Vendanges de l’Ava
Convivialité malgré la maigre récolte
Vendanges de l’Ava
Publié le 20/10/2021
Pour ses premières vendanges conviviales, Gilles Ehrhart a accueilli, sur une de ses parcelles de gewurztraminer, une vingtaine d’élus, de représentants de la profession agricole et de l’État, à Wettolsheim.
Président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava) depuis cet été, Gilles Ehrhart annonce l’ouverture des vendanges conviviales dans une année extraordinaire : « La plus horrible de notre secteur. L’excès d’eau a entraîné une chute de rendements dramatiques. Je ne sais pas où on va car les conséquences se feront sentir l’année prochaine pour ceux qui vendent leur récolte et d’ici deux à trois ans pour ceux qui vendent leur vin directement. J’ai de fortes craintes sur la capacité de résilience de nos entreprises. Certes, la taxe Trump et le Covid-19 nous laissent du stock dans les caves, mais ils grèvent aussi fortement nos trésoreries. » Sur ces mots plutôt pessimistes, il invite néanmoins les participants à un moment convivial à Wettolsheim. Son maire, Lucien Muller, rappelle que les viticulteurs du village exploitent au total 550 ha alors que le ban communal compte 220 à 240 ha de vigne : « Nous avons la chance d’avoir de nombreux grands crus dans nos caves. » D’ailleurs, 80 % du grand cru Hengst se trouve sur le territoire de la commune. « Notre objectif est d’avoir le moins d’entreprises qui s’arrêtent » Dans les rangs, en bordure du grand cru Pfersigberg, dans une parcelle de gewurztraminer, le tri des raisins ne sera, cette fois, pas nécessaire. Gilles Ehrhart indique l’intérêt de ces vendanges partagées avec les institutionnels : « C’est un moment sympathique pour rencontrer les personnes de l’administration que l’on voit habituellement en réunion et qui leur permet de voir à quoi ressemblent nos vignes. » Et malgré la belle image donnée par cette parcelle, elle n’est pas représentative de la situation : « C’est une année difficile pour nos vignes, il est encore trop tôt pour estimer les pertes exactes, il faudra attendre les déclarations de vendanges, mais ce sera certainement l’une des plus petites récoltes de l’appellation. Notre objectif est d’avoir le moins d’entreprises qui s’arrêtent. Nous travaillons avec la MSA (mutuelle sociale agricole) sur un système d’aide et sur l’allègement des cotisations sociales. Grâce à nos discussions avec l’État, nous avons déjà permis la mise en place d’achat de raisin entre viticulteurs sans passer par le statut de négociant. Nous sommes encore en pourparlers pour l’exonération de la taxe foncière sur le non-bâti. » Pour ce qui est des assurances, il espère qu’elles veulent « rester un partenaire de la viticulture ». « L’excès d’eau fait partie des aléas climatiques », complète-t-il. « Pour les viticulteurs qui ont souscrit à une assurance intempéries, il est normal qu’ils veuillent faire valoir leur droit. Nous sommes toujours en discussion avec les assurances, mais nous ne pouvons pas nous substituer aux viticulteurs, même s’ils se retrouvent seuls face à un mastodonte. » L’histoire familiale fait que Gilles Ehrhart gère deux entreprises viticoles de 14 ha au total. L’une apporte à la cave Bestheim, l’autre à celle de Wolfberger. Les discussions se sont poursuivies donc autour d’une choucroute sur une parcelle du grand cru Steingrubler, accompagnée par des vins des deux caves, dont un riesling Steingrubler.












