Cercle Gustave Burger
Vers un cahier des charges novateur et un label de droit privé
Cercle Gustave Burger
Publié le 25/05/2021
Pour les adhérents du Cercle Burger, le millésime 2021 constitue « l’année zéro », l’année du pré-lancement donc, du cahier des charges devant déboucher sur une labellisation de droit privé.
Dans l’esprit du cercle, ce cahier des charges est ouvert à tous, il est appelé « à beaucoup évoluer, à être débattu, discuté, expérimenté, selon une méthode collaborative, avec des éléments certifiables et mesurables », indique Bruno Schloegel, l’un des instigateurs. Il comportera une « liste de pratiques individuelles et collectives, validées collectivement, visant à favoriser le lien au terroir ». Cette liste non exhaustive comprendrait par exemple le non-recours à la machine à vendanger, à la chaptalisation, à la désacidification, etc. « Elle reste ouverte mais chaque pratique sera analysée au regard de sa pertinence vis-à-vis du lien au terroir. » L’une des difficultés est de prendre en compte et de rassembler des sensibilités d’approche très différentes entre les « naturalistes » et les « interventionnistes », débouchant sur des viticultures très différentes. Le cercle fait le constat que « les pratiques individuelles diffèrent selon les terroirs, selon la relation de chacun à son terroir. » Au final, les vignerons devront s’accepter et accepter leurs différences. Ce qui signifie que toutes les pratiques n’ont pas vocation à être les mêmes - d'où la liste des pratiques individuelles - , car chacun a son cheminement avec sa sensibilité, sa créativité jusqu’au vin dans le verre. « Mais le but est de converger vers des liens au terroir », poursuit Bruno Schloegel. L’identité n’est pas dans la pratique, mais dans le but assigné. Ce cahier des charges novateur prendra en compte les aspects environnementaux et également sociétaux. « Éviter par exemple que le compost provienne du Chili… » Autre aspect, « il a vocation à anticiper les évolutions et s’inscrit dans la durée et le mouvement. Plutôt que d’être moralisateur et normatif, il vaut mieux être ouvert, et se donner du temps sur 3 à 5 ans », précise Bruno Schloegel. À noter que la veille des vendanges sera un moment particulier du cahier des charges pour « observer ensemble l’arrêt physiologique et photosynthétique, et l’état sanitaire ». Au final, ce cahier des charges débouchera sur la création d’un label « qui identifie les terroirs par strates ». S'il n'y a pas accord des instances de l’appellation, « ces strates ne reprendront pas leur vocabulaire classique » usuel, grand cru, premier cru, communale, etc. Cependant, « les strates n’ont finalement pas grande pertinence par rapport au lien au terroir. La vocation des dénominations consiste surtout à permettre de se référencer au lieu géographique, d’être transparent sur les pratiques » et d’assigner des rendements à chaque strate. Mais, « si on veut hiérarchiser les rendements sur la base des strates, il faut pouvoir tracer le lien au terroir depuis la parcelle jusqu’à la bouteille, avec des revendications précises ».












