Vigne

Publié le 07/04/2021

Quatre jeunes étudiants de BTS du lycée d’Obernai ont organisé avec succès une démonstration de désherbage alternatif à la chimie à Furdenheim (67).

Il y avait foule mardi 23 mars sur les hauteurs de Furdenheim (67). Quatre jeunes de la classe de 2e année de BTS Agronomie production végétale du lycée agricole d'Obernai avaient convié le monde viticole à une démonstration. « On a démarché 3 concessionnaires, la maison Niess Ackermann, la maison Ostermann à Traenheim et Felden Industries à Wingersheim », précisent les quatre jeunes étudiants Louis Jehl, Florian Guth, Florent Muschler et Jérémy Steinmetz. Cette démonstration s’inscrit dans un « projet initiative et de communication » qu’ils ont à mener dans le cadre de l’obtention de leur brevet de technicien supérieur. « On doit organiser un événement de A à Z. » Au-delà des invitations et de la demande adressée aux trois machinistes et concessionnaires, ils ont sollicité Victor Brumpter, vigneron à Furdenheim, qui leur a gracieusement prêté la parcelle. Nombreux sont les vignerons qui ont répondu présent, une cinquantaine, selon Louis Jehl. Auquel il faut ajouter tous les étudiants de BTS Agronomie production végétale et les élèves de terminale bac techno Production végétale du lycée agricole. Il y avait donc du monde dans les vignes. Le thème de la démonstration était le désherbage alternatif. « On essaie de réduire la part de produits chimiques, notamment lors du désherbage, d’où cette démonstration visant à montrer ce qu’il est possible de faire autrement que chimiquement, c’est-à-dire désherber mécaniquement et thermiquement par choc thermique infligé aux plantes », précise Louis Jehl. La nouvauté : le désherbage thermique Un parc impressionnant de matériel était présenté. Au-delà des désormais traditionnels disques émotteurs et doigts Kress montés sur différents châssis ou sur portique entre essieux, on pouvait noter la présence d’un portique enjambeur Pellenc, tel qu’on le trouve sur vendangeuse, équipé cette fois-ci pour le désherbage couplé à un intercep Braun. À noter également les châssis Clémens avec de nouvelles évolutions techniques pour une plus grande maîtrise du terrage des outils, même en dévers. Mais la nouveauté pour les vignerons, c’est le système de désherbage thermique des industries Felden à Wingersheim, avec quatre brûleurs montés sur châssis à écartement évolutif, impactant l’herbe donc, mais également les pampres. L’originalité étant aussi que l’outil est attelé à un tracteur Kubota léger B1181 de la maison Ruffenach, mis d’aplomb avec un porte-masse avant pour l’adhérence. Bref, il y avait de quoi envisager l’avenir sans herbicides pour des productions telles que le vin. Seule ombre à cette journée réussie, l’absence de la traditionnelle buvette…

Commercialisation des vins d’Alsace à l’export

Des freins à lever, des appuis à consolider

Publié le 02/04/2021

Comment développer la présence des vins d’Alsace sur les marchés export ? Pour les responsables professionnels, cela passe par la suppression de certains obstacles et un meilleur accompagnement de la filière par l’État français. Des doléances remises en mains propres au ministre Franck Riester, lors d’une rencontre organisée le 26 mars à Dambach-la-Ville.

Pour aller plus loin, il faut lever les freins. Le 26 mars, les représentants de la filière viticole alsacienne ont demandé à Franck Riester, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, une « aide concrète » pour développer la présence des vins d’Alsace sur le marché international. En visite à Dambach-la-Ville, le représentant du Gouvernement a pu mesurer les difficultés rencontrées par les professionnels désireux d’écouler leurs bouteilles au-delà des frontières nationales. Même si l’Alsace a bien résisté en 2020 (lire encadré), elle aurait pu afficher un meilleur bilan sans les mesures de rétorsion mises en place en octobre 2019 par Donald Trump dans la cadre du différend Airbus/Boeing. « La surtaxe de 25 % sur les vins français importés aux États-Unis nous a fait mal », rappelle le président de la commission Marketing-Export du Civa, Étienne-Arnaud Dopff. Jusqu’à cette date, en effet, la croissance des vins d’Alsace était forte outre-Atlantique avec plus de 16 % en volumes, et plus de 22 % en valeur. Puis au dernier trimestre 2019, les exportations vers ce pays ont chuté de 18 % en volume et 19 % en valeur. « On voit clairement que c’est cette taxe qui a fait chuter nos ventes », fait-il remarquer au ministre. Le « parent pauvre » des négociations internationales Heureusement pour la profession viticole, la taxe Trump a été suspendue le 5 mars dernier par l’administration Biden pour une durée de quatre mois, le temps de régler le litige commercial qui oppose les États-Unis et l’Union européenne. « Il faut que ce moratoire aboutisse à une suspension définitive de la taxe sur les vins. Ce conflit qui concerne l’aéronautique, doit absolument être séparé de la filière vins et spiritueux. Il n’est pas envisageable de revenir à cette surtaxe en juillet prochain. L’État doit faire pression sur Airbus pour régler cette question », poursuit-il. Il n’est pas envisageable non plus pour la profession qu’une taxe GAFAM (Google/Amazon/Facebook/Apple/Microsoft) de 100 % sur le vin européen soit instaurée à la place. Plus globalement, les représentants de la filière alsacienne souhaiteraient que le vin soit considéré « à sa juste valeur » dans les négociations commerciales internationales. Comme le souligne le directeur des marques alsaciennes des Grands chais de France, Serge Fleischer : le vin fait partie du paysage « historique » de la France, au même titre que le luxe. « Nous sommes générateurs d’image et de valeur pour notre pays. Malheureusement, la viticulture est souvent le parent pauvre des négociations alors qu’on mériterait d’être bien plus mis en avant. Il faut que l’État soit véritablement à nos côtés pour qu’on puisse se développer à l’international. » La « confiance » plutôt que la « suspicion » Pour y parvenir, la profession voit plusieurs axes d’amélioration à mettre en œuvre rapidement. Le premier serait de promouvoir une Administration de « partenariat » et non de « suspicion » avec FranceAgriMer. « Ces services sont de plus en plus déconnectés de la réalité du terrain. Ils considèrent les programmes d’aide, type OCM Promotion sur les pays tiers, comme un moyen de dilapider l’argent public au lieu de le percevoir comme un levier financier pour la filière. Cela alimente un regard suspicieux à notre égard », déplore le représentant du négoce alsacien. Il poursuit en rappelant au ministre que les entreprises n’ont aucun intérêt à ne pas mettre en œuvre des actions qui ne généreraient pas un maximum de rentabilité à l’export. « On veut une aide plus proactive des services administratifs. Ils pourraient s’appuyer sur les professionnels pour avoir une expertise. Cela simplifierait le contrôle des flux tout en instaurant une relation de confiance. » Des accords « donnant-donnant » avec les pays tiers Pour pénétrer les marchés export, la profession alsacienne croit beaucoup au développement des accords de libre-échange (lire encadré), aux accords au sein des États membres de l’Union européenne, et aux accords bilatéraux avec les pays tiers. Avec les monopoles d’Europe du Nord par exemple, l’idée serait d’établir un partenariat, dans le respect des normes européennes et du commerce international, pour que les vins français soient favorisés fiscalement auprès du monopole, et qu’en retour le pays cible ait une contrepartie sur un secteur qu’il souhaiterait privilégier. Autre piste évoquée : l’instauration de la « clause de la nation la plus favorisée » avec des monopoles sur les pays tiers comme la SAQ (Société des alcools du Québec). À travers elle, chaque État signataire s’engagerait à accorder à l’autre tout avantage qu’il accorderait à un État tiers. Au Québec, les vins français pourraient ainsi bénéficier des mêmes avantages que les vins de la zone Alena (zone de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique), importées par la SAQ. Faciliter l’e-commerce à l’international Reste un sujet important à « déverrouiller » aux yeux de Serge Fleischer : le commerce numérique des vins d’Alsace à l’échelle mondiale. « Avec la crise sanitaire, l’État a voulu renforcer l’e-commerce en France. Et, évidemment, nos entreprises viticoles ont envie d’y aller. Mais clairement, le commerce du vin sur internet est quasiment impossible aujourd’hui pour nos marchés export. Je ne parle pas pour les gros clients, mais bien pour la vente au particulier, pour des colis de six à soixante bouteilles. Entre les taxes et les frais d’expédition et les lourdeurs administratives françaises, ça coûte quatre fois le prix d’envoyer une commande de ce type à l’étranger. Des bouteilles envoyées aux Canaries reviennent trois fois, car non conformes. Ce n’est plus possible. Si on veut favoriser le commerce international de nos vins, il faut faire quelque chose. Tous les jours, on se demande comment on va faire. » Une solution proposée par les responsables professionnels serait de demander à La Poste des prestations spéciales d’envoi de colis de vins à meilleur coût et parfaitement sécurisées en matière de déclarations fiscales et douanières, à l’instar de la Deutsche Post. Des nouvelles « entraves » à venir ? Avant de céder la parole à Franck Riester, le président de l’Ava et de la Cnaoc, Jérôme Bauer, tient à faire part des inquiétudes de la profession autour du projet de loi Climat et résilience, actuellement discuté à l’Assemblée nationale. L’article 12 de ce texte prévoit notamment la mise en place d’une consigne obligatoire sur les emballages en verre à l’horizon 2025, uniquement pour les produits vendus sur le territoire français. « C’est une approche totalement ingérable pour les opérateurs. Au moment du conditionnement, un producteur de vin ou de spiritueux ne sait pas sur quel marché sa bouteille sera commercialisée. En outre, l’hypothèse de devoir distinguer deux conditionnements différents, pour le réemploi et recyclable, conduit à une perte significative de compétitivité pour les opérateurs. C’est pourquoi nous demandons que cet article 12 soit abandonné, ou que la viticulture puisse y déroger. » Autre motif d’inquiétude lié à ce projet de loi : imposer des obligations d’affichage environnemental sur les produits, au-delà des recommandations européennes sur l’étiquetage. « Cela nous obligerait à modifier l’étiquetage en fonction du marché de destination. Là aussi, c’est une complication logistique que nous ne pouvons pas nous permettre », prévient le président de la Cnaoc. Le vin, une « priorité » pour le gouvernement Macron Face au scepticisme et aux inquiétudes exprimées par ses interlocuteurs, le ministre tient à se montrer rassurant : « L’avenir des vins d’Alsace est absolument prioritaire pour notre gouvernement. Je sais à quel point votre présence à l’international est essentielle. » Il considère que le secteur viticole est un des grands exportateurs nets de la France. « Donc, quand vous dites que vous êtes relégués au fin fond des négociations, c’est en réalité tout l’inverse ». Il en veut pour preuve la décision de Donald Trump de surtaxer les vins français. « Quand on tape sur les vins, on tape sur la France. C’est une guerre mondiale au niveau commercial que nous vivons, tous les moyens sont bons. » Sur les accords de libre-échange, Franck Riester met en avant le bilan positif du Ceta pour la filière viticole (lire encadré). « On voit bien qu’en baissant les tarifs douaniers, on baisse les taxes. » Concernant les aides FranceAgriMer, le ministre dit « comprendre le sentiment d’être condamné avant d’avoir fait quelque chose. Mais on est obligé de faire des contrôles quand on voit le nombre de fraudeurs qu’il peut y avoir ». Sur la problématique de traçabilité et d’exportation des bouteilles, il tient à rappeler que l’export d’un produit agroalimentaire reste plus compliqué que celui de vêtements. « Pour autant, il faut qu’on regarde cela de plus près, voir si c’est un problème français, européen, ou si c’est chez les partenaires commerciaux. » Enfin, il reconnaît que le projet de loi Climat et résilience nécessite encore pas mal de travail pour être adapté aux « réalités du terrain ».

Publié le 26/03/2021

Alors que les annonces d’annulation de salon se multiplient, le Civa a décidé de maintenir Millésimes Alsace sous un nouveau format Digitasting (marque déposée). Une première mondiale où le vin pourra être dégusté par le visiteur, bien que le salon soit virtuel. Plus précisément, du 7 au 9 juin, 100 vignerons et domaines alsaciens proposeront chacun quatre vins à la dégustation. Comment cela va-t-il fonctionner ? Interview de Philippe Bouvet, le timonier de cet événement.

Depuis son arrivée, Philippe Bouvet, directeur marketing du Civa a adopté une stratégie proactive vis-à-vis de tous les acheteurs potentiels, consistant à aller vers les acheteurs plutôt que d’attendre qu’ils viennent. Car il fallait casser certaines idées reçues sur les vins d’Alsace. En peu de temps, les acheteurs de la GD, les cavistes, les grossistes, les cavistes franchisés ont été démarchés par l’interprofession. Mais en ce début de printemps, les annonces d’annulation de salons de vins se multiplient. Le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace a décidé pour sa part de maintenir son salon phare Millésimes Alsace dans un format inédit et novateur : si les visites se font en distanciel, la dégustation des vins pourra néanmoins se tenir pendant le salon. Concrètement, les visiteurs inscrits disposeront des échantillons de vins d’Alsace à déguster qu’ils auront reçu préalablement. Et ils les dégusteront donc sur rendez-vous avec et en même temps que le domaine exposant, mais par vidéo interposée. Chacun des 100 domaines exposants proposera à la dégustation quatre vins. Pour le Civa, il s’agit donc de mettre en place une incroyable logistique de sorte que chaque visiteur inscrit reçoive gratuitement avant le 7 juin, soit cinq ou dix coffrets, représentant chacun un domaine, c’est-à-dire 20 ou 40 échantillons de vins d’Alsace. Échantillons qu’il dégustera lors du salon lors d’un rendez-vous vidéo préalablement pris avec le vigneron/domaine sur la plateforme digitale dédiée de Millésimes Alsace. On peine à imaginer la complexité de mise en œuvre qui se joue dans le back-office de ce salon, avec la préparation des 400 échantillons de vin d’Alsace différents packagés en mignonnettes, présentés en coffrets personnalisés par domaine, et expédiés dans le monde entier. Première mondiale : le mot n’est pas trop fort ! Nous avons donc interrogé Philippe Bouvet, directeur marketing du Civa. Quand avez-vous décidé de maintenir Millésimes Alsace et pour quelle raison ? Philippe Bouvet : « On avait acté en 2020 que Millésimes Alsace ne se ferait pas dans sa version rénovée pour cause de restrictions sanitaires. Rappelons que le salon devait se tenir à Strasbourg avec des cercles itinérants sous une forme extrêmement novatrice. Il y a 2 ans, nous avions d’ailleurs déjà étudié le principe de la dégustation digitale en salon. Ceci pour une raison simple : il n’y a que par la dégustation que l’on casse les idées reçues sur les vins d’Alsace. Cette manière de procéder s’inscrit dans une cohérence de stratégie : la conquête par la preuve, et la preuve par la dégustation. Ça fait 18 mois que je souhaiterais que l’Alsace incarne le renouveau du marché du vin, c’est notre discours et c’est ce qui va permettre de lever les complexes du vignoble. Il ne tient qu’à nous. Il nous faut donc être audacieux, et arrêter de complexer. On se veut avant-gardiste. Le communiqué de presse du salon se veut humble mais conquérant. Pour un vignoble, c’est une première mondiale. »   On imagine la logistique à mettre en place afin que des milliers de visiteurs reçoivent les échantillons d’une centaine d’exposants. Comment avez-vous procédé ? « Ça met en œuvre une énorme logistique de conditionnement de 400 vins différents en mini-flûtes. Tout se prépare avec des acteurs locaux, bien spécialisés dans leurs métiers : le conditionnement en mini-flûte, le co-packing, le cartonnier, les étiquettes, la personnalisation des coffrets, l’expédition en France et à l’export, la conception digitale, la communication avec un communiqué de presse en 20 langues. Nous sommes en train de définir ce nouvel écosystème avec de la conception digitale, du conditionnement œnologique, des fonctionnalités digitales, des processus d’inscription, des kits de communication pour les metteurs en marché. »   Quel est votre plan de communication pour annoncer cet événement ? « Parmi les visiteurs que l’on souhaite faire venir à Millésimes Alsace, nous voulons plus de monde, mais aussi capter les prescripteurs et acheteurs les plus importants et influents. 1 500 coffrets de dégustation sont expédiés à l’export et 3 500 coffrets en France sous forme d’invitation, plutôt qu’un émail ou un carton d’invitation. Nous avons apporté un soin absolu avec nos 15 agences à sélectionner des invités susceptibles d’être acteur en vins d’Alsace, sommeliers, cavistes, journalistes… Ces coffrets d’invitation vont surprendre et interpeller. Nous mettons en place trois réseaux sociaux dédiés au salon sur Facebook, Instagram et LinkedIn. »   Concrètement comment se déroule le salon ? « Dans un premier temps, la plateforme dédiée est ouverte à l’inscription. Les accréditations seront validées une à une. À partir du 29 mars, n’importe quel professionnel pourra naviguer à l’intérieur des 100 domaines. La charte graphique est la même pour tous, avec le portrait photo, la présentation des quatre vins, leur fiche technique, les liens sur les réseaux sociaux du domaine ou encore une vidéo. Un moteur de recherche permet de naviguer parmi les 400 échantillons, selon ses critères de choix : la couleur, le terroir, le cépage, la sucrosité selon la dénomination européenne, le mode de production, éventuellement les réseaux de distribution. Le professionnel visiteur pourra donc commander gratuitement les coffrets dans la limite des stocks disponibles, et prendre un rendez-vous lors du salon. Il aura accès en temps réel au planning du vigneron. Les 100 domaines seront informés de tous les professionnels qui ont commandé leurs coffrets. Chacun recevra les demandes de rendez-vous sous forme de message. Lors du salon, la visioconférence s’effectue dans l’univers Millésimes Alsace. Car nous souhaitons avoir un environnement numérique qualitatif, c’est l’image de l’Alsace qui se joue aussi. »   Mais les vignerons ne sont pas tous adeptes de la communication numérique… « Effectivement, avec Digitasting, le vin d’Alsace est au cœur du rendez-vous, pendant le rendez-vous, pas après le rendez-vous. On veut accompagner au mieux nos opérateurs. Le dispositif a été présenté lors de quatre visioconférences. Nous allons expliquer comment fonctionne la plateforme, comment s’établit la relation avec les professionnels/visiteurs, et donner des astuces pour s’assurer que les conditions de dégustation sont bonnes avec un bon cadre de visioconférence. Pendant le rendez-vous, on présente son domaine, son savoir-faire et son vin, avant de parler de tarif. Nous bâtissons des kits de communication. Chaque domaine aura sa bannière avec « retrouvez-nous au stand X, allée Y » et avec à chaque fois la photo personnalisée, ainsi que des capsules de lien vers les réseaux sociaux du domaine et de quoi personnaliser ses invitations. »   Avec les contraintes sanitaires, mais également de bilan carbone, on imagine que les salons Digitasting vont se développer. Qu’en est-il au Civa ? « Nous passons énormément de temps à bien définir le modèle, un dispositif 100 % alsacien, pour les vins d’Alsace, car il a vocation à être répliqué, dupliqué. Le tout dans une grande fiabilité. La prestation pourra être déclinée à d’autres salons, même en présentiel avec une option pour digitaliser les dégustations. Ce principe d’échanges virtuels accompagnés de dégustations en réel pendant le salon pourra servir à d’autres opérations sur des thématiques précises : les cavistes, importateurs US, le bio, le pinot noir… C’est sans limite. Surtout, cela s’intègre dans la stratégie et les projets entrepris par le Civa jusque-là. Ce modèle est cohérent par rapport à notre feuille de route de création de valeur, en plus de proposer à nos entreprises un cadre qui leur permet de s’accélérer. On ne peut pas faire le boulot à la place des entreprises, mais il s’agit de créer le cadre le plus propice aux affaires. Notre point commun c’est la connexion - client, la dégustation et la connaissance des clients. »   Pourquoi 100 domaines et pas plus, quels profils de vins seront exposés ? « Nous avons pour cette première 100 domaines qui représentent 60 % du courant d’affaires en vins d’Alsace, et 70 % du courant d’affaires export. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a que des gros metteurs en marché. Parmi les 400 vins du salon, 50 % sont en bio ou biodynamie, 20 % sont en conversion, le reste est en HVE ou sous autre démarche environnementale. C’est un message adressé aux visiteurs du salon. Nous offrons la possibilité d’avoir des vins qui expriment des vendanges tardives, mais nous avons poussé pour des vins secs. Nous avons restreint volontairement le nombre d’exposants pour que le projet soit plus acceptable en termes de complexité avec déjà 400 cuvées, 100 visuels et coffrets différents. On travaille en one to one avec les domaines. Ça implique donc une mise en œuvre d’une grande complexité industrielle, logistique et de communication. Pour les visiteurs, c’est aussi une première, il s’agit d’éviter qu’ils se perdent. Nous n’avons à ce stade que peu de retours des domaines qui ne sont pas inscrits. Il y a quelques frustrations, mais la situation est bien comprise. Mais que les absents de Millésimes Alsace se rassurent, l’outil sera dupliqué, et avec lui, la persistance de notre vision stratégique. »    

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