Vigne

Publié le 25/09/2021

La récolte, qui a débuté le 13 septembre pour les cépages destinés au crémant, pâtit des excès d’eau de cet été. Le millésime s’annonce typique avec de jolies acidités.

Christian Kohser, 19 ha à Wangen, apporteur chez Arthur Metz. « Nous avons rencontré des difficultés pour compléter l’équipe de vendangeurs. Nous avons fait du surbooking pour être sûr d’avoir assez de personnel. L’année dernière, nous avions plus d’étudiants et dans notre secteur, les arboriculteurs ont déjà commencé la récolte. Avec le gel et les dégâts de mildiou, j’estime le rendement autour de 55 hl/ha. Pour les crémants, les volumes ne sont pas là, mais j’attends de voir la suite. Pareil pour les gewurztraminers. Les rieslings sont beaux. Pour les pinots, c’est difficile à estimer. Je suis attentif aux risques de botrytis et aux foyers de pourriture. Je n’ai jamais vu de mildiou comme cette année. Il est bon de privilégier la précocité pour garantir un état sanitaire satisfaisant. Les baies sont belles et gonflées alors j’espère que la pluie ne sera pas au rendez-vous pour éviter qu’elles n’éclatent. » Julien Gsell, 9 ha, vigneron récoltant à Orschwihr. « Pour le moment, les degrés tournent autour de 10. On pouvait s’attendre à plus. Le feuillage atteint par le milidou est-il en cause ou bien est-ce que ce sont les vignes qui travaillent moins bien ? En tout cas, les températures fraîches ne permettent pas aux degrés de monter rapidement. J’ai connu des débuts de vendanges au 25 septembre. On est dans un cycle plus proche des habitudes alsaciennes. Avec un climat sec, on peut attendre. L’acidité est encore bien marquée. On va se rapprocher d’un millésime plus typique avec des vins fruités, grâce aux nuits fraîches, et plus vifs. Un vrai vin d’Alsace, dirais-je, plus tendu, de meilleure garde. En somme, de beaux vins gastronomiques. D’un point de vue sanitaire, chez moi, les pinots noirs sont à surveiller car la pourriture guette, suite à des piqûres d’insecte ou d’oiseau avec un risque de piqûre acétique. Les autres cépages sensibles comme l’auxerrois et les pinots gris sont beaux. Au niveau des rendements, le tableau est catastrophique. J’ai plus de 80 % de perte sur les pinots noirs. Après une année difficile commercialement à cause du Covid, il va encore falloir se serrer la ceinture. Le recrutement des vendangeurs n’a pas été une mince affaire non plus. Plus personne ne vient se présenter spontanément au domaine depuis deux ans. Nous sommes passés par Alsace Vendanges et l’équipe a pris du temps à être complète. Je suis inquiet pour l’avenir car les jeunes retraités se font rares dans les rangs. Heureusement, sur 14 vendangeurs, six sont des habitués. Ils forment des binômes avec les nouveaux pour les aider à trier. » Pas à la même vitesse que l’an dernier Adrien Stoeffler, 16,5 ha, vigneron récoltant à Barr. Avec son équipe d’une douzaine de vendangeurs, il a commencé à vendanger le 15 septembre : pinot blanc, auxerrois, chardonnay et pinot gris destinés au crémant ont été récoltés entre 10,5 et 11°. Un début de récolte effectué sous la pluie dans des parcelles passablement touchées par le mildiou. « C’est surtout le pinot gris qui a pris, on a 30 % de rendement en moins sur ce cépage, voire 40 %. On a des dégâts sur le pinot blanc, un peu moins sur chardonnay et sur auxerrois. On a eu aussi de l’oïdium sur certaines parcelles : j’ai rentré trois bottiches sur une parcelle où j’en récoltais 12 habituellement. ça nous oblige à faire énormément de tri : forcément, on ne va pas à la même vitesse que l’an dernier, cela exige plus de suivi, il faut regarder dans les seaux ». Adrien compte finir la récolte des raisins pour le crémant cette fin de semaine et enchaîner sur les pinots gris et pinots noirs destinés aux vins tranquilles. Pour les sylvaners, qui sont encore à 9 °, « il va encore falloir attendre une semaine à 10 jours », prévoit le vigneron, heureux du retour d’un temps plus sec. Patrick Schiffmann, 19 ha à Kaysersberg, apporteur à Bestheim. « Pour moi, c’est une date normale de début de vendanges mais avec deux points noirs : les attaques de gibier en lisière de forêt et une attention particulière à porter au tri. Malgré un dernier traitement contre l’oïdium le 10 août, les pinots et les auxerrois ont été particulièrement touchés. La présence de chevreuils et de sangliers dans mes vignes commence à être récurrente dès le mois d’août. Je pose des filets mais rien n’y fait. Cette année, j’ai remplacé le travail du sol estival par un broyage des végétaux. L’autre rang a été fauché comme d’habitude. Dans les secteurs autour des villages où le sol est assez profond et même parfois filtrant, la bonne tenue des traitements permet une récolte presque normale. Pour les parcelles plus complexes, vers le golf d’Ammerschwihr ou à Kaysersberg, nous n’arriverons pas au rendement, mais cela s’équilibre entre les parcelles. Le VCI (volume complémentaire individuel) pourrait être un outil intéressant cette année. Je me donne la possibilité de l’utiliser si nécessaire. » Propos recueillis par Florence Péry et Cécile Hans, entre le 18 et le 22 septembre.    

Comité des reines des vins d’Alsace

Dix années royales

Publié le 20/09/2021

Le comité des reines des vins d’Alsace fête son 10e anniversaire. C’est en 2001 que les représentantes du vignoble ont décidé de créer une association avec le soutien du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace. Elles se sont retrouvées samedi 11 septembre à Wettolsheim en l’honneur de la reine actuelle, Virginie André.

Une reine qui vit un règne qu’elle a qualifié elle-même d’atypique en raison de la situation sanitaire. Intronisée lors de la dernière foire aux vins d’Alsace à Colmar en 2019, son mandat d’une année a exceptionnellement été renouvelé en 2020. « Merci pour votre soutien. Lors de ma première année de reine, en 2019-2020, j’ai pu participer à quelques manifestations avant d’être contrainte de stopper mes activités lors du premier confinement. Pour cette seconde année de règne comptant pour la période 2020-2021, j’ai constaté avec satisfaction que nous recevons à nouveau des invitations. Nous ne sommes pas oubliées. C’est une belle satisfaction. On m’a donné la chance de promouvoir les vins d’Alsace au maximum », explique Virginie André. Parmi ses coups de cœur, le salon international de l’agriculture à Paris en 2019 et la visite du Parlement à Munich. « J’ai beaucoup appris avec cette responsabilité. J’ai désormais hâte de passer le relais car il faut savoir évoluer. Mais je veux continuer à m’investir. D’où cette volonté de faire partie du bureau du comité des reines des vins d’Alsace », ajoute Virginie André. Elle pourrait laisser son écharpe et sa couronne lors de la Cuvée givrée de la Foire aux vins d’Alsace prévue du 27 au 20 décembre 2021. « Une réunion est programmée entre le comité des reines des vins d’Alsace, le Civa et Colmar Expo le 15 octobre prochain. Nous allons évoquer l’avenir du nouveau trio royal. Il pourrait être élu, cette fois sur une année civile, en novembre 2021. Nous allons également évoquer d’autres modalités comme, par exemple, la possibilité d’établir une charte à signer par la reine et ses dauphines sur les us et coutume de leur mandat d’une année », indique Claudia Renel, présidente du comité des reines des vins d’Alsace.     Une association reconnue par la filière viticole alsacienne Elle s’est également félicitée de l’évolution de l’association depuis sa création en 2001. « Depuis dix ans, nous avons beaucoup travaillé. Nous sommes désormais reconnues par tous nos pairs et par la filière viticole alsacienne. Nous avons de bons retours sur nos propres manifestations et sur celles où nous nous rendons. À la sortie du dernier confinement, nous avons pu renouer avec certaines de nos activités. En juillet, nous avons pu participer à une visite dégustation au domaine Rolly Gassmann à Rohrschwihr et à la fête vigneronne de Barr. Le 13 septembre, nous étions également présentes à la confrérie Saint-Étienne de Kientzheim pour le rassemblement des confréries viniques », précise Claudia Renel. Elle a ensuite rappelé tout ce qui a été fait depuis 2001. À commencer par la troisième et dernière soirée de gala du 26 juillet 2019 à la Foire aux vins et la dégustation de la cuvée royale, « la pétillance des Reines ». L’assemblée générale a ensuite validé le bilan comptable et renouvelé son comité directeur pour la période 2021-2023. Si Joséphine Spannagel et Séverine Laval ont fait le choix de le quitter, Virginie André et Margaux Jung ont décidé de le rejoindre. Claudia Renel (la présidente), Aurélie Schneider, Christelle Da Cunha, Dorothée Wolff, Charlène Spettel, Martine Guth, Anita Heitz et Marine Wessang en restent membres. À l’issue de la réunion, il y a eu les retrouvailles avec les confréries viniques pour fêter les dix ans du comité lors d’un déjeuner au restaurant Au Soleil à Wettolsheim. L’après-midi s’est poursuivie avec la dégustation de la cuvée Virginie au domaine Antoine Ehrhart. À noter que Marguerite Bannwarth-Binner, première reine des vins d’Alsace en 1954 et en 1955, était présente comme pour toutes les manifestations organisées par l’association depuis dix ans.

SAS Harmonie des Vignes à Moernach

Le vin, à domicile

Publié le 17/09/2021

Faire découvrir des vins et les associer à des produits régionaux français, tel est le projet professionnel de Vanessa Haegy qui a créé Harmonie des Vignes, en 2017. Elle projette en 2022 d’accueillir ses clients dans un nouveau bâtiment qui doit lui permettre de développer son activité.

Domiciliée à Moernach, dans le Sundgau, Vanessa Haegy a été comptable pendant 25 ans. Elle a terminé son parcours chez Wifor à Roppentzwiller. Quand cette entreprise a disparu, elle a cherché à se reconvertir. « Le domaine du vin m’a toujours intéressé. C’est une passion commune que j’ai avec mon mari, Yannick. Nous dégustons régulièrement et vous visitons des caves depuis longtemps. Nous avons un camping-car. C’est là que l’idée de créer ce concept innovant de vente à domicile est venue. Il repose sur la recherche de petits producteurs et vignerons français, l’originalité des produits et un bon rapport qualité/prix. On a alors commencé à rencontrer des professionnels de la viticulture. On a également assisté à des réunions de dégustation », explique Vanessa Haegy. Le couple parcourt la France pour trouver ces vins, mais aussi ces produits régionaux en charcuteries fines, en tapenades, en condiments ou encore en confitures. Sans faire de publicité, l’entreprise se développe rapidement. « Depuis 2017, ce n’est que du bouche-à-oreille. Avant de proposer les produits, nous les dégustons chez nous avec des amis. Quand cela nous plaît, on en fait venir et ensuite on les distribue chez nos clients, surtout sous forme de paniers garnis. La crise sanitaire a un peu perturbé notre croissance. Mais nous sommes optimistes. Nous avons toujours des commandes », précise la gérante de l’entreprise âgée de 49 ans. Ces cibles restent des petits domaines viticoles familiaux français que l’on ne trouve pas ou très rarement dans les grandes et moyennes surfaces. « Notre fournisseur de Pauillac fait 6 000 bouteilles. Nous apprécions de travailler avec les petits récoltants car nous les connaissons et ils font des produits de qualité. Je pense par exemple au domaine de la Rocalière à Tavel dans le Gard », poursuit Vanessa Haegy. Tous les vignobles français sont présents dans sa cave. « L’Alsace, nous en avons un peu. Mais, elle n’est pas notre priorité. Car, ici les gens qui aiment le vin d’Alsace se déplacent eux-mêmes chez les producteurs et dans les caves », précise-t-elle. Du garage au grand bâtiment Les tarifs sont ceux des grossistes auxquels il faut ajouter le coût du transport. « Nous ne sommes pas là pour vendre nos vins à des tarifs élevés. Nous voulons faire découvrir la viticulture et la gastronomie française. C’est le concept de l’entreprise. La plus grosse période d’activité demeure les fêtes de Pâques. À Noël, nous livrons en moyenne plus de 400 paniers garnis. Nous cherchons également des produits qui nous sont demandés par nos clients. Certains veulent du bio, d’autres des cépages bien précis et les derniers, surtout des chefs d’entreprise, du haut de gamme. Nous avons de tout », insiste Vanessa Haegy. Elle travaille depuis son garage de la maison familiale. Elle livre directement ses clients dans un rayon géographique qui s’étend jusqu’à Soultz. « J’apprécie ce contact humain. Dans mes précédentes responsabilités professionnelles, j’étais enfermée dans un bureau. Là, je partage ma passion. Mon mari qui travaille encore à côté s’occupe du côté commercial. Nous nous complétons. Pour ma part, je fais également du flocage de paniers, je grave des verres. Tout cela depuis ce garage. À terme, nous comptons avoir du personnel si notre projet se développe bien », se réjouit Vanessa Haegy. Ce projet est précisément en cours de finalisation. Il s’agit de la construction d’un bâtiment dans un village voisin, à Koestlach. « Il y aura des chambres d’hôtes, un caveau de dégustation, un bar à vin et un magasin, sans oublier une salle de banquet. Nous aurons notre appartement au-dessus. L’idée est de développer notre concept. Proposer et faire découvrir nos vins et nos produits aux gens qui pourront les déguster sur place, les acheter et même profiter de la chambre d’hôtes pour dormir et visiter la région. Nous comptons proposer des soirées de dégustation et à thème. C’est un gros projet. Nous venons d’avoir le permis de construire et nous avons le soutien de la municipalité. Le bâtiment va se trouver sur une route passante. C’est un gros investissement. Mais nous pensons que nous sommes sur un créneau porteur », conclut Vanessa Haegy. La caviste, originaire d’Épinal, mise sur la qualité de son travail pour continuer le développement de l’entreprise.

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