Cultures

Publié le 23/12/2016

Catastrophiques en blé, médiocres en maïs, les rendements 2016 sont à l’aune des prix du marché. Dans ce marasme, le soja fait bonne figure. Ses rendements ont été moins impactés par les conditions météorologiques particulières de 2016 et son niveau de prix reste attrayant.

Comme le maïs, le soja a été semé plus tard qu’en année « normale » et accusait un décalage des stades de développement en début de cycle. Sous l’effet du printemps humide, le soja a poussé doucement. « Il a parfois eu du mal à détoxifier les résidus de produits phytosanitaires, ce qui a pu entraîner de la verse, des retards de croissance, du jaunissement, un affaiblissement du collet… », décrit Mickaël Haffner, conseiller agricole à l’Adar de l’Alsace du Nord. La nodulation a aussi été plus tardive, donc la fixation de l’azote atmosphérique aussi. Mais, en juin, la floraison s’est faite dans de bonnes conditions (en moyenne le 20 juin), donc le nombre de gousses était bon (environ 890 par mètre carré), ainsi que le nombre de grains par gousse. Et le retard au démarrage a été peu à peu rattrapé. Moins sensible au stress thermique que le maïs, le soja a ensuite bénéficié d’un bon remplissage. Le faible niveau des précipitations estivales a été un facteur limitant en fin de cycle, quoiqu’assez peu impactant en sol profond. « En situation irriguée le manque de précipitations a pu être limité par un à deux tours d’eau », précise Mickaël Haffner. En fin de campagne, le soja a desséché rapidement. Il a donc pu être récolté entre 11 et 16 % d’humidité. «Au final le rendement régional moyen se situe à 30 q/ha en situation non irriguée et à 40 q/ha en situation irriguée, pour un prix moyen qui se situe actuellement à environ 380 €/t.» Sans oublier les effets bénéfiques du soja sur le suivant, liés notamment à sa capacité à fixer l’azote atmosphérique. Soigner la récolte Comme en maïs, plusieurs stratégies de désherbage sont envisageables (figure 1) : prélevée (figure 2), pré- et post-levée (figure 3) ou tout en post-levée (figure 4). « Le désherbage mixte, qui combine les solutions chimiques et mécaniques, comme le binage, constitue une piste à travailler », note Mickaël Haffner. Côté bioagresseurs, le soja est pris pour cible par la vanesse de l’artichaut, la punaise verte, mais relativement peu en Alsace. La principale maladie fongique est causée par Rhizoctonia solani. Elle provoque des lésions brunes et rouges sur le collet, du jaunissement, des retards de croissance et une faible nodulation. « Ce champignon affectant aussi le maïs et la betterave, il est donc préconisé d’éviter ces précédents avant soja et de limiter le tassement et les structures compactées », indique Mickaël Haffner. Enfin, la récolte du soja peut s’avérer délicate, car les premières gousses sont situées à 8 cm du sol : « On peut perdre ou gagner 5 q, donc il est important de bien niveler le sol au semis, de bien régler la vitesse d’avancement et la hauteur de la barre de coupe, voire d’utiliser des barres de coupe flexibles. »

Publié le 21/12/2016

La semaine dernière, la Chambre d'agriculture d’Alsace a organisé une série de réunions pour bien préparer la prochaine campagne maïsicole et tirer les enseignements de la précédente, atypique par bien des aspects.

Trop d’eau, puis plus assez. Tel a été le retournement de situation auquel les agriculteurs ont été confrontés durant la campagne 2016. Une dualité qui s’est traduite par « des semis délicats dans des sols détrempés », rappelle Mickaël Haffner, conseiller agricole à l’Adar de l’Alsace du Nord. La fréquence des précipitations était telle que peu de fenêtres de semis se sont présentées. Il y en a eu trois principales, autour du 10 avril, fin avril, puis vers le 7 mai. Puis, en raison des conditions fraîches, les levées ont été lentes, « mais se sont tout de même avérées correctes ». Et l’humidité constante a tout de même eu un effet positif : la bonne efficacité des herbicides de prélevée. Mais, fin mai, d’intenses précipitations localisées ont entraîné des inondations, des coulées d’eau boueuse. Des épisodes de grêle sont également à déplorer. La présence prolongée d’eau stagnante a entraîné des phénomènes d’asphyxie racinaire, donc une croissance ralentie des plantes. Et il a été difficile de trouver des créneaux pour effectuer les désherbages de rattrapage. Un retard au départ rattrapé à la récolte L’été est arrivé. Et s’est avéré chaud et sec, à l’opposé du printemps. Résultat : « Des stress hydriques marqués, des remplissages en déficit ». Et le retard qu’accusaient les cultures au début de la campagne a fini par être rattrapé. L’automne, assez normal au regard des affres météorologiques précédentes, a permis une récolte dans de bonnes conditions, hormis un épisode de gel précoce le 12 octobre, dans le Sundgau, qui a stoppé net l’évolution du maïs. Cette année bipolaire se solde finalement par un rendement moyen de 100 q/ha, avec des extrêmes allant de 70 à 150 q/ha, et une bonne qualité sanitaire. Comparé aux années précédentes, le cycle du maïs a été plus tardif en 2016 : « Les semis ont été plus étalés et retardés. Un retard qui persiste à la levée, au stade 6-8 feuilles, puis commence à être rattrapé au mois d’août, jusqu’à ce que le manque d’eau précipite les récoltes », indique Mickaël Haffner. Les précipitations, facteur discriminant du rendement Ce bilan de campagne, que l’on peut dresser pour l’ensemble de la région sans trop se tromper, cache néanmoins des situations très disparates en fonction des secteurs et qui s’expliquent surtout par l’abondance des précipitations. En comparant le PMG de maïs cultivés sur trois sites d’essai, la Chambre d'agriculture d’Alsace a pu constater qu’entre Westhouse et Morsbronn-les-Bains le PMG chutait de 15 % et qu’entre Morsbronn-les-Bains et Stutzheim il chutait encore une fois de 10 %. « Pourtant, à Stutzheim, il y avait davantage de grains par mètre carré que dans les deux autres sites, mais comme il n’y a quasiment pas eu de précipitations en été, ces grains n’ont pas pu se remplir », explique Mickaël Haffner. Contrairement à Westhouse, où les grains, présents en quantité suffisante, se sont remplis à la faveur de quelques épisodes pluvieux au mois d’août. Résultat, les rendements pouvaient atteindre 145 q/ha. À Battenheim, lorsque l’irrigation a permis de gommer les effets du manque de précipitations, les rendements ont atteint 147 q/ha. Tandis que dans le secteur de Dannemarie, il y a d’abord eu une chute du nombre de grains par mètre carré, puis un épisode de gel qui est venu contrecarrer un PMG qui était correct. Au final, le rendement moyen sur ce secteur plafonne à 85 q/ha. Peu de ravageurs Côté ravageur, la campagne a été assez calme. En l’absence d’un hiver rude la nymphose des pyrales s’est faite assez tôt, et le pic de vol a eu lieu de début à mi-juillet. Peu de pontes et peu de dégâts ont été constatés. La progression de la chrysomèle des racines du maïs suit son cours : cette année plus de 4 000 individus ont été piégés dans le réseau de surveillance. La fusariose des épis est restée discrète, tant en termes de fréquence que d’intensité des symptômes. Par contre, des symptômes de fusariose des tiges ont localement pu être constatés. « Ils s’expliquent par une remobilisation des réserves de la plante vers le grain durant les coups de chaud et de sec au mois d’août », indique Mickaël Haffner.

Publié le 17/12/2016

20 000 à 30 000 m3 de bois sont vendus chaque hiver sous la marque Alsace Bois Bûche, développée par 20 professionnels du bois de chauffage. La marque fête ses 10 ans.

Efficace pour se chauffer, peu polluant s’il est bien utilisé, renouvelable, économique par rapport aux énergies fossiles… le bois énergie ne manque pas de qualités. Fibois Alsace l’a rappelé le 8 décembre, à l’occasion des 10 ans de la marque régionale Alsace Bois Bûche. Christophe Glad, président d’Alsace Bois Bûche, a rappelé les principaux engagements des professionnels vendant des bûches sous cette marque. Les 20 professionnels concernés proposent du bois de provenance locale récolté selon les principes de gestion durable. Le rayon de livraison moyen est de 26 km pour le bois bûche, selon les chiffres de l’interprofession, cités par Sacha Jung, délégué général de Fibois Alsace. Il provient obligatoirement de feuillus car celui-ci offre un meilleur rendement énergétique que le bois de résineux. Les professionnels s’engagent à en préciser l’essence à leurs clients. Vendu en bûches de 1 m, 50 cm ou 33 cm, le bois portant la marque Alsace Bois Bûche est disponible selon trois degrés d’humidité : à moins de 20 % d’humidité, il est considéré comme sec et donc prêt à l’emploi ; entre 20 et 35 % d’humidité, il est mi-sec et doit être stocké avant utilisation ; au-dessus de 35 % d’humidité, c’est un bois vert qu’il va falloir laisser sécher quelque temps avant de le brûler. Cette mention figure sur la facture établie par le vendeur. Le bois moins cher que les énergies fossiles Le bois reste l’un des moyens les plus économiques pour se chauffer, rappelle Christophe Glad. Sous quelque forme que ce soit (le bois bûche particulièrement, mais aussi les plaquettes ou les granulés), son coût est inférieur à celui du gaz naturel, du fioul domestique et de l’électricité. Ceci explique sans doute que la part du bois bûche dans la consommation de bois énergie atteint 60 % en Alsace, soit 800 000 tonnes brûlées annuellement. Le reste est constitué par les plaquettes (35 %, en forte augmentation depuis 10 ans) et les granulés en vrac (5 %). Pour autant, ce combustible ne contribue pas aux tensions observées sur le marché du bois, selon ses promoteurs qui relèvent qu’avec trois hivers doux consécutifs, les particuliers ont moins chauffé au bois que de coutume. Le bois bûche - et le bois énergie en général - contribuent-ils à la dégradation de la qualité de l’air ? La question se pose alors que plusieurs grandes villes françaises, confrontées aux rigueurs de l’hiver, ont connu des pics de pollution ces dernières semaines. Comme tous les combustibles, le bois émet des gaz et des particules fines lors de sa combustion, reconnaît Emmanuel Rivière, directeur de l’Aspa, organisme de surveillance et d’étude de la pollution atmosphérique en Alsace. S’agissant des gaz à effet de serre comme le CO2, le bilan du bois est plutôt favorable puisque le CO2 libéré par la combustion est stocké par les arbres qui poussent en forêt, dans les forêts gérées durablement tout au moins. Pour les particules fines, en revanche, le bois énergie arrive au deuxième rang des sources d’émission, révèle l’Aspa qui s’est dotée voici deux ans d’un analyseur permettant de tracer les particules jusqu’à la source. Du bois sec dans des chaudières récentes Le remplacement des anciens appareils de chauffage au bois datant d’avant 1996, notamment des foyers ouverts, est une façon efficace de limiter les émissions de particules fines dans l’atmosphère, tempère Emmanuel Rivière. « Les appareils récents permettent des gains extraordinaires en termes d’émissions », assure le représentant de l’Aspa. Ils offrent également un rendement énergétique et une autonomie largement supérieurs. Des aides existent pour renouveler le parc existant (lire notre encadré). Un label - « Flamme verte » - a même été créé pour distinguer les appareils respectant des normes d’émission basses. La réduction des émissions polluantes passe également par le respect de bonnes pratiques, que les professionnels d’Alsace Bois Bûche cherchent à promouvoir : il s’agit de brûler uniquement du bois sec (à moins de 20 % d’humidité) et du bois propre. Les chutes de panneaux et le papier journal sont à proscrire car ils contiennent des produits chimiques potentiellement dangereux quand on les brûle.

Pages

Les vidéos