, les surfaces cultivées dans le Grand Est représentent 10 % du maïs français. Les variétés, cultivées entre cinq et six mois, contre dix pour le blé, « se sont adaptées et supportent le froid ». Cette culture a dépassé celles du riz et du blé depuis 1985. Le maïs grain est destiné à 80 % à l’alimentation animale en France et 20 % à l’alimentation humaine. « Un pourcentage inversé en Alsace », en raison de la présence de deux amidonneries de maïs, Tereos-Syral à Marckolsheim et Roquette à Beinheim, qui fournissent près du tiers de l’amidon de maïs à l’échelle nationale. 70 % de cette production régionale sont exportés. La région compte également une semoulerie de maïs. Le maïs grain est utilisé dans la fabrication de la bière, « sauf en Allemagne qui l’interdit ». Le public a été surpris d’apprendre que le maïs est présent dans de nombreux produits ou objets du quotidien, dont certains souvent ignorés, en raison de sa teneur en amidon. On le retrouve ainsi dans les couches-culottes, les capsules bioplastiques dégradables, le sac plastique biodégradable en six mois, etc. Les visiteurs du bus ont pu découvrir ses différentes applications notamment par le biais d’une imprimante 3D, capable de fabriquer un objet en bioplastique. Les enfants ont testé leurs connaissances sur cet épi, en répondant à un quiz, découvrant notamment qu’il est présent dans plus de 3 500 produits. Le bus a proposé aux visiteurs des dégustations de pop-corn sucrés et salés, de bonbons mentholés dont la pellicule enrobante est à base de maïs. Une façon pédagogique et ludique de faire évoluer l’image de cette culture en Alsace et de mieux en mesurer les enjeux.












