Cultures

Publié le 11/12/2016

La réunion du groupe céréales de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin a permis de tirer les leçons d’une campagne céréalière cataclysmique. Les assurances - dont l’irrigation - ont permis de sauver une partie des meubles et doivent donc être encouragées. De nombreuses mesures d’accompagnement ont été mises en place par la Mutualité sociale agricole et obtenues par les syndicats. Reste à les utiliser. Et puis il y a des leviers à actionner du côté des charges de mécanisation et de la restructuration de l’endettement des exploitations agricoles.

« 2016 a été une année atypique pour la production de céréales, a introduit Christian Schneider, responsable du groupe céréales de la FDSEA. Les poids de mille grains du blé sont plus près des 270 g que des 500 g, et la qualité dégradée des céréales fait qu’elles sont souvent difficiles à vendre au prix moyen. Et, tant que le prix du pétrole sera bas, il y aura peu de chance de voir les prix des céréales augmenter. Par contre, le prix de l’engrais azoté monte en flèche. Cela mérite une réaction syndicale ! D’autant que les céréales constituent une matière première pour la production de lait et de viande, et un revenu supplémentaire pour de nombreuses exploitations. » Julien Koegler, responsable du groupe céréales pour les JA, a complété cette analyse en constatant que « le transfert du dossier installation à la Région Grand Est a pris du temps et a entraîné des retards de versement des DJA. D’ailleurs, c’est l’ensemble des aides qui ont du mal à arriver. Cela devient très compliqué. » Assurances : les lignes bougent S’il s’inquiète pour l’avenir de la Pac, suspendu à l’obtention d’un compromis avec la vision allemande, « pour qui le revenu doit venir des marchés et pas de la Pac », Christian Schneider estime en revanche que les assurances aléas climatiques vont dans le bon sens : « Une proposition pour un déclenchement d’indemnisation des pertes à 20 %, contre 30 % actuellement, et au même tarif est en cours. Avec en plus des possibilités de rachat de franchise. » Les premiers contrats pourraient être souscrits en 2018. Christian Schneider rappelle que le succès de l’assurance agricole dépend aussi du nombre de contrats souscrits : « Or la tendance actuelle n’est pas bonne, ce qui prouve bien qu’il y a des choses à améliorer » pour que davantage d’agriculteurs y souscrivent. Car pour Christian Schneider, malgré la franchise de 25 %, l’assurance récolte « a permis de sauver la récolte de blé ». Et puis les choses bougent : « Des coopératives proposent une assurance revenu et les apporteurs y souscrivent massivement, la multiplicité des assureurs va permettre d’obtenir des contrats plus souples. Car il faut proposer des produits accessibles, attrayants, et assez simple. En outre, l’assurance par l’irrigation doit se retrouver au niveau du tarif, car le risque n’est plus le même, même si l’irrigation n’exclut pas tous les risques. » Mathieu Freisz, inspecteur technique agricole à Groupama Grand Est, a dressé le bilan des assurances aléas climatiques à l’issu de la collecte de blé : « 50 millions d’euros (M€) d’indemnisation ont été versés pour le blé sur le Grand Est, contre 26 M€ de cotisations. » Au niveau de la région, le rapport n’est donc pas équilibré. Mais comme le système assurantiel est mutualisé au niveau national, l’assurance climatique atteindra quasiment l’équilibre. Irrigation : faciliter l’accès à l’eau Après un trop-plein d’eau au printemps, celle-ci est venue à manquer à partir de juillet, a rappelé Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin. Si bien que l’irrigation a permis de « sauver les meubles dans certains secteurs », jouant ainsi le rôle d’une « bonne assurance climat ». Aussi Gérard Lorber estime-t-il que dans certains secteurs « les agriculteurs doivent s’équiper en matériel d’irrigation, d’autant que, dans la plupart des exploitations, ce matériel pourra aussi être rentabilisé en irriguant les betteraves sucrières, les pommes de terre, le tabac… » Suite à la sécheresse de 2015, la Région Alsace s’était engagée à octroyer un budget pour soutenir l’investissement des agriculteurs alsaciens dans l’irrigation. « Ce budget est toujours existant », affirme Gérard Lorber, qui a précisé qu’il devrait être « en priorité fléché vers le subventionnement de l’accès à l’eau là où il est difficile ». Un inventaire précis des irrigants et de leur moyen de contrôle est en cours de réalisation par les Agences de l’eau. Dans ce cadre, il est demandé aux agriculteurs possédant des compteurs volumétriques de plus de 9 ans de les changer d'ici 2018. « Il est aussi possible d’opter pour des compteurs horaires, moins chers », précise Gérard Lorber. La MSA déploie six mesures face à la crise « Face au constat que 50 % de la population cotisante gagne actuellement moins de 4 248 € par an, la Mutualité sociale agricole a mis en place six mesures visant à alléger le poids des cotisations pour les entreprises agricoles », a indiqué Tania Simon, adjointe de direction à la MSA d’Alsace. La modulation consiste à revoir le montant des appels provisionnels de cotisations en cours d’année. « 259 demandes ont été formulées en 2016, ce qui est très peu », constate Tania Simon. La MSA a d’ailleurs surestimé les appels provisionnels et va donc rembourser plus de 2 M€ aux cotisants. Malgré ce défaut de précision, lié à la complexité de l’opération, cette mesure sera renouvelée en 2017, a annoncé Tania Simon. Autre mesure, l’option exceptionnelle n - 1 consiste à appeler les cotisations sur l’année n - 1 au lieu de se référer à la moyenne des trois dernières années. Cette mesure a été proposée à 50 % des cotisants. Elle a été moins souscrite en 2016 qu’en 2015. « Nous ne savons pas encore si elle sera renouvelée en 2017 ». Des plans de paiement ont été élaborés, avec un lissage des cotisations jusqu’à 24 à 36 mois. 357 entreprises ont souscrit à cette mesure en 2015, et 269 en 2016 pour 1,60 M€ de cotisations. Un report automatique a été instauré afin de régler les cotisations au 30 juin 2017, soit six mois de délai supplémentaire. « Il reste possible de payer les cotisations en décembre », précise Tania Simon. Le calendrier des appels à cotisation provisionnel en 2017 a été modifié. Traditionnellement, la MSA procédait à trois appels de 25 %, mais comme 2 M€ ont été appelés en trop, la MSA veut rectifier le tir en procédant à deux appels provisionnels de 25 %, mi-avril et mi-août, et un appel définitif - ou non - du reste des cotisations. Enfin, la MSA a pris en charge les cotisations dans le cas des situations les plus dégradées. Une prise en charge qui représente 330 000 € en 2016 pour 84 personnes dans le Bas-Rhin et 56 dans le Haut-Rhin. Outre ces mesures mises en place pour faciliter le paiement des cotisations, la MSA veille à assurer un revenu complémentaire à la famille, notamment en proposant la prime pour l’activité et/ou la Couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) si le niveau de ressources le permet. Et puis la MSA a déployé ses conseillers sociaux, rencontré de nombreuses Organisations professionnelles agricoles pour que ces dispositions soient connues de tous et relayées auprès des agriculteurs en difficulté. Un numéro de téléphone spécial a été mis en place, le 03 88 81 75 95, « une cinquantaine d’appels y ont été reçus ». Un panel de mesures à actionner « Suite à la mauvaise année céréalière de 2014, la sécheresse de 2015, et l’excès de pluviométrie en 2016, combinés à la baisse des prix agricoles, le chiffre d’affaires Scop sortie ferme a été divisé par deux entre 2012 (meilleure année) et 2016 (moins bonne année). Et, comparé à la moyenne de ce chiffre d’affaires sur la période 2011-2016, celui de 2016 affiche une baisse de 37 %, à 9 milliards d’euros (Md€), soit une perte de 5 Md€ pour la ferme France. Conséquence : 75 % des producteurs de grains spécialisés auront potentiellement un revenu négatif en 2016 », décrit François Schotter, animateur à la FDSEA du Bas-Rhin. Face à l’ampleur du cataclysme, le syndicat majoritaire agricole s’est mobilisé pour obtenir un large plan d’aides. La reconnaissance en cas de force majeure a ainsi permis de bénéficier du dégrèvement automatique partiel de la Taxe foncière sur le non bâti (TFNB) 2016 pour toutes les terres en prairie ou en culture. Certes, cette mesure profite directement au propriétaire, qui n’est pas obligé de la reverser à l’exploitant agricole. Selon les cas, le fruit de ce dégrèvement sera donc plus ou moins facile à récupérer. « Mais c’est aussi un argument qui peut être utilisé pour négocier les fermages », note François Schotter. L’obtention d’une année blanche bancaire va permettre de ne pas rembourser d’annuités en 2016, et de les repousser d’un an. Le coût de cette mesure sera pris en charge à parts égales par les banques, l’État et les exploitants agricoles. Le remboursement de crédit TVA jusqu’au 15 décembre 2016, pour les exploitations qui sont en train d’investir, « va permettre de récupérer la TVA plus rapidement, pour soulager ces exploitations ». L’option pour le calcul de l’assiette de cotisations sur base des seuls revenus 2016 (option n - 1) reste possible mais est limitée aux situations où la moyenne de revenus 2015 et 2016 est inférieure à 4 248 € ou aux JA. « Cette mesure a permis d’économiser 1,80 M€ en 2015 », note François Schotter. Une avance sur le versement des aides Pac a été obtenue dès le 16 octobre. Cette avance remboursable correspondant à 90 % du montant des aides 2015 sur les aides découplées, aides couplées bovines et ICHN. L’intégralité des aides sur les surfaces sinistrées. Le prélèvement redistributif, qui concerne les 52 premiers hectares, a été bloqué à 10 % à l’Union européenne pour 2017. Concernant l’assurance agricole, le maintien à 65 % du taux de subvention européen et national pour la campagne 2017 a été obtenu. La liberté de réintégration de l’autoassurance DPA est un levier qui est en cours de négociation. L’assouplissement des obligations en matière de couverture des sols a permis, de remplacer l’implantation de Cipan en interculture longue par la pratique du faux-semis et le maintien d’au moins un mois des repousses de colza en interculture courte. Avec une économie de 60 à 80 €/ha. Enfin, la baisse de sept points de cotisations d’assurance maladie et maternité pour tous les exploitants agricoles exerçant à titre exclusif ou principal constitue une mesure importante. En effet, « c’est le premier poste de charge quand il y a du revenu », note François Schotter.

Forêt de Haguenau

En route pour le label !

Publié le 07/12/2016

La première étape pour l’obtention du label Forêt d’exception demandée par la forêt indivise de Haguenau a été concrétisée par la signature d’un protocole d’accord entre l’Office national des forêts d’Alsace du Nord, la Ville de Haguenau et l’État, le 18 novembre.

C’est l’auberge du Gros Chêne, au cœur de la forêt indivise de Haguenau, qui a accueilli les représentants de l’Office national des forêts (ONF), du comité national du label Forêt d’exception, le député-maire de Haguenau, Claude Sturni, et la sous-préfète de Haguenau-Wissembourg, Chantal Ambroise. Innovation dans la gouvernance, travail en commun Albert Maillet, directeur national forêts et risques à l’ONF, a rappelé que le label Forêt d’exception, initié par l’ONF est « une marque déposée ». Il est décerné à des forêts qui ont vocation à servir de modèle. Il y a vingt forêts en France engagées dans cette démarche, quatre sont labellisées, dont celles de Fontaineblau, de Verdun, dont « le fil rouge est le lieu de mémoire ». « Patrimoine exceptionnel, innovation dans la gouvernance », la forêt indivise de Haguenau engageait en ce 18 novembre la première étape vers l’obtention de ce label avec la signature d’un protocole d’accord entre les différents partenaires. Il sera suivi d’un contrat de territoire puis d’un dépôt de candidature officielle à l’obtention. Cette démarche s’achèvera par un grand oral à Paris. « Le comité national du label Forêt d’exception, composé de personnalités d’horizons différents, a été créé en 2007 », a précisé Paul Arnould, son président. Il sélectionne les demandes d’obtention de ce label, qui s’appuie sur une charte nationale Forêt d’exception, dont un des principes est « l’innovation, avec des acteurs qui travaillent ensemble ». Pour celle de Haguenau - forêt de plaine en indivision, « une particularité » -, c’est un projet commun qui se décline en différentes actions représentatives de la personnalité de ce territoire, avec « une gouvernance ouverte par l’ONF ». C’est grâce à « la volonté commune de la ville et de l’ONF » que cette demande a été ajoutée l’année dernière à la liste des forêts déjà candidates à ce label. Le protocole d’accord signé ce jour-là est un projet à l’échelon local et régional. Le comité interviendra ensuite pour la rédaction du document de candidature. Paul Arnould, impressionné par « le sérieux et la diversité des partenaires, n’a pas de doute sur la réussite de ce projet ». Espace naturel remarquable à valoriser et à partager « Les acteurs de cette demande ont pris le train en route et rattrapé les autres forêts dans cette démarche, a précisé Claude Sturni. La ville de Haguenau a été créée il y a 900 ans parce qu’il y avait la forêt. Et sur la carte satellite de France, c’est encore cette forêt qui permet de trouver Haguenau. C’est une des motivations qui a enclenché cette demande accélérée. Cette forêt représente un véritable patrimoine génétique pour la ville, un élément d’identification, un lieu de ressources, avec des liens multiples tissés au fil des siècles, selon les besoins des hommes. » La forêt, « c’est notre avenir », a insisté le maire. Il s’agit de chercher des éléments d’innovation, notamment dans le bois, vecteur de développement. Les différents acteurs se sont retrouvés spontanément autour de cette démarche de labellisation, dans « une envie commune de promotion et de valorisation du territoire, la forêt au cœur de l’Alsace du Nord ». Il s’agit de faire en sorte que le projet des copropriétaires, Ville, État, « demeure multipartenarial ». Ce protocole est « un encouragement pour aller au bout de la démarche ». Chantal Ambroise, en poste depuis quatre mois, présidente du comité de pilotage des équipes de l’ONF et de la Ville, a salué cette démarche qui marque « le caractère emblématique retrouvé pour la forêt ». Haguenau a la chance d’avoir cet espace naturel tout proche, « remarquable par sa taille et sa diversité ». L’ONF et la Ville ont conjugué leurs efforts pour travailler ensemble dans la durée pour élaborer des projets et préserver ce patrimoine forestier. « C’est un espace naturel à valoriser, pour en faire une fierté, et à partager avec le public ». « Ce n’est pas qu’un massif, c’est un territoire, riche d’histoire, de mémoire culturelle », avec une faune et une flore diversifiée. Ce projet territorial va porter sur quatre thématiques, l’accueil en forêt, la diversité, le volet économique, bois, chasse, et les liens avec l’homme. Cette démarche est un atout, « un support pédagogique, la mise en avant des savoir-faire locaux », la poterie entre autres. Ce protocole est un acte d’engagement, qui devrait « renforcer le lien social et le développement économique local ». État, Ville, il s’agira de trouver « le meilleur équilibre entre valorisation et conservation », a-t-elle noté. La réussite du projet Forêt d’exception dépendra « de la capacité, de la volonté de fédérer » et mobiliser l’ensemble des partenaires pour « s’approprier ce bien en étant fier de sa richesse et de son identité ».

Campagne céréalière 2017

Sur quels postes envisager des économies ?

Publié le 06/12/2016

Dans un certain nombre d’exploitations, la succession de campagnes céréalières décevantes se traduit par des niveaux de trésorerie bas. Dans ce contexte, chaque investissement est à raisonner. Mais attention à ne pas réaliser de fausses économies.

« Pour réaliser des économies en 2017, il est possible d’envisager de jouer sur les différents facteurs constitutifs du coût de production », indique Didier Lasserre, ingénieur à Arvalis-Institut du végétal, invité du dernier groupe céréales organisé par la FDSEA du Bas-Rhin. Le coût de production du blé est estimé à environ 220 €/t, toutes charges comprises, et salaire pour le producteur inclus… « Les charges opérationnelles représentent la plus grosse part de ce coût de production. Mais, à 66 €/t, les charges de mécanisation ne sont pas négligeables… » Et parmi les intrants qui sont utilisés pour produire des céréales, Didier Lasserre distingue ceux visant au maintien du patrimoine (fumure de fond, désherbage), à la fonction de production - « plus on met, mieux c’est », schématise-t-il, typiquement il s’agit de l’azote… - et ceux de type effet de seuil, c’est-à-dire qui peuvent ne rien apporter ou rapporter beaucoup, comme la protection contre les maladies. Fumure de fond : une économie peu risquée L’objectif en 2017 va être de « maintenir le patrimoine au meilleur coût », résume Didier Lasserre. L’impasse sur la fumure de fond est une économie qui pourra être envisagée dans d’assez nombreuses situations. « Le risque pris en faisant une impasse va dépendre de l’exigence de la culture, de la teneur du sol, de l’historique de fertilisation, du mode de gestion des résidus… Ainsi, il sera plus facile d’envisager une impasse sur blé ou sur maïs que sur betteraves. » En gros, les sols alsaciens sont bien pourvus en phosphore, indique Didier Lasserre, carte à l’appui. En potasse aussi, même si c’est un peu moins généralisable à toutes les parcelles. Aussi estime-t-il qu’en blé, il est possible de réaliser une économie de 30 à 70 €/ha de fumure de fond, en faisant l’impasse ou en réduisant la dose de moitié, sans prendre de gros risques. Pour les éleveurs, les apports de fumier ou de lisier suffiront largement à couvrir les besoins d’un blé, l’impasse en est d’autant plus envisageable. Enfin, même si elles ont un coût, Didier Lasserre estime qu’investir dans des analyses de terre pourrait cette année, peut-être encore plus qu’une autre, s’avérer une stratégie payante, car « elles permettent de voir où on se situe », donc où on peut tranquillement lever le pied ou pas. Économiser sur le désherbage : un jeu risqué S’il est plutôt enclin à encourager une économie sur la fumure de fond, Didier Lasserre est beaucoup plus circonspect en ce qui concerne le désherbage : « Un échec de désherbage, ça peut coûter cher. Parce que si on laisse passer des adventices, on risque d’augmenter le stock semencier, et par la suite on aura du mal à retrouver une parcelle propre sans passer par des investissements dans le désherbage. » Didier Lasserre est donc catégorique : « Il ne faut pas économiser sur le désherbage ». Sans pour autant oublier que le désherbage n’est pas que chimique : « Il y a aussi des solutions comme le faux-semis, les couverts, le labour… » Azote : garder la dose, l’apporter mieux En ce qui concerne la fertilisation azotée, autant il est possible de jouer sur le fractionnement et le pilotage, pour apporter l’azote au plus près des besoins, sur la forme, pour éviter les pertes, par exemple en privilégiant l’ammonitrate à l’urée, le pilotage. Autant il est « dangereux d’essayer d’économiser sur la dose d’azote ». En effet, le rendement et la qualité des grains répondent nettement aux variations de la dose d’azote : « Si on diminue de 40 unités la dose optimale on peut perdre 3,4 quintaux et 0,7 % de protéines ». Le débouché du blé peut donc s’en trouver affecté. Conclusion de Didier Lasserre : il faut apporter la bonne dose, mais la fractionner par rapport aux besoins des plantes et en fonction des données fournies par les outils de pilotage. Sanitaire : gare aux fausses économies Reste la gestion des risques sanitaires. Didier Lasserre préconise de choisir des variétés tolérantes, de bien raisonner la protection en fonction des parcelles et de leur niveau d’exposition au risque, et d’utiliser tous les Outils d’aides à la décision (OAD) disponibles pour positionner les traitements au bon moment. Quant aux intrants à effet de seuil (traiter contre les pucerons ou pas ? Lutter contre la verse ou pas ?), le raisonnement de Didier Lasserre est le suivant : « Ce sont pour la plupart des interventions qui ne coûtent pas très cher et qui peuvent rapporter gros. Par exemple, entre un blé traité et un blé non traité contre les pucerons il peut y avoir jusqu’à 20 q d’écart de rendement. S’en priver risquerait donc de s’avérer une fausse économie. » Gagner en technicité, et la réinvestir Pour résumer, 2017 va être une campagne très technique, résume Didier Lasserre : « Il va falloir piloter les interventions au plus juste, ne pas faire de l’assurance, mais raisonner chaque intervention en fonction du niveau de risque. » Dans l’ordre de pertinence, il préconise de se passer des intrants « de luxe », dont la rentabilité n’est pas avérée, puis de procéder à des ajustements significatifs de la fertilisation azotée en fondant le raisonnement sur des analyses de terre et des outils de pilotage, enfin d’ajuster la stratégie fongicide au plus près des besoins. « En poussant les producteurs à davantage de technicité, la campagne 2017 pourrait s’avérer utile pour l’avenir. C’est l’occasion d’acquérir des compétences techniques qui pourront être réutilisées lors des prochaines campagnes », estime Didier Lasserre. Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté, a conclu Didier Lasserre, citant Winston Churchill. Tout un symbole !

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