Cultures

Publié le 21/12/2016

La semaine dernière, la Chambre d'agriculture d’Alsace a organisé une série de réunions pour bien préparer la prochaine campagne maïsicole et tirer les enseignements de la précédente, atypique par bien des aspects.

Trop d’eau, puis plus assez. Tel a été le retournement de situation auquel les agriculteurs ont été confrontés durant la campagne 2016. Une dualité qui s’est traduite par « des semis délicats dans des sols détrempés », rappelle Mickaël Haffner, conseiller agricole à l’Adar de l’Alsace du Nord. La fréquence des précipitations était telle que peu de fenêtres de semis se sont présentées. Il y en a eu trois principales, autour du 10 avril, fin avril, puis vers le 7 mai. Puis, en raison des conditions fraîches, les levées ont été lentes, « mais se sont tout de même avérées correctes ». Et l’humidité constante a tout de même eu un effet positif : la bonne efficacité des herbicides de prélevée. Mais, fin mai, d’intenses précipitations localisées ont entraîné des inondations, des coulées d’eau boueuse. Des épisodes de grêle sont également à déplorer. La présence prolongée d’eau stagnante a entraîné des phénomènes d’asphyxie racinaire, donc une croissance ralentie des plantes. Et il a été difficile de trouver des créneaux pour effectuer les désherbages de rattrapage. Un retard au départ rattrapé à la récolte L’été est arrivé. Et s’est avéré chaud et sec, à l’opposé du printemps. Résultat : « Des stress hydriques marqués, des remplissages en déficit ». Et le retard qu’accusaient les cultures au début de la campagne a fini par être rattrapé. L’automne, assez normal au regard des affres météorologiques précédentes, a permis une récolte dans de bonnes conditions, hormis un épisode de gel précoce le 12 octobre, dans le Sundgau, qui a stoppé net l’évolution du maïs. Cette année bipolaire se solde finalement par un rendement moyen de 100 q/ha, avec des extrêmes allant de 70 à 150 q/ha, et une bonne qualité sanitaire. Comparé aux années précédentes, le cycle du maïs a été plus tardif en 2016 : « Les semis ont été plus étalés et retardés. Un retard qui persiste à la levée, au stade 6-8 feuilles, puis commence à être rattrapé au mois d’août, jusqu’à ce que le manque d’eau précipite les récoltes », indique Mickaël Haffner. Les précipitations, facteur discriminant du rendement Ce bilan de campagne, que l’on peut dresser pour l’ensemble de la région sans trop se tromper, cache néanmoins des situations très disparates en fonction des secteurs et qui s’expliquent surtout par l’abondance des précipitations. En comparant le PMG de maïs cultivés sur trois sites d’essai, la Chambre d'agriculture d’Alsace a pu constater qu’entre Westhouse et Morsbronn-les-Bains le PMG chutait de 15 % et qu’entre Morsbronn-les-Bains et Stutzheim il chutait encore une fois de 10 %. « Pourtant, à Stutzheim, il y avait davantage de grains par mètre carré que dans les deux autres sites, mais comme il n’y a quasiment pas eu de précipitations en été, ces grains n’ont pas pu se remplir », explique Mickaël Haffner. Contrairement à Westhouse, où les grains, présents en quantité suffisante, se sont remplis à la faveur de quelques épisodes pluvieux au mois d’août. Résultat, les rendements pouvaient atteindre 145 q/ha. À Battenheim, lorsque l’irrigation a permis de gommer les effets du manque de précipitations, les rendements ont atteint 147 q/ha. Tandis que dans le secteur de Dannemarie, il y a d’abord eu une chute du nombre de grains par mètre carré, puis un épisode de gel qui est venu contrecarrer un PMG qui était correct. Au final, le rendement moyen sur ce secteur plafonne à 85 q/ha. Peu de ravageurs Côté ravageur, la campagne a été assez calme. En l’absence d’un hiver rude la nymphose des pyrales s’est faite assez tôt, et le pic de vol a eu lieu de début à mi-juillet. Peu de pontes et peu de dégâts ont été constatés. La progression de la chrysomèle des racines du maïs suit son cours : cette année plus de 4 000 individus ont été piégés dans le réseau de surveillance. La fusariose des épis est restée discrète, tant en termes de fréquence que d’intensité des symptômes. Par contre, des symptômes de fusariose des tiges ont localement pu être constatés. « Ils s’expliquent par une remobilisation des réserves de la plante vers le grain durant les coups de chaud et de sec au mois d’août », indique Mickaël Haffner.

Publié le 17/12/2016

20 000 à 30 000 m3 de bois sont vendus chaque hiver sous la marque Alsace Bois Bûche, développée par 20 professionnels du bois de chauffage. La marque fête ses 10 ans.

Efficace pour se chauffer, peu polluant s’il est bien utilisé, renouvelable, économique par rapport aux énergies fossiles… le bois énergie ne manque pas de qualités. Fibois Alsace l’a rappelé le 8 décembre, à l’occasion des 10 ans de la marque régionale Alsace Bois Bûche. Christophe Glad, président d’Alsace Bois Bûche, a rappelé les principaux engagements des professionnels vendant des bûches sous cette marque. Les 20 professionnels concernés proposent du bois de provenance locale récolté selon les principes de gestion durable. Le rayon de livraison moyen est de 26 km pour le bois bûche, selon les chiffres de l’interprofession, cités par Sacha Jung, délégué général de Fibois Alsace. Il provient obligatoirement de feuillus car celui-ci offre un meilleur rendement énergétique que le bois de résineux. Les professionnels s’engagent à en préciser l’essence à leurs clients. Vendu en bûches de 1 m, 50 cm ou 33 cm, le bois portant la marque Alsace Bois Bûche est disponible selon trois degrés d’humidité : à moins de 20 % d’humidité, il est considéré comme sec et donc prêt à l’emploi ; entre 20 et 35 % d’humidité, il est mi-sec et doit être stocké avant utilisation ; au-dessus de 35 % d’humidité, c’est un bois vert qu’il va falloir laisser sécher quelque temps avant de le brûler. Cette mention figure sur la facture établie par le vendeur. Le bois moins cher que les énergies fossiles Le bois reste l’un des moyens les plus économiques pour se chauffer, rappelle Christophe Glad. Sous quelque forme que ce soit (le bois bûche particulièrement, mais aussi les plaquettes ou les granulés), son coût est inférieur à celui du gaz naturel, du fioul domestique et de l’électricité. Ceci explique sans doute que la part du bois bûche dans la consommation de bois énergie atteint 60 % en Alsace, soit 800 000 tonnes brûlées annuellement. Le reste est constitué par les plaquettes (35 %, en forte augmentation depuis 10 ans) et les granulés en vrac (5 %). Pour autant, ce combustible ne contribue pas aux tensions observées sur le marché du bois, selon ses promoteurs qui relèvent qu’avec trois hivers doux consécutifs, les particuliers ont moins chauffé au bois que de coutume. Le bois bûche - et le bois énergie en général - contribuent-ils à la dégradation de la qualité de l’air ? La question se pose alors que plusieurs grandes villes françaises, confrontées aux rigueurs de l’hiver, ont connu des pics de pollution ces dernières semaines. Comme tous les combustibles, le bois émet des gaz et des particules fines lors de sa combustion, reconnaît Emmanuel Rivière, directeur de l’Aspa, organisme de surveillance et d’étude de la pollution atmosphérique en Alsace. S’agissant des gaz à effet de serre comme le CO2, le bilan du bois est plutôt favorable puisque le CO2 libéré par la combustion est stocké par les arbres qui poussent en forêt, dans les forêts gérées durablement tout au moins. Pour les particules fines, en revanche, le bois énergie arrive au deuxième rang des sources d’émission, révèle l’Aspa qui s’est dotée voici deux ans d’un analyseur permettant de tracer les particules jusqu’à la source. Du bois sec dans des chaudières récentes Le remplacement des anciens appareils de chauffage au bois datant d’avant 1996, notamment des foyers ouverts, est une façon efficace de limiter les émissions de particules fines dans l’atmosphère, tempère Emmanuel Rivière. « Les appareils récents permettent des gains extraordinaires en termes d’émissions », assure le représentant de l’Aspa. Ils offrent également un rendement énergétique et une autonomie largement supérieurs. Des aides existent pour renouveler le parc existant (lire notre encadré). Un label - « Flamme verte » - a même été créé pour distinguer les appareils respectant des normes d’émission basses. La réduction des émissions polluantes passe également par le respect de bonnes pratiques, que les professionnels d’Alsace Bois Bûche cherchent à promouvoir : il s’agit de brûler uniquement du bois sec (à moins de 20 % d’humidité) et du bois propre. Les chutes de panneaux et le papier journal sont à proscrire car ils contiennent des produits chimiques potentiellement dangereux quand on les brûle.

Publié le 14/12/2016

Lors du groupe céréales organisé par la FDSEA du Bas-Rhin, Sarah Ramos-Schneider, technicienne en charge du suivi technique de la production de pommes de terre au Comptoir agricole, était invitée à présenter cette culture qui peut représenter un complément de revenu intéressant pour un certain nombre d’exploitations agricoles alsaciennes.

La filière pomme de terre a vu le jour en Alsace en 2000, par le regroupement de quelques producteurs. Dès l’année suivante, une section pomme de terre a été créée au Comptoir agricole, ainsi que la marque Reine Anne, clin d’œil à l’ancrage territorial de la production : des producteurs alsaciens qui écoulent leur production sur le bassin rhénan. En 2007, le Comptoir agricole investit dans sa chaîne de conditionnement en l’équipant d’un trieur optique. À l’heure actuelle, le Comptoir agricole conditionne chaque année quelque 5 000 tonnes de pommes de terre, mais la coopérative se fixe pour objectif d’atteindre les 6 000 à 6 500 t de pommes de terre conditionnées. Pour l’instant, la production locale n’y suffit pas et le Comptoir agricole est contraint de s’approvisionner auprès d’autres origines. « C’est pourquoi nous aimerions recruter de nouveaux producteurs en Alsace », indique Sarah Ramos-Schneider, qui égrène les atouts de la production de pommes de terre. Le premier, et non des moindres par le temps qui courent, c’est que c’est une culture qui requiert peu d’investissements puisque la plupart du matériel est accessible au sein d’une Cuma. Tous les approvisionnements (plants, engrais, produits de protection des cultures) peuvent être gérés par le Comptoir agricole. En outre, les équipes du service agronomie et environnement suivent de près les parcelles et guident les producteurs dans leurs choix techniques. « La pomme de terre requiert un suivi technique pointu et l’aspect visuel des tubercules est important », note Sarah Ramos-Schneider. Après la récolte, le Comptoir agricole gère le stockage et le conditionnement des pommes de terre. Les adhérents apportent leur récolte du champ dans des palox qui sont mis à leur disposition. Ces dernières sont stockées sur cinq sites différents, ce qui permet de limiter les déplacements. Elles restent au froid en attendant leur utilisation. Elles sont alors nettoyées, séparées de la grenaille, épierrées, lavées, polies (sauf les pommes de terre précoces), retriées dans un trieur optique, puis conditionnées en filets de 2,5 ou 5 kg et enfin expédiées. Une culture rémunératrice Dans un marché alsacien de la pomme de terre très concurrentiel, le Comptoir agricole cible essentiellement les grandes et moyennes surfaces, les industriels et les grossistes. Le mode de rémunération des producteurs dépend du type de pommes de terre produites : les précoces bénéficient d’un prix net défini chaque semaine en fonction des marchés, les pommes de terre de conservation d’un prix minimal garanti avec plusieurs acomptes et un définitif lors du déstockage, les pommes de terre destinées à l’industrie d’un prix fixe garanti. Christian Schneider, responsable du groupe céréale et Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture, font tous les deux partie des producteurs de pommes de terre alsaciens. Ils ont pu témoigner du bon chiffre d’affaires que la culture permet de dégager. Même si, comme toute autre culture, les résultats fluctuent en fonction des années. Ainsi, en 2016, le rendement chez Véronique Klein, où les pommes de terre sont conduites en bio, a fortement diminué. Chez Christian Schneider il a été davantage maintenu, mais au prix de nombreuses interventions phytosanitaires.

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