Cultures

Publié le 26/12/2016

En 2015 comme en 2016, les tabaculteurs de la Cama-T2F ont été moins sinistrés que durant les trois années précédentes. Face au durcissement du dispositif d’assurance récolte, ils réfléchissent à un système d’assurance alternatif.

Médiocre sur le plan de la qualité des tabacs, 2015 a été une année plus favorable sur le plan des sinistres, a souligné Bruno Paulus, président de la Cama-T2F à l’assemblée générale de la coopérative d’assurance, le 15 décembre à Paris. 1 340 hectares étaient assurés dans le périmètre de la coopérative, soit 38 % de la production nationale. 788 ha ont été sinistrés, dont 67 ha de destruction totale. 470 000 € d’indemnisation ont été versés aux planteurs concernés pour un taux de perte historiquement bas de 4,13 %, à comparer aux 10,35 % de taux de perte décennal. La Cama-T2F affiche de ce fait un compte technique positif, « ce qui n’était plus arrivé depuis 15 ans », et un résultat positif de 196 000 €. Au niveau national, 3 500 ha étaient assurés. 179 ha ont été détruits en totalité, soit un taux de perte de 4,75 % en virginie et de 2,56 % en burley. 1,3 million d’euros (M€) d’indemnités ont été versés, dont 952 000 € provenant des cotisations des Caisses mutuelles et près de 350 000 € provenant de la Caisse nationale. 2015 a été une année de « faible sinistralité » pour la Caisse de réassurance, selon Bruno Paulus, d’où un résultat de 303 000 € qui a été reversé aux Caisses locales sous forme de ristourne. En 2016, toutes les cultures agricoles ont souffert mais le tabac a « plus que bien tiré son épingle du jeu », relève le président de la Cama-T2F. La pluie et les attaques de mildiou ont toutefois occasionné des dégâts sur les plantations. Sur les 1 176 ha assurés, 700 ont été sinistrés à des degrés divers. Pour les indemnisations, la Cama-T2F tiendra compte de la réévaluation des prix liée à la diversification vers des marchés de niche. Sur la période 2010-2015, le rapport sinistres à cotisations dans la zone T2F s’est établi à 144 %, c’est-à-dire que pour 100 € de cotisations versées, 144 € d’indemnisations ont été versées. Ce rapport varie peu en fonction de la variété, constate Bruno Paulus. De ce fait, ajoute-t-il, « il n’y a pas lieu d’appliquer un taux de cotisation différent selon les variétés ». En revanche, le rapport sinistres à cotisations diffère assez sensiblement selon le mode de récolte : il est de 110 % pour le virginie récolté manuellement et de 167 % pour le virginie récolté mécaniquement, l’écart s’expliquant par les pieds couchés qui ne peuvent pas être récoltés par la machine. Peu de sinistres en 2016 Au niveau national, 2016 est une année avec peu de sinistres : sur 3 024 ha assurés, 239 ha ont été détruits en totalité. Les pertes sont estimées à 931 tonnes, contre 1 125 t en 2015. Les coopératives spécialisées dans le burley sont à nouveau moins touchées que les coopératives de virginie, comme Poitou Tabac et T2F. Les indemnisations devraient tourner autour de 1 M€. « Ces deux années remettent du baume au cœur des planteurs après trois années difficiles », indique Bruno Paulus. Le dispositif d’assurance récolte a évolué en 2016. Pour pouvoir bénéficier des aides de l’État, il faut assurer au minimum 70 % des surfaces de l’exploitation et dans le cadre de ces 70 %, chaque culture doit être assurée à 100 %. Compte tenu de ces dispositions, de nombreux planteurs au niveau national ont décidé de se passer des aides. Bruno Paulus relève une autre difficulté : la multiplication des nouveaux risques, dont certains sont très difficilement chiffrables par les experts. Tous ces éléments poussent à un retour au système précédant la mise en œuvre de l’assurance récolte. « Nous devons y réfléchir. Nous allons rencontrer Groupama à ce sujet prochainement. L’assurance tabac est un atout pour la filière. Nous allons tout mettre en œuvre pour qu’elle reste attrayante et ne soit pas une charge excessive pour les planteurs », conclut Bruno Paulus.

FDSEA 67. Section agriculture biologique

Perspectives et axes de travail

Publié le 24/12/2016

La section agriculture biologique de la FDSEA du Bas-Rhin, placée sous la responsabilité de Véronique Klein, a récemment réuni ses adhérents déjà convertis, en voie de conversion ou simplement intéressés par ce mode de production.

Jeudi 15 décembre, environ 25 agriculteurs de tout âge et venant des quatre coins du département se sont déplacés pour le second groupe bio de cette nouvelle section de la FDSEA du Bas-Rhin. Cette rencontre a permis de présenter l’évolution de la conjoncture et des conversions, de retracer l’actualité syndicale et de donner les perspectives des différents débouchés de la filière céréales bios en Alsace. Denis Fend, directeur du Comptoir agricole, M. Cunin, représentant d’Armbruster, et Jean-Yves Welsch, directeur commercial de la minoterie Burggraf et Becker, étaient présents pour l’occasion. La présence des acteurs de la collecte et du stockage de céréales a démontré l’intérêt des opérateurs pour la filière céréales bios, en développement, et a permis d’avoir des débats variés et enrichissants. Certains agriculteurs ont par ailleurs tenu à mettre en lumière l’aspect « historique » de cette rencontre qui réunissait autour d’une même table la FDSEA, la Chambre d’agriculture d’Alsace, l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba) et des coopératives et négoces. 850 hectares convertis en céréales bios Véronique Klein est revenue sur l’actualité syndicale d’une année qui a été marquée par des intempéries à répétition, puis a évoqué la Politique agricole commune. Le moins que l’on puisse dire est que son traitement est chaotique, le solde 2015 des aides bios et MAE n’étant toujours pas versé, deux ans après leur souscription. La responsable de la section bio de la FDSEA a fortement regretté que l’État ne respecte pas ses engagements dans cette année particulièrement difficile. L’animateur de la FDSEA a présenté la nouvelle carte, en cours d’élaboration, des zones défavorisées simples qui serviront de base au paiement de l’ICHN. Même s’il ne s’agit que d’un projet qui reste à valider, le travail syndical devrait permettre d’obtenir un élargissement de la zone. La rétrospective de l’année écoulée pour la filière agriculture biologique a été présentée par Hélène Clerc, animatrice à l’Opaba. 2 000 hectares ont été engagés dans des systèmes d’exploitation très diversifiés (élevage bovin, grandes cultures, maraîchage, etc.). Neuf conversions en exploitations céréalières ont été enregistrées pour l’année 2016. Sur la totalité de ces conversions, environ 850 ha ont été convertis en céréales bios en 2016. Et pas moins de 320 dossiers sont actuellement suivis par l’Opaba en Alsace pour effectuer une conversion. « Donner de la visibilité aux opérateurs » Francis Humann, responsable de la filière céréales à l’Opaba, a présenté l’état des lieux de la filière et ses perspectives. Selon lui, « le développement d’une filière structurée passe par la qualité ». Par ailleurs, « il est urgent que l’on arrive à se structurer et se rassembler afin de donner de la visibilité aux différents opérateurs ». Denis Fend est revenu sur l’historique des filières en agriculture biologique au sein du Comptoir agricole. À l’origine, la vigne, la pomme de terre et le houblon étaient les principales cultures (dont la conduite était menée en mode biologique) dont le Comptoir agricole assurait la collecte ou la vente d’agrofournitures. La collecte des céréales date, elle, de 2009, avec un tonnage moyen annuel de 500 à 600 tonnes ces dernières années. Le Comptoir agricole fournit également des intrants (semences et protection des plantes) pour les agriculteurs bios. Pour ce mode de production, « il n’y a pas de recette toute faite », a-t-il insisté, les composantes du machinisme et des types de sol sont davantage à prendre en compte. Toute implantation doit être, selon lui, réfléchie et optimisée avec les techniciens pour pouvoir valoriser la production qui en découle et éviter les problèmes lors de la mise en marché. Bien que valorisés pour la nutrition animale et utiles agronomiquement pour lutter contre les adventices, les mélanges blé-pois posent des problèmes d’écarts de maturité et de contraintes logistiques, a noté, de son côté, Jean-Yves Welsch. Pour Francis Humann, « le développement de la filière passe par de la lisibilité sur les volumes et sur les prix ». Le marché des céréales bios alsacien devra se montrer compétitif par rapport au blé bio allemand ou italien. À l’heure actuelle, les cultures menées en agriculture biologique sont souvent « banalisées » par les différents opérateurs faute d’une qualité régulière. Les collecteurs étaient unanimes pour dire qu’il s’agit d’un axe de travail pour les prochaines années. Véronique Klein a conclu en assurant que la culture de céréales menée en agriculture biologique peut être une solution. Il faut selon elle, « être capable de répondre aux attentes sociétales et s’en donner les moyens ».

Publié le 23/12/2016

Catastrophiques en blé, médiocres en maïs, les rendements 2016 sont à l’aune des prix du marché. Dans ce marasme, le soja fait bonne figure. Ses rendements ont été moins impactés par les conditions météorologiques particulières de 2016 et son niveau de prix reste attrayant.

Comme le maïs, le soja a été semé plus tard qu’en année « normale » et accusait un décalage des stades de développement en début de cycle. Sous l’effet du printemps humide, le soja a poussé doucement. « Il a parfois eu du mal à détoxifier les résidus de produits phytosanitaires, ce qui a pu entraîner de la verse, des retards de croissance, du jaunissement, un affaiblissement du collet… », décrit Mickaël Haffner, conseiller agricole à l’Adar de l’Alsace du Nord. La nodulation a aussi été plus tardive, donc la fixation de l’azote atmosphérique aussi. Mais, en juin, la floraison s’est faite dans de bonnes conditions (en moyenne le 20 juin), donc le nombre de gousses était bon (environ 890 par mètre carré), ainsi que le nombre de grains par gousse. Et le retard au démarrage a été peu à peu rattrapé. Moins sensible au stress thermique que le maïs, le soja a ensuite bénéficié d’un bon remplissage. Le faible niveau des précipitations estivales a été un facteur limitant en fin de cycle, quoiqu’assez peu impactant en sol profond. « En situation irriguée le manque de précipitations a pu être limité par un à deux tours d’eau », précise Mickaël Haffner. En fin de campagne, le soja a desséché rapidement. Il a donc pu être récolté entre 11 et 16 % d’humidité. «Au final le rendement régional moyen se situe à 30 q/ha en situation non irriguée et à 40 q/ha en situation irriguée, pour un prix moyen qui se situe actuellement à environ 380 €/t.» Sans oublier les effets bénéfiques du soja sur le suivant, liés notamment à sa capacité à fixer l’azote atmosphérique. Soigner la récolte Comme en maïs, plusieurs stratégies de désherbage sont envisageables (figure 1) : prélevée (figure 2), pré- et post-levée (figure 3) ou tout en post-levée (figure 4). « Le désherbage mixte, qui combine les solutions chimiques et mécaniques, comme le binage, constitue une piste à travailler », note Mickaël Haffner. Côté bioagresseurs, le soja est pris pour cible par la vanesse de l’artichaut, la punaise verte, mais relativement peu en Alsace. La principale maladie fongique est causée par Rhizoctonia solani. Elle provoque des lésions brunes et rouges sur le collet, du jaunissement, des retards de croissance et une faible nodulation. « Ce champignon affectant aussi le maïs et la betterave, il est donc préconisé d’éviter ces précédents avant soja et de limiter le tassement et les structures compactées », indique Mickaël Haffner. Enfin, la récolte du soja peut s’avérer délicate, car les premières gousses sont situées à 8 cm du sol : « On peut perdre ou gagner 5 q, donc il est important de bien niveler le sol au semis, de bien régler la vitesse d’avancement et la hauteur de la barre de coupe, voire d’utiliser des barres de coupe flexibles. »

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