Millésimes Alsace Digitasting
Pari réussi pour le Civa, le vignoble marque des points en Asie
Millésimes Alsace Digitasting
Publié le 11/06/2021
Le nouveau format digitalisé de Millésimes Alsace se tenait du 7 au 9 juin. Partant du constat que les salons viniques étaient interrompus, l’équipe du Civa a réuni une centaine de domaines et maisons viticoles alsaciennes pour proposer une alternative. Où les vignerons recevaient par vidéo les rendez-vous des acheteurs, prescripteurs, tandis que les vins pouvaient, malgré le distanciel, être dégustés simultanément grâce à l’envoi préalable d’échantillons.
Première mondiale dans le secteur vitivinicole, le concept Digitasting a globalement très bien fonctionné. Même si quelques ajustements sont encore nécessaires, peut-on entendre parmi la centaine de maisons et domaines qui ont eu le privilège de participer à ce premier salon interprofessionnel entièrement digitalisé. Chacun des 2 500 à 2 700 prescripteurs, journalistes, cavistes… inscrits sur la nouvelle plateforme digitale, avait reçu des échantillons de leur choix avant le salon. Le Civa a envoyé 5 000 coffrets d’échantillons de 3 cl dans le monde en guise d’invitation au salon. « Très bien conçu » Parmi ces domaines, Julien Boehler à Molsheim, jeune vigneron alsacien, avait 23 rendez-vous de digitasting de 20 à 90 minutes. « C’est très bien conçu, nous avons le planning des rendez-vous, on clique dessus et on est connecté à la vidéo. Il suffit d’attendre que l’interlocuteur se connecte », explique le jeune vigneron, qui enchaîne les rendez-vous à raison de cinq par demi-journée. De l’autre côté de l’écran, certains acheteurs jouent le jeu et ouvrent les échantillons en direct. Petit bémol qui nécessitera quelques ajustements, l’encapsulage des échantillons ne permet pas de restituer parfaitement le vin qui est en bouteille, faute d’une étanchéité/herméticité parfaite à l’air. « Mais l’intention y est », corrige Julien Boehler. Dans les rangs des prescripteurs, acheteurs, cavistes, importateurs, journalistes, on reconnaît et on loue la volonté du Civa de passer outre les barrières du Covid-19. « Certains ont été très sensibles au geste de l’envoi des échantillons », ajoute Julien Boehler, qui pour sa part a également envoyé de sa propre initiative la fameuse et nouvelle carte des crus d’Alsace répertoriés par les Jeunes vignerons indépendants. « On m’en dit beaucoup de bien. » Moins cher qu’un salon classique Au final, même si elle reste partiellement digitalisée, l’opération s’avère rentable estime le jeune vigneron qui compare l’investissement que lui aurait coûté la participation à un quelconque salon (déplacement, logement, frais d’inscriptions, etc.) à ce que lui coûte Millésimes Alsace Digitasting : 1 500 €, plus les dépenses interprofessionnelles. « Clairement, ça fait le taf d’un salon. Nous rencontrons beaucoup de nouveaux clients », résume Pierre Dietrich du domaine Achillée à Scherwiller, pour qui il faudra revoir deux aspects, d’une part l’étanchéité des échantillons et la possibilité de doubler ou tripler les rendez-vous sur trois jours pour un même domaine viticole qui peut mettre à disposition plusieurs conférenciers pour animer les digitasting. Pour Jean-Philippe Becker, « il faut tirer le chapeau au Civa pour cette opération ». Mais l’œnologue de la maison de Zellenberg a pris le soin de mesurer le SO2 libre des échantillons, il en ressort que les vins ont tout consommé ou presque… + 80% de fréquentation comparé à Millésimes Alsace non digitalisé Du côté du Civa, Philippe Bouvet comptabilise 970 rendez-vous professionnels le premier lundi et environ 2 500 à 2 700 prévus durant les 3 jours. Soit une fréquentation en hausse de 80 % par rapport au dernier salon Millésimes Alsace. Même si cette fréquentation est virtuelle, au final, il semble que l’opération a redonné à beaucoup l’envie de venir en Alsace. Notamment parmi la clientèle de Taïwan, Singapour et du Japon. En témoignent les hashtags #digitasting sur Instagram, où de nombreux prescripteurs/acheteurs faisaient part en termes laudatifs de leur grande satisfaction à la réception des échantillons : « Quand l’Alsace vient à nous », écrit La sommelière en basket, « magnifique, hâte de tester », écrit Tasteinwine, « J’étais autrefois alsacien et j’ai retrouvé ma mémoire à Taïwan », écrit Chungshu Lee… Pour l’équipe du Civa, le pari est gagné. Il s’agit de surcroît d’un investissement, car la plateforme Digitasting est désormais en place pour servir d’autres manifestations du vignoble. Certes des ajustements seront nécessaires. D’autres groupes de vignerons pourront y recourir.












