Commerce
L’Alsace à portée de verre
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Publié le 07/01/2022
Caviste et bar à vin, l’Alsace à boire est la nouvelle adresse strasbourgeoise entièrement dédiée aux vins d’Alsace.
Ouvert depuis la mi-juin 2021, à l’angle de la rue du 22 Novembre et de la rue des Aveugles, l’Alsace à boire réunit, en un même lieu, une boutique de caviste et un bar à vin. Les deux sont dédiés à 100 % aux vins d’Alsace. Des cavistes, Strasbourg n’en manque pas. Des bars à vins ou des restaurants servant des vins de la région non plus, reconnaît Emmanuel Ehrhardt, le sommelier responsable des lieux. Mais aucun ne les met en avant autant que le souhaiterait cet ancien du lycée hôtelier d’Illkirch, « un poil chauvin », qui a passé dix ans à voyager d’un établissement gastronomique à un autre. Faire découvrir à un large public la diversité exceptionnelle des terroirs de la région et les crus qui en proviennent, c’est l’ambition de la nouvelle enseigne, qui dépend d’un groupe de restauration bien implanté à Strasbourg. Convaincu qu’il faut « dépoussiérer » l’image des alsaces, le sommelier souhaite se démarquer par la qualité de sa sélection. Sa volonté : représenter aussi bien les grands classiques de l’appellation, incarnés par des maisons renommées, que « les petits nouveaux et les vignerons en devenir ». Dans la boutique, les clients ont accès à 190 références, dont les 51 grands crus d’Alsace représentés chacun par un domaine. Les six premiers mois d’activité ont déjà amené une clientèle de connaisseurs et d’amateurs de vins éclairés, attirés par une sélection composée « à 80 % au moins » de vins issus de l’agriculture biologique ou biodynamique et d’une gamme de vins nature, domaine où « la demande est forte », selon Emmanuel Ehrhardt. Attirer des consommateurs plus occasionnels ou des non-initiés est un challenge plus ardu. Pour le relever, L’Alsace à boire invite un domaine tous les samedis. De 15 h à 20 h, son représentant vient présenter quelques-uns de ses vins : ceux qui sont commercialisés dans la boutique, voire une sélection personnelle. La dégustation - gratuite - et le contact direct avec le viticulteur ou la viticultrice permettent au néophyte comme au passionné d’enrichir sa culture vinique, quel que soit son niveau de connaissances de départ. Depuis début septembre, une vingtaine de domaines se sont prêtés à l’exercice. Un droit de bouchon unique Pour favoriser la découverte, L’Alsace à boire propose une autre option : la dégustation au verre dans la partie bar à vin. « Nous avons la volonté de faire cohabiter les deux espaces, explique Emmanuel Ehrhardt. L’idée, c’est que le client puisse commander un vin au verre ou qu’il vienne choisir dans la vinothèque le vin qu’il consommera sur place. Nous appliquons un droit de bouchon de 15 € quelle que soit la bouteille mais pas de marge supplémentaire. » Ce droit de bouchon, qui s’ajoute au prix du flacon, trouve sa contrepartie dans le rafraîchissement et le service du vin à la juste température. Grâce à un « chiller » (une machine à refroidir), le sommelier et son équipe sont capables de rafraîchir n’importe quelle bouteille de vin d’Alsace en moins de 9 minutes chrono. Ceux qui consomment sur place peuvent s’installer derrière le bar, sous le luminaire géant fait de bouteilles suspendues, ou prendre place à l’une des tables en bois. L’ambiance se veut tout à la fois « populaire et cosy ». Entendez par là : « chacun vient comme il est et boit ce qu’il a envie », traduit Emmanuel Ehrhardt, peu soucieux de formalisme. En ce début d’après-midi de la mi-décembre, deux couples d’Anglais font une pause, le temps de déguster une planchette de charcuterie accompagnée d’un verre de rouge. La sélection au verre se compose d’une vingtaine de références, dont la moitié de blancs. Les rouges, les vins oranges, les effervescents et le rosé complètent l’offre. « Nous changeons quatre à cinq vins par semaine pour que chaque mois, la totalité de l’offre soit renouvelée, précise le sommelier. Cela permet de mettre en valeur différents domaines en organisant un roulement. » Les prix s’échelonnent, cette semaine-là, de 4,30 € le verre de 12 cl pour un pinot blanc 2020 du domaine Meyer-Fonné à 11 € pour un pinot noir Burlenberg 2017 de chez Marcel Deiss. Un verre de pinot gris grand cru Kirchberg de Barr 2018 de la maison Héring s’affiche à 6,90 €. Toute l’offre au verre est également proposée en format dégustation de 6 cl. Pour ceux qui n’apprécient pas le vin, des boissons sans alcool - eau, limonade, jus de fruits Sautter -, des bières artisanales (Uberach pour les bières en bouteilles, Perle et Bendorf pour les autres), des cocktails et spiritueux fabriqués localement sont disponibles. « Whisky, gin, liqueurs, rhum, tout est alsacien. On a même un Spritz et un pastis de la région, souligne Emmanuel Ehrhardt. On ne s’appelle pas l’Alsace à boire pour rien. » Pour accompagner les crus, des planchettes de charcuterie et de fromages, eux aussi de provenance locale, ainsi que des plats chauds servis en bocaux, renouvelés chaque jour. La capacité du bar à vin - une petite quarantaine de places - peut être doublée grâce à la terrasse, ouverte aux beaux jours. En soirée, l’ambiance musicale évolue vers la chanson française des années 1980-1990. Avec, côté décibels, autant de modération que dans les verres. La convivialité sans les excès.












