Cultures

Forêt de Haguenau

En route pour le label !

Publié le 07/12/2016

La première étape pour l’obtention du label Forêt d’exception demandée par la forêt indivise de Haguenau a été concrétisée par la signature d’un protocole d’accord entre l’Office national des forêts d’Alsace du Nord, la Ville de Haguenau et l’État, le 18 novembre.

C’est l’auberge du Gros Chêne, au cœur de la forêt indivise de Haguenau, qui a accueilli les représentants de l’Office national des forêts (ONF), du comité national du label Forêt d’exception, le député-maire de Haguenau, Claude Sturni, et la sous-préfète de Haguenau-Wissembourg, Chantal Ambroise. Innovation dans la gouvernance, travail en commun Albert Maillet, directeur national forêts et risques à l’ONF, a rappelé que le label Forêt d’exception, initié par l’ONF est « une marque déposée ». Il est décerné à des forêts qui ont vocation à servir de modèle. Il y a vingt forêts en France engagées dans cette démarche, quatre sont labellisées, dont celles de Fontaineblau, de Verdun, dont « le fil rouge est le lieu de mémoire ». « Patrimoine exceptionnel, innovation dans la gouvernance », la forêt indivise de Haguenau engageait en ce 18 novembre la première étape vers l’obtention de ce label avec la signature d’un protocole d’accord entre les différents partenaires. Il sera suivi d’un contrat de territoire puis d’un dépôt de candidature officielle à l’obtention. Cette démarche s’achèvera par un grand oral à Paris. « Le comité national du label Forêt d’exception, composé de personnalités d’horizons différents, a été créé en 2007 », a précisé Paul Arnould, son président. Il sélectionne les demandes d’obtention de ce label, qui s’appuie sur une charte nationale Forêt d’exception, dont un des principes est « l’innovation, avec des acteurs qui travaillent ensemble ». Pour celle de Haguenau - forêt de plaine en indivision, « une particularité » -, c’est un projet commun qui se décline en différentes actions représentatives de la personnalité de ce territoire, avec « une gouvernance ouverte par l’ONF ». C’est grâce à « la volonté commune de la ville et de l’ONF » que cette demande a été ajoutée l’année dernière à la liste des forêts déjà candidates à ce label. Le protocole d’accord signé ce jour-là est un projet à l’échelon local et régional. Le comité interviendra ensuite pour la rédaction du document de candidature. Paul Arnould, impressionné par « le sérieux et la diversité des partenaires, n’a pas de doute sur la réussite de ce projet ». Espace naturel remarquable à valoriser et à partager « Les acteurs de cette demande ont pris le train en route et rattrapé les autres forêts dans cette démarche, a précisé Claude Sturni. La ville de Haguenau a été créée il y a 900 ans parce qu’il y avait la forêt. Et sur la carte satellite de France, c’est encore cette forêt qui permet de trouver Haguenau. C’est une des motivations qui a enclenché cette demande accélérée. Cette forêt représente un véritable patrimoine génétique pour la ville, un élément d’identification, un lieu de ressources, avec des liens multiples tissés au fil des siècles, selon les besoins des hommes. » La forêt, « c’est notre avenir », a insisté le maire. Il s’agit de chercher des éléments d’innovation, notamment dans le bois, vecteur de développement. Les différents acteurs se sont retrouvés spontanément autour de cette démarche de labellisation, dans « une envie commune de promotion et de valorisation du territoire, la forêt au cœur de l’Alsace du Nord ». Il s’agit de faire en sorte que le projet des copropriétaires, Ville, État, « demeure multipartenarial ». Ce protocole est « un encouragement pour aller au bout de la démarche ». Chantal Ambroise, en poste depuis quatre mois, présidente du comité de pilotage des équipes de l’ONF et de la Ville, a salué cette démarche qui marque « le caractère emblématique retrouvé pour la forêt ». Haguenau a la chance d’avoir cet espace naturel tout proche, « remarquable par sa taille et sa diversité ». L’ONF et la Ville ont conjugué leurs efforts pour travailler ensemble dans la durée pour élaborer des projets et préserver ce patrimoine forestier. « C’est un espace naturel à valoriser, pour en faire une fierté, et à partager avec le public ». « Ce n’est pas qu’un massif, c’est un territoire, riche d’histoire, de mémoire culturelle », avec une faune et une flore diversifiée. Ce projet territorial va porter sur quatre thématiques, l’accueil en forêt, la diversité, le volet économique, bois, chasse, et les liens avec l’homme. Cette démarche est un atout, « un support pédagogique, la mise en avant des savoir-faire locaux », la poterie entre autres. Ce protocole est un acte d’engagement, qui devrait « renforcer le lien social et le développement économique local ». État, Ville, il s’agira de trouver « le meilleur équilibre entre valorisation et conservation », a-t-elle noté. La réussite du projet Forêt d’exception dépendra « de la capacité, de la volonté de fédérer » et mobiliser l’ensemble des partenaires pour « s’approprier ce bien en étant fier de sa richesse et de son identité ».

Campagne céréalière 2017

Sur quels postes envisager des économies ?

Publié le 06/12/2016

Dans un certain nombre d’exploitations, la succession de campagnes céréalières décevantes se traduit par des niveaux de trésorerie bas. Dans ce contexte, chaque investissement est à raisonner. Mais attention à ne pas réaliser de fausses économies.

« Pour réaliser des économies en 2017, il est possible d’envisager de jouer sur les différents facteurs constitutifs du coût de production », indique Didier Lasserre, ingénieur à Arvalis-Institut du végétal, invité du dernier groupe céréales organisé par la FDSEA du Bas-Rhin. Le coût de production du blé est estimé à environ 220 €/t, toutes charges comprises, et salaire pour le producteur inclus… « Les charges opérationnelles représentent la plus grosse part de ce coût de production. Mais, à 66 €/t, les charges de mécanisation ne sont pas négligeables… » Et parmi les intrants qui sont utilisés pour produire des céréales, Didier Lasserre distingue ceux visant au maintien du patrimoine (fumure de fond, désherbage), à la fonction de production - « plus on met, mieux c’est », schématise-t-il, typiquement il s’agit de l’azote… - et ceux de type effet de seuil, c’est-à-dire qui peuvent ne rien apporter ou rapporter beaucoup, comme la protection contre les maladies. Fumure de fond : une économie peu risquée L’objectif en 2017 va être de « maintenir le patrimoine au meilleur coût », résume Didier Lasserre. L’impasse sur la fumure de fond est une économie qui pourra être envisagée dans d’assez nombreuses situations. « Le risque pris en faisant une impasse va dépendre de l’exigence de la culture, de la teneur du sol, de l’historique de fertilisation, du mode de gestion des résidus… Ainsi, il sera plus facile d’envisager une impasse sur blé ou sur maïs que sur betteraves. » En gros, les sols alsaciens sont bien pourvus en phosphore, indique Didier Lasserre, carte à l’appui. En potasse aussi, même si c’est un peu moins généralisable à toutes les parcelles. Aussi estime-t-il qu’en blé, il est possible de réaliser une économie de 30 à 70 €/ha de fumure de fond, en faisant l’impasse ou en réduisant la dose de moitié, sans prendre de gros risques. Pour les éleveurs, les apports de fumier ou de lisier suffiront largement à couvrir les besoins d’un blé, l’impasse en est d’autant plus envisageable. Enfin, même si elles ont un coût, Didier Lasserre estime qu’investir dans des analyses de terre pourrait cette année, peut-être encore plus qu’une autre, s’avérer une stratégie payante, car « elles permettent de voir où on se situe », donc où on peut tranquillement lever le pied ou pas. Économiser sur le désherbage : un jeu risqué S’il est plutôt enclin à encourager une économie sur la fumure de fond, Didier Lasserre est beaucoup plus circonspect en ce qui concerne le désherbage : « Un échec de désherbage, ça peut coûter cher. Parce que si on laisse passer des adventices, on risque d’augmenter le stock semencier, et par la suite on aura du mal à retrouver une parcelle propre sans passer par des investissements dans le désherbage. » Didier Lasserre est donc catégorique : « Il ne faut pas économiser sur le désherbage ». Sans pour autant oublier que le désherbage n’est pas que chimique : « Il y a aussi des solutions comme le faux-semis, les couverts, le labour… » Azote : garder la dose, l’apporter mieux En ce qui concerne la fertilisation azotée, autant il est possible de jouer sur le fractionnement et le pilotage, pour apporter l’azote au plus près des besoins, sur la forme, pour éviter les pertes, par exemple en privilégiant l’ammonitrate à l’urée, le pilotage. Autant il est « dangereux d’essayer d’économiser sur la dose d’azote ». En effet, le rendement et la qualité des grains répondent nettement aux variations de la dose d’azote : « Si on diminue de 40 unités la dose optimale on peut perdre 3,4 quintaux et 0,7 % de protéines ». Le débouché du blé peut donc s’en trouver affecté. Conclusion de Didier Lasserre : il faut apporter la bonne dose, mais la fractionner par rapport aux besoins des plantes et en fonction des données fournies par les outils de pilotage. Sanitaire : gare aux fausses économies Reste la gestion des risques sanitaires. Didier Lasserre préconise de choisir des variétés tolérantes, de bien raisonner la protection en fonction des parcelles et de leur niveau d’exposition au risque, et d’utiliser tous les Outils d’aides à la décision (OAD) disponibles pour positionner les traitements au bon moment. Quant aux intrants à effet de seuil (traiter contre les pucerons ou pas ? Lutter contre la verse ou pas ?), le raisonnement de Didier Lasserre est le suivant : « Ce sont pour la plupart des interventions qui ne coûtent pas très cher et qui peuvent rapporter gros. Par exemple, entre un blé traité et un blé non traité contre les pucerons il peut y avoir jusqu’à 20 q d’écart de rendement. S’en priver risquerait donc de s’avérer une fausse économie. » Gagner en technicité, et la réinvestir Pour résumer, 2017 va être une campagne très technique, résume Didier Lasserre : « Il va falloir piloter les interventions au plus juste, ne pas faire de l’assurance, mais raisonner chaque intervention en fonction du niveau de risque. » Dans l’ordre de pertinence, il préconise de se passer des intrants « de luxe », dont la rentabilité n’est pas avérée, puis de procéder à des ajustements significatifs de la fertilisation azotée en fondant le raisonnement sur des analyses de terre et des outils de pilotage, enfin d’ajuster la stratégie fongicide au plus près des besoins. « En poussant les producteurs à davantage de technicité, la campagne 2017 pourrait s’avérer utile pour l’avenir. C’est l’occasion d’acquérir des compétences techniques qui pourront être réutilisées lors des prochaines campagnes », estime Didier Lasserre. Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté, a conclu Didier Lasserre, citant Winston Churchill. Tout un symbole !

Concours prairies temporaires du Gnis

Le lycée agricole d’Obernai se distingue

Publié le 30/11/2016

Cette année encore le lycée agricole d’Obernai s’est distingué lors du concours des prairies temporaires organisé par le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis). Deux binômes d’étudiants se classent deuxièmes ex aequo sur quelque 736 participants.

« Dans les exploitations d’élevage, la maîtrise des prairies est le premier moyen pour les éleveurs de sécuriser le système fourrager tout en améliorant le revenu. Choisir des espèces et des variétés adaptées aux conditions de l’exploitation et aux contraintes de production, c’est incontestablement améliorer son système fourrager tant au niveau de la qualité et de la productivité de la prairie, que de l’organisation du travail et de la rentabilité de l’exploitation. Il est important que les futurs techniciens et techniciennes y soient sensibilisés », explique le Gnis sur la page internet dédiée au concours des prairies temporaires qu’il organise. Regroupés en binômes, les étudiants doivent choisir une exploitation support comportant un atelier d’élevage et des surfaces fourragères. Dans une première partie de leur dossier, ils sont invités à décrire cette exploitation avec des éléments techniques et économiques. Dans une seconde partie, ils doivent poser un diagnostic sur la situation existante, l’analyser et proposer des améliorations : introduction d’une nouvelle prairie, rénovation d’une prairie existante, choix et conduite d’espèces prairiales adaptées. Les conséquences technico-économiques de l’évolution proposée doivent également être présentées et chiffrées. Un capital de connaissances Pour la 31e édition de ce concours, tous les étudiants de BTS Acse du lycée agricole d’Obernai ont participé, guidés par Caren Bulte, professeur de zootechnie, et Guillaume Bapst, professeur d’agronomie, qui a présélectionné les dossiers les plus aboutis pour les présenter au concours. « Je suis content du travail que vous avez fourni. Nous nous étions fixé des objectifs, vous les avez tenus, notamment en termes de respect des délais de remise de vos travaux », constate Guillaume Bapst qui souligne que « les connaissances acquises en participant à ce concours pourront être réinvesties sur vos exploitations ». Thierry Girodot, proviseur du Legta d’Obernai, a quant à lui décrit ce concours comme « une situation interactive et professionnalisante ». Le lycée agricole d’Obernai concourait avec les autres établissements agricoles des régions Nord et Est, soit environ 450 participants, le plus gros des 736 participants au niveau national. Les travaux ont été jugés par des professionnels issus d’instituts techniques, de Chambre d'agriculture… Ils ont particulièrement apprécié le travail fourni par les étudiants d’Obernai puisque deux binômes constitués d’une part de Stéphane Hoenen et Audrey Lossel et d’autre part de Stéphanie Reeb et Nicolas Richert se classent parmi les dix premiers. Et que deux autres binômes constitués d’une part de Léo Brandt et Xavier Thuet et d’autre part de Jonathan Risch et Jérémy Herr terminent deuxièmes ex aequo. Venu récompenser les étudiants, Jonathan Pétry, inspecteur semences fourragères au Gnis, a souligné la qualité des dossiers présentés par le lycée : « Ils étaient tous d’un très bon niveau ». Tous les étudiants primés ont d’ailleurs été récompensés d’un diplôme et d’une revue technique sur la luzerne. Les quatre finalistes ont en plus reçu une caméra GoPro. « Prochaine étape : 100 % de réussite au BTS », a lancé Gilles Cadieu, proviseur adjoint, pas peu fier des résultats obtenus par les étudiants.

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