Énergie
Les 10 ans d’Alsace Bois Bûche
Énergie
Publié le 17/12/2016
20 000 à 30 000 m3 de bois sont vendus chaque hiver sous la marque Alsace Bois Bûche, développée par 20 professionnels du bois de chauffage. La marque fête ses 10 ans.
Efficace pour se chauffer, peu polluant s’il est bien utilisé, renouvelable, économique par rapport aux énergies fossiles… le bois énergie ne manque pas de qualités. Fibois Alsace l’a rappelé le 8 décembre, à l’occasion des 10 ans de la marque régionale Alsace Bois Bûche. Christophe Glad, président d’Alsace Bois Bûche, a rappelé les principaux engagements des professionnels vendant des bûches sous cette marque. Les 20 professionnels concernés proposent du bois de provenance locale récolté selon les principes de gestion durable. Le rayon de livraison moyen est de 26 km pour le bois bûche, selon les chiffres de l’interprofession, cités par Sacha Jung, délégué général de Fibois Alsace. Il provient obligatoirement de feuillus car celui-ci offre un meilleur rendement énergétique que le bois de résineux. Les professionnels s’engagent à en préciser l’essence à leurs clients. Vendu en bûches de 1 m, 50 cm ou 33 cm, le bois portant la marque Alsace Bois Bûche est disponible selon trois degrés d’humidité : à moins de 20 % d’humidité, il est considéré comme sec et donc prêt à l’emploi ; entre 20 et 35 % d’humidité, il est mi-sec et doit être stocké avant utilisation ; au-dessus de 35 % d’humidité, c’est un bois vert qu’il va falloir laisser sécher quelque temps avant de le brûler. Cette mention figure sur la facture établie par le vendeur. Le bois moins cher que les énergies fossiles Le bois reste l’un des moyens les plus économiques pour se chauffer, rappelle Christophe Glad. Sous quelque forme que ce soit (le bois bûche particulièrement, mais aussi les plaquettes ou les granulés), son coût est inférieur à celui du gaz naturel, du fioul domestique et de l’électricité. Ceci explique sans doute que la part du bois bûche dans la consommation de bois énergie atteint 60 % en Alsace, soit 800 000 tonnes brûlées annuellement. Le reste est constitué par les plaquettes (35 %, en forte augmentation depuis 10 ans) et les granulés en vrac (5 %). Pour autant, ce combustible ne contribue pas aux tensions observées sur le marché du bois, selon ses promoteurs qui relèvent qu’avec trois hivers doux consécutifs, les particuliers ont moins chauffé au bois que de coutume. Le bois bûche - et le bois énergie en général - contribuent-ils à la dégradation de la qualité de l’air ? La question se pose alors que plusieurs grandes villes françaises, confrontées aux rigueurs de l’hiver, ont connu des pics de pollution ces dernières semaines. Comme tous les combustibles, le bois émet des gaz et des particules fines lors de sa combustion, reconnaît Emmanuel Rivière, directeur de l’Aspa, organisme de surveillance et d’étude de la pollution atmosphérique en Alsace. S’agissant des gaz à effet de serre comme le CO2, le bilan du bois est plutôt favorable puisque le CO2 libéré par la combustion est stocké par les arbres qui poussent en forêt, dans les forêts gérées durablement tout au moins. Pour les particules fines, en revanche, le bois énergie arrive au deuxième rang des sources d’émission, révèle l’Aspa qui s’est dotée voici deux ans d’un analyseur permettant de tracer les particules jusqu’à la source. Du bois sec dans des chaudières récentes Le remplacement des anciens appareils de chauffage au bois datant d’avant 1996, notamment des foyers ouverts, est une façon efficace de limiter les émissions de particules fines dans l’atmosphère, tempère Emmanuel Rivière. « Les appareils récents permettent des gains extraordinaires en termes d’émissions », assure le représentant de l’Aspa. Ils offrent également un rendement énergétique et une autonomie largement supérieurs. Des aides existent pour renouveler le parc existant (lire notre encadré). Un label - « Flamme verte » - a même été créé pour distinguer les appareils respectant des normes d’émission basses. La réduction des émissions polluantes passe également par le respect de bonnes pratiques, que les professionnels d’Alsace Bois Bûche cherchent à promouvoir : il s’agit de brûler uniquement du bois sec (à moins de 20 % d’humidité) et du bois propre. Les chutes de panneaux et le papier journal sont à proscrire car ils contiennent des produits chimiques potentiellement dangereux quand on les brûle.












