Concours des prairies fleuries de la vallée de la Bruche et du val de Villé
Des prairies vectrices d’émotions
Concours des prairies fleuries de la vallée de la Bruche et du val de Villé
Publié le 16/10/2016
La fête de l’agriculture de montagne à Plaine a été le théâtre de la remise des prix du concours des prairies fleuries de la vallée de la Bruche et du val de Villé. Le jury a décrit une édition « remarquable par la qualité des prairies présentées ». Celle d’Alexandre Valentin, à Ranrupt, surclasse les autres petits coins de paradis.
« Le concours des prairies fleuries s’inscrit dans la continuité de ce qui se pratique depuis longtemps au sein de nos territoires », a rappelé Jean-Marc Riebel, président de la Communauté de communes de la vallée de Villé. En effet, depuis plus de 30 ans, divers acteurs de la vie locale mènent des actions en faveur des paysages et de la qualité des produits agricoles. Une politique ambitieuse qui a porté ses fruits puisqu'« en 25 ans le nombre d’agriculteurs a doublé et que derrière chaque agriculteur qui s’apprête à partir en retraite il y a un jeune prêt à reprendre l’activité ». Jean-Marc Riebel a rappelé que les Associations foncières pastorales (AFP) ont été le déclencheur de cette dynamique qui s’est poursuivie par l’embauche d’un conseiller agricole et le portage de mesures agricoles. « En démontrant qu’il est possible de concilier la préservation de l’environnement et de la biodiversité avec une agriculture de qualité économiquement viable, notre territoire constitue un laboratoire de l’agriculture de demain », a-t-il déclaré. Un résultat qui a été obtenu notamment grâce à un partenariat étroit entre les collectivités locales et la Chambre d'agriculture d’Alsace, représentée à cette cérémonie par Emmanuel Molard, directeur du pôle territoire. Il a rappelé que les concours des prairies fleuries, initiés par les parcs naturels régionaux ont ensuite été animés par les Chambres d’agriculture et, plus récemment, ont été intégrés au Concours général agricole (CGA). Il a souligné que l’un des critères de notation des prairies, à savoir la diversité et l’équilibre de leur flore, a cette année encore montré son importance puisque « les prairies multi-spécifiques ont mieux résisté aux aléas climatiques, ce qui a permis des récoltes plus abondantes ». Des prairies entretenues par de bonnes pratiques Cette année, onze agriculteurs ont participé au concours des prairies fleuries de la vallée de la Bruche et du val de Villé, « une édition remarquable de par la qualité des prairies présentées », a indiqué Thierry Froehlicher, responsable du pôle aménagement du territoire à la Communauté de communes. François Labolle, botaniste, a présenté la prairie de Mickaël Rochel, qui lui a permis d’obtenir le troisième prix : « Une prairie avec un bon équilibre entre les espèces puisque toutes les familles étaient représentées de manière homogène et qu’il y avait des espèces patrimoniales. C’est une prairie bien structurée, située sur un col, avec un paysage remarquable. Elle est bien entretenue grâce aux pratiques mises en œuvre par l’agriculteur et je l’en félicite. » Le paysage, un bien public Régis Ambroise, le spécialiste des paysages au sein du jury, a décrit la prairie présentée au concours par le Gaec de l’Eichmatt et pour laquelle Simon et Jérôme Maier ont décroché la deuxième place : « C’est une prairie issue d’une AFP, dont la pente permet de distinguer différents secteurs et de procurer une qualité d’alimentation remarquable au troupeau. En maintenant un alignement de cerisiers, un mur de pierres sèches, les agriculteurs ont su maintenir l’ouverture paysagère, qui constitue un bien public. » Si bien que Régis Ambroise y verrait bien un parcours pédagogique destiné aux concitoyens. De Ranrupt à Paris Enfin, François Labolle et Régis Ambroise ont décrit de concert la prairie présentée par Alexandre Valentin, grand gagnant de ce concours, « une prairie remarquable en tout point, par l’équilibre et la productivité de sa flore, par la présence d’espèces patrimoniales, d’ombre propice aux animaux… » Une prairie pour laquelle l’ensemble du jury a eu un coup de cœur qui vaudra à Alexandre Valentin de descendre de ses hauteurs pour aller représenter son territoire au Salon international de l’agriculture, à Paris, lors du prochain CGA.












