Grand Concours des vins de Colmar
Une 50e édition en toute « intimité »
Grand Concours des vins de Colmar
Publié le 07/06/2021
Au lieu d’une grand-messe sur une demi-journée au Parc des expositions, cette 50e édition a été morcelée sur cinq jours à la Maison des vins. Un défi logistique pour le Civa, mais une nécessité pour toutes les entreprises du vignoble qui comptent sur ce concours pour valoriser leurs vins auprès de leurs clients après une année compliquée.
Compliqué mais pas impossible. Cette année, le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) a dû faire preuve d’ingéniosité et de résilience pour organiser le traditionnel Grand Concours des vins d’Alsace de Colmar. Cette 50e édition s’est déroulée sur plusieurs jours, du 26 mai au 1er juin, au sein de la Maison des vins d’Alsace avec l’application de mesures sanitaires draconiennes : prise de température à l’arrivée, port obligatoire d’un masque FFP2 lors de l’arrivée sur les lieux et pour tous les déplacements, distance minimale de deux mètres entre chaque juré, trois personnes maximum par table, téléphones portables interdits sur les tables, crachoir individuel équipé d’une coupelle anti projection, quatre pôles de dégustations répartis dans quatre salles différentes, un seul juré par pôle de dégustation habilité à manipuler les bouteilles… « On s’est inspiré de ce qui s’est fait dans d’autres concours comme celui de Mâcon. C’est le même protocole qu’on aurait mis en place au Parc des expos. Malheureusement, nous n’avons pas eu le feu vert du préfet pour l’organiser là-bas », regrette le directeur du Civa, Gilles Neusch. Le concours y a quand même gardé un pied cette année puisque toutes les bouteilles y étaient stockés, comme lors des éditions précédentes. Ce qui a entraîné quelques « lourdeurs » logistiques reconnaît le coordinateur du concours au sein du Civa, Dominique Wolff : « On a fait la réception des échantillons et la préparation de l’anonymat là-bas car on a toute la place qu’on veut. Mais après, on a dû tout rapatrier ici au fur et à mesure, soit une vingtaine de palettes. Et on ramènera tout là-bas avant la dégustation des Coups de cœur qui aura lieu jeudi [le 3 juin, N.D.L.R.]. » Des dégustations plus intimes L’autre difficulté de ce 50e concours a été de trouver la bonne mesure pour que ces cinq jours se passent de la meilleure manière possible. Chaque jour, un ou deux nouveaux cépages à déguster, mais un déroulé similaire : discours introductif pour rappeler au jury les règles du concours, les gestes barrière… quatre fois de suite, à raison de quatre salles de dégustation. Il a fallu également composer avec un nombre de jurés plus restreint qu’à l’accoutumée. « Contrairement aux autres années, on a uniquement fait appel aux entreprises participantes pour évaluer les vins. Habituellement, on élargit les invitations aux membres du Club des dégustateurs. On essaie de jongler en espérant à chaque fois que toutes les personnes inscrites viennent bien. Sur les trois premiers jours, ça s’est bien passé [propos recueillis le 31 mai, N.D.L.R.]. Le côté positif, c’est que les dégustations sont un peu plus intimes à la Maison des vins que dans le brouhaha d’un grand hall. Au final, même s’il y a un peu plus de logistique à mettre en œuvre, le concours est moins stressant dans ces conditions qu’au Parc des expositions où il faut encadrer 150 dégustateurs en même temps et déboucher près de 1 000 bouteilles en deux heures », reconnaît Dominique Wolff. Une nécessité pour la commercialisation Si l’organisation du concours a été un peu plus laborieuse à mettre en place cette année, il n’était pas envisageable de l’annuler comme ont pu l’être d’autres manifestations similaires. Une décision qui se justifie pleinement aux yeux de Gilles Neusch : « Nos entreprises ont besoin de ces médailles pour la commercialisation de leurs bouteilles, c’est recherché par les acheteurs et les consommateurs. Ensuite, on tenait à envoyer un signe majeur de soutien à la profession après une année un peu compliquée. » Aujourd’hui, les voyants reviennent enfin au vert pour la commercialisation des vins d’Alsace, pas loin du niveau de 2019 grâce au marché export et à celui en grandes surfaces « qui se tient bien ». « Et ça, c’est avec des restaurants fermés et l’évènementiel à l’arrêt. Les potentiels de marché sont plus que jamais bien présents. » Deux raisons pour expliquer cette tendance selon lui : une stratégie de communication massive, ciblée et percutante opérée par l’interprofession, et des vins d’Alsace qui répondent davantage aux « instants de consommation » actuels comme les apéros entre amis, les apéritifs dînatoires et autres moments informels. « Avec nos vins, on est au carrefour de plein de tendances comme les modes de consommation, le respect humain, la protection de l’environnement, la dimension familiale de nos domaines même si on a des metteurs en marché conséquents. On est tout sauf industriel en Alsace. Et ça, c’est dans l’air du temps. »












