Vigne

Publié le 08/07/2021

Après le succès de 2020, Niess Agriculture, Famille Hauller et Gerber H & M organisent la deuxième édition des « 3 jours du vignoble » du 16 au 18 juillet à Dambach-la-Ville. Le contexte commercial reste celui de 2020, où la vie professionnelle du vignoble, perturbée par le Covid-19, n’a pas beaucoup d’occasions de réunions autour de matériel viticole, lors de foires ou de démonstrations.

« Nous apercevons enfin le bout du tunnel après plus d’un an d’obscurité. Nous avons la volonté d’agir pour la reprise de l’activité économique », expriment les deux constructeurs et concessionnaires de matériel vitivinicole, et la maison Hauller, productrice et négociante en vin. Comme l’an passé, cette manifestation accueille des partenaires et de nombreux artisans et producteurs locaux. Au programme : Une journée de vendredi « professionnels », orientée sur le « Monde rural » au sens large, avec une conférence sur le climat dans la matinée et la présentation de nombreux matériels agricoles, viticoles, de vinification et d’entretien des espaces verts, tout au long de la journée. Un marché du terroir et des producteurs, renforcé, après sa grande réussite de l’année passée, avec la présence de nombreux exposants supplémentaires, le vendredi, en fin d’après-midi, et le dimanche en journée. La présentation du nouveau magasin de Niess Agriculture « Promodis 2.0 » Une grande tombola avec de nombreux lots à gagner. Un programme d’animations étoffé, avec des jeux pour enfants, des spectacles, des animations musicales et de nombreuses surprises, tout au long du week-end.    

Publié le 29/06/2021

Quatre ans après son installation, Arthur Bohn parvient à commercialiser l’ensemble des vins du domaine familial en bouteilles. Que ce soit auprès des cavistes, des restaurateurs ou à l’export, le vigneron de Reichfeld ne ménage pas ses efforts.

Arthur Bohn s’installe sur le domaine familial en 2017 avec deux objectifs : arrêter le vrac et convertir l’exploitation à l’agriculture biologique. Le jeune vigneron, qui fêtera ses 30 ans, en juillet, s’y est initié en se formant par alternance dans une exploitation d’Eichhoffen. Il a découvert la biodynamie dans un domaine néo-zélandais où il a passé plusieurs mois après un bac pro viticulture-œnologie et chez Chapoutier, maison qui l’employait comme tractoriste jusqu’en 2016 sur les coteaux du Schieferberg. Son père Bernard, avec qui Arthur est associé, produit alors 25 000 bouteilles par an, vendues à 90 % à des particuliers. Le reste part sous forme de raisins ou de vrac. S’il continue à vendre du raisin le temps de la conversion, le jeune vigneron est résolu à commercialiser la totalité de la production en bouteilles. Objectif atteint puisque le domaine Bohn vend désormais 45 000 à 50 000 bouteilles par an, un seuil qu’Arthur considère comme « viable ». Tout en continuant à développer la vente au caveau sur rendez-vous, le vigneron prospecte de nouveaux marchés, comme les cavistes et les restaurateurs français. Il renforce également ses efforts à l’export, portant la part des vins exportés de 5 à 40 % en seulement trois ans. « La présence à des salons professionnels nous a beaucoup aidés mais c’est aussi le résultat d’une accumulation de petites choses : la philosophie de travail à la vigne et en cave, le marketing, l’habillage des bouteilles, une charte graphique qui tient la route… » Surtout, Arthur n’hésite pas à prendre son bâton de pèlerin pour aller prospecter. « Pour vendre, il faut bouger, bouger, bouger… », dit-il, mentionnant les 40 000 km parcourus chaque année pour écouler ses vins et les cinq tours de France effectués - c’était avant le Covid-19. Convaincu que la présence et la persévérance paient, il livre lui-même beaucoup de ses clients. Une façon d’entretenir le relationnel. « Il faut discuter avec les cavistes, aller manger dans les restaurants avec qui on travaille, rencontrer les importateurs… » En dehors d’1,5 ha situé en bas de coteaux entre Itterswiller et Epfig, les 9 ha en production sont constitués de coteaux sur des terroirs de grès (Sohlenberg), gréso-volcaniques (Bungertal), ou de schistes (Schieferberg). À la vigne, Arthur et son père pratiquent la sélection massale pour conserver la diversité du matériel végétal provenant des vignes les plus anciennes, celles qui ont plus de 50 ans. « Toutes les parcelles de moins de 10 ans sont replantées en sélection massale issue de pépinière privée », explique le jeune vigneron qui, pour les quatre principaux cépages, sélectionne des pieds de vigueur moyenne, avec des raisins plutôt lâches mais pas tous identiques. « C’est la mixité qui crée de la complexité dans les vins. » Cette diversité se retrouve dans les porte-greffes : en général deux ou trois par parcelle, choisis en fonction de la vigueur du sol et pour résister à la sécheresse. Arthur et Bernard désherbent le cavaillon en trois passages d’outils à disque émotteur ou à doigts et passent une lame intercep en été. Les vignes sont enherbées naturellement. L’herbe n’est fauchée qu’avant les vendanges : simplement roulée au rolofaca une fois montée en graine. Ainsi, elle joue pleinement son rôle de protection du sol en divisant la température par trois lors des fortes chaleurs. Sa priorité étant de produire des vins de terroir, aptes à la garde, Arthur se satisfait de cet entretien a minima, qui économise du temps et du gasoil tout en maintenant le rendement autour de 50 hl/ha en moyenne. Il cherche à réduire l’usage du soufre et du cuivre au maximum en utilisant des plantes pour aider la vigne à se défendre : saule, ortie, prêle, valériane, pissenlit, sauge et romarin sont pulvérisés à différents stades de la végétation sous forme de tisanes, de décoctions ou de purins. Cette année, il a associé du saule broyé à une décoction de prêle pour favoriser la circulation de la sève au printemps. Il utilisera de la sauge et de l’ortie, dont il connaît le pouvoir antifongique contre l’oïdium et le mildiou, en complément du soufre et du cuivre. Le jeune vigneron s’astreint à arrêter les traitements le plus tôt possible dans la saison pour limiter les résidus sur la vendange. Sans intrants ni filtration En cave, Arthur et Bernard travaillent exclusivement avec des levures indigènes et vinifient « au moins 80 % de la récolte sans intrants ni filtration ». « On se laisse tout de même la possibilité de sulfiter légèrement si besoin, précise Arthur qui, dans ce cas, ne dépasse pas les 1 à 2 g/hl. En pratiquant des élevages longs (jusqu’à deux ans, dans l’inox ou le bois), en soutirant au bon moment et en favorisant la décantation par le froid pour les vins qui doivent être mis en bouteilles plus rapidement, ils obtiennent des vins clairs sans filtrer. Cette pratique demande toutefois « un suivi intransigeant : on goûte tous les jours et au moindre doute, on envoie à l’analyse. » Pour les blancs, Arthur et son père réalisent un pressurage direct de 6 à 8 h. Les jus sont débourbés légèrement après un passage au froid systématique. Les vins de macération - rouges et oranges - sont élaborés à partir de raisins entiers (2/3) et de raisins égrappés (1/3). Un léger piégeage est réalisé les trois premiers jours, suivi d’un remontage quotidien qui n’excède pas 5 % du volume pendant 20 à 35 jours selon les millésimes et les cuvées. La troisième méthode utilisée est plus expérimentale : elle consiste à ajouter à des raisins entiers fraîchement cueillis, du moût issu de raisins pressurés la veille et maintenus en macération avec de la glace carbonique. « Ensuite, on ferme la cuve et on laisse pendant une dizaine de jours sans rien faire à part surveiller et goûter. »

Millésimes Alsace Digitasting

Un très bon bilan selon le Civa

Publié le 19/06/2021

Avec 3 750 visiteurs professionnels dont 1 050 professionnels français, et 2 700 visiteurs en provenance de 55 pays, le Civa se dit très satisfait de Millésimes Alsace Digitasting et réfléchit à une nouvelle édition améliorée. Les utilisateurs peuvent toujours utiliser la plateforme digitale pour poursuivre les entretiens.

Pour la première mondiale de Millésimes Alsace Digitasting, le Civa a accrédité plus de 3 750 visiteurs professionnels français et internationaux (importateurs, cavistes, restaurateurs et hôteliers, sommeliers, centrales d’achat, distributeurs et grossistes spécialisés…). Dès le lancement des inscriptions en mars, le salon avait connu un succès immédiat : au bout d’une semaine seulement, le salon avait déjà accrédité plus de 900 visiteurs. Et l’engouement s’est confirmé en mai, puisque dès l’ouverture des plannings en ligne des producteurs alsaciens, ce sont plus de 2 000 rendez-vous qui ont été pris, se félicite le Civa. Parmi les visiteurs, notons 30 % de Français et les 70 % en provenance des États-Unis, du Royaume-Uni, d’Italie, du Canada ainsi que de Taïwan. Mais également des marchés plus « exotiques » tels que le Pérou, l’Inde, le Népal, le Paraguay… « Un rayonnement mondial, pour un projet conçu 100 % en local », écrit le Civa « appuyé par toute la filière » sous la maîtrise d’œuvre de l’interprofession. 100 % mondial et 100 % local La logistique et le transport des échantillons ont été gérés par des partenaires à Molsheim et à Colmar, la conception digitale par une entreprise strasbourgeoise, la mise en bouteille par un expert situé dans le Bas-Rhin, la conception photo par un atelier basé à Soultzmatt, le travail de vidéo par une agence basée à Sainte-Croix-aux-Mines, les coffrets par un fournisseur colmarien, les visioconférences enregistrées depuis Ingersheim avec des intervenants situés partout dans le monde (Californie, Canada, Suisse). « Cette initiative est une étape de plus pour redire au monde entier que l’Alsace est de retour ! Mais quand on regarde les chiffres, on voit que les visiteurs français ont été un peu moins présents. La relative retenue du public français est peut-être la seule réserve, émet Didier Pettermann, président du Civa. Mais nous sommes persuadés qu’ils changeront leur regard rapidement sur ce qu’est capable de faire l’Alsace. » « Clairement, l’Alsace poursuit son émancipation, et continue de se libérer des codes pour contribuer à inventer les codes de demain », ajoute Philippe Bouvet, directeur marketing du Civa. Et comme le disait une vigneronne, « l’image de ce salon va bien au-delà des 3 cl contenus dans chaque flûte ». Pour lui, le vignoble semble avoir « franchi un cap », d’autant que « les retours des exposants comme des visiteurs sont extrêmement positifs ». Les visiteurs saluent l’audace du vignoble alsacien à travers la qualité générale du salon. D’ores et déjà, l’interprofession réfléchit à de nouvelles déclinaisons de la marque Digitasting. Sans néanmoins occulter que « le besoin de se retrouver en présentiel reste fort », le directeur du Civa, Gilles Neusch constate que des rendez-vous initiés par la plateforme continuent d’avoir lieu. Millésimes Alsace Digitasting constitue donc un investissement de long terme pour le vignoble alsacien. « Mais au regard de l’ampleur de ce dispositif, nous allons d’abord identifier ce que nous aurions pu mieux faire, et ce que nous pourrions faire encore mieux à l’avenir ! »    

Pages

Les vidéos